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Back To Basics Magazine News

#BackToBasics : pourquoi la faute technique a-t-elle pris une telle dimension en NBA ?

Avec « Back To Basics », Basket USA veut répondre aux questions pas si bêtes que les aficionados de NBA peuvent se poser. Jeu pur, fonctionnement de la ligue, à-côtés… « BtB » tente de trouver réponse à tout. Aujourd’hui, on se demande pourquoi la faute technique a pris une telle dimension dans la ligue.

C’est l’un des dunks les plus emblématiques de l’histoire de la ligue. Un soir d’avril 1992, lors du premier tour entre Sonics et Warriors, Shawn Kemp s’élève pour aller fracasser le cercle et, au passage, le pauvre Alton Lister. Le « charme » de cette action réside autant dans la violence du geste que dans la célébration qui s’en suit. Trente ans plus tard, il ne fait aucun doute que devant une telle séquence, les arbitres d’aujourd’hui seraient intervenus : Shawn Kemp aurait écopé d’une faute technique.

Ces dernières décennies, la ligue a amorcé un large virage à l’issu duquel « trashtalking », contestations envers les arbitres mais aussi spontanéité et émotions ont de moins en moins leur place sur les parquets. Regarder trop longuement un adversaire après un panier inscrit, c’est prendre le risque d’être sanctionné. Même une simple « leçon » de Air Guitar est désormais condamnable…

Comment en est-on arrivé là ? Retour d’abord, en deux mots, sur la petite histoire de cette faute. L’arrivée dans le basket de cette fameuse « technique », définie par le règlement de la FIBA comme étant « une faute de comportement de joueur sans contact », est lointaine. Un document détaillé de la NCAA, sur l’évolution des règles de ce sport, rapporte qu’en 1905, les fautes personnelles sont divisées en deux classes : les fautes de « classe A », pour les contacts classiques, et celles de la « classe B » pour des fautes plus flagrantes. À savoir un coup d’épaule envers un adversaire par exemple ou bien l’usage d’un langage inapproprié.

Un joueur sanctionné avec cette « classe B », que l’on peut considérer comme l’ancêtre de la « T », risque ainsi d’être disqualifié. Un risque qui ne concerne pas uniquement le joueur. En 1907, l’équipe de l’université de Baker, dirigée par Forrest « Phog » Allen, considéré comme le père du coaching, accueille l’université rivale de Kansas d’un certain James Naismith, père du basket. Et les spectateurs de Baker, jugés trop hostiles, ont droit ce jour-là… à des fautes techniques !

Le prix des amendes grimpent

Des décennies plus tard, cette faute fait logiquement son entrée en NBA. À partir des années 1960, si un défenseur reste par exemple plus de trois secondes « sans volonté apparente de défendre son vis-à-vis » : technique. Même sanction, sans amende distribuée, pour un défenseur qui commet une faute sur un joueur sans ballon et pas directement impliqué dans le jeu. Au milieu des années 1970, la ligue décide de doubler le prix de l’amende (de 50 à 100 dollars pour la première, et 150 dollars pour la seconde) attribuée à un joueur ou coach expulsé après faute technique pour « conduite antisportive ».

Une notion qui importe de plus en plus à la ligue, puisqu’au milieu des années 1990, elle décide de renforcer ses règles contre le « trashtalking » et les « comportements susceptibles de provoquer une bagarre ». Le montant de l’amende s’élève maintenant à 500 dollars. Sacrée inflation ! À relativiser avec l’augmentation des salaires, bien sûr. La sévérité accrue de la NBA n’empêche pourtant pas des sessions de « trashtalking » de haute volée, que les arbitres laissent alors passer.

La faute technique commence petit à petit à devenir un élément statistique à part entière. La NBA voit en effet arriver un phénomène jamais inégalé en la matière depuis : Rasheed Wallace. Ce dernier est sanctionné… 21 fois dès sa saison rookie. Quelques années plus tard, le trublion double ce « score » et le nombre de techniques distribuées dans toute la ligue s’envole au début des années 2000 : quasiment une par match !

Paradoxalement, ce total ne cesse de baisser depuis lors (voir infographie plus bas), à mesure que la ligue allonge la liste des faits et gestes passibles de sanctions. Le catalogue actuel de fautes techniques, organisé en différentes sections (comportement du joueur, temps-mort « de trop »…), est hyper exhaustif. Certaines violations sont connues, d’autres moins :

  • gêner la reprise du jeu après un panier inscrit
  • ne pas rendre immédiatement le ballon à l’arbitre le plus proche après un coup de sifflet
  • s’aventurer au-delà de la ligne à trois points au milieu d’une série de deux lancers-francs
  • avoir six joueurs ou plus d’une même équipe sur le parquet (technique pour l’équipe)
  • violer la règle des trois secondes défensives
  • rester volontairement accroché au cercle durant le match (dans les règles établies il y a 10 ans, un joueur pouvait même écoper de 500 $ d’amende pour le même geste réalisé… lors d’un échauffement)
  • avoir un comportement, sur le terrain ou sur le banc, qui, selon l’appréciation de l’arbitre, nuit au jeu
  • participer au match sans avoir été inscrit sur la feuille de match
  • briser ou rendre inutilisable le cercle ou le panneau (!)
  • avoir un contact physique avec l’arbitre
  • manquer de respect en s’adressant à l’arbitre
  • afficher son ressentiment après un coup de sifflet ou non coup de sifflet
  • pratiquer le « taunting » (se moquer de l’adversaire)
  • placer une main devant les yeux d’un adversaire qui n’a pas le ballon
  • envoyer délibérément le ballon ou tout autre objet en direction d’un officiel

Le règlement, dont nous ne faisons là qu’une sélection partielle, stipule que la faute technique coûte 2 000 $ au joueur, avec un tarif progressif selon le nombre de techniques cumulées. À partir de la 16e faute obtenue dans la saison, c’est 5 000 $ et un match de suspension. Ainsi, certains joueurs comme DeMarcus Cousins ou Draymond Green laissent un paquet d’argent, même si les montants cumulées sont bien sûr à relativiser au regard des salaires perçus.

(NB : AdBlock n’affiche pas l’infographie)

On remarque que que les Spurs sont les élèves les plus disciplinés de la ligue puisqu’ils ont payé beaucoup moins d’amendes que les autres. On se demande aussi, si tous les joueurs sont logés à la même enseigne avec ces règles. LeBron James par exemple est l’un des joueurs qui conteste le plus de coups de sifflet mais est rarement sanctionné d’une « T ».

Plus de techniques pour faire plaisir aux fans ?

Même si le recensement de ces fautes ne différencie pas le type de technique distribuée, de la contestation pure ou la simple violation des trois secondes en défense, on note tout de même que la courbe remonte clairement ces dernières saisons. À l’heure de ces lignes, environ 350 techniques ont été distribuées aux joueurs et même 70 aux coaches et assistants ! Ramené sur une saison, c’est beaucoup.

Trop ? Pour l’anecdote, en 1989, un arbitre de NCAA s’était carrément excusé pour avoir eu le coup de sifflet trop facile (15 techniques dans un même match !) et avoir « mal interprété » la règle. S’il arrive bien à la ligue d’annuler certaines techniques a posteriori, la politique de « lissage » actuel du jeu prédomine.

« La bonne attitude pour tous les joueurs est de s’abstenir de se plaindre », lâche Stu Jackson, alors vice-président des opérations basket de la NBA. « Il faut se concentrer sur le jeu. Nous avons de grands joueurs et un produit fantastique. Que les joueurs se concentrent sur le jeu des deux côtés du terrain et de le faire à haut niveau. Les protestations n’ont pas leur place dans notre sport, de toute façon elles n’ont jamais provoqué ou annulé un coup de sifflet. »

Ces propos datent de 2010, au moment où la ligue vient de renforcer son règlement sur les réactions des joueurs comme donner un coup de poing dans le vide ou se taper les bras pour réclamer une faute. Ron Johnson, un autre dirigeant de l’époque, estime que cette politique est directement dictée… par les fans.

« Les gens s’attendent à ce que les joueurs de hockey se battent. Ce n’est pas ce qu’ils veulent dans notre sport, ils nous le disent de bien des façons. Il nous faut donc accorder nos besoins et les leurs. C’est un business. »

Ne pas revivre un nouveau « Palace d’Auburn Hills » d’accord, mais quid des émotions des joueurs ? La saison passée, au cœur de tensions de plus en plus prégnantes entre officiels et joueurs, Carmelo Anthony regrette « la gâchette facile » des premiers, liée à des difficultés de communication entre les deux parties. Résultat : « on regarde quelqu’un de la mauvaise façon ou dit un truc qu’il ne faut pas, on prend une faute technique. Entre mon arrivée et aujourd’hui, c’est très différent. »

« Certains ont pensé que nous voulions transformer les joueurs en robots »

Pour Adam Silver, qui s’exprime sur la question en février dernier, l’important est de trouver le bon équilibre.

« Nous avons adopté ces règles il y a huit ans parce que tout le monde estimait qu’il y avait un peu de perte de contrôle et beaucoup de frustration. En les adoptant, certains ont surréagi en pensant que nous voulions quasiment transformer les joueurs en robots. Bien sûr qu’ils ont besoin d’afficher un certain degré d’émotion sur le parquet, mais quelque chose d’approprié qui respecte les arbitres. »

Pourtant, pour ne prendre aucun risque, certains préfèrent tout simplement se taire, surtout si une première technique tombe et fait menacer une expulsion. « Quand tu en prends une, tu te tais et « move on », décrit Thabo Sefolosha, que nous avons interrogé sur la question cette nuit, à Portland. Et pour ce dernier, présent dans la ligue depuis près de dix ans, le recours actuel à la faute technique en dit beaucoup sur la ligue.

« Les arbitres ont la liberté d’en donner un peu trop rapidement à mon goût. J’en ai prise une cette année, je n’avais pourtant pas dit grand-chose… Ce n’est pas seulement une histoire de techniques, mais aussi de fautes flagrantes. C’est devenu un peu soft. »

(Avec des propos recueillis à Portland par Emmanuel Laurin)

 

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