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Kendall Gill, quelque chose de MJ

Kendall GillC’était l’un des joueurs préférés de Michael Jordan, dont il partageait l’élégance, l’aisance aux shoots et le sens de l’anticipation en défense.

Kendall Gill (49 ans aujourd’hui) voulait marcher sur les traces de son idole de jeunesse. La NBA n’aura pas complètement exaucé son rêve.

Vouloir ressembler à Michael Jordan, quoi de plus commun au début des années 90 ? Une décennie plus tôt, la chose l’est un peu moins. Pourtant, le jeune Kendall Gill (prononcez « Guile ») rêve déjà d’imiter « MJ ». Il est lycéen à la Rich Central Highschool d’Olympia Fields, Illinois, quand Jordan fait son apparition en NBA.

Les comparaisons commencent à fleurir lorsque Kendall intègre l’université d’Illinois à Chicago. Elles semblent faciles : 1,98 m et 88 kg pour le n°3 de la draft 1984, 1,96 m et 88 kg pour le disciple… Et puis surtout, la même capacité à jouer à plusieurs postes, les mêmes prédispositions défensives, la même maîtrise des airs et la même faim.

« Je veux être All-Star et gagner un titre NBA. Voilà mes objectifs », confie Gill qui prend ses distances avec son modèle une fois dans la Ligue, sous le maillot des Hornets. « J’admire Michael depuis toujours mais maintenant que je suis professionnel, je ne peux plus l’idôlatrer comme avant. Je crois en moi. Je veux devenir le meilleur joueur de cette Ligue et j’y arriverai. Ce n’est pas de la prétention et je me moque de ce que certains pensent. Ce n’est pas la première fois que l’on ne me croira pas… »

Ado, il dessine des maisons luxueuses et des voitures de sport

Début des années 70. Rudolph et Linda Gill aiment leur vie à South Side, le plus gros district de Chicago. Kendall, Keith et Kevin, les trois rejetons du couple, ont une enfance tranquille. Le quartier est paisible mais à quelques blocs de là, la ville commence à changer. Pour se rendre à l’école, les gamins traversent des coins pas forcément très recommandables. Après quelques incidents – vélos volés, équipement de baseball subtilisé, bagarres -, les Gill déménagent plus au Sud, dans la banlieue middle class. C’est la deuxième famille noire à s’y installer. Nouveau quartier, nouveaux problèmes. Un jour, Kendall se rend à la piscine avec un copain blanc. Quand « KG »  plonge dans le bassin, toutes les petites têtes blondes en sortent… Scène de racisme ordinaire.

Quelques mois plus tard, il marque le point victorieux pour son équipe de baseball en finale du championnat de district. C’est le seul Noir de l’équipe. Le seul aussi à ne pas recevoir de médaille… En 6e, ses profs découvrent qu’il souffre d’une déficience au niveau de la mémoire. Un handicap qui l’isole encore plus. Heureusement, ses résultats scolaires sont excellents. Gill garde la tête haute grâce à sa famille. Son rêve, à l’époque, n’est même pas de jouer en NBA ni même de devenir avocat ou docteur, simplement de devenir… plein aux as. Il passe son temps à dessiner des maisons luxueuses et des voitures de sport, lit des revues d’architecture. Un rêve qui ne plaît pas à tout le monde. En 5e, sa mère est convoquée par le directeur de l’école.

« Votre fils nous inquiète. Il jure à qui veut l’entendre qu’il sera milliardaire. Il faut le faire changer d’avis car vous savez bien que cela sera impossible. »

Seulement, au début des années 90, le Hornet Kendall mène, de fait, la grande vie. Il ne fait jamais de cuisine dans sa superbe maison de Fourth Ward puisqu’il a son propre cuistot. Ajoutez à cela un majordome et une masseuse. Voilà pour le personnel. Côté gadgets, ça va bien aussi : une télé dans chaque pièce (un écran de 2 m dans la salle de séjour), une collection d’objets d’art africains, des peintures, des sculptures aussi belles qu’onéreuses, des fringues – son péché mignon – plein les placards, une Mercedes 300 SL rouge décapotable, une Ferrari Testarossa noire et un 4×4 pour faire plus sobre.

« Quelquefois, j’ai du mal à y croire. J’ai 26 ans, je roule en Ferrari, je travaille deux à trois heures par jour et je suis payé une fortune pour ça… Mais ce n’est pas tombé du ciel. J’ai bossé et j’ai souffert. »

Son frère Keith est le premier à en témoigner :

« Qu’il fasse 40° à l’ombre ou qu’il neige, Kendall avait sa séance de shoots journalière. Nous, on était devant la télé et on le regardait partir en se disant qu’il était un peu fou. Maintenant, on a compris. »

Marcus Liberty, coéquipier de Gill à Illinois, se souvient que ce dernier restait après chaque entraînement pour faire des heures sup’. Une persévérance doublée d’une vaillance à toute épreuve.

« En 1989, on jouait contre Syracuse pour une place au Final Four », raconte Lou Henson, ancien coach des Fighting Illini. « En première mi-temps, Derrick Coleman avait explosé la lèvre de Kendall avec le coude. C’était horrible, il y avait du sang partout… K.G. dut se faire opérer après le match. Tout cela ne l’a pas empêché de revenir après la pause et de signer une deuxième mi-temps magnifique. »

Victorieux, les Fighting Illini allaient tomber en demi-finales – pour un point – face au futur champion, Michigan. Gill marque durablement les esprits. Magic Johnson se souvient :

« Il est monté au smash avec le ballon dans la main droite. Trois défenseurs l’ont suivi là-haut. En l’air, il a fait un changement de main pendant que les autres redescendaient, avant d’écraser un smash terrible. C’était la première fois que je le voyais. J’ai dit aux Lakers de s’intéresser à lui avant qu’il ne devienne une star. On pouvait déjà voir tout son potentiel. »

A Charlotte et Seattle, il loupe son rendez-vous avec l’histoire

Charlotte le retient en cinquième position de la draft 1990. Une saison rookie pour montrer le bout de son nez et impressionner les anciens.

« Lors de mon premier match face à Boston, Larry Bird m’a tapé la fesse en guise de félicitations. J’étais scié… Il ne faisait pas souvent ça, surtout pour un jeune. Dominique Wilkins a eu des mots gentils lui aussi. Même Michael Jordan a été sympa avec moi. »

Kendall Gill tourne à 11 points pour sa première année dans la Ligue et intègre le premier cinq rookie. Dès la suivante, il compile 20.5 points (18e NBA), 5.1 rebonds et 4.2 passes. Son association avec Larry Johnson et Alonzo Mourning semble annoncer de beaux lendemains en Caroline du Nord. Mais sa production s’effrite (16.9 pts) et Charlotte se fait écrabouiller par New York en demi-finales de Conférence (4-1).

Les Frelons l’expédient à Seattle durant l’été 1993 contre Dana Barros et Eddie Johnson. Avec Gary Payton, Nate McMillan, Shawn Kemp, Sam Perkins et Detlef Schrempf, le casting mis sur pied par les Sonics a de la gueule. Le backcourt en particulier. Payton et McMillan sont de vraies sangsues en défense. Intercepteur-né, Gill complète idéalement le tableau. Pendant deux ans, il dépasse les 13 points de moyenne mais Seattle (63 puis 57 victoires) craque au premier tour des playoffs.

Retour à Charlotte au cours de l’été 1995 dans un échange contre Hersey Hawkins suivi, l’hiver suivant, d’un transfert chez les Nets, une franchise encore traumatisée par la disparition tragique de Drazen Petrovic deux ans plus tôt. Une équipe, aussi, qui semble collectionner les boulets au fil des ans (Shawn Bradley, Eric Montross, le regretté Yinka Dare, Evan Eschmeyer et autres Jim McIlvaine…)

Sur un ring à 37 ans

Repositionné small forward, Gill offre un cocktail étonnant de tonicité, de vivacité, de vélocité et d’adresse aux shoots. Lors de la saison 1996-97, il dépasse pour la deuxième fois la barre des 20 points de moyenne : 21.8, agrémentés de 6.1 rebonds, 4 passes et 1.88 interception (13e NBA). La division Atlantic est sous le joug du Heat. Pas de playoffs à se mettre sous la dent, excepté en 1998 où les Nets servent de punching ball à Michael Jordan (3-0 au premier tour).

A partir du lock-out, Gill doit apprendre à composer avec les blessures. Sa production offensive vacille mais son sens de l’anticipation demeure intact. Il termine n°1 de la Ligue en 1999 avec 2.68 steals par match et égale le record de Larry Kenon (11 ballons volés dans un match contre Miami le 3 avril). Cette année-là, Sam Cassell abandonne la mène à un certain Stephon Marbury. New Jersey est blindé à l’extérieur (Kerry Kittles, Van Horn, Lucious Harris plus la doublette Stephon-Kendall) mais la raquette est déprimante au possible. Elle le restera jusqu’à l’arrivée du premier choix de draft 2000, Kenyon Martin.

Gill n’en profite pas. Il écume les franchises pendant quatre ans (Miami, Minnesota, Chicago et Milwaukee) et tire finalement sa révérence en 2005 pour se lancer dans une carrière… de boxeur.

A 37 ans, il monte sur le ring et remporte trois combats pros, catégorie poids lourds. Après avoir songé à devenir promoteur, Kendall Cedric Gill fut consultant pour le groupe Comcast, plus gros câblo-opérateur américain dont la filiale Spectacor est propriétaire des Sixers et du Wells Fargo Center. En 2012, il fut mis à pied pour avoir frappé un confrère, et la chaîne n’a pas renouvelé son contrat en septembre 2013.

Dans quelques semaines, on le reverra sur un parquet puisqu’il participera au Big3, la ligue des vétérans montée par Ice Cube. On verra s’il est toujours aussi élégant…

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