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Back To Basics Magazine News

#BackToBasics : comment est née la free agency ?

Nouveau rendez-vous de BasketUSA, « Back To Basics » veut répondre aux questions pas si bêtes que les aficionados de NBA peuvent se poser. Jeu pur, fonctionnement de la ligue, à-côtés… « BtB » tente de trouver réponse à tout. Aujourd’hui, on se demande comment est née la free agency ?

Imagine-t-on un LeBron James, Kevin Durant, Kawhi Leonard ou DeMarcus Cousins avoir les pieds et poings liés vis-à-vis de sa franchise respective ? N’avoir aucune marge de manœuvre quant à la suite de sa carrière, être en permanence dépendant du bon vouloir de leurs dirigeants ? La réponse est non, bien sûr, même si certains cas récents ont montré le contraire.

Ce qui est vrai aujourd’hui ne l’a pas toujours été. Le concept de « free agent », précisément de « free agent non protégé » » (joueur libre de signer où il veut), et donc de « free agency » n’est pas né avec la ligue. Cette liberté absolue du joueur, de signer où il le souhaite, a longtemps et notamment été entravée par le principe de la « reserve clause ».

Généralisée dans les autres ligues américaines, cette clause de contrat liait les joueurs à leurs équipes « à perpétuité », comme le dit le site officiel de la ligue. En gros, les joueurs ne pouvaient être que draftés ou échangés. Impossible de rejoindre une autre franchise de son propre chef. « Par exemple, si vous jouiez avec notre équipe et que vous preniez votre retraite, ils continuaient d’avoir les droits sur vous, décrit Oscar Robertson, l’un des acteurs clés de la naissance de la free agency. « Vous ne pouviez pas aller ailleirs, même si vous n’aviez pas joué avec votre équipe depuis des années. »

Les propriétaires n’en voulaient pas

Situation inimaginable aujourd’hui. « C’est quelque chose dont la NBA ne voulait pas », poursuit « The Big O » à propos de la free agency. « À cette époque-ci, ils ne voulaient pas que les joueurs puissent aller dans d’autres équipes. »

« Les propriétaires NBA voulaient créer un système de free agent semblable à celui que les propriétaires de la NFL avaient créé dans les années 1960″, nous décrit David Surnam, auteur de plusieurs ouvrages spécialisés dont Big Leagues Go to Washington. « Une équipe qui recrutait un free agent devait compenser l’équipe perdante (déterminée par un conseil d’arbitrage de trois personnes). Parce que la compensation était ambiguë, elle a freiné l’appétit de la plupart des équipes pour la signature de free agents. Clairement, les propriétaires NBA essayaient de décourager la mise en place d’une free agency. »

Pourtant, à la fin des années 1960 – début des années 1970, les choses vont changer. Pour certains, le tout premier joueur NBA à avoir voulu remettre en cause ce système, et ainsi donner du pouvoir aux joueurs, est un certain Rick Barry. En 1967, alors qu’il vient tout juste d’arriver dans la ligue, le futur Hall of Famer décide de poursuivre la NBA en justice (Curt Flood en fait de même deux ans plus tard dans le baseball).

Cette année-là, la légende veut non seulement changer d’équipe mais aussi… de ligue ! On rappelle que l’ABA, concurrente de la NBA, vient tout juste de naître. Rick Barry veut passer des San Francisco Warriors (NBA), avec qui il vient de finir meilleur scoreur de la ligue (près de 36 points par match), aux Oakland Oaks (ABA) dont le coach, Bruce Hale, est… son beau-père ! Son souhait n’est pas exaucé. Au nom de cette fameuse « reserve clause », le juge de San Francisco refuse sa demande.

Dès lors, Rick Barry se retrouve face à un choix : jouer une année supplémentaire chez les Warriors pour honorer sa « reverse clause » ou ne pas jouer du tout pendant un an. Il choisit la seconde option et rejoint les Oaks un an plus tard. Il joue une saison unique là-bas puis trois autres années en ABA avant de regagner la NBA et les… Warriors, de Golden State désormais.

Oscar Robertson prend le relais de Rick Barry

Rick Barry a été le premier « avertissement » pour la ligue. Car seulement quelques années plus tard, un autre homme s’attaque au système en place : Oscar Robertson. Considéré par certains comme le « grand-père de la free agency », le président de l’association des joueurs (1965–1974) de l’époque décide lui aussi de poursuivre la NBA en 1970. Il refuse son transfert des Cincinnati Royals vers les Milwaukee Bucks, pour former un duo mythique avec Lew Alcindor, futur Kareem Abdul-Jabbar (ils deviennent pourtant champions ensemble en 1971…).

Mais plus que pour sa situation personnelle, il ne veut plus qu’un joueur soit obligé de rester dans la même équipe toute sa carrière, sauf en cas de transfert. L’ancien collectionneur de triple double est suivi dans son combat judiciaire par plusieurs autres vedettes de la ligue, comme John Havlicek ou Wes Unseld.

Cette fois-ci, le combat est remporté par les joueurs. La « Oscar Robertson Rule » est instaurée six ans plus tard. Elle met fin à la « reserve clause » et accorde le droit aux joueurs de devenir free agent tout en maintenant, pour les franchises, le droit de s’aligner sur les offres faites par les autres clubs. Cette mesure ouvre la voie à une « free agency ».

« Tu ne pouvais vraiment pas bouger »

Il faut pourtant attendre près d’une décennie plus tard pour voir celui que l’on considère comme le tout premier « vrai » free agent, à savoir un « free agent non protégé ». Son nom : Tom Chambers. En 1988, ce joueur vedette des Sonics montre son envie d’aller voir ailleurs. Malgré les avancées permises grâce à Oscar Robertson, Tom Chambers estime que la notion de free agency n’existe pas encore vraiment. « Tu ne pouvais vraiment pas bouger », livre l’ailier. « Il n’y avait aucun mouvement du tout. Par conséquent, les contrats vous enfermaient en quelque sorte. »

Sauf que la NBA décide, à partir de cet été 1988, que les joueurs ont la liberté totale de signer où ils le souhaitent dès lors qu’ils remplissent deux conditions : être dans la ligue depuis sept ans ou plus et avoir connu deux contrats NBA. C’est précisément le cas du Sonic. Phoenix se place donc rapidement en vue de le récupérer.

Séduit par le jeu des hommes de l’Arizona, conduit par Kevin Johnson à l’époque, Tom Chambers reçoit les dirigeants des Suns, dont le GM, Jerry Colangelo. « Ils étaient très agressifs », qualifie le joueur. « Ils ne comptaient pas rentrer chez eux tant qu’un accord n’était pas trouvé. » Un beau contrat est mis sur la table : jusqu’à 2 millions de dollars la saison, plus du double de ce qu’il touche à Seattle. Et le 5 juillet 1988, Tom Chambers signe chez les Suns où il joue ses meilleures saisons NBA.

« Ils m’ont proposé quelque chose que je ne pouvais refuser », se remémore le joueur. « Ça m’a surpris. Je m’étais préparé à parler avec six ou sept équipes. C’était une situation unique où j’étais en mesure de choisir une équipe. Je n’avais jamais eu la chance de parler avec une autre franchise. C’était avant-gardiste, quelque chose qui n’avait jamais vraiment été fait jusqu’ici. »

Une première signature qui a un drôle d’écho 30 ans plus tard, tant les joueurs sont au centre du jeu désormais. « Si tout était resté pareil, les propriétaires n’auraient pas aimé que les joueurs disent quoi que ce soit. Ils auraient voulu qu’ils restent muets, ‘asseyez-vous et jouez’ », termine Oscar Robertson. Grâce à lui, et d’autres, ce n’est plus le cas.

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