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#BackToBasics : à quoi ressemblaient les premières Drafts NBA ?

Nouveau rendez-vous de BasketUSA, « Back To Basics » veut répondre aux questions pas si bêtes que les aficionados de NBA peuvent se poser. Jeu pur, fonctionnement de la ligue, à-côtés… « BtB » tente de trouver réponse à tout. Aujourd’hui, on se demande à quoi ressemblaient les premières Drafts NBA ?

D’ici quelques jours, on saura quelle jeune pépite sera sélectionnée par les Suns. Ce joueur deviendra ainsi le 72e first pick de l’histoire de la ligue. Derrière lui, 59 autres joueurs auront aussi droit à leur ticket d’entrée pour la grande ligue. Un premier tour avec une fournée de 30 joueurs, puis un second avec autant. Mais le format connu aujourd’hui n’a rien à voir avec le format d’antan. Il est, lui aussi, le résultat de décennies d’ajustements de la Grande Ligue.

La toute première Draft a lieu à Detroit en 1947 (début juin ou début juillet selon les sources), à l’issue d’une première saison jouée dans ce qui allait devenir la NBA, la BAA. Il reste aujourd’hui peu de traces formelles du fonctionnement de l’époque. Dans son ouvrage de référence, « The Basketball Draft Fact Book », Robert Bradley, fondateur d’une association de recherche sur le basket, assure que cette idée de sélectionner de nouveaux joueurs est directement inspirée par la NFL qui a instauré sa Draft dans les années 1930.

Pour s’éviter une course aux enchères autour des jeunes talents, alors que les propriétaires peinaient déjà à faire du profit, la BAA aurait décidé d’une Draft commune avec la ligue concurrente, la NBL. Le site Basketball-Reference liste uniquement les joueurs sélectionnés par la BAA et fait état d’une sélection assez « étrange » : un premier tour avec 10 joueurs seulement, puis « d’autres picks » fait successivement par les franchises, avec 80 joueurs sélectionnés au total.

Le tout premier drafté… refuse de passer pro !

Une majorité de ces recrutés ne jouera pas dans la ligue. Sélectionné à la 4e position, Walt Dropo fera par exemple une grande carrière… dans le baseball. Et l’histoire retient que le tout premier joueur drafté par les Pittsburgh Ironmen, un certain Clifton McNeeley, n’a lui non plus jamais foulé un parquet BAA ou NBA !

L’erreur de la franchise a été de penser que ce dernier voulait passer pro. Or, ce n’était pas le cas ! Âgé de 28 ans, ce Texan venait de faire un passage universitaire à Texas Wesleyan, entrecoupé de plusieurs années à servir le pays durant la Seconde Guerre Mondiale. Plutôt que la future NBA, Clifton McNeeley a préféré travailler pour une compagnie pétrolière, puis devenir coach. « Il disait que c’était excitant d’être drafté », raconte son fils. « Mais il ne s’éloignait pas trop de chez lui. »

Ce choix de carrière ne surprend pas vraiment David Surdam, professeur d’économie à l’université d’Iowa du Nord et auteur d’un ouvrage sur la naissance de la NBA (« The Rise of the National Basketball Association »).

« Durant les premières années de Draft, beaucoup de joueurs allaient travailler dans l’industrie et jouaient en semi-professionnel », nous raconte-il. « Les deux ligues payaient si mal qu’un emploi dans l’industrie était plus attractif. Le basket post-universitaire était prospère, avec l’AAU (« American Amateur Union ») et des tournois, y compris un soi-disant Championnat du monde (les Minneapolis Lakers y ont joué les Harlem Globetrotters une fois pour le titre). »

Scouting minimum

En plus d’un certain désintérêt pour la BAA naissante, le spécialiste ajoute que « les propriétaires et les entraîneurs consacraient un temps ridiculement limité pour le scouting des joueurs, en comptant souvent sur des conseils d’amis parmi les entraîneurs d’université ».

Cette première « bévue » dans l’histoire de la Draft sera la seule pour les Pittsburgh Ironmen puisque la franchise ne repartira même pas pour une seconde saison dans la ligue. À ce propos, comment cette franchise a pu se retrouver avec le first pick ? Et bien tout simplement parce qu’elle venait de boucler la saison 1946-47 avec le pire bilan de la ligue (15-45).

La règle de l’époque était beaucoup plus simple qu’aujourd’hui : les tours de Drafts étaient distribués en inversant le classement de la saison régulière passée. Ainsi, le meilleur bilan obtenait le plus mauvais tour de Draft. À la nuance près que nombre de franchises apparaissaient et disparaissaient d’une année sur l’autre. Ainsi les nouvelles arrivées sélectionnaient en queue de peloton l’année suivante.

« Les premières Drafts étaient des affaires plutôt hasardeuses »

Pour redonner du « poids » à la Draft, la ligue décide d’instaurer un nouveau principe : le « territorial pick ». Une équipe pouvait renoncer à son choix de Draft « officiel » et sélectionner à la place un joueur issu d’une université située dans la même région que la franchise. Avec ce lien territorial, l’idée était de réveiller l’engouement chez les fans locaux.

« Les premières Drafts étaient des affaires plutôt hasardeuses », juge David Surdam. « Les propriétaires choisissaient des joueurs locaux dans l’espoir qu’ils amèneraient leurs fans avec eux, et, je le soupçonne, parce que c’était moins cher de repérer les joueurs locaux. »

Le fonctionnement précis de ces « choix territoriaux » reste plutôt obscur. Selon un document officiel des Sixers, ils n’étaient pas pris en compte dans la Draft globale. Et il semblerait que si une franchise avait recours à ces picks spéciaux, elle pouvait sélectionner en premier.

Une vingtaine de joueurs ont ainsi été sélectionnés, et pas des moindres. Car on compte une dizaine de Hall of Famers dont un certain Wilt Chamberlain (par les Philadelphia Warriors en 1959 alors qu’il évoluait à l’université de Kansas mais les Warriors ont fait valoir qu’il était né et avait grandi à Philly…) ou Oscar Robertson (en 1960 par les Cincinnati Royals). La ligue a mis fin à cette spécificité au milieu des années 1960.

Beaucoup de sélectionnés mais peu de joueurs NBA

Le système du tour de Draft attribué en inversant le classement est resté d’actualité jusqu’à 1966. Quand la ligue décida d’attribuer le choix numéro 1… à pile ou face, pour départager les deux plus mauvais bilans de chaque division. Ce n’est qu’en 1985 que la NBA instaurait sa fameuse lottery.

Ce qu’on peut également noter sur ces premières décennies de Draft, c’est le nombre invraisemblable de joueurs sélectionnés. La ligue atteint un pic en 1970 avec… 239 joueurs choisis après 19 tours ! Seulement 56 d’entre eux auront finalement l’occasion d’intégrer la NBA. Ce n’est que dans les années 1990 que le rapport finit par s’équilibrer.

Comment expliquer une telle « manie » à sélectionner autant ?

« La plupart des équipes n’avaient probablement que deux ou trois places pour leurs rookies », déduit David Surdam. « Cependant, les propriétaires avaient envie de contrôler (sans nécessairement payer) un grand nombre de joueurs. »

Une chose est sûre, vendredi prochain, 60 joueurs seront bien draftés et une grande majorité foulera bien les parquets NBA.

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