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Roman de l’hiver : Larry Bird-Magic Johnson (8)

C’est désormais une tradition sur Basket USA : chaque été et chaque hiver, nous vous proposons de longs extraits d’un livre en rapport avec la NBA.

Après Phil Jackson, Michael Jordan (par Roland Lazenby), la « Dream Team » et Allen Iverson (par Kent Babb), nous avons continué de piocher dans la collection des éditions Talent Sport et c’est un ouvrage passionnant, signé Jackie MacMullan, que nous vous proposons pour les longues soirées de l’hiver 2018-19, au coin de la cheminée.

« Larry Bird-Magic Johnson, Quand le jeu était à nous » raconte la formidable rivalité, dans les années 1980, entre l’ailier des Boston Celtics et le meneur des Los Angeles Lakers. Celle qui a assuré le succès et la popularité de la grande Ligue américaine. Embarquez avec nous dans la machine à remonter le temps… Bonne lecture !

Première partie – Deuxième partie – Troisième partie – Quatrième partie

Cinquième partie – Sixième partie – Septième partie

Larry Bird a rentré un long « swish » dans le coin qui a donné l’avantage 8-7 à Indiana. Il ne le savait pas à ce moment-là mais c’était la dernière fois que son équipe serait devant dans ce match. Jud Heathcote a rageusement demandé un temps mort et pourtant, la rencontre n’en était qu’à ses tout débuts. « On a joué toute la saison pour arriver là, on a répété le plan de jeu encore et encore et vous le foutez en l’air… Maintenant, faites ce que je vous ai demandé ! Serrez-moi Bird, rentrez-lui dedans ! », a-t-il braillé.

Michigan a répondu d’un 9-1 et quand Heathcote a mis un cinq plus grand avec Greg Kelser, Magic Johnson, Mike Brkovich, Jay Vincent et Ron Charles, les Spartans menaçaient de tuer complètement le match. « Quand ils ont commencé leurs contre-attaques à quatre contre un, j’ai su que nous avions des problèmes. Personne ne nous avait fait ça avant », a expliqué Bobby Heaton.

Michigan State menait 30-19 quand Magic a reçu sa troisième faute, sur un rebond offensif. Johnson est resté sur le banc les trois dernières minutes et demie de la première mi-temps mais Michigan State s’en est bien sorti, conservant son avantage (37-28) à la pause.

 

Bird : « J’ai su d’emblée qu’on était mal »

Bird était sombre au moment où son équipe regagnait le vestiaire, d’un pas mal assuré. Michigan State réalisait un travail d’orfèvre, non seulement en limitant ses tirs mais aussi en bouchant ses lignes de passe. Et chaque fois qu’il essayait de mettre le ballon au sol, deux défenseurs lui barraient le passage. « J’ai su d’emblée qu’on était mal. Les choses ne se passaient pas bien. Leur rapidité, leur défense… Et nos gars étaient plus tendus que jamais », a concédé Larry.

La stratégie de Michigan State était de travailler sans relâche pour empêcher Bird de passer, aussi bien que pour limiter ses tirs. Cela faisait de Carl Nicks la meilleure chance, pour ISU, de générer de l’attaque. Voyant Bird en difficulté, Nicks s’est mis à forcer. « J’ai pris trop de tirs trop vite. J’étais complètement stressé en voyant que Larry arrivait difficilement à réaliser quoi que ce soit. Il ne trouvait pas de solutions et je n’avais jamais vu ça avant. Je me disais : « Ça craint… » », a raconté Nicks. En défense, Bird galérait aussi pour contenir Kelser, plus rapide, plus athlétique et qui le drivait constamment dans l’espoir de le déborder.

Michigan State était devant, 44-28, et sur le point de tuer le match quand Kelser reçut le ballon côté droit et essaya d’amener Bird vers le centre, en sortie de dribble. Larry sauta dans la ligne de passe et provoqua le contact. C’était une manœuvre intelligente d’un joueur qui était inférieur athlétiquement mais qui avait un coup d’avance mentalement sur l’action.

Kelser s’est vu siffler une faute offensive, sa quatrième, ce qui l’a envoyé sur le banc et a offert un dernier soupçon d’espoir aux Sycamores. « Je me suis dit : « Oh non, Greg… » La seule chance qu’ils avaient était que l’un de nous deux sorte et que nous ne puissions plus écarter le jeu et les battre grâce à notre vitesse », expliqua Magic.

Dans le regroupement d’ISU, tandis que Bill Hodges demandait à ses joueurs de prendre les Spartans dans une presse tout terrain, Bird implora ses coéquipiers : « Allez, on va les chercher encore une fois. » Carl Nicks, Bob Heaton et Leroy Staley ont tous les trois mis de gros tirs mais le très sûr Terry Donnelly, de Michigan State, a répondu à tous par des shoots opportuns dans le périmètre. Il terminera le match sur un parfait 5 sur 5.

 

Maudits lancers-francs !

Comme Bird le craignait, la maladresse aux lancers francs a fait mal à Indiana State dans la dernière ligne droite. Larry a raté un lancer franc crucial après avoir forcé une perte de balle sur Brkovich. Et après qu’un fadeaway a réduit l’écart à 9 points, Nicks s’est présenté aux lancers francs avec la possibilité de le ramener à 7. Au lieu de cela, il a manqué ses deux. Les Sycamores ne sont jamais revenus à moins de 6 points.

Avec moins de 5 minutes à jouer, Magic a réalisé un démarquage en backdoor d’école. Il a reçu la balle de Kelser et l’a dunkée par-dessus les bras tendus d’Heaton. Non seulement Johnson s’est vu accorder le panier mais il a également été dédommagé de deux lancers francs pour une faute flagrante, une décision douteuse dont même Heathcote a reconnu qu’elle aurait pu être sifflée des deux côtés. L’image de Magic surgissant au-dessus d’Heaton est apparue en couverture de « Sports Illustrated » quelques jours plus tard, couronnant le champion national Michigan State.

Dans les quatre dernières minutes, sans l’horloge des 24 secondes limitant son temps de possession, MSU a écarté son attaque et fait défiler le chrono autant qu’il l’a pu, en passant la balle autour du périmètre. Bird, frustré par cette tactique de blocage, a frappé la balle hors des mains de Magic alors que celui-ci effectuait une remise en jeu, puis est parti marquer un lay-up. Le panier a été refusé et Larry s’est vu attribuer une technique. Il n’a pas réagi à cette décision ; il s’est simplement retourné et il est revenu en défense en trottinant, sa tête blonde baissée.

Quand la sirène a retenti, scellant officiellement la victoire de Michigan State 75-64, Bird est aussitôt allé vers Johnson, lui a serré la main et l’a félicité d’avoir la meilleure équipe. Larry a fini avec des stats qui étaient loin d’être immortelles : 19 points à 7 sur 21, 13 rebonds et 2 passes. Pourtant, ce qui le hante encore aujourd’hui, ce sont les lancers francs ratés. « C’est une chose dont je ne me remettrai jamais », a confié Bird.

Magic était trop occupé à se réjouir avec ses coéquipiers pour voir l’angoisse de son adversaire. Ce n’est que plus tard, son bras autour d’un jeune annonceur appelé Bryant Gumbel, que Johnson a vu Bird assis sur son banc, le visage enfoui sous une serviette. Il venait d’être nommé Most Outstanding Player (1) du match sur la base de ses 24 points, 7 rebonds et 5 passes mais il a soudainement eu un pincement au cœur et il a ressenti de la sympathie pour son rival.

« J’ai passé toute la semaine à vouloir désespérément battre Bird et quand c’est arrivé, je me suis senti un peu mal. Je savais combien c’était important pour Larry. J’avais pleuré l’année précédente quand nous avions perdu contre Kentucky », a raconté Magic.

 

Michigan State aurait gagné neuf fois sur dix

Bird ne s’est pas présenté à la conférence de presse d’après-match. Il est resté prostré pendant plusieurs minutes après la fin de la rencontre, la tête dans sa serviette, retenant des larmes. « Ce qui m’a fait le plus de peine, c’était que tout était fini. Je ne savais pas où j’allais. Je n’avais pas encore signé avec les Celtics et je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer. Et ça me tuait que nous soyons là, à jouer si dur et que, quoi que nous fassions, nous n’y arrivions pas », commenta Bird.

Dans les années qui ont suivi, alors que les statures de Bird et Magic grandissaient, cette finale a été passée et commentée des centaines de fois. Larry a concédé que si les deux équipes devaient rejouer, Michigan State gagnerait neuf fois sur dix. « Peut-être même dix fois sur dix », a-t-il admis.

Leur duel épique a braqué la lumière sur le basket universitaire, qui a ensuite explosé. Trois décennies plus tard, le tournoi de basket NCAA était l’un des événements sportifs les plus suivis et les plus attendus, ses racines fermement plantées dans cette rivalité paroxystique entre Magic et Bird.

Après leur affrontement, les deux joueurs sont rentrés chez eux, accueillis en héros. Les Spartans ont fait l’objet d’une ticker-tape parade (2), Magic trônant dans un canapé d’où il saluait le public en adoration. A leur retour à Terre Haute, les Sycamores, eux, ont été accueillis par plus de 10 000 fans enthousiastes. Bird s’est ensuite vu remettre les clés de la ville.

Jud Heathcote a passé seize saisons de plus à Michigan State. Il y a gagné un statut de légende pour avoir mené l’équipe au premier titre de son histoire. Bill Hodges a été licencié d’Indiana State trois saisons plus tard et il n’a jamais eu d’autre opportunité de coacher un programme universitaire majeur.

Bird et Magic ont intégré le basket pro. En même temps, bien entendu.

Chaque fois que Hodges a rencontré Heathcote, il a donné une tape dans le dos de son rival et dit : « Souviens-toi, Jud, tu es celui qui a ruiné ma vie. » Larry Bird s’est juré de faire en sorte de ne jamais avoir à dire la même chose à Magic Johnson.

 

Chapitre 3 – 16 mai 1980 – Philadelphie, Pennsylvanie

 

Le rookie était assis sur le siège du capitaine. Généralement, seuls les vétérans s’arrogeaient la primeur des sièges plus spacieux qui se trouvaient derrière les cloisons sur les vols commerciaux. Ceux-ci n’étaient pas conçus pour transporter des athlètes faisant 1,98 m de taille moyenne à travers le pays.

Si le capitaine des Lakers et perpétuel All-Star Kareem Abdul-Jabbar avait été à bord, il aurait occupé sa place habituelle sur le siège si convoité. Mais Abdul-Jabbar était rentré à Los Angeles pour soigner une sale entorse à la cheville et cette blessure ne pouvait pas tomber à un pire moment. Les Lakers affrontaient les Philadelphie 76ers dans les Finales NBA 1980. Ils se rendaient à l’Est pour le Match 6 et ils étaient obligés de partir sans Kareem, l’épicentre de leur attaque, une combinaison immense de talent et de finesse avec un skyhook, ce bras roulé qui tombait du ciel, son geste signature, l’une des armes les plus efficaces de la Ligue. Jouer sans Abdul-Jabbar au moment le plus critique de la saison, L.A. menant 3-2 et étant sur le point de l’emporter, était momentanément paralysant.

Le coach des Lakers, Paul Westhead, a annoncé au practice qu’il comblerait le vide laissé par Kareem Abdul-Jabbar avec Earvin « Magic » Johnson, le rookie précoce qui était arrivé au camp d’entraînement en tant que numéro 1 de la draft 1979. La stratégie de Westhead interpellait certains de ses vétérans. Magic était un meneur de jeu habitué à faire le show. Maintenant, à ce qu’il semblait, il serait le show. « Je n’étais pas sûr de l’intention de Paul. Je pense que c’était : « Nous avons perdu notre meilleur joueur mais nous avons ce jeune phénomène charismatique qui s’en sortira très bien » », a expliqué le vétéran Jamaal Wilkes.

 

En l’absence d’Abdul-Jabbar, Magic ne doute de rien

S’il demeurait une question, quoi que ce soit, concernant la capacité du jeune prodige d’accomplir la tâche, Magic élimina tous les doutes quand il passa hardiment devant ses coéquipiers, des types qui avaient beaucoup plus de saisons au compteur que lui. Il alla s’asseoir dans le fauteuil plus spacieux du vol pour Philadelphie. Quand le jeune homme de 20 ans se retournait, il exhibait ses dents blanches immaculées et lançait : « Pas d’inquiétude, E.J. est là ! »

Magic se rendait compte que l’esprit des joueurs mollissait mais il pensait qu’avec un cinq plus petit, plus rapide, les Lakers pourraient frapper grâce à leur jeu de transition. C’était une grosse erreur, pensait-il, de faire l’impasse sur le Match 6 et de reporter tous leurs espoirs sur le Match 7, quand Abdul-Jabbar pourrait (ou pas) être de retour. « OK, les gars, vous savez quoi ? On va avoir un match très ouvert ici. Ça peut très bien se passer. On va mettre nos pompes d’athlètes et on va renvoyer ces gars à la maison », leur a dit Magic.

Johnson a pris le pivot Jim Chones à part et lui a demandé comment il devait défendre sur Caldwell Jones qui, à 2,11 mètres, jouirait évidemment d’un avantage de taille. Chones a rappelé à Magic que Jones n’était pas une menace dans le périmètre mais un rebondeur exceptionnel, qui devait absolument être maintenu hors de la raquette par des écrans retards. « Encore une chose, lui a précisé Jim Chones. Caldwell aime sortir en venant du côté faible pour contrer les tirs. Fais-y attention, sinon ça va te faire mal. »

A Philadelphie, le jour du match, le rookie avait l’air détendu dans le vestiaire, « vendant » le vide potentiellement catastrophique laissé par Kareem Abdul-Jabbar dans le cinq comme une opportunité, une aventure. « Hey, Norm, a-t-il dit au meneur vétéran Norm Nixon. Les gens se demandent sans arrêt comment on va les stopper… Mais qui va nous stopper, nous ? »

Michael Cooper regardait Magic Johnson haranguer l’assistance comme un chanteur de nightclub dans un bar à cocktails. A mesure que les années passent, les athlètes professionnels deviennent généralement blasés et sarcastiques envers les cris de ralliement des jeunots, qui sortent tout juste des rangs de l’université et qui croient encore au décorum, aux pom-poms et aux hymnes de combat. Alors que Johnson s’arrêtait devant chaque casier du vestiaire pour prêcher son évangile d’optimisme, Cooper déclara, amusé : « Il organise son propre séminaire universitaire de motivation. »

 

L’énergie de Johnson est contagieuse

Ce séminaire a été une réussite parce que l’énergie de Magic a été contagieuse. Wilkes, souvent facilitateur d’Abdul-Jabbar, a commencé à se présenter lui-même dans les couloirs. Nixon s’est rallié à l’idée de prendre plus de tirs. Chones s’est porté volontaire pour être le chien de garde du massif Darryl Dawkins, une force de la nature dans la raquette – le surnom qu’il s’était donné, « Chocolate Thunder » (Tonnerre Chocolat), indiquait la puissance du basket qu’il pratiquait. « Partis de l’idée que nous pouvions gagner, nous en sommes venus à penser que nous allions gagner », a dit Michael Cooper.

Le soir du Match 6 des Finales NBA 1980, l’ailier des Celtics Larry Bird était assis dans un bar de Boston avec un petit groupe d’amis, en attendant que la rencontre Sixers-Lakers commence. L’élimination de son équipe par Philadelphie en finale de Conférence Est (1-4) lui avait ôté l’opportunité d’affronter Earvin « Magic » Johnson et d’égaliser dans leur rivalité personnelle grandissante.

Contrairement à la plupart des Américains, obligés de regarder les Finales en différé parce qu’aucune grande chaîne de télévision ne les diffusait pendant les périodes où l’on faisait les relevés d’audience, Bird a suivi ce match en direct. Il avait un ami qui bossait à la télé et qui s’était arrangé pour que le Game 6 soit diffusé dans le bar.

Alors qu’il regrettait que sa saison rookie se soit terminée prématurément face aux Sixers de Julius Erving, Bird confia à ses amis qu’il était curieux de voir comment Magic Johnson, lui, allait s’en tirer. Il savait, après avoir consulté les prolifiques relevés statistiques de Magic, que ce dernier était devenu l’homme à tout faire de L.A. Et pourtant, quand Larry a vu son rival se placer dans le rond central pour l’entre-deux du coup d’envoi, il a pouffé de rire. « Non ?! C’est une blague… Magic ne peut pas sauter ! », s’est exclamé Bird.

Johnson n’a pas gagné l’entre-deux mais c’est la seule fois où il a été battu ce soir-là. Il a été un catalyseur offensivement, en pénétration, sur ses fadeaways. Il a été un stimulateur défensivement, utilisant sa puissance physique pour priver « Philly » du ballon. Il a été, comme toujours, le joueur le plus expressif sur le terrain. Il a mené Los Angeles dans son 7-0 de début de match pour ne jamais baisser d’intensité par la suite. « Je me suis retrouvé à être pour lui alors même que je ne l’aimais pas… », a confié Bird.

Magic devient le plus jeune MVP des Finales

Si le match était à égalité 60-60 à la mi-temps, Johnson était d’humeur radieuse. Chones, comme promis, contenait Dawkins. Les Sixers, comme Magic l’avait prédit, étaient déconcertés par le nouveau cinq des Lakers. Quand Magic Johnson a commencé à rentrer des tirs sur la tête de Caldwell Jones, ils ont mis Julius Erving sur lui. Puis ils ont essayé Bobby Jones. Ça ne changeait rien. Aucun d’entre eux ne pouvait faire descendre Johnson de son nuage.

« Je savais exactement ce que ressentait Magic. Il y a des fois où tout te réussit et où tu es dans un état de perception incroyable, cette « zone » d’où tu contrôles le match. Tu ressens que quoi que tu fasses, ça marchera. C’est la plus grande sensation du monde, parce que personne ne peut t’arrêter. Et personne n’allait arrêter Magic ce soir-là », a affirmé Bird.

Les Lakers ont remporté le titre NBA grâce à une victoire 123-107. Magic a été champion dès sa première tentative, sans son capitaine, un futur Hall of Famer, dans le cinq. Il a joué 47 des 48 minutes possibles, a été parfait, à 14 sur 14 aux lancers francs, et il a terminé la soirée avec 42 points, 15 rebonds et 7 passes. C’était une performance sans précédent. Johnson a été le plus jeune MVP de l’histoire des Finales. Et le premier rookie à avoir jamais remporté ce trophée.

Larry Bird éprouvait des sentiments opposés devant la magnificence de Magic Johnson. Il s’émerveillait de son calme et de sa force sous la pression mais il était également rongé par l’envie. Il a quitté le bar en se sentant déstabilisé. « J’étais jaloux et agacé mais en même temps, j’étais en totale admiration devant ce qu’il avait réalisé », a admis le Celtic.

Quand il est arrivé chez lui, Bird s’était calmé – jusqu’à ce qu’il voie des extraits des exploits de Johnson à la télé et se sente de nouveau gagné par la nervosité. « Mince… Il faut que j’en gagne un [titre de champion] moi aussi. Ce gars en a empoché deux à suivre. Il me fait passer pour un moins que rien », s’est dit Larry.

 

Oubliée, la douloureuse solitude

Earvin avait le don de faire paraître les choses faciles. Pourtant, sa décision de passer professionnel puis son intégration chez les célèbres Lakers avaient été stressantes, pleines d’émotion et, au début, vécues dans une douloureuse solitude. A présent, Magic plaisait à tout le monde.

Au printemps 1979, encore couvert des confettis de la parade du titre de Michigan State, il était entouré de ses coéquipiers des Spartans qui plaidaient déjà auprès de lui : « Allez, gars, reste avec nous ! Gagnons un deuxième titre. »

Pendant un moment, il a vraiment été tenté. Johnson pouvait encore jouer deux saisons chez les universitaires ; il adorait être le « Magic Man » sur le campus et il pensait que les Spartans pouvaient de nouveau être champions s’il restait avec eux. Mais l’attrait de la NBA a été irrésistible.

Greg Kelser passait son diplôme et il avait déjà engagé un agent qui assurait sa propre promotion, en partie en disant qu’il avait travaillé pour la star de NBA Julius Erving. Erving était l’une des idoles de Magic. Après avoir quitté l’université du Massachusetts, où il est resté deux ans, « Dr J » a signé chez les Virginia Squires, en ABA, où il a démarré une carrière pro florissante. Le dunk était interdit en NCAA. Erving est devenu le maître du dunk en haute altitude et quand l’ABA a fusionné avec la NBA, « Dr J » est devenu l’une des premières véritables superstars de la Ligue. « Penses-tu que ton agent pourrait m’avoir « Dr J » au téléphone ? J’aimerais lui demander son avis », a lancé Magic à Kelser.

Erving savait tout de Johnson et de ses dons de passeur. Non seulement il a accepté de lui parler mais il a invité Magic et Kelser dans sa maison de banlieue, à Philadelphie, pendant les playoffs NBA 1979. Ils se sont installés dans la chambre d’ami, ont été chouchoutés par Turquoise, la femme d’Erving, et ont reçu des passes pour accéder au vestiaire des Sixers. Les deux joueurs ont été ébahis de voir combien les basketteurs professionnels étaient grands, beaucoup plus impressionnants que sur un poste de télé noir et blanc de 60 centimètres.

 

A suivre…

 

  1. Meilleur joueur du Final Four, équivalent du MVP en NBA.
  2. Une ticker-tape parade est une parade tenue dans un centre urbain. On lâche de grandes quantités de morceaux de papier depuis les fenêtres donnant sur le lieu où se déroule la parade, ce qui crée un effet triomphal visuellement similaire à une tempête de neige.

 

Jackie MacMullan, « Larry Bird-Magic Johnson, quand le jeu était à nous », sorti le 31 mai 2017 (352 pages, 22 euros)

 

Chez le même éditeur

Phil Jackson, « Un coach, onze titres NBA » (2014, 352 pages, 22 euros)

Roland Lazenby, « Michael Jordan, The Life » (2015, 726 pages, 24 euros)

Jack McCallum, « Dream Team » (2016, 396 pages, 22 euros)

Kent Babb, « Allen Iverson, Not a game » (2016, 330 pages, 22 euros)

Roland Lazenby, « Kobe Bryant, Showboat » (2018, 600 pages, 24 euros)

Marcus Thompson II, « Stephen Curry, Golden » (2018, 300 pages, 21,90 euros)

Julien Müller et Anthony Saliou, « Top 50 : Les Légendes NBA » (2018, 372 pages, 19,90 euros)

Julien Müller et Elvis Roquand, « Petit quiz NBA, 301 questions » (2018, 176 pages, 9,90 euros)

Talent Editions

 

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