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Roman de l’hiver : Larry Bird-Magic Johnson (10)

« Larry Bird-Magic Johnson, Quand le jeu était à nous » raconte la formidable rivalité, dans les années 1980, entre l’ailier des Boston Celtics et le meneur des Los Angeles Lakers. Celle qui a assuré le succès et la popularité de la grande Ligue américaine. Embarquez avec nous dans la machine à remonter le temps… Bonne lecture !

Bill Fitch deviendrait très vite inoubliable. C’était un tacticien minutieux qui exigeait que ses joueurs soient rigoureux jusque dans les moindres détails. Il était très organisé, sans compromission. Et sa connaissance du basket a laissé à Larry Bird une marque indélébile. Fitch est devenu le modèle sur lequel Bird construirait plus tard sa propre carrière de coach.

L’autre influence majeure de ses premières années a été Red Auerbach, le héros légendaire du sport à Boston, celui qui avait bâti la dynastie des Celtics, tout d’abord en tant que coach puis en tant que dirigeant. Le geste caractéristique de Red était d’allumer un cigare quand son équipe avait plié le match. Il le faisait souvent sur le banc, pendant le match, dans une salle où il était écrit en gros « No smoking ».

Auerbach utilisait un langage franc et direct et cela convenait très bien à Bird. Le patriarche de 62 ans avait un féroce esprit de compétition et une loyauté à toute épreuve. Larry l’a immédiatement apprécié. En fait, les deux hommes étaient semblables en bien des points. Ils avaient tous les deux la faculté rare de cerner les gens en quelques minutes et ils pouvaient tous les deux être effroyablement bornés.

Quand Bird s’est présenté au camp des rookies, Auerbach l’a gentiment incité à jouer au tennis entre les entraînements. Quand la saison régulière a commencé, Larry est devenu le partenaire régulier d’Auerbach au tennis. « Red était un roublard. Ça me fait de la peine de le dire mais il trichait sur le score. Il avait vraiment horreur de perdre. »

De temps en temps, Auerbach emmenait Bird manger dans son restaurant chinois préféré à Marshfield, dans le Massachusetts, où se tenait le camp de rookies. C’est là qu’Auerbach récitait l’histoire prestigieuse de la franchise que Bird avait rejointe. « C’est un honneur d’être un Celtic. Tu ne dois jamais l’oublier », lui disait Red.

Larry Bird subit un bizutage en règle

Les infrastructures des camps d’été des Celtics étaient sommaires. Les terrains avaient des anneaux de hauteurs variables. Auerbach y organisait aussi un camp pour les enfants. Ses joueurs étaient tenus de prendre leurs repas avec les autres participants, à la cantine, et ils devaient faire la leçon aux ados entre les entraînements. Généralement, les vétérans ne se déplaçaient pas mais dès que la nouvelle de la présence de Bird a été connue, M.L. Carr et Dave Cowens se sont pointés.

Cowens était un chouchou aux Celtics. C’était un pivot de petite taille qui avait été sept fois All-Star et qui jouait avec une passion et une énergie peu communes. C’était le meilleur sous les panneaux quand Larry a intégré l’équipe. Carr était un vétéran malin, avec du métier. Il était arrivé de Detroit où il avait été le meilleur joueur de la Ligue pour les interceptions. Auerbach avait déjà prévenu Bird : Carr serait à l’affût sur ses lignes de passe et il essaierait de le déconcentrer avec ses plaisanteries incessantes. « Je me charge de lui », a annoncé Carr en désignant Bird lors de leur premier cinq-contre-cinq à l’entraînement. Carr le poussait, jouait physique. « Vas-y, rookie ! C’est tout ce que tu as à montrer ? », lui disait-il sur un ton suffisamment bas pour que seul Bird puisse l’entendre.

Suivant les conseils de Red Auerbach, Larry prenait soin de bien se présenter au ballon, ôtant ainsi toute possibilité d’interception à Carr. Il ne se laissait pas non plus déstabiliser par les provocations verbales de M.L. Bird se contentait de fournir des opportunités de marquer à ses coéquipiers tout en faisant l’impasse sur la plupart des siennes. « Je n’ai jamais vu une personne mettre quelqu’un dans le vent sur une passe comme pouvait le faire Larry. Il t’emmenait dans sa feinte de shoot puis faisait la passe à quelqu’un d’autre pour le panier », commenta Carr.

Au moment où le camp d’entraînement a démarré, l’initiation de Bird était presque terminée. Il restait un vétéran qui voulait se mesurer à lui et c’était Cedric Maxwell, un ailier longiligne qui était aussi fort en gueule que sur ses moves poste bas. Après l’entraînement, il a fait un deux-contre-deux avec Bird, Carr et Rick Robey. Il a dominé Larry poste bas avec une série de feintes de tir et de step backs. « Il ne savait pas encore vraiment comment défendre », a dit Maxwell.

Quand ça a été au tour de Bird en attaque, Maxwell l’a contrôlé avec ses mains, mettant le rookie au défi de le battre. Larry s’est mis à rentrer des tirs. A 4-5 mètres, à 6 mètres et finalement à 7,50 mètres. Maxwell a désespérément tenté de mettre fin à la correction que lui infligeait Bird en l’entourant de ses longs bras. Mais c’était trop tard. Larry était en train de le cramer. « Mince, ce petit Blanc sait shooter… », a dit Maxwell à Carr.

Obéissant, Magic va chercher le journal et les hot dogs

Une fois qu’ils ont eu fini de tester Bird, les vétérans des Celtics se sont mis à le protéger. Il y a eu de la grogne parmi quelques joueurs noirs qui ne comprenaient pas pourquoi il y avait une telle effervescence autour d’un jeune rookie blanc qui, autant qu’ils puissent en juger, n’avait aucune vitesse de course ni aucune détente. Carr se rappelle de ce que lui avait dit l’ailier Maurice Lucas avant un match, lors de la première saison de Bird : « Je vais descendre le grand Larry Bird.

– Ah oui ? Eh bien, il faudra que tu me passes dessus d’abord. »

Magic a subi le même rite de passage au camp d’entraînement des Lakers. Le coach, Jack McKinney, l’avait mis dans le deuxième cinq et il l’y a laissé pendant des jours. Il a bien fait comprendre à Johnson que ses prises de décision étaient la composante numéro 1 de sa fiche de poste. McKinney a conseillé au rookie de se montrer respectueux et de rester à sa place.

Johnson allait de bonne grâce chercher le journal de Kareem Abdul-Jabbar, lui acheter des hot dogs à l’aéroport, et il le surnommait « Cap ». Il n’y avait aucun doute sur le fait de savoir qui trônait au sommet de la hiérarchie. Et pourtant, Magic était un leader né sur le terrain, il ne pouvait pas s’empêcher de diriger les opérations. « C’était potentiellement un gros problème. La façon dont Earvin jouait. Il fallait qu’il dirige. En même temps, tu avais un futur Hall of Famer qui avait déjà gagné un titre », a expliqué Jerry Buss.

Johnson s’est fait aimer de ses coéquipiers par sa combativité et son altruisme. Norm Nixon le surnommait « Buck », le Cerf, parce qu’il était toujours en train de galoper comme un jeune cerf. Les vétérans savaient que Magic passait du temps avec Buss mais personne ne savait combien le propriétaire et le rookie étaient devenus proches. Et par conséquent, personne n’y trouvait à redire. « Cet encadrement supplémentaire avait du sens car il était très jeune. Je ne pense pas qu’Earvin avait une quelconque intention d’outrepasser son statut. Je ne suis même pas sûr qu’il en avait conscience », a rapporté Jamaal Wilkes.

Johnson avait beau être un « teenager », il jouait avec l’aplomb d’un vétéran. A son premier entraînement avec les Lakers, il a perdu deux balles parce que Wilkes, qui avait été trois fois All-Star, n’était pas prêt pour la passe. « Magic, tu ne peux pas faire ce genre de passe ! On n’est pas à l’université, ici », le réprimandait McKinney.

Tout le monde ne déroule pas le tapis rouge à Magic

Johnson bouillait à l’intérieur. Il se sentait gêné d’être ainsi pointé du doigt et furieux que Wilkes ait fait échouer l’action. La fois suivante, Magic a attendu que Wilkes coupe dans la raquette puis il lui a fait une passe laser quand il s’est présenté. « Jamaal, je vais te l’envoyer dans la tête jusqu’à ce que tu voies la balle », lui a-t-il dit d’un ton neutre.

Wilkes est devenu le complément idéal de la vision de jeu exceptionnelle de Magic. Il se déplaçait avec élégance, avec ou sans ballon (d’où son surnom « Silk », la Soie), et il avait de bonnes mains. Il savait comment jouer le pick and roll, mieux que tous ceux avec qui Johnson avait évolué. Il n’a pas objecté aux remontrances du rookie car, comme il l’a dit, « il avait raison. Après ça, je regardais toujours. »

Tout le monde ne réagissait pas aussi positivement vis-à-vis du très confiant rookie. Johnson dominait son coéquipier Ron Boone à l’entraînement. Quand les deux se sont retrouvés à la lutte sur un rebond, Boone a intentionnellement frappé Magic derrière la tête. En se repositionnant en défense, Magic lui a dit : « Sache que je t’attends au virage.

– Vas-y, rookie, tu ne vas rien me faire du tout », lui a répondu Boone.

Magic lui a rendu la monnaie de sa pièce sous la forme d’un coup de poing dans le cou. Boone s’est écroulé sur le sol et s’est relevé en vacillant.

« Ne me refais plus jamais ce genre de connerie !, lui a crié Magic.

– Magic, dégage du terrain !, a hurlé McKinney.

– N’importe quoi ! C’est lui qui m’a frappé en premier et quand je lui réponds, c’est moi que tu vires du terrain ?, lui a rétorqué Magic.

– Dégage du terrain !, lui a répété McKinney.

– Je suis peut-être un rookie mais aucun d’entre vous ne va me pourrir la vie. Si vous le faites, vous êtes tombés à la mauvaise adresse ! », a hurlé Magic.

Johnson est resté assis sur le côté jusqu’à la fin de l’entraînement puis il est parti sans parler à personne. Les six jours suivants, il a survolé l’entraînement. Il rentrait des tirs, distillait des passes au millimètre, avec à chaque fois les stigmates d’une rage intérieure gravés sur le visage. Jerry Buss essayait de l’apaiser mais Magic n’en démordait pas. « Jerry, je peux être souriant mais je peux aussi serrer les poings s’il le faut », lui a-t-il dit.

Avec le décalage horaire, Bird peut suivre le premier match de son rival

Le 12 octobre 1979, Magic Johnson et Larry Bird ont tous les deux signé leurs débuts professionnels, aux extrémités opposées du pays. Bird opérait sur la côte Est. Il était dans le cinq des Celtics qui recevaient les Houston Rockets au Boston Garden. Sa performance n’est pas restée dans les annales d’un point de vue statistique car il a été très vite handicapé par les fautes. Il a donc principalement vu du banc les Celtics l’emporter 114-105. Il n’est véritablement entré en scène que le soir suivant, à Cleveland, où il a enquillé 28 points.

Etant donné que la Californie avait trois heures de moins que Boston, Bird était douché, habillé et installé dans le séjour familial pour suivre le premier match professionnel de saison régulière de Magic, programmé à San Diego. Après avoir fait la passe à Kareem Abdul-Jabbar pour un skyhook au buzzer, Johnson était tellement fou de joie qu’il a sauté dans les bras du géant. « Mais qu’est-ce qu’il fabrique ? », a dit Bird à Dinah.

Kareem s’est demandé la même chose. Quand ils ont regagné le vestiaire, il a rappelé à Magic qu’il leur restait encore 81 matches à jouer. « Il va se cramer en une semaine à ce rythme-là », a fait remarquer Norm Nixon.

Nixon avait tort. Le jeune cerf jouait à la même vitesse tous les jours : à fond. Il ne s’arrêtait jamais, ne jouait jamais en marchant, n’abandonnait jamais. Son niveau d’énergie était toujours le même. « Il fonçait toujours en tête. Et il nous mettait une pression énorme pour que nous ayons la même implication », a rapporté Wilkes.

Un mois après ses débuts professionnels, Magic a confié après avoir surclassé les Denver Nuggets avec 31 points, 8 passes et 6 rebonds : « Il y a des soirs où j’ai le sentiment que je peux tout réussir sur un terrain. » Quatre semaines plus tard, Bird a réalisé un triple-double (23 points, 19 rebonds, 10 passes) contre les Phoenix Suns, avant de déclarer avec ironie : « Certains soirs, c’est vraiment trop facile. »

La NBA croyait rêver devant une telle aubaine. Elle avait été plombée par des scandales liés à la drogue, des problèmes d’image et des revenus en baisse. Cette rivalité naissante entre deux rookies exceptionnels avait revitalisé deux de ses villes emblématiques. Jan Volk, le vice-président de Boston, a compris que quelque chose de spécial était en train de se passer quand son équipe a joué contre Utah un mercredi soir, pendant une retransmission télévisée des World Series, la finale de baseball. La salle était à guichets fermés. « Aucun de nos fans ne connaissait le moindre joueur d’Utah. Ils venaient voir Larry », a relaté Volk.

« Je pensais que Larry et moi avions une sorte de connexion… »

Ils ne se sont affrontés que deux fois pendant la saison régulière. Tout comme il l’avait fait durant la finale NCAA, Bird s’est refusé à tout échange de nature sympathique avec Johnson. Durant leur combat de décembre, la seule fois où ils ont échangé des mots a été quand Bird a allongé Magic au sol, alors que ce dernier attaquait le panier. Les deux rookies se sont dévisagés avant que leurs coéquipiers n’interviennent.

« Je pensais que Larry et moi avions une sorte de connexion après le championnat NCAA. Je suppose qu’il me faisait clairement comprendre qu’il ne voyait pas les choses de cette façon. Donc, je me suis fait une raison : « Je ne vais plus essayer d’être sympa avec ce gars, je vais plutôt m’efforcer de le battre » », a expliqué Magic.

Cette saison-là, les Lakers ont gagné les deux matches de saison régulière, ce qui irrita encore plus Bird. Larry a effectué son premier aller-retour à Los Angeles pour plusieurs raisons. C’était l’opportunité de rejouer Magic mais aussi de se retrouver sur le même terrain qu’Abdul-Jabbar, qui représentait l’un de ses tout premiers héros dans le basket professionnel. Bird avait grandi à deux pâtés de maison d’une salle de billard appelée Reeder’s. Son propriétaire était un nabot qui adorait le sport.

Chaque été, il emmenait les frères de Bird à un match des Chicago Cubs (baseball). Larry était trop jeune pour les accompagner mais un soir où Kareem Abdul-Jabbar devait venir jouer contre Elvin Hayes au vieil Astrodome de Houston, il a convaincu ses parents de le laisser partir à la salle de billard pour voir le match. « Pour moi, Kareem était le plus grand. Chaque fois que je le rencontrais chez les pros, je me remémorais la fois où j’étais assis dans cette salle de billard, éveillé jusqu’à 11h du soir pour le regarder jouer. A 11h30, je dormais mais je me souvenais de chaque move qu’il avait fait », a narré Bird.

S’entraîner avec Abdul-Jabbar et ses coéquipiers des Lakers suffisait à convaincre Magic qu’il avait beaucoup à apprendre. Michael Cooper et Norm Nixon lui ont montré comment analyser les vidéos et décrypter les gestes des meneurs adverses, comme l’habitude qu’avait Gus Williams de dribbler deux fois avant de shooter de la ligne des lancers francs, ou bien la tendance de Freddie « Downtown » Brown (1) à aller jouer dans le coin.

Erreur fatale : se présenter au bus de l’équipe en galante compagnie

Nixon a actionné le projecteur vidéo et il lui a fait remarquer que lorsque les San Antonio Spurs annonçaient « 4 », cela voulait dire que George Gervin allait poser un écran, tandis que « 2 » signifiait qu’il allait sortir de deux écrans successifs. Nixon était tout aussi précieux dans d’autres domaines. Un matin où les Lakers étaient en déplacement, Magic prenait son petit-déjeuner en compagnie d’une femme. Alors qu’il l’embrassait pour lui dire au revoir avant de monter dans le bus de l’équipe, Nixon l’a appelé.

« Ne refais plus jamais ça, lui a dit Norm.

– Pourquoi ? C’est juste une amie. Nous avons pris un petit-déjeuner ensemble, s’est défendu Magic.

– Je me fous de savoir qui elle est, lui a dit Nixon. Si tu te présentes pour monter dans le bus accompagné d’une fille comme ça, le coach va penser que tu as passé la nuit avec elle. Et que Dieu te vienne en aide si tu joues mal !

– OK, j’ai compris », lui a dit le rookie.

Au moment où les Celtics ont commencé leur saison, Bird passait la plupart de son temps avec Rick Robey et Dave Cowens, à regarder du sport en buvant des mousses. A la fin des années 70 et au début des années 80, l’équipe qui recevait devait mettre des bières fraîches à disposition dans le vestiaire de l’équipe visiteuse après le match. Les joueurs en buvaient autant qu’ils voulaient et laissaient celles qui restaient sur place. Il y avait rarement de « restes » en déplacement parce que Bird et Robey prenaient les taies d’oreiller qu’ils avaient rapportées de l’hôtel et les bourraient de canettes de bière.

A la fin de la saison régulière 1979-80, les Celtics avaient gagné 61 matches et les Lakers 60. Los Angeles a subi un changement de coach inattendu après que McKinney a chuté de son vélo en allant jouer au tennis avec le coach assistant Paul Westhead. Il a été très grièvement blessé, au point que ses jours ont été en danger. Westhead a pris sa place et nommé le commentateur radio des Lakers, Pat Riley, au poste de coach assistant. L’équipe a alors poursuivi sa route.

Les deux rookies remplissaient les feuilles de stats dans toutes les rubriques. Les qualités de Larry et Magic, leurs personnalités opposées et le fait qu’ils appartenaient chacun à l’une des deux franchises les plus prestigieuses de la Ligue constituaient les éléments d’un scénario que même les plus brillants publicitaires de Madison Avenue n’auraient pu surpasser. « Pour une fois, le battage médiatique correspondait à un engouement populaire bien réel », a dit Donnie Walsh qui a longtemps été un dirigeant de la NBA.

Bird survole l’élection du Rookie de l’année

En playoffs, les Lakers se sont défait de Phoenix et Seattle. Boston a « sweepé » Houston en demi-finales de Conférence mais les plus aguerris Philadelphie Sixers, emmenés par « Dr J » et Darryl Dawkins, ont mis un coup d’arrêt à la première saison professionnelle de Bird (4-1) et tué tout espoir d’une finale Lakers-Celtics.

Larry a terminé 3e des votes pour le titre de MVP et il a été retenu dans la First team des sélections All-NBA, sans que tout cela ait la moindre conséquence sur lui. Son unique objectif était de gagner un titre NBA, de préférence contre Magic. « Et tout d’un coup, c’était fini, comme ça… Ça a vraiment été un choc », a confié Bird.

Magic s’est préparé pour les Finales avec des sentiments ambivalents. Il était ravi d’être arrivé sur la plus haute marche de la course au titre mais il aurait souhaité défier quelqu’un d’autre que Julius Erving. L’homme généreux qui, onze mois plus tôt, avait ouvert la porte de sa maison à un jeune sophomore universitaire sur le point de prendre une décision qui allait changer sa vie s’apprêtait maintenant à lui disputer un titre NBA. Quand « Dr J » et Magic Johnson se sont retrouvés sur le parquet avant le match, Erving a pris son protégé dans ses bras et lui a dit tout bas : « Oublie tout ce que je t’ai dit. »

Les Finales ont semblé passer en un éclair pour le rookie californien. L’intensité et la pression ont d’abord été écrasantes. Magic était en admiration devant Abdul-Jabbar, qui abordait chaque match avec la même expression neutre et la même attitude posée. Le capitaine des Lakers avait mis le feu aux Sixers avec 33, 38 et 33 points dans les trois premiers matches. Il avait déjà marqué 26 points dans le troisième quart-temps du Match 5 quand il s’effondra sur le sol en se tenant la cheville. Kareem a été emmené au vestiaire. Il est revenu à la fin du quatrième quart-temps, marquant 14 points dans le rush final et donnant aux Lakers un avantage de 3-2 dans la série.

Quand Abdul-Jabbar a quitté le vestiaire sur des béquilles, les représentants de L.A. ont compris qu’ils iraient à Philadelphie sans lui – et à en croire le reste de la NBA, ils n’avaient aucune chance de l’emporter. La veille du Match 6, Bruce Jolesch, le directeur de la communication des Lakers, a pris Magic à part après l’entraînement.

« J’ai une mauvaise nouvelle. Larry Bird est le rookie de l’année, lui a-t-il dit.

– Quel écart de voix y a-t-il eu ?, lui a demandé Magic.

– Plutôt large », lui a répondu Jolesch.

Bird a remporté le trophée avec 63 voix contre 3. Ce vote déséquilibré était démoralisant. Cherchant du réconfort, Magic a appelé Earvin Johnson Sr qui lui a dit : « C’est une injustice totale. » Magic a exprimé publiquement une légère déception, rien de plus. En privé, il était très remonté contre le manque de respect qu’on lui avait témoigné. Le fait que ce soit Larry Bird qui ait dominé le vote ne faisait qu’empirer les choses.

« J’étais jaloux et furieux. Je pensais que j’avais fait une super saison. Quand j’ai su que je n’avais eu que 3 voix, je me suis déchaîné contre les Sixers. Je voulais que les gens reconnaissent mon jeu de la même façon qu’ils avaient reconnu celui de Larry. Ça n’avait rien de personnel contre Larry… mais en fait si, je lui en voulais. »

Au moment où il a dominé le Match 6 en tant que suppléant d’Abdul-Jabbar, personne ne parlait plus du rookie de l’année. Tout le monde chantait les louanges de Magic qui rapportait un titre et la gloire à Los Angeles. « Je pense qu’on peut encore en gagner quelques-uns », a déclaré Johnson en brandissant le trophée des champions, savourant son bonheur après sa superbe prestation.

Les Celtics avaient d’autres projets. Avec le choix numéro 1 de la draft 1980, grâce à un échange préalable avec Detroit, ils se sont mis en quête d’un joueur intérieur capable de contenir Kareem Abdul-Jabbar. Après avoir brièvement courtisé le pivot de Virginia, Ralph Sampson, qui avait fermement indiqué qu’il ne quitterait pas l’université, Red Auerbach a porté son attention sur les prospects de quatrième année en passe d’être diplômés, plus particulièrement le pivot de Purdue Joe Barry Carroll et l’ailier de Minnesota Kevin McHale.

A suivre…

 

  1. Fred Brown était surnommé « Downtown » parce qu’il était très adroit de loin.

Première partie – Deuxième partie – Troisième partie – Quatrième partie

Cinquième partie – Sixième partie – Septième partie – Huitième partie

Neuvième partie

Jackie MacMullan, « Larry Bird-Magic Johnson, quand le jeu était à nous », sorti le 31 mai 2017 (352 pages, 22 euros)

Chez le même éditeur

Phil Jackson, « Un coach, onze titres NBA » (2014, 352 pages, 22 euros)

Roland Lazenby, « Michael Jordan, The Life » (2015, 726 pages, 24 euros)

Jack McCallum, « Dream Team » (2016, 396 pages, 22 euros)

Kent Babb, « Allen Iverson, Not a game » (2016, 330 pages, 22 euros)

Roland Lazenby, « Kobe Bryant, Showboat » (2018, 600 pages, 24 euros)

Marcus Thompson II, « Stephen Curry, Golden » (2018, 300 pages, 21,90 euros)

Julien Müller et Anthony Saliou, « Top 50 : Les Légendes NBA » (2018, 372 pages, 19,90 euros)

Julien Müller et Elvis Roquand, « Petit quiz NBA, 301 questions » (2018, 176 pages, 9,90 euros)

George Eddy, « Mon histoire avec la NBA » (2019, 192 pages, 19,90 euros)

Talent Editions

 

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