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#BackToBasics : quels sont les tics et tocs des stars NBA aux lancers francs ?

Avec « Back To Basics », Basket USA veut répondre aux questions pas si bêtes que les aficionados de NBA peuvent se poser. Jeu pur, fonctionnement de la ligue, à-côtés… « BtB » tente de trouver réponse à tout. Aujourd’hui, on se demande pourquoi observer un joueur aux lancers-francs est plus important qu’il n’y paraît ?

Avouez que sur les 48 minutes d’un match, peuplées de dunks, « alley-oop » et « highlights » en tout genre, les lancers-francs sont peut-être ce qu’il y a de moins spectaculaire. Ce serait un peu vite oublier que près de 15% des points inscrits dans la ligue proviennent de cette fameuse ligne des « free throw ». Et que sur cette même ligne de réparation, on peut observer des phénomènes assez surprenants. Dernier exemple avec un certain Markelle Fultz qui, avec une nouvelle gestuelle pour le moins intrigante, fait même des émules en NFL

Mais, plus que de mécanique de tir pure, aussi douteuse soit-elle, parlons plutôt de ce qu’il se passe entre le moment où le joueur obtient le ballon sur la ligne et le lancer vers le cercle, plus communément appelé la « routine ». Ces quelques secondes qui précédent le tir où le joueur va dribbler devant lui une fois, deux voire trois, faire tourner le ballon dans ses mains, reprendre son souffle, faire le vide… Tout basketteur passe par là. En quoi ce processus a son importance ?

« Imaginez-vous devant 20 000 personnes qui veulent vraiment que vous rentriez ce tir, ou bien l’inverse », commence par rappeler Dave Love, ancien coach spécialisé dans le shoot pour le Magic d’Orlando. « C’est précisément le seul moment du match où les joueurs prennent conscience que tout le monde les regarde, et eux seuls. » « Tout se stoppe quand vous êtes sur cette ligne, poursuit Mark Price, deuxième meilleur shooteur de l’histoire (90,39% en carrière) qui prenait jusqu’à 300 lancers par jour, et tout le monde est focalisé sur vous. » « Beaucoup de joueurs se retrouvent avec trop de temps pour réfléchir et leur esprit commence à vagabonder, ce qui leur crée des problèmes », dit encore Dave Hopla, spécialiste maison des Pistons.

À chacun sa routine

D’où l’importance de pouvoir « se réfugier » dans une routine. Pour David Nurse par exemple, coach particulier de joueurs NBA, la réussite aux lancers-francs dépend de trois facteurs principaux : l’approche mentale, un entraînement approprié et surtout une constance dans la routine qui représente, pour lui, « 80 à 90% » de l’équation.

« Une routine aide à se détendre, se concentrer et shooter en rythmer, développe Hal Wissel, un autre spécialiste passé par plusieurs franchises NBA. L’important est de savoir qu’elle renforce la confiance. […] Elle peut inclure un certain nombre de dribbles, la simulation physique du geste de tir ou encore le fait de respirer profondément pour se détendre. Et remplacer les pensées négatives par du positif comme « Je suis un shooteur », « Ça va swicher »… Il n’y a pas de routine unique qui fonctionne pour tout le monde. À chacun de trouver celle qui convient. »

En gros, il en existe quasiment autant que de joueurs NBA. Pour l’effectuer, le tireur de lancers a un élément principal, imposé par la ligue, à respecter : le temps. « Le shooteur doit tenter le lancer franc dans les 10 secondes qui suivent le contrôle du ballon, de manière à ce que le ballon entre dans le panier ou touche l’arceau », précise le règlement NBA qui ne conçoit visiblement pas la notion de « air-ball » sur la ligne… Une règle plus ou moins respectée car l’interminable routine de Dwight Howard pouvait grimper jusqu’à 15 secondes lorsqu’il jouait au Magic. Le pivot a, depuis, largement réduit ce temps passé sur la ligne à environ 5 secondes.

Autre consigne écrite par la ligue : « Le tireur de lancers-francs ne doit pas délibérément feinter une tentative de lancer. » N’en déplaise à Jermaine O’Neal dont les lancers-francs avaient tendance à tromper régulièrement les rebondeurs (le ballon restant collé à ses mains en hauteur pendant un moment…) même s’il s’agissait là plus de la mécanique que de la routine. Plus récemment, Russell Westbrook assurait être perturbé dans son rituel sur la ligne après que la ligue a imposé aux joueurs de ne plus reculer jusqu’à la ligne à 3-points entre deux tentatives. Une tendance à se décoller de la ligne à laquelle Rick Barry, connu pour ses lancers à la cuillère, était d’ailleurs particulièrement réfractaire

Kevin Durant imite… Antoine Walker sur la ligne

Hormis ces quelques exceptions, chaque joueur est plutôt libre de faire ce qu’il entend sur la ligne. Dans ce domaine, les exemples notables de « créativité » ne manquent pas. Prenons par exemple le cas de Kevin Durant qui, vous l’aurez remarqué, se livre à un mouvement d’épaule avant de tirer. Un dribble, une rotation dans les mains puis ce « shimmy ». L’explication ? Antoine Walker ! En grandissant à Washington, « KD » garde le souvenir d’un match où le joueur des Celtics avaient claqué 49 points face aux Wizards, passant son temps à remuer ses épaules.

« J’ai toujours été un grand fan d’Antoine Walker, raconte le Warrior qui, au moment de se présenter sur la ligne répète un « Rentre-le » mental. Mon parrain et moi avions l’habitude de le regarder et il faisait tout le temps ça. C’est pourquoi j’aimais ça. Et comme je ne pouvais pas le faire après avoir scoré, j’ai essayé de l’instaurer dans mes lancers-francs. »

Kevin Durant n’est pas le seul à avoir voulu imiter l’un de ses pairs. Prenons le cas de Gilbert Arenas, lui aussi un solide shooteur de lancers-francs (80% en carrière). Plus original encore, l’ancien meneur des Wizards avait pris l’habitude de se passer le ballon dans le dos à trois reprises avant d’envoyer. L’idée avec ce geste étant, en plus de relâcher la pression et le rythme du jeu, de se démarquer des autres, d’imposer un « signature move » en quelque sorte.

« Les gamins veulent toujours avoir quelque chose à copier, défend le MIP 2003. Ils ont commencé à copier Richard Hamilton lorsqu’il a fait ça en playoffs pour la première fois. Je me suis dit que je pourrais aussi bien inventer ma propre routine. »

Il fait ici référence à la routine de « Rip » Hamilton qui prenait une grande inspiration, dribblait sur le côté et avant de shooter. Un autre arrière, gaucher cette fois, se démarquait parce qu’il prenait lui, un peu de distance avec la ligne des lancers-francs : Nick Van Exel (79% en carrière). S’éloigner du cercle, c’est se compliquer la vie non ? Pas chez lui.

« Je suis plus un shooteur à trois points qu’un shooteur à mi-distance, justifiait le scoreur aux chaussettes hautes. Mon jeu à mi-distance n’est pas aussi bon que celui de Sam Cassell. Lorsque je jouais à Denver, je touchais toujours l’arrière du cercle quand je ratais. Je me suis senti plus à l’aise en reculant de quelques pas. Je fais tourner le ballon, le fais rebondir trois fois, je m’aligne et j’espère qu’il va rentrer. »

Quand la famille s’invite sur la ligne…

Si pour les quelques exemples évoqués plus haut, la routine a tant une vocation de confort que de plus ou moins vouloir imposer une image de marque, chez d’autres, elle prend une dimension autrement plus symbolique. Sur le volet familial précisément. Jeff Hornacek (88% en carrière), chez qui l’importance du volet parental était connu, se caressait trois fois le visage avant de tirer. Trois fois pour ses trois enfants, Tyler, Ryan et Abigale que le sniper du Jazz saluait ainsi.

Même chose chez Jason Kidd (78% en carrière) qui a longtemps soufflé un baiser imaginaire avant de tirer. Un bon moyen de montrer qu’il pensait à sa femme de l’époque, Joumana, envers qui le meneur avait reconnu des violences domestiques au début des années 2000. Plus dramatique encore, Steve Francis (80%) se touchait systématiquement un tatouage sur son bras droit dédié à sa mère, Brenda Wilson, emportée par un cancer alors qu’il avait 18 ans. Ce geste, c’était bien sûr pour « lui rendre hommage », justifiait l’ancien voltigeur des Rockets.

La famille a également eu une influence dans la routine de Jerry Stackhouse (82%). Lui, a fait dans le très spectaculaire aux lancers en pliant les genoux jusqu’à se retrouver quasiment les fesses sur le parquet. Pourquoi ? « Durant mes matches de lycée, j’entendais ma mère me crier dessus pour me faire plier les genoux. » Un conseil bien connu des basketteurs, appliqué ici jusqu’à l’excès. L’ancien All-Star raconte aussi avoir tenté de stopper cette routine peu académique lors de son arrivée dans la ligue, constatant que « personne d’autre ne le faisait dans la ligue (!). Mais mon pourcentage a baissé alors je l’ai reprise. »

Le célèbre monologue de Karl Malone

Un dernier grand mystère autour de la routine aux lancers-francs entoure Karl Malone (74%). Le « Mailman » du Jazz a lui aussi beaucoup joué avec les 10 secondes disponibles sur la ligne. Tandis que l’ailier fort effectuait un léger mouvement de balancement avec le ballon, il avait surtout l’habitude… de se parler à lui-même. Quelques mots inaudibles qui tiennent encore aujourd’hui en haleine les fans de la ligue car Malone, même s’il en a joué à l’occasion d’une publicité, n’a jamais précisément révélé quelles formules de motivation il prononçait. En 1997, le Salt Lake Tribune est même allé jusqu’à recruter deux spécialistes de la lecture sur lèvres pour tenter de rester mystère. Résultat ? Malone aurait, pendant un temps, eu l’habitude de lâcher, « Ceci est pour Karl, Karl, mon bébé », en référence à son fils.

In fine, les raisons personnelles sont nombreuses quant à la routine suivie par chaque joueur. En revanche, un impondérable semble se dégager parmi tous ces exemples : trouver son rituel… et s’y tenir ! Steve Nash, n°1 de l’histoire en la matière (90,43%), est bien placé pour en parler. Il raconte avoir trouvé le sien au lycée, sous l’impulsion d’un coach lui conseillant de ne pas changer. Résultat durant plus de 20 ans passés sur la ligne, ce fut trois dribbles sur place, après avoir mimé son geste une ou deux avant de recevoir le cuir, comme Ray Allen, histoire de se mettre une « visualisation en tête », une profonde inspiration puis le tir. Simple, efficace.

Et puis, il y a le cas assez énigmatique et sans doute unique de… LeBron James (74%). Le « King » a tantôt emprunté à son coéquipier Ray Allen à Miami, à Kyle Korver à Cleveland… ESPN raconte que dans ses jeunes années, il aurait même tenté un lancer à la Jerry Stackhouse ! Et il y a un an, on l’a vu changer près de 20 fois dans une même saison !

Lui qui assurait vouloir d’atteindre les 80% de réussite sur une saison ne pointe encore « qu’à » 74% avec les Lakers. Stan Van Gundy, à ce sujet, est sans équivoque : « Un changement de routine arrive une fois, ou peut-être deux, dans une carrière. C’est forcément davantage pour les mauvais shooteurs. »

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