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[Previews] Après le triangle, New York veut enfin tourner rond

Comme chaque année, Basket USA propose une présentation de la saison NBA et des 30 franchises sous la forme d’un compte à rebours, de la 30e place à notre favori pour le titre de champion NBA. Aujourd’hui, place aux Knicks qui ont rapidement tiré les leçons de leurs récentes erreurs en remerciant Phil Jackson puis en se délestant de Derrick Rose.

En attendant un éventuel départ de Carmelo Anthony, la franchise s’est fixée pour ambition de reconstruire avec des jeunes joueurs prometteurs. Deux ans après le superbe coup Kristaps Porzingis, l’arrivée de Frank Ntilikina, drafté en 8e position et propulsé meneur de cette franchise historique à seulement 19 ans, en est le plus bel exemple. Pour l’heure, et tant que Melo ne sera pas fixé sur son avenir, il reste difficile d’évaluer la place à laquelle les pensionnaires du Madison Square Garden peuvent prétendre. Même si, comme d’habitude, la pression sera forte à Big Apple.

 Nouvelle direction, nouvelle méthode

Franchise poisseuse par excellence, la formation new-yorkaise a encore livré un épisode rocambolesque d’une série tragi-comique qui dure depuis plus de 15 ans maintenant. L’exercice 2016-2017 devait pourtant être celui d’un renouveau, marquer le début d’un retour aux sommets avec un recrutement des plus ambitieux (Derrick Rose, Courtney Lee et Joakim Noah pour épauler le leader Carmelo Anthony et la pépite Porzingis, le tout encadré par Jeff Hornacek arrivé de Phoenix). Seuls bémols, la potentielle fragilité physique de l’axe 1-5 en provenance de Windy City (64 matchs pour Rose, 46 pour Noah) et un banc un poil faiblard.

Sur le papier, il y avait néanmoins de quoi espérer une participation aux playoffs. Mais la réalité fut tout autre, et encore une fois, les Knicks ont fait chou blanc. Malgré un départ prometteur, la franchise de Phil Jackson a piqué du nez après Noël avec une triste série de 13 défaites en 16 matchs. Derrière, les conflits internes ponctués par des épisodes peu reluisants comme l’éviction manu-militari du MSG de la légende Charles Oakley, et la relation devenue houleuse entre Carmelo Anthony et Phil Jackson ont contraint les Knicks à finir la saison en roue libre. Pour terminer avec un bilan catastrophique (31v-51d) et une 12e place à l’Est presque risible.

On croyait que le staff dirigeant, Phil Jackson en tête, allait continuer de scier la branche sur laquelle il était (confortablement) perché. Après la guéguerre sans fin entre le Zen Master et « Melo » qui semblait conduire inévitablement au départ de l’un des deux, ce fut au tour de Kristaps Porzingis, le nouveau chouchou des fans, d’être placé parmi les joueurs potentiellement transférables en fin d’exercice. Une nouvelle hérésie, celle de trop pour Phil Jackson qui a fini sur le carreau, limogé moins d’une semaine après la draft 2017 (avec un joli chèque de 24 millions de dollars au passage).

 Avec ou sans Melo ?

Avant de partir, Phil Jackson a réalisé un dernier coup. Deux ans après avoir drafté le joyau letton, les Knicks ont ainsi jeté leur dévolu sur l’espoir du basket français formé à Strasbourg. Frank Ntilikina se voit ainsi propulsé sur le devant de la scène mondiale, en 8e position, un record pour un joueur tricolore. Un choix révélateur d’un nouveau changement de cap pour NYC avec la jeunesse pour priorité, confirmé par le départ du décevant Derrick Rose, mal à l’aise dans l’attaque en triangle et qui n’a pas envie de jouer les mentors. Même avec le limogeage de Phil Jackson, la voie est désormais tracée : et si Carmelo Anthony venait à quitter sa ville natale, les clés du camion et l’avenir de la franchise reviendraient à un trio européen à fort potentiel : Frank Ntilikina, Kristaps Porzingis et Willy Hernangomez, 19, 22 et 23 ans.

Reste à voir quelles contreparties les Knicks parviendront à attirer pour sceller ce dernier « Melo-Drama ». À moins que l’enfant de Brooklyn ne change finalement d’avis après avoir multiplié les entraînements en compagnie du nouveau back-court new-yorkais depuis fin août ? À Gotham City, il faut s’attendre à tout !

Il faudra également suivre la réaction de Joakim Noah après son « annus horribilis ». Revanchard mais suspendu pour les vingt premiers matchs de la saison suite à son contrôle positif, le pivot français a promis de se rattraper. Jeff Hornacek désormais libéré du triangle, l’ancien meilleur défenseur de l’année a une carte à jouer, même si les Knicks ne seraient apparemment pas opposé à se débarrasser de son contrat de 56 millions sur trois ans…

 Mouvements de l’été

Arrivées : Frank Ntilikina, Damyean Dotson, Tim Hardaway Jr (Hawks), Michael Beasley (Bucks), Ramon Sessions (Hornets), Jamel Artis, Nigel Hayes, Xavier Rathan Mayes, Jarrett Jack (Pelicans)

Départs : Sacha Vujacic (Torino), Derrick Rose (Cavaliers), Justin Holiday (Bulls), Marshall Plumlee (LA Clippers)

Le joueur à suivre : Kristaps Porzingis, le grand gagnant de l’été

Malgré les rumeurs, il n’a pas imaginé une seconde son avenir loin de la Big Apple. Cet été, « The Unicorn » a profité de chaque occasion pour déclarer sa flamme aux Knicks et réitérer son amour pour ses fans un poil sanguin, dans un MSG qui décuple ses ambitions. Aujourd’hui, à moins d’un mois de la reprise, on peut dire que Kristaps Porzingis est sorti grand vainqueur de l’intersaison. Conforté par le départ de Phil Jackson, celui attendu de Carmelo Anthony, et régénéré par un EuroBasket réussi (3e meilleur marqueur de la compétition avec 23.6 points et 6 rebonds en moyenne sur 7 matchs), le Letton flingueur aura tous les atouts en main pour poursuivre sa progression.

Au vu de ses deux premières saisons, la pression du Garden ne semble pas l’inhiber. Reste à acquérir une certaine régularité dans ses performances en pulvérisant définitivement le rookie wall (les fameux trous d’air de février-mars qu’il a encore connus la saison passée), et Porzee deviendra alors une machine de 2m21 mètres ultra-compliquée à contenir.

Sa production passera sans nul doute par une entente sans faille avec le nouveau meneur de jeu, Frank Ntilikina, et vice-versa. Comme il nous l’avait confié lors de son passage à Barcelone quelques jours avant la draft, Kristaps Porzingis semble apprécier le profil du frenchy : « Je l’aime bien. C’est un playmaker, un bon défenseur, son envergure est incroyable, il est très athlétique, et je pense qu’un meneur comme lui pourrait beaucoup nous aider », avait-il glissé. De bon augure ?

 LE CINQ DE DEPART EN DEBUT DE SAISON

 LE BANC

Meneurs : Ramon Sessions, Jarrett Jack, Chasson Randle

Arrières : Courtney Lee, Ron Baker

Ailiers : Mindaugas Kuzminskas, Lance Thomas

Ailiers forts : Michael Beasley

Pivots : Joakim Noah, Kyle O’Quinn

MOYENNE D’AGE : 27 ans
MASSE SALARIALE : 90,2 millions (15e sur 30)
SI TOUT VA BIEN

Il y a de quoi faire de belles choses avec cet effectif. En compagnie de Kristaps Porzingis, Frank Ntilikina détient entre ses mains une bonne partie de la réussite des Knicks cette saison. Si la mayonnaise prend rapidement, que tout le monde tire dans le même sens et que la franchise est épargnée par de gros pépins physiques, New York peut être la bonne surprise de la saison, dans une conférence Est ouverte aux trouble-fêtes. Encore très bon avec la Roja, Willy Hernangomez peut également se révéler au grand jour et faire partie des révélations de la saison. Enfin, l’esprit revanchard des aboyeurs Joakim Noah et Michael Beasley ne sera pas à négliger pour accrocher les playoffs.

SI TOUT VA MAL

Qui dit jeunesse dit aussi phase d’apprentissage, et comme cela pourrait être le cas du côté des Lakers, il faudra peut-être une saison pour que les jeunes pousses new-yorkaises digèrent leur nouveau statut dans un microcosme où tous leurs faits et gestes seront épiés et rien ne leur sera pardonné. Même s’il est né en Belgique comme un certain Tony Parker qui avait impressionné à ses débuts par sa maturité, il faudra certainement à Frank Ntilikina une phase d’adaptation qui pourrait (au mieux) coûter quelques matchs à sa formation. L’arrivée récente de Jarrett Jack, cumulée à celle de Ramon Sessions ont été anticipées dans ce sens, afin de prévenir un éventuel coup de mou.

De plus, le départ de Carmelo Anthony pourrait laisser des traces. L’ailier pourrait ainsi laisser une formation sans réel leader. Une nouvelle saison de transition ne serait alors pas à exclure pour un groupe très jeune.


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