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A la rencontre de Tomas Satoransky, le Tchèque certifié

Quatrième joueur tchèque en NBA, Tomas Satoransky a atterri, comme son prédécesseur Jan Vesely, dans la capitale fédérale. Et pour le moment (malheureusement), il subit à peu près le même sort que son compatriote revenu en Europe, au Fenerbahçe, avec un temps de jeu en dents de scie.

Mais l’ancien arrière  de Barcelone ne perd pas espoir et il continue de bûcher dans l’ombre. Et hier soir face à Portland, Scott Brooks a trouvé bon de souligner la performance de son rookie européen.

« Tout comme Jason Smith récemment, Tomas a apporté un vrai plus à l’équipe pendant les courtes minutes qu’il a passées sur le terrain. Je leur dis toujours de se tenir prêt à jouer. Ce qui est important en fin de compte, c’est ce qu’on fait pendant ces minutes de jeu. »

En l’occurrence, Tomas Satoransky a participé au retour fulgurant de Washington à Portland. Entretien avec l’explosif combo-guard des Wizards.

« Il n’y a pas beaucoup de temps de jeu sur les postes arrières »

Tomas, c’est votre première campagne en NBA, comment l’évaluez-vous ?

« C’est une saison compliquée, je ne vais pas le cacher. Parce que j’arrive d’Europe déjà. Pour ce qui est de l’équipe, tout va bien. On est actuellement deuxième [à l’Est] et l’équipe joue très bien. Individuellement, je me bats encore pour obtenir du temps de jeu. Malheureusement, il n’y en a pas beaucoup sur les postes auxquels j’évolue. C’est en tout cas une super expérience pour moi. J’essaie vraiment d’apprendre le plus possible chaque jour. On me dit que c’est normal, qu’en venant d’Europe, il faut être patient la première année. J’attends mon tour, tout simplement. »

La concurrence est effectivement très rude à l’arrière, comment vivez-vous ce manque de temps de jeu ?

« Oui, c’est sûr qu’il y a du monde. On a quasiment deux All Stars sur les deux postes arrières. Derrière eux, il n’y a évidemment pas tellement de temps de jeu à partager. Surtout qu’ils réussissent deux énormes saisons et que l’équipe marche fort. Parfois, c’est dur mais il faut rester patient. J’en profite pour les observer et essayer de progresser dans mon coin. Je m’entraîne le plus possible, lors des jours off, et j’attends ma chance. En partant de Barcelone, où j’avais une très bonne situation, je savais que j’allais devoir me battre pour jouer. »

Qu’est-ce qui vous a surpris le plus depuis votre arrivée en NBA ? S’il y a quelque chose qui vous a surpris…

« Oui, il y a des choses qu’on ne peut voir qu’une fois qu’on y est. En l’occurrence, le calendrier est vraiment fou à vivre. On voyage énormément. [Hier soir], par exemple, c’était notre 4e match en cinq jours. C’est vraiment dur. Mais d’un autre côté, les voyages en NBA sont vraiment faciles et confortables. C’est une des bonnes surprises pour moi. C’est un vrai plaisir car on a beaucoup de services à disposition. C’est là qu’on apprécie vraiment d’être un joueur NBA. »

Sur quels aspects de votre jeu comptez-vous progresser pour justement revenir sur le terrain ?

« Je travaille sur beaucoup d’aspects différents. Déjà, le jeu NBA est bien différent du jeu européen, au niveau de la vitesse. Il y a des joueurs plus rapides, plus athlétiques, et des meilleurs shooteurs. J’ai toujours essayé durant ma carrière de progresser sur mon tir extérieur, sur mon tir à trois points. Surtout ici avec la ligne qui est plus éloignée. Je dois encore pleinement m’habituer au jeu NBA, c’est pour ça que je bosse avec les entraîneurs sur des exercices spécifiques. Comme on m’a fait jouer à l’aile aussi, un poste auquel je n’avais joué, je travaille aussi pour m’habituer à ça. »

Est-ce vraiment difficile de s’habituer à cette ligne à trois points ? En général, on entend dire qu’il faut une saison et après, ça roule, vous confirmez ? 

« Oui, c’est vrai. A l’entraînement, mes pourcentages sont plutôt bons. Maintenant, il ne reste plus qu’à transférer ça en match. Je sens déjà que je progresse. Je m’habitue bien. Dans les coins, il n’y a pas de problème mais c’est en tête de raquette et aux angles à 45 que c’est plus dur. Ça prend un peu de temps.

« Le basket grandit en République Tchèque »

Vous venez de République Tchèque, qu’est-ce qui vous a attiré vers le basket dans un pays pas forcément reconnu pour ça ?

« Je viens d’une famille qui jouait au volley-ball. Il y a eu un entraînement de basket ouvert à tous à mon école et ça m’a beaucoup plus. J’ai commencé à regarder pas mal de NBA. A Prague, il y avait une équipe de basket que j’aimais bien [l’USK Prague, ndlr]. Je jouais un peu au volley et un peu au basket. Mais le basket a toujours été plus attrayant pour moi. Je n’aimais pas le football, ni le hockey sur glace – un sport national. J’ai le sentiment que le basket commence à prendre plus d’importance en République Tchèque. On a eu quatre joueurs en NBA [George Zidek, Jiri Welsch, Jan Vesely et Satoransky donc, ndlr]. Notre équipe nationale est plus forte sur ces dernières années. Ça s’améliore. »

Quand avez-vous commencé à jouer au basket ? 

« A 8 ans. Quand j’étais encore à l’école primaire. »

Et quand avez-vous compris que vous pourriez faire carrière ?

« C’est quand je jouais en équipe junior et que j’ai commencé à jouer pour l’équipe nationale. J’étais avec les moins de 16 ans alors que j’étais plus jeune encore. Et puis, les gens ont commencé à parler de moi comme d’un prospect pour la NBA. Je me suis rendu compte que je pouvais devenir pro. Et que je pourrais même aller en NBA. Ça a toujours été mon rêve et maintenant, je le réalise. »

Quel est le statut du basket en République Tchèque ? Quelle couverture médiatique par exemple ?

« C’est bien mieux maintenant. On avait Jan Vesely qui y était, je crois, il y a trois ans encore. C’était important et du coup, les médias en parlaient. Les gens essaient de regarder chaque match. L’autre soir, il y a eu un match spécial [Czech Heritage Night, ndlr] face à Orlando et les gens ont pu voir les matchs dans les bars en République Tchèque. J’ai beaucoup de messages de la part de mes compatriotes. Et c’est d’autant plus frustrant pour moi de ne pas jouer parfois, car j’ai la sensation d’avoir une responsabilité par rapport à eux. C’est très positif en tout cas d’avoir tous ces messages de soutien. »

« Mon grand-père faisait 1m75 et il dunkait ! »

Vous évoquiez votre famille de volleyeurs. Avez-vous toujours été si athlétique ? Car vous êtes sans conteste l’un des meneurs les plus explosifs du Vieux Continent ? 

« [rires] En général, au volley, on prend appui des deux pieds et moi je préfère prendre appui sur un pied. C’est effectivement dans mes gênes. Mon grand-père était très athlétique déjà. Il faisait 1m75 mais il pouvait dunker. Ça m’a un peu aidé j’imagine. C’est venu naturellement pour moi, je n’ai jamais vraiment travaillé ma détente. »

Pouviez-vous regarder les matchs NBA en grandissant en République Tchèque ?

« Oui, j’étais un fan des Lakers. Il y a eu Chicago et Michael Jordan mais j’étais encore un peu jeune à l’époque. Quand j’ai été drafté par les Wizards, j’ai commencé à les regarder jouer. Et puis, il y avait Jan dans l’équipe aussi ! J’étais en contact avec l’équipe. Ces dernières années, cependant, je regardais plus l’Euroleague, parce que je la jouais et que j’adore le basket européen. »

Qui était votre joueur préféré en grandissant ?

« Kobe. Mais c’est un peu comme tout le monde ça… Mais j’adorais aussi [Dimitris] Diamantidis. Et puis, aussi, il ne faut pas l’oublier, Manu Ginobili. Ce sont des grands joueurs, de bons modèles à suivre. »

Suivez-vous encore l’Euroleague, avec le nouveau format de compétition ?

« Je suis un peu, pour voir les résultats de Barcelone. Mais ça ne va pas fort… »

C’est parce que vous n’y êtes plus…

« Oui [rires], c’est possible. Il y a eu beaucoup de changement dans l’équipe et puis, ils n’ont pas eu de chance avec les blessures. C’est une saison compliquée pour eux. J’espère qu’ils vont arriver à faire les playoffs. »

Auriez-vous aimé jouer dans ce nouveau format ? 

« C’est très difficile. Car en Espagne, chaque match de ligue est un match compliqué. Si on y ajoute les matchs d’Euroleague et les voyages, ça devient très dur à gérer. »

Vous étiez à l’EuroBasket 2015 en France, pensez-vous être présent à l’EuroBasket 2017 ?

« Ça va dépendre de pas mal de choses. Déjà, le format de la compétition. De ce que j’ai compris, il y aura des qualifications à faire, comme au football. Avec la NBA, je ne pourrais pas y aller. On va voir ce qui se passe. »

Propos recueillis à Portland

Basket USA

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