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Roman de l’hiver : Larry Bird-Magic Johnson (7)

C’est désormais une tradition sur Basket USA : chaque été et chaque hiver, nous vous proposons de longs extraits d’un livre en rapport avec la NBA.

Après Phil Jackson, Michael Jordan (par Roland Lazenby), la « Dream Team » et Allen Iverson (par Kent Babb), nous avons continué de piocher dans la collection des éditions Talent Sport et c’est un ouvrage passionnant, signé Jackie MacMullan, que nous vous proposons pour les longues soirées de l’hiver 2018-19, au coin de la cheminée.

« Larry Bird-Magic Johnson, Quand le jeu était à nous » raconte la formidable rivalité, dans les années 1980, entre l’ailier des Boston Celtics et le meneur des Los Angeles Lakers. Celle qui a assuré le succès et la popularité de la grande Ligue américaine. Embarquez avec nous dans la machine à remonter le temps… Bonne lecture !

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

Sixième partie

Pendant un entraînement, au début de la saison, deux joueurs d’ISU ont organisé un H.O.R.S.E. au lieu de faire les exercices programmés par Bill Hodges. La vedette de l’équipe a pris les choses en main, avant que le coach n’ait eu le temps de les réprimander. « Si vous n’avez pas envie d’être là, dégagez ! », leur a crié Larry Bird.

Quand il ne jouait pas, Bird appréciait d’être un gars comme tout le monde sur le campus. Il était le plus heureux des hommes quand il descendait au lieu de rendez-vous de la fac, le « BallyHoo », et y sifflait quelques godets. Quand ISU jouait St. Louis, Hodges organisait une sortie au zoo de la ville. Les joueurs se promenaient avec leurs chapeaux de cowboys, en mangeant des glaces et en faisant des grimaces aux gorilles. « Comme une bande d’écoliers », a commenté Carl Nicks.

L’équipe adorait les voyages à Tulsa, dans l’Oklahoma. Là, les joueurs s’enfilaient un buffet de spaghetti à volonté. Le chef proposait une grande variété de pâtes et d’excellentes boulettes de viande en sauce. L’autre temps fort, c’était les invitations à dîner de l’ami de Bird, Max Gibson, après une grande victoire quand il descendait en ville. Ces soirs-là, les joueurs savaient qu’ils allaient connaître leur plus grand festin de l’année.

 

Georgia Bird brave des conditions météo dantesques

Le dernier match de la saison régulière d’Indiana a opposé le groupe à Wichita State ; c’est la seule fois de l’année où les Sycamores sont passés à la télévision. Une grosse tempête de neige s’est abattue sur Terre Haute et quand l’équipe est arrivée à la salle pour sa séance de tirs, le jour du match, le toit fuyait. « Il neigeait, un truc de dingues ! J’étais sûr qu’ils allaient annuler la rencontre », a dit Larry.

Georgia Bird a bravé les conditions climatiques presque impraticables pour se rendre à l’Hulman Center. Elle annonça que les routes étaient glissantes, très enneigées et vraiment dangereuses. Les équipes ont quand même joué. Bird a marqué 49 points et pris 19 rebonds devant une salle comble, avec Al McGuire sur le côté, qui commentait de manière enflammée.

Quand les tournois de Conférence ont été terminés, Indiana State et Michigan State se sont vus directement qualifiés pour le premier tour du tournoi NCAA. La seule occasion de se rencontrer que les facs auraient, c’était la finale.

Mais tout d’abord, les Spartans devaient éliminer une équipe de Lamar coachée par le très exubérant Billy Tubbs. Michigan State a détruit les Cardinals 95-64, avec un triple-double de Magic : 13 points, 10 passes et 17 rebonds.

Dans sa conférence de presse d’après-match, Coach Tubbs est monté sur l’estrade et il a froissé une liasse de papiers. C’était le rapport de scouting qu’il avait commandé au très respecté service de recrutement de Bill Bertka, Bertka’s Views. Bertka, un coach vétéran et un agent recruteur qui a été impliqué dans l’organisation des Lakers pendant plus de trente ans, avait décrit les Spartans comme une équipe de demi-terrain qui remontait la balle en marchant.

 

Notre Dame passée à la moulinette

« Bertka ne pouvait pas voir tous les matches lui-même, donc il a engagé des coaches de lycée pour effectuer les supervisions à sa place. Le coach de lycée chargé de nous observer est venu à notre match à Indiana. Bob Knight savait qu’on voulait jouer vite, donc chaque fois qu’on remontait la balle, il envoyait quatre gars en couverture, au milieu du terrain. On n’a jamais pu développer nos contre-attaques, donc j’ai dit à Earvin Johnson : « Laisse tomber. Remonte la balle en marchant » », a expliqué Jud Heathcote.

A partir de là, les Spartans ont éliminé Louisiana State 87-71. Ils ont ensuite validé leur billet pour le Final Four en se défaisant de Notre Dame, dotée de sept futurs choix de draft NBA : Bill Laimbeer, Orlando Woolridge, Kelly Tripucka, Bill Hanzlik, Bruce Flowers, Tracy Jackson et Rich Branning. La veille de cette rencontre, le soir du 17 mars, jour de la Saint-Patrick, Heathcote avait dit à son équipe : « Les gars, ce match, c’est pour le titre. C’est la meilleure équipe qu’on affrontera cette saison. Elle est même meilleure qu’Indiana State. »

Jud Heathcote a très précisément défini sa défense de zone, qui est très vite devenue l’une des défenses les plus encensées du basket universitaire, pour contrecarrer le personnel du Fighting Irish. Puis il a motivé son équipe avec une frénésie émotionnelle, rappelant que Notre Dame avait refusé de venir à Jenison Fieldhouse pendant la saison régulière. Il a aussi évoqué le fait que Notre Dame passait à la télé tous les dimanches. « On y est passés une fois, pour un match du tournoi NCAA contre Kansas, a précisé Heathcote. J’ai demandé à mes gars : « Hey, vous n’en avez pas marre, de regarder ces joueurs de Notre Dame ? » »

Michigan State a battu le Fighting Irish avec 34 points et 13 rebonds de Greg Kelser plus 19 points et 13 passes de Magic. Les Spartans ont shooté à 63% en deuxième mi-temps.

Indiana State, lui, s’est promené lors de ses deux premiers matches du tournoi avec une victoire 89-69 contre Virginia Tech et un succès 93-72 contre Oklahoma. Larry Bird s’afficha à 25.5 points et 14 rebonds de moyenne sur ces deux rencontres, des stats impressionnantes compte tenu du fait qu’il s’était fracturé le pouce gauche contre New Mexico State en finale de la Conférence Missouri Valley. Bob Behnke lui a bricolé une attelle de fortune pour lui maintenir le pouce mais il ne pouvait pas faire grand-chose pour limiter la douleur considérable que ressentait Bird chaque fois que la balle entrait en contact avec cette zone. « Je ne peux pas affirmer que cette blessure l’a handicapé mais ça devait lui faire mal. Cependant, il n’a jamais été question de le laisser sur le banc. Il allait jouer, quoi qu’il arrive. C’était son état d’esprit », a rapporté Behnke.

 

Dernier obstacle : l’Arkansas de Sidney Moncrief

Le dernier obstacle pour Indiana State, dans sa quête d’une place au Final Four, était Arkansas, mené par Sidney Moncrief, l’ancien coéquipier de Bird au WIT. Durant l’après-midi qui a précédé ce match contre les Razorbacks, Larry a reçu un appel de Red Auerbach. Il était en ville pour voir le tournoi et voulait que Bird le rejoigne quelques minutes dans sa chambre d’hôtel.

« Ecoute, Larry, lui a dit Red, quand ton équipe sera battue dans le tournoi, nous aimerions que tu viennes chez nous, à Boston, pour terminer la saison.

– Vous voulez dire après le tournoi ?, lui a demandé Bird.

– Quand vous vous ferez battre, lui a répondu Auerbach.

– Eh bien, Red, je ne pense pas que nous nous ferons battre. Je pense qu’on peut taper Arkansas.

– On verra, petit », lui a rétorqué Auerbach.

Bird a marqué 31 points et pris 10 rebonds contre les Razorbacks mais c’est son camarade de chambrée, Bobby Heaton, qui a gagné le surnom « L’Homme miracle » grâce à son tir héroïque à la dernière seconde. A 71-71 dans les dernières secondes du match, Heaton a cherché à passer la balle à Bird mais ce dernier était pris par deux défenseurs. Heaton a drivé dans la raquette sur sa main droite naturelle et au moment où l’ailier d’Arkansas a glissé vers lui, en aide, il a fait passer la balle sur sa main gauche pour un bras roulé au buzzer. Indiana State accédait au Final Four, Red Auerbach rentrait à la maison sans son précieux choix de draft.

Le campus de Terre Haute était un chaudron bouillant d’excitation. La « Sycamoremania » avait pris d’assaut les salles de cours, les cafétérias et même la bibliothèque municipale.

A Salt Lake City, site du Final Four, les demi-finales opposaient Michigan State à Penn State, l’équipe courageuse d’Ivy League qui avait déboulonné North Carolina plus tôt dans le tournoi, et DePaul à Indiana State. L’adversaire surprise de Michigan State faisait figure de petit poucet face aux Spartans. Mais la fougueuse star de Penn State, Tony Price, déclara avant le match : « Je n’ai pas peur de Michigan State. C’est juste une bande de gars qui jouent au basket. »

Ces fameux gars ont démoli les Quakers 101-67. Cela faisait déjà 50-17 à la mi-temps ; Magic Johnson a ajouté un autre triple-double à son CV : 29 points, 10 rebonds, 10 passes.

 

Les Spartans pensent déjà à Larry Bird

Au milieu de la deuxième mi-temps, Michigan State n’a pas pu s’empêcher d’enfreindre une vieille règle fondamentale en sport : les Spartans ont commencé à penser à l’après. « Restez concentrés sur ce match », leur a seriné Jud Heathcote. Magic s’est tourné directement vers lui. « Allez, Coach, ils viennent de l’Ivy ! On ne va pas perdre contre eux… », lui a-t-il dit.

En plein milieu de la deuxième période, tous les Spartans ne pensaient qu’à une chose (« Comment allons-nous stopper Larry Bird ? »), a reconnu Jud Heathcote. Dans les derniers instants de la correction que recevait Penn State, les supporters des Spartans ont commencé à scander : « We want Bird ! We want Bird ! » Les supporters des Sycamores répondaient à l’unison : « You’ll get Bird ! You’ll get Bird ! » (1)

Les partenaires de Larry n’ont pas eu un parcours aussi facile, dans le tournoi, que ceux de Magic. Les stars de DePaul, Mark Aguirre et Clyde Bradshaw, ont clairement joué physique et n’ont laissé aucun panier facile à Bird. « Ils nous provoquaient verbalement en disant qu’ils allaient nous rentrer dedans. Je pense que ça a vraiment mis Larry hors de lui. Et ce n’est jamais une bonne idée… », a relaté Nicks.

Les joueurs de Michigan State se sont assis dans les tribunes et ils ont regardé, incrédules, DePaul qui ne mettait qu’un seul défenseur sur Bird. Magic s’est tourné vers Kelser et a déclaré : « Grosse erreur. » « Larry rentrait des tirs de n’importe où sur le terrain. Je ne tenais pas de stats mais à un moment donné, j’ai demandé : « Hey, est-ce que ce gars en a raté un ? » », a raconté Johnson.

Bird a terminé le match avec 35 points, à 16 sur 19 aux tirs. Sa curieuse ligne de stats comportait également 11 balles perdues, un chiffre horrible qui aurait normalement dû causer la perte d’Indiana State. Carl Nicks a attribué ces erreurs à deux facteurs : un Bird hyperactif et des coéquipiers nerveux qui étaient en difficulté sur ses passes créatives (et souvent inattendues). « Ces pertes de balle, c’était de ma faute. A cette époque, j’avais l’habitude de faire des passes alors que j’étais en train de sauter. Trop souvent, mes coéquipiers étaient déjà en train de se retourner pour aller au rebond », a expliqué Larry.

 

Bird fait peur au coach de Michigan State

Jud Heathcote n’a pas relevé les pertes de balle de l’ailier. Il était trop fasciné par la confiance inébranlable de Bird en son propre tir et par sa capacité à réaliser la passe parfaite pour le joueur démarqué. « Je n’ai pas peur de te dire que ce gars m’effrayait. C’était le genre de bonhomme dont la qualité de passe était tellement pointue qu’il pouvait découper ta défense en lamelles », a dit Heathcote.

La veille du match pour le titre, les deux équipes sont arrivées à leurs conférences de presse respectives. Le duel tant espéré en finale du tournoi NCAA – Bird versus Magic – les attendait. Les médias nationaux anticipaient sur le fait que Larry ne s’y montrerait pas mais il a surpris tout le monde en venant s’asseoir sur le siège qui lui avait été attribué, sur le podium.

L’ailier habituellement taciturne était sur le ton de la confidence, à la fois communicatif et drôle, même si certaines de ses réponses ne sont pas allées particulièrement en profondeur. Par exemple, quand il lui a été demandé comment allait son pouce, celui qui s’autodésignait comme « le plouc de French Lick » a répondu : « Ruiné. » A la question de savoir ce qu’il ferait des centaines de milliers de dollars qui l’attendaient en NBA, Bird plaisanta : « Je pourrais acheter une voiture à tous les membres de l’équipe. Et un tir extérieur à Brad Miley. »

Alors que Gregory Kelser et Magic Johnson rejoignaient la salle de presse en se marrant et en tapant dans les mains de certains journalistes locaux, Larry se retira sur le côté avec Bill Hodges, sans regarder aucun de ses adversaires. Magic a fait un pas vers son ancien coéquipier du WIT puis s’est détourné en constatant que Bird ne faisait aucun mouvement pour aller à sa rencontre.

« Tout ce que j’essayais de faire, c’était de saluer ce gars. Normalement, dans ce genre de circonstances, on se serre la main, on échange quelques mots… Mais Larry ne faisait rien de tout ça », déclara Magic. Johnson s’est tourné vers Kelser et a murmuré : « OK… Je crois que ça va être sympa avec celui-là ! Tu sais quoi ? Larry Bird est un crétin. »

 

Une conférence de presse amère

Une fois assis, Magic a répondu avec amabilité aux mêmes questions, encore et encore, avec une tournure différente pour chaque journaliste. En regardant Johnson courtiser la presse, Bird a compris qui serait le chouchou des médias à la fin de la séance. Il trouva la « Magic touch » agaçante. « Je ne pouvais tout simplement pas être comme ça. Je ne voulais pas être comme ça. Tout ces trucs, se taper dans les mains, ça sonnait faux pour moi », déclara-t-il.

Larry Bird avait ses raisons pour snober les joueurs de Michigan State. Il était en colère de voir à la fois Greg Kelser et Magic Johnson représenter les Spartans. Son pote, Carl Nicks, était reparti au vestiaire au lieu de venir s’asseoir avec lui, un affront dont il savait qu’il blessait profondément son coéquipier. « Ils avaient deux gars sur le podium. Pourquoi pas nous ? », a demandé Bird.

Quand Kelser et Magic sont rentrés à leur hôtel, le premier a rassemblé l’équipe et dit aux gars de commencer à se concentrer sur leurs rôles respectifs. « Ce Bird est vraiment très sérieux. Il est déjà dans son match », a rapporté Kelser.

Jud Heathcote a passé tout l’entraînement précédant le choc pour le titre à envisager des façons de ralentir Larry Bird. Sa frustration grandissait à mesure que, l’un après l’autre, ses remplaçants incarnaient le numéro 33 et ne parvenaient pas à reproduire la puissance offensive qu’il voyait venir. « Ça ne marche pas, disait Heathcote. Les gars, vous ne faites rien comme Bird… Earvin, sois Larry. Tu joues juste, comme lui. Seulement, il a le tir extérieur. »

Magic s’est énervé, il a attrapé le ballon et lancé : « Tu veux le vrai Larry Bird ? Regarde-moi ! » Johnson s’est mis à prendre des tirs à 4,5 mètres, à 6 mètres, bien au-delà de sa distance habituelle. Il a rentré des fadeaways au poste, des shoots de loin et des tirs en pivot dans la raquette. « J’adorais ça ! Je pense que j’ai dû en mettre 15 d’affilée », a raconté Magic.

Maintenant, Heathcote s’en prenait à la défense. « Jouez-le comme s’il était Larry Bird !, admonestait-il. Est-ce que vous allez donner tous ces tirs à Larry Bird ? » Après que Magic eut rentré son dixième tir de rang, Heathcote, le visage cramoisi, a donné un coup de sifflet et mis fin à l’exercice. « J’étais tellement loin ! J’avais dépassé les bornes », a rapporté Magic.

 

Grosse déception au cinéma

La veille de la finale, Johnson a organisé une sortie pour l’équipe, qui s’est rendue au cinéma. Quand les Spartans sont arrivés à la salle, ils se sont dispatchés sur plusieurs rangées pour regarder le film. Et lorsque les lumières se sont rallumées, ils ont été déçus de voir que certains d’entre eux s’étaient assis à côté de… joueurs de l’équipe d’Indiana State. « On a entendu beaucoup de commentaires, a rapporté Carl Nicks. Des trucs du genre : « C’est parti, mon gars ! Vous allez tomber. » »

Nicks a rapporté ces derniers développements à Bird, qui n’avait pas accompagné les Sycamores au cinéma. « Qui prête attention à ce qu’ils disent ? », a demandé Bird à Nicks. « Larry n’en avait rien à faire mais d’autres gars étaient intimidés. J’avais l’impression que certains des nôtres doutaient de nos chances », a confié Carl.

Dans les heures qui ont précédé la finale, deux stars universitaires sont allées se coucher dans la même ville mais dans différents hôtels, se débattant dans leurs draps, obsédées par le talent de l’autre. Larry Bird ne parvenait pas à s’enlever de l’esprit l’image d’un Magic Johnson bondissant sur le terrain, mettant Greg Kelser sur orbite pour de furieux alley-oops acrobatiques. Il essayait de se représenter comment son équipe pourrait empêcher les Spartans de la prendre de vitesse sur le parquet. Le problème, il l’avait très vite identifié : Magic était trop grand pour que Nicks puisse défendre sur lui et il était trop rapide pour Brad Miley. Et si les Sycamores s’en remettaient à une prise à deux, Greg Kelser ou Jay Vincent seraient susceptibles de l’exploiter.

Magic se repassait dans la tête l’arsenal offensif de Larry Bird contre DePaul. Il s’inquiétait de toutes ces façons dont il pouvait leur faire mal. La plupart des autres joueurs universitaires costauds que les Spartans avaient rencontrés n’avaient qu’un geste caractéristique. « Le problème, avec Larry, c’était qu’il pouvait marquer de n’importe où. C’était la première fois de ma vie que j’avais peur d’un autre joueur », a admis Johnson.

Déjà aux prises avec son propre lot d’inquiétudes au sujet de Magic, Bird se préoccupait également des lacunes de son équipe. Deux de ses titulaires, Brad Miley (50%) et Alex Gilbert (28%), étaient épouvantables aux lancers francs et Larry savait que tôt ou tard, cela les rattraperait.

Sa préoccupation concernant les lancers francs s’est avérée prophétique. ISU n’en a rentré que 10 sur 22 dans la finale. Bird, qui a fini sa carrière NBA à 88.5% aux lancers francs, n’en a réussi « que » 5 sur 8.

Le jour du match, Bird et Heaton étaient assis l’un à côté de l’autre sur des tables de massage adjacentes, quelques minutes avant le coup d’envoi. Tandis que Bob Behnke bandait le pouce de Larry, Bobby a demandé à ce dernier : « Comment tu te sens, Larry ?

– Je me sens mal, comme avant chaque match. J’ai envie de sortir d’ici. L’attente me tue », lui a répondu Bird.

Bill Hodges a choisi de mettre les 2,03 m de Miley sur Magic au lieu de Nicks, qui avait claironné toute la semaine qu’il voulait se tailler une part de la star de Michigan State. Seulement 15 secondes après le début du match, Johnson a fait une feinte vers le haut et doublé Miley sur la gauche pour le drive. Il marcha sur le pied de Miley, retomba en déséquilibre et se vit siffler un marcher mais il savait qu’il était en route pour réaliser un truc. « Je me suis dit : « OK, je vais avoir du champ avec ce gars » », a affirmé le futur Laker après coup.

Magic était très surpris que Nicks ne défende pas sur lui. Après avoir visionné plusieurs heures de vidéos où Nicks pressait les meneurs adverses, il s’était fait à l’idée qu’il allait subir une pression défensive tout terrain. Avec Brad Miley, il savait que ce n’était plus un problème.

Steve Reed a fait couler le premier sang pour Indiana State d’un tir en tête de raquette, contestant ainsi le « K.-O. rapide » que recherchaient Magic et Heathcote. « Mais je ne m’inquiétais pas du tout de ce panier. Ce n’était pas Larry qui l’avait mis », a dit Magic.

 

A suivre…

 

  1. « Nous voulons Bird ! » « Vous allez avoir Bird ! »

 

Jackie MacMullan, « Larry Bird-Magic Johnson, quand le jeu était à nous », sorti le 31 mai 2017 (352 pages, 22 euros)

 

Chez le même éditeur

Phil Jackson, « Un coach, onze titres NBA » (2014, 352 pages, 22 euros)

Roland Lazenby, « Michael Jordan, The Life » (2015, 726 pages, 24 euros)

Jack McCallum, « Dream Team » (2016, 396 pages, 22 euros)

Kent Babb, « Allen Iverson, Not a game » (2016, 330 pages, 22 euros)

Roland Lazenby, « Kobe Bryant, Showboat » (2018, 600 pages, 24 euros)

Marcus Thompson II, « Stephen Curry, Golden » (2018, 300 pages, 21,90 euros)

Julien Müller et Anthony Saliou, « Top 50 : Les Légendes NBA » (2018, 372 pages, 19,90 euros)

Julien Müller et Elvis Roquand, « Petit quiz NBA, 301 questions » (2018, 176 pages, 9,90 euros)

 

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