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25 ans de la Dream Team : l’intensité du stage de préparation

Michael Jordan est formel. De tous les matchs de prestige auxquels il a participé durant sa glorieuse carrière, dont 179 en playoffs, c’est cet entraînement à huis clos à Monte Carlo qui est le plus mémorable !

On est à la fin juillet de l’an de grâce 1992. L’équipe américaine de basket a débarqué sur le Vieux Continent afin de préparer les Jeux Olympiques de Barcelone qui vont marquer le retour aux affaires de joueurs professionnels.

En l’occurrence, ce sera l’aventure mythique de la « Dream Team », l’équipe du génial trident Jordan – Magic – Bird qui va révolutionner le basket mondial au terme d’un tournoi magistral à Barcelone.

« Dix Hall of Famers indiscutables qui jouent les uns contre les autres »

« C’est le meilleur match que j’ai jamais joué », assure sans hésiter His Airness. « Parce qu’il n’y avait pas de coaching. Il y avait un peu d’arbitrage… mais pas vraiment non plus [sourire] ! Il y avait dix Hall of Famers qui jouaient les uns contre les autres. Combien de fois c’est arrivé ça ? Et quand je dis, dix Hall of Famers, on parle de Hall of Famers indiscutables. Il y avait une telle compétition, avec tout ce qui est beau dans le basket dont le trash talking. Tous ces éléments étaient dans ce match. C’est exactement ce que vous imaginez quand vous pensez à un match qui réunirait tous les meilleurs joueurs du Hall of Fame. »

Depuis sa place d’assistant coach, PJ Carlesimo confirme que ce stage d’entraînement à Monaco a été exceptionnel. La rivalité Jordan – Magic est alors à son comble. Mais c’est l’arbitrage, façon FIBA, qui va rapidement poser problème.

« J’avais prévenu Chuck [Daly] avant le tournoi que l’arbitrage allait certainement être assez mauvais », rigole PJ Carlesimo sur SiriusXM. « Car il y avait des arbitres d’un peu partout dans le monde, à différents niveaux de prestations. Et puis, en plus, ces arbitres n’ont jamais croisé des joueurs NBA, aussi rapides et aussi costauds. Donc, j’avais conseillé d’amener quelques arbitres internationaux à Monte Carlo pour nos entraînements afin que les joueurs s’habituent aux coups de sifflets différents. On avait trouvé un Italien et un Français mais dès le deuxième entraînement, Chuck me disait qu’on devait s’en débarrasser. Mike K se moquait de moi : ‘Bonne idée’ ! »

Comme le suggérait Michael Jordan, l’intensité des matchs qui venaient boucler les entraînements frisaient la folie furieuse. PJ Carlesimo rappelle que le duel entre Jordan et Magic, qui se disputaient encore la suprématie sur la NBA (alors que Larry Bird avait de son côté le dos en compote), était le moteur de ces confrontations (quasi) sanglantes.

« On a frôlé plusieurs fois le combat à mains nues avec les arbitres internationaux. Et les matchs s’étiraient en longueur… Car quand on arrivait à la fin de la partie, il était impossible de prendre un tir à moins de cinq mètres du cercle. Les gars poussaient l’attaquant à deux mains qui se retrouvait alors violemment projeté par terre. »

Et les pauvres arbitres internationaux d’être les souffre-douleurs de ces superstars NBA à l’égo en ébullition.

« Les gars leur criaient dessus et il y avait une telle intensité dans les matchs. Quand on se rapprochait de la fin, il valait mieux rentrer un tir à mi-distance. Car chaque gars qui essayait de pénétrer se retrouvait sur les fesses ! Les gars râlaient constamment contre ces arbitres qui ne les comprenaient pas. On les a laissé partir le deuxième ou troisième jour. Après ça, j’ai dû moi-même arbitrer les matchs. Magic me taxait de favoritisme car je jouais au golf avec Michael après les entraînements à Monte Carlo. Rod Thorn, Chuck, Barkley, Michael, on était tous au golf à Monte Carlo. À chaque fois que je sifflais pour l’équipe de Michael, c’était le scandale. Et comme Stock[ton] était blessé, Michael jouait meneur ! Face à Magic ! Vous pouvez imaginer ce qu’ils se disaient. Et plus la fin du match s’approchait, plus ça devenait tendu. Ces deux-là s’étripaient sur le terrain. Nous on essayait juste de garder tout ça sous contrôle. Chuck a dû une fois arrêter tout ça : ça suffit, tout le monde dehors ! »

« Si on leur disait quelque chose, il valait mieux être sûr de soi ! »

Congédiés au bout de deux jours, les deux zèbres européens pourront en tout cas se féliciter d’avoir été parti prenant d’un morceau d’histoire du basket. De son côté, PJ Carlesimo a également souffert de devoir siffler ces cinq contre cinq.

Car, pour le reste, la « Dream Team » évoluait pour ainsi dire en autarcie. Pas vraiment besoin de coaching staff quand on dispose des plus grandes vedettes de la planète basket !

« Je dois dire que je n’ai pas eu tellement de boulot d’enseignement à proprement parler avec eux. Un des domaines qui m’avait été confié, c’était le scouting. Avec un assistant des Pistons, on allait dans les studios NBC pour utiliser leur matériel et faire des vidéos (VHS). Au shootaround le lendemain, on donnait ça aux joueurs et ils les regardaient ! Je me souviens à Portland, j’avais dit à Magic qu’un des arrières de Panama n’était pas un bon shooteur de loin. Magic lui laissait de l’espace et il en a rentré deux shoots à 3-points de suite. Au temps mort, Magic est venu me voir : ‘Alors coach, je croyais qu’il ne savait pas shooter !’ Ces gars-là écoutaient. Si on leur disait quelque chose, il valait mieux être sûr de soi ! »

Motivés par Magic Johnson, leur capitaine courage, et sublimés par la rage de vaincre de Michael Jordan, leur vrai patron, les stars américaines ont survolé la compétition. Pas une seule équipe n’arrivera à s’approcher de leur niveau. Quant à ce fameux « scrimmage » de Monte Carlo, c’est évidemment Michael Jordan qui en ressort grand vainqueur (avec son équipe). L’arrière des Bulls marquera 17 des 40 points de son équipe qui aura fait le match de traînards.

Reléguée à -9 en début de partie, les « blancs » de Jordan ont finalement remporté le match 40-36, derrière un 17-4 fatal à l’escouade menée par Magic qui ne tiendra pas physiquement face au super prédateur qu’était alors Jordan.

Les images de ce match sont encore rarissimes, ce qui continue d’établir le mythe fondateur de la « Dream Team ».

Equipe « blanche » : Michael Jordan, Scottie Pippen, Larry Bird, Karl Malone, Patrick Ewing

Equipe « bleue » : Magic Johnson, Chris Mullin, Christian Laettner, Charles Barkley, David Robinson

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Le « play by play » issu du livre de Jack McCallum (partie 1)

Le « play by play » issu du livre de Jack McCallum (partie 2)

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