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Les oubliés de la hausse des salaires ? Les superstars !

Par  — 

NBA: JAN 15 Cavaliers at Lakers

La free agency a débuté ce 1er juillet et les premiers mouvements ont confirmé les prévisions d’inflation des salaires. En un peu plus de 48 heures, plus de 2 milliards de dollars ont été accordés par les franchises aux joueurs. Bien que prévu, cet afflux d’argent fait évidemment couler beaucoup d’encre.

Au-delà des considérations morales autour de ces salaires évidemment hors du commun des mortels, et il va de soi que le sentiment de sidération devant les sommes affichées peut être légitime dans la mesure où l’on ne parle que de sport, il y a cependant plusieurs points à rappeler au moment d’évoquer ce sujet :

L’argent coule à flots sur la NBA

– L’actuelle convention collective prévoit une redistribution des revenus de la ligue d’environ 50% pour les joueurs.

– Parmi ces revenus, il y a le nouveau contrat télévisé, signé pour un montant record de 24 milliards d’euros sur 9 ans (auquel il faut ajouter les différents contrats de couverture à l’étranger, plus anecdotiques mais réels). Il y a aussi le nouveau contrat d’équipementier signé avec Nike, en remplacement d’Adidas, à compter de la saison 2017-18 pour une durée de huit ans : un montant d’un milliard de dollars a été évoqué. Parmi les équipementiers, Under Armour sera bientôt dans la liste pour le Draft Combine. Il faut aussi prendre en compte le nouveau contrat signé avec Stance, mais aussi d’autres compagnies telles que Tissot, Harman, le groupe Ahneuser Busch (bières Budweiser, Beck’s, Stella Artois), la société Kaiser Permanente (médical), State Farm, Pepsi Cola (USA et Chine), Coca Cola (contrats directs avec les équipes), Diageo, Foot Locker, Samsung, KIA, 2K Sports, Spalding, etc… La liste est longue, d’autant qu’elle signe aussi des accords à l’étranger tels qu’avec Anta pour la Chine.

– À titre indicatif, le montant recueilli par ces partenariats (hors contrat TV) atteindrait la modique somme de 799 millions de dollars pour cette saison, contre 739 millions pour la saison précédente, d’après Sponsorship.com. Et avec les futurs contrats, ce montant est encore appelé à exploser à partir de 2017 et 2018.

– N’oublions pas aussi les revenus directs des franchises : contrats TV locaux (comme le faramineux accord à 3 milliards de dollars sur 20 ans des Lakers avec Time Warner), droits de « naming » des salles ou sponsors divers. Bientôt, la publicité sur les maillots

En clair, l’argent émane de toutes parts pour nourrir la NBA et contractuellement, celle-ci est tenue d’en reverser la moitié aux joueurs. Les contrats sont énormes certes, mais comme l’a très bien rappelé la journaliste Rachel Nichols, il est normal que les athlètes en soient récompensés, et pas uniquement les seuls propriétaires. Ne critique t-on pas régulièrement la NCAA pour les énormes revenus exploités sans aucune redistribution à ces athlètes-étudiants ?

Les propriétaires, discrets mais tout aussi bénéficiaires

Aussi, n’oublions pas que les joueurs NBA ne sont pas les seuls bénéficiaires de ces recettes en hausse : les franchises et leurs propriétaires, aussi, en reçoivent la moitié. À la seule différence que cette partie-là est bien moins médiatisée… Rappelons d’ailleurs que la dernière convention collective était considérée comme une victoire par ces mêmes propriétaires : auparavant, avec la convention de 2005 les joueurs retiraient 57% du revenu global de la ligue ; avec celle de 2011, cette part a diminué de 6 à 8%…

« Je ne vais pas cautionner l’idée selon laquelle ce sont les joueurs qui profitent du jeu et les pauvres propriétaires qui prennent tous les risques sans pouvoir profiter de cet argent, » s’emportait la patronne du syndicat des joueurs, Michele Roberts, en mars dernier. « Je vous assure qu’ils en profitent abondamment. Et la seule question est de savoir si le partage de cet argent est juste. Je ne laisserai pas les gens pointer les joueurs du doigt sans une compréhension entière de ce business. Si la réalité est que le sport grossit d’un point de vue économique, les propriétaires gardent bien leurs équipes pour une raison. C’est une très bonne affaire et il y a une longue liste de personnes qui adoreraient acheter une équipe de basket. »

Aujourd’hui, tout le monde est donc logé à la même enseigne et finalement, tout le monde est choyé. Les joueurs font ce qu’ils sont censés faire : rémunérer un agent pour qu’il leur trouve le plus gros contrat dans le meilleur environnement possible. Et les propriétaires signent sans rechigner ce contrat car ils tirent eux-aussi profit de cette affaire. Et si les joueurs pouvaient être auparavant déçus de l’accord signé par leur ancien représentant Billy Hunter, la hausse considérable des revenus de la ligue compense désormais largement cette déception.

Le gros point noir : l’absence de hiérarchie salariale entre les joueurs

En revanche, un point apparaît plus problématique : avec cette hausse des revenus, il n’existe plus de hiérarchie des salaires, la faute aux contrats maximum. Désormais, à ancienneté égale, Mike Conley peut prétendre au même salaire que Kevin Durant. Normalement, LeBron James devrait prochainement signer un contrat d’un an avec une option, à hauteur de 27.5 millions de dollars. Il ne peut pas obtenir plus, et cela correspond à à peine plus de 900 000 dollars que le meneur des Grizzlies l’an prochain ou 2 millions de plus que DeMar DeRozan. N’est-ce pas anormal ?

Les contrats maximum ont été imposés afin d’empêcher une envolée irrationnelle des salaires mais le fait est que les joueurs d’exception étant rares, ces contrats ne leur sont pas réservés et les franchises n’hésitent plus à les proposer à des joueurs dont le statut est bien moins important : Mike Conley donc, mais aussi Al Horford, Chandler Parsons, Harrison Barnes… Il n’y a aujourd’hui plus besoin d’être un All-Star ou un All-NBA Team pour toucher le gros lot et les superstars, elle, ne bénéficient pas d’avantage supplémentaire. Il n’y a plus de hiérarchie.

La valeur de Michael Jordan chez les Bulls en 97 ? L’équivalent de 73 millions de dollars aujourd’hui

Rappelons qu’après avoir été longtemps « sous-payé », Michael Jordan a pu profiter en son temps de l’absence de contrat maximum et de la première version des Bird Rights, la « Larry Bird Exception », pour obtenir deux années de suite plus de 30 millions de dollars de salaire, en 1997 et 1998. Avec l’inflation, cela correspondrait aujourd’hui à 44 millions de dollars. En revanche, comparativement au cap d’alors (24 millions de dollars), cela correspondrait à environ 73 millions de dollars. Ce montant est plus juste que le salaire calculé avec l’inflation pour la bonne raison que le salary cap croît plus vite que l’inflation. En clair, en l’absence d’un salaire maximum, c’est ce à quoi Sa Majesté pourrait prétendre s’il jouait aujourd’hui.

La question est de fait d’établir la valeur réelle d’une superstar aujourd’hui : si la NBA est si florissante, n’est-ce pas avant tout grâce aux niveaux médiatique et sportif de ces icônes telles que LeBron James, Stephen Curry, Kevin Durant ou Dwyane Wade ? Après tout, si le poids économique de Steph Curry est évalué à 14 milliards pour Under Armour, la NBA aussi profite de sa présence et son éclosion dans la ligue. Selon un rapport de Bloomberg en 2014, le retour de LeBron James à Cleveland rapporterait plus de 200 millions de dollars annuels à la franchise et la ville, grâce aux ventes de places, la hausse des consommations dans les bars, le tourisme et toutes les diverses taxes liées à ces recettes. Et c’était avant que les Cavs ne gagnent leur premier titre… Cette saison, le prix pour les billets des matchs des Lakers à l’extérieur aurait augmenté de 90% en moyenne selon le très documenté site FiveThirtyEight. Mais était-ce grâce aux Lakers, bons derniers de la conférence Ouest, ou grâce à la tournée d’adieux de Kobe Bryant ? Je vous laisse trouver la réponse.

Doit-on supprimer le salaire maximum ?

Vu le poids économique de ces joueurs, et dans une NBA sans plafond salarial, un propriétaire leur proposerait-il vraiment le même salaire qu’un Mike Conley ? La réponse est probablement négative.

Et c’est un point qui devrait provoquer de nombreux débats lors des négociations autour du prochain CBA, probablement en 2017. Aujourd’hui, le système favorise énormément les role players et les joueurs de niveau All-Star ou s’en approchant, mais les joueurs de rang supérieur ne bénéficient pas autant de cette inflation galopante. Pourtant, ce sont bien eux qui rapportent le plus d’argent à la ligue et malgré tout le respect qui leur est dû, pas les Mike Conley ou Al Horford.

Justement, LeBron James ou Chris Paul auraient déjà étudié la possibilité de supprimer la notion de contrat maximum pour la prochaine convention. Difficile de leur en vouloir : rappelons que le premier a gagné quatre titres de MVP, trois titres NBA et participé à sept finales (soit autant de recettes supplémentaires avec les playoffs). Et même s’il est nullement question de le plaindre, il ne gagnera que 5 millions de dollars de plus qu’un Chandler Parsons la saison prochaine, et c’est une hérésie.

La valeur des rookies plus importante que jamais

Les autres perdants de cette hausse des salaires sont… les rookies : leur convention n’est pas liée au salary cap et leurs salaires ne bénéficient donc en rien de la même inflation. En moyenne, à position dans la draft équivalente, ils augmentent de 150 à 200 000 dollars par an. Ainsi, Karl-Anthony Towns a gagné 5.7 millions cette saison. Et Ben Simmons gagnera 5.9 millions de dollars la saison prochaine. Si la convention avait été indexée au cap, il aurait gagné environ 7.7 millions…

 

Amuse-gueules

– Ces deux premiers jours de free agency permettent de re-contextualiser les contrats signés antérieurement : même à 37.6% de réussite, la prolongation de Danny Green à 45 millions sur 4 ans l’été dernier apparait plus que jamais comme un contrat en or pour les Spurs en comparaison, à titre d’exemple, des 52 millions sur 4 ans obtenus cette année par Solomon Hill.

– Il en va de même pour Boris Diaw (encore 14.5 millions sur 2 ans, la moitié non garantie), Khris Middleton (encore 55 millions sur 4 ans avec une dégressivité) et John Henson avec les Bucks (encore 45 millions sur 4 ans, également dégressifs), Isaiah Thomas (Boston) et ses… 12.8 millions sur 2 ans, Jae Crowder et ses 35 millions sur 5 ans signés l‘an dernier, Avery Bradley (8.5 millions par an jusqu’en 2017-18), J.J. Barea (encore 11.6 millions sur 3 ans, dégressifs), Thaddeus Young et son contrat à 50 millions sur 4 ans (player option pour dernière année), Eric Bledsoe (encore 44.5 millions sur 3 ans) et Brandon Knight (encore 56.4 millions sur 4 ans) avec les Suns, Al Farouq-Aminu (encore 22 millions dégressifs sur 3 ans) et Ed Davis (encore 13 millions sur deux ans) avec Portland. Outre le cas Stephen Curry connu de tous, rappelons aussi que Kyle Lowry gagnera 12 millions de dollars la saison prochaine avec Toronto. Un très bon rapport qualité-prix en l’état, à l’instar de Jeff Teague et ses 8 millions. Mais finalement, aujourd’hui, même Kyle Singler et ses 5 millions de dollars annuels au Thunder ne choquent plus…

– Pour l’heure, il existe encore de « belles affaires » négociées cet été au vu de l’envolée des prix : Ish Smith à 18 millions sur 3 ans, Darrell Arthur et ses 23 millions sur 3 ans, E’Twaun Moore à 34 millions sur 4 ans, Andrew Nicholson à 26 millions sur 4 ans, D.J. Augustin à 29 millions sur 4 ans,  Mirza Teletovic et Al Jefferson chacun à 30 millions sur 3 ans, Courtney Lee et Jordan Clarkson à 50 millions sur 4 ans.

– Outre la classe de free agents encore plus prometteuse que cette année, l’intersaison 2017 sera très intéressante à suivre du côté de Golden State : Stephen Curry, Andre Iguodala, Andrew Bogut, Shaun Livingston seront tous free agents et le premier souhaitera son contrat maximum. Si Kevin Durant ne vient pas et que la franchise égale l’offre sur Harrison Barnes et prolonge Festus Ezeli comme elle l’avait annoncé, il sera intéressant de voir jusqu’où elle peut aller financièrement pour conserver son noyau dur.

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