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Steve Nash a 40 ans – Eloge de l’altruisme

Steve NashAu milieu des années 2000, le meneur canadien des Lakers est entré dans l’histoire en réussissant un doublé au titre de MVP.

Une façon de récompenser un joueur qui rend ses partenaires meilleurs avant de soigner ses stats personnelles. Avec Steve Nash, c’est une mini-révolution des mentalités qui fut en marche avec la mise en valeur du collectif sur l’individu. Alors qu’il souffle ce 7 février ses 40 bougies, retour sur ces deux trophées d’affilée remportés avec Phoenix.

Le premier MVP non-Américain

Heureux comme un poisson dans l’eau sous le maillot des Suns, le chef d’orchestre de ce feu d’artifice créé par Mike D’Antoni a donc décroché deux titres de MVP consécutifs. Un doublé historique qui place Steve Nash, passeur-artilleur de génie, au niveau de Russell, Chamberlain, Abdul-Jabbar, Moses Malone, Bird, Magic, Jordan, Duncan et dernièrement LeBron… Excusez du peu ! Surtout pour un petit meneur blanc qui n’a jamais affiché des qualités athlétiques exceptionnelles mais qui courait comme une gazelle, dégainait plus vite que son ombre, sert le caviar à la louche et possède un compas dans l’œil en dépit d’un très léger strabisme (de quoi avoir une meilleure vision périphérique !). Nash, citoyen du monde, devient le premier MVP non-américain (Duncan et Olajuwon ont joué pour USA Basketball, et Nowitzki le sera en 2007) et le premier meneur élu depuis le grand Magic.

Sa consécration, le Canadien aux cheveux longs, parfait sosie du chanteur James Blunt, la doit évidemment à son impact sur le collectif des Suns. En 2004, Phoenix sort d’une saison cauchemardesque à 29 victoires. Le nice guy arrive et c’est la métamorphose : plein soleil, pole position, 62 succès. Drafté la même année que Allen Iverson, Kobe Bryant, Ray Allen ou encore Stephon Marbury, « Hair Canada » atteint enfin les sommets de son Art, et régale l’assistance avec 11.5 passes 15.5 points à 50.2% et 43.1% derrière l’arc. Meilleur passeur de la Ligue, il rend évidemment ses coéquipiers meilleurs mais soutient pourtant le contraire :

« Je crois que mes partenaires, eux aussi, me rendent meilleur », déclare-t-il au moment de recevoir son second trophée l’année suivante.

Là encore, son altruisme paie (10.5). Il cartonne aux tirs (18.8 pts à 51.2%) et surtout, il fait progresser statistiquement six de ses coéquipiers parmi lesquels Amar’e Stoudemire et Boris Diaw, qui pulvérisent leurs moyennes, et réalisent les meilleures années de leur carrière à ses côtés.

« A Phoenix, j’ai trouvé un environnement parfait, explique-t-il à l’époque. Les mecs autour de moi sont intelligents. C’est très agréable à vivre sur le terrain. »

La NBA récompense un passeur, et non un scoreur

Cette double récompense marque un tournant dans l’histoire du titre de MVP. Elle change quelque peu la signification du trophée, prouvant que faire jouer les autres du mieux possible compte tout autant que planter un maximum de points.

Nash incarne la créativité. Très jeune, il a appris à dribbler des deux mains, ce qui lui permet de se jouer de tous les obstacles. Au-delà du manieur de balle d’exception, c’est surtout un compétiteur hors pair.

« Oui, je suis un compétiteur dans l’âme. Je tiens ça de mon père qui était footballeur. Mais j’ai aussi besoin de prendre du plaisir. Pour ça, je dois trouver la meilleure façon de m’exprimer. J’aime jouer, j’aime bosser, essayer d’être encore plus fort, me fixer de nouveaux défis. »

La suite fut hélas moins heureuse. Ecœuré par cette saison 2008-09 où il n’a pas franchi la barre des 10 passes (9.7) – une première depuis cinq ans -, Steve Nash aurait pu se lancer un dernier défi.

Par exemple à Toronto, pour relancer les Raptors, ou à New York, sa ville d’adoption. Aux côtés de son ancien coach Mike D’Antoni. Il avait finalement accepté une prolongation de 2 ans et 22 millions de dollars dans l’Arizona, avec une équipe qui repart de zéro ou presque.

Puis, à l’été 2012, nouveau (le dernier ?) challenge : un départ pour les Lakers où il débarque avec Dwight Howard pour aider Kobe Bryant à remporter un 6e titre. La suite ? Un cauchemar… Howard est parti à Houston et Kobe n’a joué que six matches en 10 mois en raison de deux graves blessures.

Quant à Nash, il se bat contre le temps qui passe, et un corps qui craque de partout. Il mérite évidemment mieux que cette fin de carrière à l’infirmerie, et il lui reste une saison et demie de contrat pour s’offrir une sortie de scène digne de ses deux titres de MVP.

PALMARES

Titres de MVP : 2005, 2006

All-Star : 8 fois

All-NBA Teams : 7 fois

First All-NBA Team : 3 fois

Stats en carrière : 14.3 pts, 8.5 passes, 49% aux tirs, 43% à trois points, 91% aux LF en 31 minutes/m (1 209 matches).

Passes en carrière : 10 287 passes (4e de l’histoire)

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