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Phil, ne nous quitte pas…

Par  — 

Un dernier sourire avec Brian Shaw. Une longue, et même interminable, marche dans les couloirs de l’American Airlines Center accompagné de ses filles. Une dernière conférence de presse teintée d’humour et de soulagement.

Voici les dernières images de la carrière de Phil Jackson.

Dimanche soir, une page de l’histoire de la NBA s’est tournée, et un livre s’est fermé. Un bouquin énorme qui confond les époques, les joueurs de légende, les scénarios improbable et des records quasi imbattables. Un livre de 20 ans avec un héros majeur : Phil Jackson.

Basket USA lui rend hommage.

Phil, ne nous quitte pas…

« On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux » chantait Jacques Brel en 1959.

Phil, tu n’es pas trop vieux. Usé mais pas trop vieux. A bientôt 66 ans, tu peux t’offrir un dernier challenge. A New York pourquoi pas.

Un nom associé à des légendes

Tu nous a déjà manqué les deux années que tu as passées loin des parquets. En 1998-1999 après l’explosion de la plus belle équipe de tous les temps, puis en 2004-2005 après l’implosion de la plus belle constellation de stars du XXIème siècle. Victime aussi, il est vrai, des caprices de star de Kobe Bryant.

Kobe Bryant d’ailleurs, parlons en. C’est avec Michael Jordan, le joueur le plus talentueux des 30 dernières années mais aussi le plus dur à coacher. Tu l’as avoué dans ton livre The Last Season. Seulement sous tes ordres, il est devenu un bon, puis un grand et enfin un immense joueur de basket. Tu l’as façonné comme tu as façonné son maître dix ans avant. Tu as fait d’un joueur hyper talentueux, mais égoïste, un joueur collectif, un leader, un basketteur tout simplement et pas un soliste.

Jordan, le meilleur joueur de tous les temps. Tu lui as appris le jeu en triangle, à donner le ballon, à faire confiance en ses coéquipiers, comme lors de votre première finale en 1991 contre les Lakers (tiens, tiens…). Il t’a ensuite rendue la pareille, en quelques sortes en 1997 avec Steve Kerr.

Finissons par Shaquille O’Neal, ton plus beau coup. Tu le récupères en 1999, totalement détruit par les échecs répétés en playoffs et tu le rends injouable comme rarement un joueur l’a été dans l’histoire de la NBA. Comme pour Jordan, puis Kobe, la notion de collectif le rend meilleur, plus fort, plus beau, plus « jacksonien ».

Un champion déjà en tant que joueur

Car il faut dire, le collectif tu sais ce que c’est. Tu as fait tes armes de joueur chez les Knicks durant les années 70, l’équipe la plus collective de l’époque. Capable de battre l’invincible armada des Lakers (tiens, tiens…) des Chamberlain, West et autre Baylor.

Tu remportes le titre en 1970 et 1973 comme remplaçant de luxe.

Prouve que tu peux être grand sans les stars

Ça, c’est le grand reproche dans ta carrière, malgré tes 13 Finals, 11 titres et 70 % de victoire en saison régulière. Certains te reprochent (encore) d’avoir profité de tes effectifs de folie pour remporter tes titres. Michael Jordan, Scottie Pippen, Shaquille O’Neal, Kobe Bryant, le casting est certes monumental. A Basket USA, on a toujours trouvé cet argument absolument ridicule. On gagne avec les meilleurs, c’est logique ! Encore faut-il arriver à les faire jouer ensemble et pour un même objectif : le titre.

Un passionné de philosophie et de psychologie

En attendant l’annonce fatidique, tu es, était et restera le meilleur. Ta psychologie te place au-dessus de tout le monde. Ta spécialité : donner un livre précis à lire à chaque joueur, pour la plupart multimillionnaires, et sans doute peu attirés par les bibliothèques.

Pour cela tu as, bien aidé par Tex Winter, popularisé un système devenu légendaire, l’attaque en triangle. Un système à ton image : collectif, complexe mais efficace.

Tu es aussi connu pour responsabiliser tes joueurs. Tu es l’un des rares, voire le seul coach qui ne prend pas de temps-mort alors que ton équipe prend un bouillon. Tu veux qu’elle trouve la solution part elle-même. On t’a aussi vu laisser les titulaires sur le banc et voir si les remplaçants pouvaient faire la décision alors même que ton équipe était plongé dans un moment important d’un match.

Lors des dernières Finals, et on peut le dire maintenant. On t’a vu écrire des insultes adressées à chaque joueur sur ta tablette…

Te voir embaumer les vestiaires, avant les matches des Finals, reste une image forte. Tout comme voir les Bulls faire de la méditation à Paris, lors de l’Open McDo. Ton côté Zen est admirable. Assis sur une chaise surélevée, aidé ou handicapé, car il faut rappeler que tes hanches sont fragilisées depuis des années.

Une dernière ratée

A 65 ans, te voir cogner Pau Gasol lors d’un temps-mort fut une image forte mais dure. Comme si à ton âge, tu devais toujours orienter, voire reveiller un joueur aussi fort et intelligent que Gasol.

L’Espagnol, symbole de la déroute de cette dernière série. Acteur de ce dernier match qui a tourné au massacre absolu. L’attitude inqualifiable de certains de tes joueurs t’a répugné. C’est évident, tu méritais une meilleure sortie de scène.

Maintenant tu vas partir en vacances. Sans doute que ton fauteuil sera pris par Brian Shaw. Champion avec toi comme joueur, puis comme assistant. Désormais, tu vas profiter de ta femme, la fille du propriétaire des Lakers (tiens, tiens…). Tu vas encore davantage lire des livres, en écrire un peut-être et faire des voyages. Une vie paisible de retraité en quelques sortes après des décennies passées dans les avions et les parquets.

Un dernier challenge ?

Sérieusement, on ne peut pas te laisser partir sur le seul sweep de ta carrière. Un revers de 36 points, humiliant, avec une équipe qui t’abandonne. Non pas toi.

Personne n’est irremplaçable. Quelqu’un battra un jour tes records. Mais on ne peut pas y croire. Il y a une vingtaine d’années, Magic Johnson avait dit :  » il n’y aura jamais un autre Larry Bird ». Aujourd’hui, on pourrait dire la même chose pour toi.

S’il te plaît, fais nous plaisir. Reviens sur ta décision. On se répète mais tu mérites une plus belle sortie. Une sortie à ton image : pointue, Zen et victorieuse.

Aujourd’hui Kobe Bryant se sent orphelin, il n’est pas le seul…

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