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Roman de l’hiver : Larry Bird – Magic Johnson (1)

C’est désormais une tradition sur Basket USA : chaque été et chaque hiver, nous vous proposons de longs extraits d’un livre en rapport avec la NBA.

Après Phil Jackson, Michael Jordan (par Roland Lazenby), la « Dream Team » et Allen Iverson (par Kent Babb), nous avons continué de piocher dans la collection des éditions Talent Sport et c’est un ouvrage passionnant, signé Jackie MacMullan, que nous vous proposons pour les longues soirées de l’hiver 2018, au coin de la cheminée.

« Larry Bird-Magic Johnson, Quand le jeu était à nous » raconte la formidable rivalité, dans les années 1980, entre l’ailier des Boston Celtics et le meneur des Los Angeles Lakers. Celle qui a assuré le succès et la popularité de la grande Ligue américaine. Embarquez avec nous dans la machine à remonter le temps… Bonne lecture !

Introduction de Larry Bird

« Quand j’étais jeune, la seule chose qui m’importait était de battre mes frères. Mark et Mike étaient plus âgés que moi et donc, ils étaient plus grands, plus forts et meilleurs – au basket, au baseball, en tout. Ils me poussaient. Ils me motivaient. Je voulais les battre plus que tout, plus que n’importe qui.

Mais je n’avais pas encore rencontré Magic. Quand je l’ai rencontré, il est devenu celui que je devais battre. Ce que j’ai vécu avec Magic est allé au-delà de ce que j’avais pu éprouver avec mes frères.

Je n’ai jamais dit combien il dominait mes pensées à l’époque où je jouais. Je ne le pouvais pas. Mais dès que nous sommes tombés d’accord pour faire ce livre, j’ai su que le temps était finalement venu de dévoiler aux gens ma relation avec la personne qui me motivait plus que n’importe qui d’autre.

Dès le début, nos carrières ont suivi le même chemin. Nous avons joué l’un contre l’autre en finale NCAA, pour le titre universitaire 1979, puis nous sommes passés pros la même année. Il est parti sur la Côte Ouest, je suis parti sur la Côte Est. Chacun de nous jouait pour l’une des deux meilleures franchises NBA de tous les temps. On n’aurait pu imaginer meilleur scénario.

Je n’ai pas aimé la tournure qu’ont prise les choses au début. C’était toujours Bird contre Magic au lieu des Celtics contre les Lakers et pour moi, ce n’était pas correct. On ne défendait même pas l’un sur l’autre. J’avais un très grand respect pour Magic – plus que pour tout autre joueur contre qui j’ai joué. Dès la première fois que je l’ai vu, j’ai su qu’il avait la même approche du jeu que moi.

L’esprit de compétition, c’est ce qu’on avait tous les deux en commun. C’est ce qui nous motivait. Mes coéquipiers tiraient tout le temps à boulets rouges sur Magic. Ils se moquaient de son sourire, de son attitude « showtime ». Mais quand on leur demandait ce qu’ils pensaient de lui en toute honnêteté, ils le reconnaissaient eux aussi : « C’est le meilleur. »

Je n’ai pas passé mon temps à me comparer à lui. On était des joueurs complètement différents, avec quelques similitudes. On adorait tous les deux passer la balle et impliquer nos coéquipiers. Aucun de nous deux ne se préoccupait de marquer 50 points, même si on aurait pu le faire chaque fois qu’on le voulait, quand on était à notre meilleur niveau.

Je visionnais des actions de Magic après les matches et je me disais : « Comment a-t-il fait ça ? » Je n’ai jamais vu quelqu’un contrôler le rythme du jeu comme il le faisait. Il y a eu des fois où on jouait les Lakers et où j’étais le seul gars à faire face à leurs contre-attaques à trois contre un. Même si je n’étais pas très rapide, j’arrivais à lire le jeu du meneur dans ces situations et je devinais de quel côté il allait jouer. Pas avec Magic. Je n’avais jamais la moindre idée de ce qu’il allait faire de la balle.

On ne s’aimait pas tant que ça. C’était trop dur. On essayait de se battre l’un, l’autre saison après saison et les gens nous comparaient tout le temps. Je voulais ce qu’il avait, donc, je ne voulais pas le connaître, parce que je savais que j’allais probablement l’apprécier et perdre de ma combativité.

« Le jour où on m’a annoncé la mort de Magic »

Les gens pensent que tout a commencé avec le championnat NCAA en 1979. C’est inexact. Nous avons été coéquipiers l’été précédent, dans une compétition internationale, et nous avons produit des actions de jeu incroyables ensemble. Il est dommage que personne ne les ait vues. Le coach ne nous faisait pas jouer, alors nous avons dû trouver autre chose que des actions de match pour prouver que nous faisions partie des meilleurs basketteurs universitaires.

Croyez-moi – vous le verrez en lisant ceci -, nous avons trouvé des façons de nous faire remarquer. Dans ce livre, nous vous livrons une vision de l’époque du championnat NCAA. Pas ce que j’appelle les « histoires de mytho » qui concernent cette période. A travers les années, d’innombrables propos de gens qui côtoyaient mon équipe d’Indiana State ont été rapportés, au sujet de ce que je faisais ou de ce que je pensais à cette époque. Ça me fait toujours rigoler car je les connais à peine. C’est pourquoi ils n’ont jamais eu les bonnes infos.

Les gens qui ont peu à voir avec la réussite d’une équipe sont souvent ceux qui ont le plus à en dire. C’est l’une des raisons pour lesquelles Magic et moi avons décidé de faire ce livre ensemble. Vous apprendrez de nous ce que nous ressentions quand nous jouions l’un contre l’autre pour le titre NCAA et les titres NBA. Cela a été une aventure passionnante, croyez-moi. Ça n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Quand vous avez autant l’esprit de compétition que Magic et moi, vous êtes amené à éprouver des sentiments extrêmes. J’en ai ressenti. Et en réalisant ce livre, j’ai appris que Magic en avait ressenti lui aussi.

Après toutes ces années passées à se battre l’un contre l’autre, les gens ne pouvaient pas penser à l’un d’entre nous sans l’associer à l’autre. Nous étions Mohamed Ali et Joe Frazier. J’ai pris ma retraite et les gens me parlaient tout le temps de lui. Ils me disaient : « Ça va, Magic ? Vous l’avez vu ? » Ils me parlaient plus de lui que de mes propres coéquipiers. Neuf fois sur dix, c’était : « Alors, que devient Magic ? » Et une fois sur dix, c’était : « Que fait Kevin McHale ces temps-ci ? »

Il est difficile d’expliquer ce que cela fait d’être lié à quelqu’un de cette façon. Nous n’avons pas choisi cela. C’est arrivé, c’est tout. Et maintenant, on est enchaînés l’un à l’autre.

Il y a quelques années, je conduisais ma voiture. J’ai reçu un appel d’un journaliste de télévision d’Indianapolis. Il m’a demandé : « Avez-vous entendu la nouvelle ? » J’ai répondu : « De quoi parlez-vous ? » Il m’a dit : « Eh bien, ce n’est pas encore confirmé mais nous avons un rapport selon lequel Magic Johnson serait mort. »

J’ai failli faire une sortie de route. J’ai eu une boule à l’estomac et j’ai vraiment cru que j’allais y passer. J’ai raccroché et j’ai aussitôt appelé Jill Leone, mon agent. Elle a eu Lon Rosen, l’agent de Magic, au téléphone. Il lui a dit que cette rumeur était bidon, que Magic allait très bien. J’ai rappelé ce gars de la télé et je lui ai dit : « Ne me refais plus jamais ça. »

Les gens ont beaucoup écrit sur Magic et moi pendant des années. Des fois, ils étaient dans le vrai, d’autres fois, non. Voilà notre histoire, telle que nous l’avons vécue.
Quand les Celtics et les Lakers se sont rencontrés en Finales NBA en 2008, ça m’a rappelé beaucoup de grands souvenirs. Les affrontements contre Magic et les Lakers ont été les plus grands moments de ma vie. Ils focalisaient toute mon attention. Rien n’était plus plaisant que de battre L.A.

On s’est battus comme des chiens pour la même chose pendant douze ans. Et malgré ça, le respect était toujours présent. Jusqu’à la fin de nos jours, nous serons reliés l’un à l’autre. Ça m’a contrarié au début, plus maintenant. »

Larry Bird

Indianapolis, mars 2009

Introduction de Magic Johnson

« Mon coach de lycée, George Fox, me disait de ne jamais tenir mon talent pour définitivement acquis. « Tu es spécial, Earvin. Mais ne t’arrête jamais de travailler dur. Souviens-toi, il y a quelqu’un ici-bas qui est tout aussi talentueux que toi et il travaille tout aussi dur, peut-être même plus dur que toi. »

Quand Coach Fox me disait ça, je hochais la tête mais en moi- même, je pensais : « J’aimerais rencontrer ce gars parce que je ne l’ai pas vu. » Vraiment ? Je n’étais pas sûr qu’un tel gars existait. Ça a changé en 1978, le jour où je suis entré dans une salle de Lexington, au Kentucky, et que j’ai rencontré Larry Bird pour la première fois. J’ai su qu’il était le gars dont Coach Fox m’avait parlé.

Larry était un drôle d’oiseau. Il ne parlait pas beaucoup, il gardait tout pour lui. Mais oh, mon Dieu, il savait jouer ! Je n’avais jamais vu un joueur de sa taille passer la balle comme il le faisait. D’entrée de jeu, il y a eu une alchimie entre nous. On évoluait dans la seconde équipe, avec un groupe d’All-Stars universitaires, et nous avons tout simplement fait douter les titulaires.

Je savais que j’allais le revoir et c’est ce qui s’est produit – partout ! Quand je suis arrivé en NBA, aux Lakers, j’ai visionné autant de matches des Celtics que j’ai pu pour suivre ce qu’il faisait. Il est devenu mon repère d’évaluation. La première fois qu’on s’est affrontés en Finales, en 1984, Larry m’a dominé. Ça m’a pris des années pour m’en remettre. En fait, je ne suis pas sûr de m’en être remis…

J’ai été étonné d’entendre Larry décrire comment il m’avait vu remporter le titre NBA dans ma saison rookie. Il a reconnu qu’il avait été jaloux, ce qui m’a vraiment choqué parce qu’il ne montrait rien à l’époque. Bien sûr, comme vous l’apprendrez en commençant la lecture de ce livre, j’avais mon propre lot de jalousie en ce qui concernait Larry…

Quand je parle aux gens, je leur dis que j’aurais aimé que leurs enfants naissent plus tôt. Ils auraient eu la chance de voir jouer Larry Bird, parce qu’il le faisait de la bonne manière. Il jouait pour l’équipe mais c’est sa rage de vaincre, sa solidité, son esprit et sa connaissance du jeu que j’admirais le plus.

Je suis lié à Larry, à jamais. C’est comme ça. Je voulais que nous entrions ensemble au Hall of Fame mais on n’en a pas eu l’opportunité. Donc, ce livre est la meilleure chose qui puisse arriver. Il nous donne la possibilité de raconter notre histoire et de partager avec vous l’évolution de notre amitié.

« Je me suis toujours demandé ce que Larry pensait »

Des choses vont vous surprendre. A l’époque où nous jouions, j’examinais minutieusement tous les gestes de Larry. Avant que nous fassions ce livre, je ne me doutais absolument pas qu’il faisait la même chose avec moi !

Il m’est impossible de me séparer de Larry. Je pense que je ne peux pas me séparer de moi non plus. Je tombe sur des fans tout le temps et la première chose qu’ils veulent savoir, c’est : « L’as-tu vu ? As-tu parlé à Larry ? » Personne ne me parle jamais de Kareem Abdul-Jabber. Ni de James Worthy, ni de Byron Scott, ni de Michael Cooper. C’est toujours Larry. On a fini par s’y habituer.

Quand je voyage dans le pays, je reçois toujours un accueil chaleureux, particulièrement à Boston. Les gens disent à leurs enfants : « Tu as raté un truc ! Larry et ce gars-là ont fait de grandes choses. On a détesté ce gars mais on le respectait. »

Chaque fois que je vais dans la nouvelle salle des Celtics, j’ai des tonnes de souvenirs. Je vous le jure, ils ont toujours les gars qui installaient le parquet à l’époque où je jouais. Ça me ramène en arrière. Les T-shirts « Beat L.A. », les vendeurs à l’extérieur, les douches froides, les alarmes incendie la nuit quand nous restions à l’hôtel à Boston… Il n’y a jamais eu de meilleure rivalité.

Ce que nous avons essayé de faire dans ce livre, c’est de vous placer au milieu de tout ça – comme en 1984, juste après que les Celtics ont remporté le titre. Je suis scotché dans une chambre d’hôtel à Boston. Je regarde dans la rue tous ces fans des Celtics en plein délire. Et vous ne croirez jamais où se trouvait Larry !

Parfois, je ressors l’un de ces vieux matches Celtics-Lakers. Je ne me lasse jamais de les revoir. La plupart du temps, on avait marqué 60 points à la mi-temps. C’était la poésie du basket. Quand je regarde ces matches, je suis toujours frappé par l’intensité qu’on peut lire sur le visage de Larry et sur le mien. On ne s’est jamais reposés un seul moment. Sur aucune action. On ne pouvait pas se le permettre parce que si nous l’avions fait, l’autre gars aurait exploité ça. Pouvez-vous imaginer ce que c’était que d’avoir un joueur du calibre de Bird vous poussant dans vos derniers retranchements, soir après soir ? Ça m’épuisait.

Ça nous a pris du temps pour nous connaître. Il est difficile de développer une relation avec quelqu’un qui veut exactement la même chose que vous. On était différents, c’est sûr. J’exprimais beaucoup d’émotions sur le terrain, tandis que l’expression de Larry ne changeait jamais. A l’intérieur, je le savais, son cœur battait tout aussi vite que le mien. Mais il y a eu d’innombrables fois où je l’ai regardé en me demandant : « Qu’est-ce qu’il pense ? » Aujourd’hui, enfin, je le sais.

J’ai toujours voulu travailler avec Larry sur un projet comme celui-ci. L’amour et le respect que j’ai pour lui sont sincères. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’autre comme lui. C’est parce qu’il n’y a qu’un seul Larry Bird. Je suis fier de pouvoir dire qu’il est mon ami. »

Earving « Magic » Johnson Jr

Los Angeles, mars 2009

A suivre…

Jackie MacMullan, « Larry Bird-Magic Johnson, quand le jeu était à nous », sorti le 31 mai 2017 (352 pages, 22 euros)

Chez le même éditeur
Phil Jackson, « Un coach, onze titres NBA » (2014, 352 pages, 22 euros)
Roland Lazenby, « Michael Jordan, The Life » (2015, 726 pages, 24 euros)
Jack McCallum, « Dream Team » (2016, 396 pages, 22 euros)
Kent Babb, « Allen Iverson, Not a game » (2016, 330 pages, 22 euros)
Roland Lazenby, « Kobe Bryant, Showboat » (2018, 600 pages, 24 euros)
Marcus Thompson II, « Stephen Curry, Golden » (2018, 300 pages, 21,90 euros)
Julien Müller et Anthony Saliou, « Top 50 : Les Légendes NBA » (2018, 372 pages, 19,90 euros)
Julien Müller et Elvis Roquand, « Petit quiz NBA, 301 questions » (2018, 176 pages, 9,90 euros)

Talent Editions : http://www.talenteditions.fr

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