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#BackToBasics : à quand remonte le fadeaway ?

Nouveau rendez-vous de BasketUSA, « Back To Basics » veut répondre aux questions pas si bêtes que les aficionados de NBA peuvent se poser. Jeu pur, fonctionnement de la ligue, à-côtés… « BtB » tente de trouver réponse à tout. Aujourd’hui, on se demande quel joueur a « inventé » le fameux shot en fadeaway ?

Michael Jordan, Kobe Bryant et Dirk Nowitzki. Voici sans doute les trois noms les plus associés au « fadeaway jumpshot », tir très utilisé dans la ligue d’aujourd’hui qui consiste, pour l’attaquant, à sauter en reculant pour créer de la distance avec son défenseur. Le géant allemand des Mavs l’a perfectionné en créant son propre « signature move » avec le « One Legged Fadeway », un tir sur une jambe repris par des joueurs comme Kevin Durant ou LeBron James. Les deux premiers cités étaient davantage adeptes du « Turnaround Fadeway ».

Ni l’un ni les deux autres ne sont pourtant les premiers à avoir utilisé ce geste. S’il est impossible d’accorder une paternité indiscutable à un joueur, on note tout de même que ce geste a été utilisé bien avant les années 1990. Dans son dictionnaire biographique du basket, David L. Porter fait référence à un certain Robin Freeman, joueur jamais passé par la NBA (pourtant drafté en 1956 mais blessé à la main en coupant du bois…) mais qui a brillé à l’université d’Ohio State dans les années 1950.

Une première en 1951 ?

Durant ces années de fac, Robin Freeman, un gros scoreur, se serait inspiré de Paul Arizin, joueur des Philadelphia Warriors dans les années 1950, devenu Hall of Famer.

« Il (Freeman) trouvait difficile de shooter parce qu’il était défendu de tellement près », raconte David L. Porter, « et il a appris les techniques de tir de Paul Arizin. Freeman a ajouté le « fadeaway » à ce tir et développé un shot innovant. Il l’a utilisé la première fois en compétition en novembre 1951 durant son année senior. Le tir a fait swish et est devenu connu comme ‘Le shot qui a fait du bruit à Cincinnati’. »

« C’était dur à défendre pour les autres équipes car c’était quelque chose à laquelle on n’était pas habitué », racontait Robin Freeman à propos de son tir. Dans la décennie suivante, un autre joueur autrement plus connu a recours à ce geste : un certain Wilt Chamberlain. Le mythique pivot, qui a démarré sa carrière NBA au tout début des années 1960, avait la particularité de shooter, pas très académiquement à une ou deux mains, en reculant… et avec la planche.

« Wilt était tellement dominant que c’en était presque une blague de regarder ses adversaires jouer face à lui », décrivait Jerry West, son ancien coéquipier aux Lakers. « Il était inarrêtable, peu importe le nombre de joueurs que vous mettiez sur lui. Mais il ne faisait pas que dunker. Il aurait probablement pu dunker à chaque fois. Wilt avait un super shot en fadeaway et il pouvait shooter par-dessus n’importe qui. »

On imagine le défi pour les défenses adverses… « La clé était de ne jamais essayer de le contrer », racontait par exemple l’un de ses plus grands adverses, Bill Russell. « Il aimait prendre son fadeaway sur le côté gauche. Alors j’essayais de le faire bouger d’un pas sur la gauche ou sur la droite de sorte qu’il shoote avec un angle différent. Ça le rendait moins efficace. »

Inarrêtable Wilt Chamberlain

Bill Russell racontait également avoir une fois encaissé une série dix tirs du genre avec la planche… « Le soir où j’ai entendu qu’il avait scoré 100 points, j’étais content qu’il ne joue pas contre nous. » Il est probable que Wilt Chamberlain ait lui aussi été influencé par Paul Arizin, son coéquipier durant ses premières années aux Warriors, dont le jumpshot était atypique. Lors de ses interviews, Paul Arizin avançait que Wilt Chamberlain prenait des fadeaway pour ne pas être considéré comme un grand joueur simplement parce qu’il était supérieur physiquement aux autres.

Des décennies plus tard, Michael Jordan remettait le fadeaway sur le devant de la scène et en faisait une arme majeure pour remporter ses six titres.

Petit jargon du tir

Le basket NBA, c’est tout un vocabulaire. Un « langage » dont nous abreuvons chaque jour nos articles, en particulier lors de nos résumés matinaux de matches et notamment lorsqu’il s’agit de parler de tirs. Mais les nombreux anglicismes employés peuvent rebuter les curieux néophytes. D’où ce panorama non exhaustif du jargon des actions impliquant un tir.

Lay-up : le plus universel de tous les tirs, dont on fait l’apprentissage dès les premiers pas de tout néo-basketteur. Connu en France sous le nom de « double-pas », il consiste à inscrire un panier en étant proche de celui-ci, après avoir généralement enchaîné deux pas successifs (gauche puis droite, ou l’inverse) vers le cercle, après l’arrêt du dribble. Lorsque dans le même temps, le joueur passe sous le cercle, on parle alors de « reverse lay-up ».

Euro step : consiste à réaliser un lay-up à l’aide d’appuis décalés permettant un changement de direction. Popularisé par Manu Ginobili, il est de plus en plus employé dans la ligue. James Harden par exemple en raffole.

Dunk : également appelé « slam dunk » ou « smash » pour la version française, cette action spectaculaire, sans doute la plus populaire de ce sport, consiste à rabattre le ballon dans le cercle, souvent en s’y accrochant.

Alley-oop : cette action se décortique en deux phases. D’abord une passe lobée d’un joueur vers un autre ou vers lui-même (dans ce cas, on parle de « T-Mac », en référence à Tracy McGrady qui a été un des premiers à la populariser) puis un dunk à la réception du ballon de l’autre joueur. Ces dernières années, les Clippers étaient les maîtres en la matière, au point de parler de « Lob City ».

Tear drop : variation du lay-up, on peut également parler de « runner » ou « floater ». Dans ce cas, le joueur effectue ses deux pas, ou non, avant d’envoyer le ballon à une main le plus souvent à une certaine distance du cercle. L’idée étant pour les « petits » d’éviter les bras des grands en envoyant des tirs de ce genre avec une courbe très haute. Tony Parker a grandement participé à démocratiser ce geste.

Pull-up jumper : parmi les nombreux tirs en suspension, celui-ci consiste à ce qu’un joueur qui dribble enchaîne son geste en déclenchant son tir, avant que son défenseur n’ait le temps de réagir.

Catch-and-shoot : en gros, c’est l’inverse du pull-up. Ici le joueur réceptionne le ballon (catch) et tire dans la foulée, sans dribbler. Ce shoot peut s’effectuer à la sortie d’un écran. Richard Hamilton, alors aux Pistons, raffolait de ce genre de tirs à deux points. La plupart des grands shooteurs à trois points sont tous d’excellents catch-and-shooters.

Turnaround jumper / fadeaway : ici, le joueur, le plus souvent dos au cercle et au poste bas (près du cercle) va sauter en l’air, en arrière, afin de créer de la distance avec son défenseur. Michael Jordan et Kobe Bryant étaient des références en la matière.

Stepback : à l’instar du précédent, les appuis ont une importance primordiale pour ce tir puisqu’il s’agit de créer de la distance avec un pas de recul. Le joueur fait mine d’avancer puis pose son pas en arrière pour le piéger. Dirk Nowitzki est connu pour avoir institué le « stepback » sur une jambe, tandis que James Harden martyrise aujourd’hui la ligue avec ce geste… depuis la ligne à 3-points.

Buzzer-beater : se dit d’un tir pour « battre le buzzer », autrement dit déclenché juste avant, que ce soit à la fin d’un match ou bien d’un quart-temps.

Bankshot : se dit d’un tir qui, avant de transpercer le filet, touche le plexiglas auparavant. Ce tir est régulièrement utilisé lorsque le joueur est situé à 45° par rapport à l’axe du panier. Tim Duncan en était le spécialiste.

Circus shot : se dit d’un tir venu du « cirque », à savoir un tir improbable d’un joueur, tombant au sol ou dos au panier par exemple.

Sky hook : le « hook » ou bras roulé, popularisé avec Kareem Abdul-Jabbar, est un geste « incontrable » car le joueur qui l’exécute réalise un mouvement d’arc du bas vers le haut avec le ballon, tenu d’une main, tout en le protégeant avec son corps.

Finger roll : geste d’élégance, il consiste à réaliser une finition près du cercle en faisant « rouler » le ballon jusqu’au bout des doigts au moment de le lâcher.

Putback : il s’agit d’une claquette, en gros d’un joueur qui, sur un rebond offensif, parvient à remettre le ballon dans le cercle. On peut ainsi parler de claquette dunk.


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