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Roman de l’hiver : Larry Bird-Magic Johnson (5)

C’est désormais une tradition sur Basket USA : chaque été et chaque hiver, nous vous proposons de longs extraits d’un livre en rapport avec la NBA.

Après Phil Jackson, Michael Jordan (par Roland Lazenby), la « Dream Team » et Allen Iverson (par Kent Babb), nous avons continué de piocher dans la collection des éditions Talent Sport et c’est un ouvrage passionnant, signé Jackie MacMullan, que nous vous proposons pour les longues soirées de l’hiver 2018, au coin de la cheminée.

« Larry Bird-Magic Johnson, Quand le jeu était à nous » raconte la formidable rivalité, dans les années 1980, entre l’ailier des Boston Celtics et le meneur des Los Angeles Lakers. Celle qui a assuré le succès et la popularité de la grande Ligue américaine. Embarquez avec nous dans la machine à remonter le temps… Bonne lecture !

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Leurs cheminements jusqu’au match pour le titre à Salt Lake City étaient loin d’avoir été tranquilles, contrairement à ce que leurs mirifiques bilans semblaient indiquer. Le bilan irréprochable d’Indiana State – 33 victoires pour 0 défaite – suggérait une saison parfaite. Pourtant, il ne reflétait pas l’instabilité qui escortait Larry Bird, un jeune joueur exigeant qui ne tolérait pas que quiconque ne fournisse pas de manière convaincante l’effort approprié. Bird n’avait rien à faire d’être populaire parmi ses coéquipiers. Ce qu’il voulait d’eux – ce qu’il en attendait -, c’était qu’ils fournissent la même intensité que lui. Et c’était souvent une haute exigence. « Larry pouvait se battre avec toi, a dit Carl Nicks. Il ne reculait jamais. S’il n’aimait pas ce que tu faisais, il venait te le dire en face. »

L’ailier d’Indiana State Leroy Staley l’a appris en direct lors de la présaison, quand il a commis une perte de balle par nonchalance et que Bird est venu le réprimander en lui demandant de s’appliquer dans son jeu. Stanley a ensuite passé sa frustration sur le meneur remplaçant Rod McNelly, très peu utilisé. Il l’enfermait dans le coin quand il montait la balle et lui donnait des coups de genou quand il tentait des interceptions. Alors que McNelly s’effondrait sur le sol, Bird a foncé sur Staley, poings serrés.

« Leroy était frustré, je pense. Il ne jouait pas bien et il s’est mis à jouer dur. Mais Larry n’allait pas le laisser s’en tirer avec un sale coup pareil », a poursuivi Nicks. « Je ne sais vraiment pas ce qui s’est passé, a affirmé Staley. Larry était dans un mauvais jour. Tout ce que je sais, c’est qu’il s’est jeté sur moi. » Les deux joueurs ont fini par être séparés, mais pas avant que trois Sycamores aient maîtrisé Bird.

Personne ne s’est approché de Larry après l’altercation ; ils avaient compris qu’il était plus sage de laisser leur leader gérer seul sa susceptibilité. Le coach, Bill Hodges, a appelé Bird et Staley pour éclaircir la situation et les deux joueurs ont accepté d’aller de l’avant. Quand Larry est revenu, il n’a fait aucun geste d’excuse et il avait le regard plus dur que jamais. « On a eu beaucoup d’accrochages cette année-là, a ajouté Nicks. C’était un combat de coqs tous les jours à l’entraînement. »

Le credo de Bird était simple : « Joue ou basket de la bonne façon ou tire-toi. » Dans son esprit, la saison précédente avait été gâchée par un manque de discipline. Et il n’allait pas permettre que cela se reproduise. « Leroy Staley est un mec super. C’était aussi un bon joueur et un bon coéquipier, qui nous a beaucoup apporté. Mais il fallait le cadrer et ce n’était pas le seul. Ça ne me gênait pas de le faire. J’intimidais ces gars-là. C’était mon taf en tant que leader de l’équipe de maintenir un haut niveau d’intensité, même à l’entraînement. Je savais que c’était la seule façon de gagner un titre », a déclaré Bird.

Larry Bird fait des jaloux

Larry était parfaitement conscient de l’énorme publicité dont il bénéficiait et il a arrêté de parler à la presse dans l’espoir que les médias mettent en avant d’autres Sycamores. Toutefois, il devait constamment faire face à la frustration ressentie par ses coéquipiers, qui en avaient marre qu’on ne parle que du numéro 33. « Il y a toujours eu beaucoup de jalousie – jusqu’à aujourd’hui », a confié Bird.

Les pronostics voyaient Indiana State terminer en milieu de tableau en 1978-79 quand le coach Bob King a subi une attaque cardiaque et une rupture d’anévrisme. Il a été remplacé par l’assistant Bill Hodges. Jusqu’à ce moment-là, Staley, qui s’était engueulé avec King, projetait de se faire transférer à Florida State pour jouer sous les ordres du coach Hugh Durham. Dès que Hodges a été promu, Staley a décidé de rester.

Les transferts de Carl Nicks, Bobby Heaton et Alex Gilbert ont apporté du sang neuf et une nouvelle approche à l’équipe. Ils sont vite devenus des éléments clés des Sycamores. Nicks était un gars arrogant de Chicago qui attaquait le panier en force et n’avait peur de personne – défensivement et offensivement. Heaton, le sixième homme d’Indiana State, était un joueur rusé, doté d’un très bon sens de l’espace et d’un tir dans le périmètre qui se révélerait crucial durant le remarquable parcours d’ISU. Gilbert était un rebondeur et un contreur doté d’une détente incroyable. Les autres titulaires étaient Brad Miley, un bon défenseur, et le meneur Steve Reed, un garçon inexpérimenté et pourtant altruiste, capable de shooter de très loin mais qui restait un tireur hésitant.

Le banc des Sycamore était court ; le seul autre joueur, à part Heaton, à avoir un gros temps de jeu était Staley. Leur rotation limitée a valu aux Sycamores le surnom « Les Sept mercenaires ». Et quand un concessionnaire automobile local les a utilisés, en les montrant avec des chapeaux de cowboy bleus, des jeans et des bottes, dans une publicité, c’est devenu leur look attitré.

Dans le second match de la saison, Bird a mené ISU à une victoire inattendue contre Purdue. Il a assommé les Boilermakers avec 22 points et 15 rebonds. Cinq jours plus tard, il a planté 40 points à Evansville. Et le 16 décembre, il a puni Butler avec 48 points, 19 rebonds et 5 passes. C’était un basket remarquable et Bill Hodges, qui n’avait que 36 ans, s’est senti dans de très bonnes dispositions quand Larry a pris la décision de disputer sa dernière saison à ISU plutôt que de filer en NBA. Hodges savait qu’il avait sous les yeux un joueur qu’on ne rencontre qu’une fois dans une vie.

La draft de tous les dangers

Le printemps précédent, Bird était devenu un junior éligible à la draft NBA. Comme sa carrière avait techniquement commencé en 1974, quand il avait passé trois semaines et demie à Indiana, il était considéré comme faisant partie de la classe 1978 aux yeux du basket professionnel, même s’il n’avait pas joué une seule seconde avec les Hoosiers et qu’il lui restait encore une année d’éligibilité à Indiana State.

Selon les nouvelles règles de la convention collective de la NBA fixées par l’accord de 1976, un joueur pouvait être drafté, retourner à l’université effectuer sa dernière saison et ensuite négocier avec l’équipe NBA qui l’avait drafté. Si aucun accord n’avait été trouvé, l’équipe perdait l’exclusivité de ses droits et le joueur figurait de nouveau parmi les éléments éligibles à la draft. Bird ne connaissait pas ces règles qui ont eu un impact direct sur lui. En fait, il était tout bonnement dans l’ignorance de presque tout ce qui touchait à la NBA. « Je ne me souciais absolument pas des pros », a-t-il confié.

Les Indiana Pacers ont hérité du choix numéro 1 en 1978. Leur coach, Bob « Slick » Leonard, a appelé Bird et l’a invité à lui rendre visite à Indianapolis pour parler de son avenir. Larry a fait la route en voiture avec Ed Jukes, un banquier local et un ami proche de la famille, pour aller discuter avec Leonard. La rencontre s’est tenue dans le centre ville d’Indianapolis, au Hyatt Regency. En entrant dans l’hôtel, Bird fut ébahi par le long escalator qui menait au premier étage. « C’était la première fois de ma vie que j’en voyais un », a-t-il commenté.

Une fois assis dans le restaurant de l’hôtel, Leonard a demandé à Bird s’il aimerait prendre une bière. « Avec joie, lui a répondu Larry. Je prendrai une Heineken. » Leonard a hoqueté. C’était un natif de Terre Haute et il avait grandi « en foulant les mêmes terrains poussiéreux que Larry », comme il aimait à le dire. Pourtant, après être devenu un joueur professionnel puis un dirigeant en NBA, Slick buvait toujours de la Champagne Velvet, une bière brassée dans le coin qui était populaire parce que peu chère. « Le vendredi soir, c’était de la Pabst Blue Ribbon parce que nous allions probablement en boire beaucoup et que c’était plus économique. Seuls les gens riches buvaient de l’Heineken. Mais je me suis dit : « Oh et puis merde ! » Et j’en ai pris une avec eux », a rapporté Leonard.

Slick a détaillé la situation tendue que connaissait la franchise des Pacers, qui avait récemment intégré la NBA, en même temps que d’autres formations de l’American Basketball Association (ABA), et se trouvait au bord de la faillite. L’équipe avait offert à son meilleur agent libre, Dan Roundfield, un contrat de 200 000 dollars. « Et c’était 200 000 dollars que nous ne n’avions pas », a précisé Leonard. Les Atlanta Hawks ont fondu sur leur proie en offrant à Roundfield 450 000 dollars. Il s’est vendu au plus offrant, laissant un trou béant dans le cinq des Pacers, aussi bien qu’une situation délicate à gérer. Indiana voulait drafter Bird mais la franchise ne pouvait pas risquer de le voir repartir à Indiana State pour sa saison senior. Les Pacers avaient besoin de renfort immédiatement. « Ecoute, notre franchise ne peut pas se le permettre. Donc, si tu comptes retourner à l’université, tu dois me le dire car dans ce cas, j’échangerai notre tour de draft. Mais si tu en sors, je te prendrai », a dit Slick à Bird.

Maman Bird veut que son fils décroche son diplôme

Il n’y eut aucune hésitation dans la réponse de Larry. Il avait promis à sa mère Georgia qu’il quitterait Indiana State diplôme en poche. Même si sa situation financière était précaire, elle restait inflexible et insistait pour que son fils obtienne son diplôme. « Ma maman se fichait de l’argent. Elle s’en sortait. On n’était pas dans une situation de survie. Si ça avait été le cas, j’aurais peut-être pris une autre décision », a expliqué Larry.

Leonard et Bird ont descendu deux autres Heineken avant de se quitter après s’être serré la main amicalement. En sortant du bar, Bird a demandé à Ed Jukes d’attendre un instant. Il a sauté sur l’escalator, s’est laissé remonter jusqu’en haut puis est redescendu, excité comme un gosse. S’il était déçu de savoir que Larry ne porterait pas la tenue des Pacers, Slick n’était pas non plus désespéré. A cette époque, il y avait des interrogations au sujet du morphotype de Bird, de sa vélocité et de son tempérament. Personne ne le voyait devenir un Hall of Famer de premier ordre. « J’appréciais Larry mais il faut bien reconnaître que personne ne savait qu’il était si bon », admit Leonard.

Comme il l’avait dit, ce dernier a cédé le choix de draft numéro 1 aux Portland Trail Blazers contre le meneur Johnny Davis, le pivot Clement Johnson et le choix numéro 3 de la draft 1978, que les Pacers ont utilisé pour recruter le « big man » de Kentucky Rick Robey. Maintenant, c’était au tour des Trail Blazers de faire la cour à l’ailier réticent d’ISU. Bird a été inondé de coups de fil chez lui, à French Lick, de la part d’un dirigeant de Portland, Stu Inman. Au bout d’un moment, Georgia Bird reconnut sa voix et raccrocha poliment mais fermement. L’argumentaire commercial d’Inman intégrait la perspective de jouer aux côtés d’un futur Hall of Famer.

« Larry, tu en train de rater une opportunité d’évoluer avec Bill Walton. C’est l’un des plus grands pivots de tous les temps, lui dit Inman.
– Il est tout le temps blessé », lui rétorqua Bird direct.

(Bird jouerait plus tard aux côtés de Walton aux Celtics durant la saison du titre, en 1986. S’il tenait Bill pour l’un de ses amis les plus proches, il voyait juste dans son affirmation. Lors de ses deux premières saisons dans la Ligue, Walton s’est cassé le nez, le poignet et une jambe. Après avoir mené Portland au titre NBA au terme de la saison 1976-77, il s’est fracturé le pied en 1978, n’a joué que 58 matches et a demandé à être transféré à l’intersaison parce qu’il estimait avoir reçu un traitement inadapté de la part des soigneurs de l’équipe. Les Trail Blazers ont refusé de l’engager et le grand rouquin est resté sur le banc durant tout l’exercice 1978-79 en signe de protestation. Son pied fracturé lui a valu une myriade de problèmes qui ont sévèrement handicapé sa carrière et nécessité, plus tard, qu’il subisse une arthrodèse de la cheville.)

Si Bird avait été inflexible au sujet de son intention de retourner à Indiana State, Portland restait déterminé, jouant de tous ses contacts pour tenter de faire plaider sa cause auprès de Larry. « Je te jure que Portland a vraiment mis tout le monde sur le coup. De parfaits inconnus sont venus me voir et m’ont dit : « Je n’arrive pas à croire que tu ne vas pas passer pro ! Tu as une chance de pouvoir t’occuper de ta famille et de te mettre à l’abri. Qu’est-ce que tu vas faire à la fac ? » Je leur disais : « Non, j’y retourne. » Je n’allais pas changer d’avis », a raconté Bird.

Larry Bird ? Loyal, têtu et susceptible

Stu Inman a mené son enquête sur Bird et il a découvert qu’il était d’une loyauté indéfectible, incroyablement têtu, très susceptible et qu’il avait un goût pour la bière. Inman était dubitatif quant à la maturité et la condition physique de l’ailier. Le jour de la draft, Portland a choisi l’ailier de Minnesota Mychal Thompson en numéro 1. Les Trail Blazers avaient l’intention de sélectionner Bird avec leur autre choix de premier tour, le 7e, mais Boston, qui avait le 6e, le sélectionna avant que Portland n’en ait l’opportunité.

Red Auerbach avait fait son choix, sans même avoir demandé à Bird quelles étaient ses aspirations professionnelles. Le general manager des Celtics savait déjà tout de ce joueur d’Indiana State très prisé. Le jour où les coéquipiers de Larry au WIT ont vu Red descendre les escaliers, il était là pour jauger Bird. Il avait également suivi Bird à travers les rapports des agents recruteurs John Killilea et K.C. Jones. Killilea était rentré au bercail après un long déplacement dans le Midwest et s’était exclamé devant Auerbach : « Red, je pense que j’ai trouvé le prochain Rick Barry. Il peut shooter de n’importe où. Et tu verrais quel incroyable passeur est ce gars ! » « J’ai cru Killilea mais j’ai également pensé qu’il exagérait », a dit Auerbach.

Red a passé un coup de fil à son ami Bob Knight, qui l’a assuré qu’il ne devait absolument pas s’inquiéter du faux pas de Bird à Bloomington. « En fait, Bob m’a dit qu’il regrettait de ne pas avoir davantage accompagné ce jeune. Il m’a dit la chose de la façon suivante : « La seule chose que Bird a mal faite ici, c’est de ne pas m’avertir qu’il quittait le campus » », a rapporté Auerbach.

Par une douce après-midi, Bird jouait au golf à Santa Claus, en Indiana, avec son ami de longue date Max Gibson quand un inconnu a crié dans leur direction : « Larry Bird ! Tu viens d’être drafté par les Boston Celtics !

– Qu’est-ce que ça veut dire ?, lui a demandé Bird.
– J’en sais foutre rien », lui a répondu l’inconnu.

Gibson et Bird ont laissé tomber leurs clubs et sont allés manger un sandwich au club-house. A 16h environ, ils sont rentrés à la maison en voiture et ils ont allumé la télévision. A cette époque, sans flashes info 24h/24, sans accès à Internet ni aux multiples chaînes d’ESPN, il n’y avait pas d’autre moyen de se tenir informé que de regarder les news de 18h. Bird et Gibson étaient assis dans le salon. Ils ont discuté de pêche, de golf et de chasse jusqu’à ce que le sujet NBA soit enfin diffusé. L’ailier a écouté, haussé les épaules puis éteint la télé. La grandeur de ce que Auerbach avait fait n’existait plus pour lui. « Max était beaucoup plus excité que moi », a assuré Larry.

Pendant toute l’année senior de Bird à Indiana State, des membres des Celtics sont progressivement venus plus nombreux au Hulman Center, souvent en toute discrétion. K.C. Jones, le coach Tommy Heinsohn, la star des Celtics Dave Cowens et même Red Auerbach, par intermittence, faisaient des apparitions pour suivre leur investissement.

Au tour de Magic de faire la couverture de « S.I. »

Dans le même temps, des recruteurs de presque toutes les équipes de NBA se sont déplacés à travers tout le pays avec le calendrier de Michigan State dans la poche. Ils avaient eux aussi entouré le numéro 33 : celui de Magic Johnson aux Spartans. Johnson avait déjà soigneusement préparé ses projets d’avenir dans le basket dans sa tête. Si tout se passait bien, il envisagerait de passer pro après sa deuxième année, son année sophomore, et les cadres de la grande Ligue américaine le savaient. En fait, Magic avait presque franchi le pas après son année freshman. Il était même allé jusqu’à rencontrer les Kansas City Kings (futurs Sacramento Kings). Mais les deux parties n’avaient pas pu se mettre d’accord sur un montant salarial juste et Johnson était retourné à Michigan State, où il entendait consolider son statut de numéro 1 de la draft.

Contrairement à Bird, Johnson étudiait le jeu des pros et il imitait ses idoles, Wilt Chamberlain, Dave Bing et Julius Erving, sur les playgrounds de Lansing. Chaque fois, quasiment, il restait pour jouer plus longtemps que ses amis, qui se lassaient de shooter ou qui devaient rentrer à la maison pour le repas du soir. Aussi, Johnson faisait des un-contre-un face à lui-même. Il comptait 2 points à Wilt Chamberlain sur son premier tir en sortie de crossover puis 2 points à Bill Russell sur son move poste bas. « Je voulais plus que tout jouer en NBA », a expliqué Johnson.

Mais tout d’abord, Magic voulait gagner un titre universitaire et il était persuadé que 1978-79 serait son année. La plupart des éléments du noyau de MSU qui avait fait les finales régionales étaient encore là, dont le très sûr Terry Donnelly – sa précision au tir a été déterminante dans leur parcours de postseason -, le scoreur Jay Vincent et le robuste Ron « Bobo » Charles, qui se chargeait avec plaisir du sale boulot sous les panneaux. Le senior Greg Kelser était un athlète doué et explosif dont le jeu s’harmonisait magnifiquement avec celui de Magic.

Jud Heathcote était également très emballé par Gerald Busby, un freshman de Buchanan, dans le Michigan, dont tout le monde faisait l’éloge. Heathcote pensait en faire un titulaire avant la fin de la saison. « Gerald avait une détente comparable à celle de Michael Jordan. On le voyait comme une valeur sûre de NBA », déclara Magic.

Johnson s’entraînait tout seul au tir dans une Jenison FieldHouse vide, durant la première semaine de septembre 1978, quand Heathcote lui fit un signe de la main pour lui dire que « Sports Illustrated » l’avait choisi pour apparaître en couverture de son édition consacrée au basket universitaire. Il n’y aurait pas de pom-pom girls avec lui pour promouvoir le secret le mieux gardé du réseau universitaire : tout le monde avait déjà entendu parler de Magic.

Pour la photo de couverture de l’édition du 27 novembre 1978, Johnson se vêtit d’un smoking, d’une chemise blanche, d’un chapeau haut de forme et de souliers de cuir vernis. Sur la photo, Magic est en l’air, effectuant un lay-up bras et jambes écartés, portant son costume et arborant son légendaire sourire. Le gros titre était « Super Sophs », les super sophomores, accompagné de l’accroche : « Le très élégant Earvin Johnson de Michigan State. »

Magic était si impatient de voir cette couverture qu’il n’attendit pas de s’adjuger le numéro du salon des coaches. Il appela son père, Earvin Johnson Sr, et lui demanda d’en prendre dix exemplaires chez le buraliste. Quand Earvin Sr est allé en ville pour acheter le magazine, les bacs étaient vides. Les gens de Lansing avaient acheté tous les exemplaires disponibles. Quand Magic est rentré chez lui pour son rendez-vous annuel chez le dentiste, la secrétaire a déploré que le cabinet se soit fait voler son exemplaire. « Ce fut un grand jour chez les Johnson, a dit le père de Magic. Un jeune homme noir de Lansing, dans le Michigan, en couverture de « Sports Illustrated » ? J’ai dit à ma femme : « A présent, j’ai tout vu ! » »

Comme cela avait été le cas pour Larry Bird, la photo de couverture de Johnson a hissé sa notoriété, déjà considérable, vers de nouveaux sommets. Les supporters adverses de diverses villes de la Conférence Big Ten se présentaient, marqueur et couverture de « Sports Illustrated » en main, pour recueillir sa signature. Magic se pliait presque toujours à l’exercice. Neuf fois sur dix, que la scène se déroule à Columbus, dans l’Ohio, ou à Minneapolis, il signait le magazine, recevait un chaleureux « Thank you ! » puis se mangeait un sonore « Allez les Buckeyes ! » ou « Les Gophers font la loi ! », tandis qu’il se retournait pour s’en aller.

A Terre Haute, quelqu’un a montré à Bird la couverture tape-à-l’œil avec Magic en tenue de gala. La réaction de Larry a été : « Bien. Que ce soit quelqu’un d’autre qui ait à gérer toute l’attention. »

La première véritable occasion d’évaluer Michigan State a été un match amical de présaison contre l’équipe nationale russe, qui était en tournée aux Etats-Unis et jouait contre des universités de haut niveau. Les Soviétiques alignaient une équipe méthodique qui ne pouvait tout simplement pas suivre le rythme de Magic Johnson et Greg Kelser. Michigan State les a dominés 76-60 en les assommant de paniers sur contre-attaque à répétition.

A suivre…

Jackie MacMullan, « Larry Bird-Magic Johnson, quand le jeu était à nous », sorti le 31 mai 2017 (352 pages, 22 euros)

Chez le même éditeur

Phil Jackson, « Un coach, onze titres NBA » (2014, 352 pages, 22 euros)
Roland Lazenby, « Michael Jordan, The Life » (2015, 726 pages, 24 euros)
Jack McCallum, « Dream Team » (2016, 396 pages, 22 euros)
Kent Babb, « Allen Iverson, Not a game » (2016, 330 pages, 22 euros)
Roland Lazenby, « Kobe Bryant, Showboat » (2018, 600 pages, 24 euros)
Marcus Thompson II, « Stephen Curry, Golden » (2018, 300 pages, 21,90 euros)
Julien Müller et Anthony Saliou, « Top 50 : Les Légendes NBA » (2018, 372 pages, 19,90 euros)
Julien Müller et Elvis Roquand, « Petit quiz NBA, 301 questions » (2018, 176 pages, 9,90 euros)

Talent Editions

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