Il y a encore un an, les Spurs espéraient simplement retrouver les playoffs. Douze mois et 62 victoires plus tard, les voilà parmi les grands favoris pour le titre ! Finaliste NBA après avoir notamment éliminé les Wolves et le Thunder, San Antonio a franchi les étapes à une vitesse vertigineuse, avant de céder face aux Knicks en cinq manches.
Une défaite forcément douloureuse, mais aussi particulièrement instructive pour une équipe qui découvrait, dans sa grande majorité, les exigences des playoffs. Si Victor Wembanyama a encore démontré qu’il était un joueur hors normes, les Texans ont également compris qu’il leur manquait quelques ingrédients pour aller au bout. Notamment de la dureté intérieure et davantage de solutions pour soulager leur superstar…
Plutôt que de bouleverser un effectif qui sortait d’une campagne à 62 succès, les dirigeants ont donc choisi la continuité, en procédant à quelques retouches ciblées. La principale se nomme Tobias Harris, arrivé pour apporter son expérience, sa polyvalence et une menace offensive supplémentaire. Un recrutement qui doit notamment permettre à Mitch Johnson de disposer d’un cinq plus traditionnel lorsque les circonstances l’exigent.
La Draft a également permis de renforcer le secteur intérieur, avec Jayden Quaintance et Tarris Reed Jr., deux profils physiques et défensifs. Le second pourrait même se rendre utile immédiatement, alors que le premier représente davantage un investissement sur l’avenir, après ses problèmes au genou.
Mais la principale marge de progression de San Antonio reste interne. À seulement 22 ans, Victor Wembanyama n’a pas encore atteint son plafond, tandis que Stephon Castle et Dylan Harper ont montré, jusqu’aux Finals, qu’ils pouvaient assumer de grandes responsabilités. Quant à De’Aaron Fox, il reste un All-Star capable de faire basculer une rencontre par sa vitesse et sa polyvalence offensive quand il est en pleine possession de ses moyens.
L’embarras du choix
Cette accumulation de talents constitue d’ailleurs le principal casse-tête de Mitch Johnson. Comment optimiser la cohabitation entre Fox, Castle et Harper, trois joueurs qui aiment créer avec le ballon ?
Le coach a choisi de trancher dès la présaison, en annonçant que les trois débuteraient ensemble, aux côtés de Devin Vassell et Victor Wembanyama.
Une formule audacieuse, avec quatre extérieurs autour du Français, qui doit permettre aux Spurs de multiplier les créateurs et de jouer à un rythme élevé. Mais elle pose aussi la question de l’adresse extérieure, des responsabilités de chacun et de la capacité des Texans à résister physiquement face à certaines formations plus grandes.
Sur ce point, San Antonio dispose toutefois de nombreuses alternatives. Tobias Harris, Harrison Barnes ou Julian Champagnie peuvent apporter davantage de taille et d’adresse, tandis que Keldon Johnson conserve son rôle d’accélérateur en sortie de banc. Sans oublier Carter Bryant, dont les qualités défensives peuvent devenir précieuses dans certaines configurations.
Avec Luke Kornet et Tarris Reed Jr. pour épauler Wembanyama dans la raquette, Mitch Johnson possède également de quoi limiter l’usure de son franchise player. Un aspect loin d’être anodin après les dernières Finals, durant lesquelles l’augmentation considérable de son temps de jeu avait fini par peser sur son rendement.
Enfin, l’arrivée de Billy Donovan dans le staff offre un autre regard expérimenté à Mitch Johnson, qui devra désormais gérer une équipe attendue au sommet.
Car c’est bien là que se situe le principal changement pour San Antonio. Après avoir surpris tout le monde l’an dernier, les Spurs vont désormais évoluer avec une cible dans le dos. Ils ont prouvé qu’ils pouvaient atteindre les Finals. Il leur reste à démontrer qu’ils sont capables de les gagner.
LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ
Arrivées : Tobias Harris, Jayden Quaintance (Draft), Tarris Reed Jr. (Draft)
Prolongations : Victor Wembanyama, Julian Champagnie, Harrison Barnes, Jordan McLaughlin
Départs : Kelly Olynyk, Bismack Biyombo, Mason Plumlee, Lindy Waters III
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LE JOUEUR À SUIVRE : VICTOR WEMBANYAMA
Qui d’autre ? Après trois saisons en NBA, Victor Wembanyama a déjà pris une dimension exceptionnelle. Avec ses 25 points, 11.5 rebonds et 3.1 contres de moyenne la saison dernière, le Français s’est affirmé comme l’un des joueurs les plus dominants de la ligue, tout en conduisant les Spurs jusqu’aux Finals.
Mais sa première expérience à ce niveau a aussi rappelé qu’il lui restait des étapes à franchir pour devenir le joueur capable de porter son équipe jusqu’au titre.
Face aux Knicks, les limites physiques du Français ont notamment été mises à l’épreuve. Habitué à tourner autour de 29 minutes en saison régulière, il a parfois dû dépasser les 40 minutes en Finals, avec une efficacité en baisse au fil des rencontres. Les New-Yorkais ont d’ailleurs cherché à le bousculer, à l’éloigner du cercle et à multiplier les efforts qu’il devait fournir afin de réduire son impact au fur et à mesure des rencontres.
Une expérience précieuse pour un joueur qui possède déjà pratiquement tous les outils pour dominer la NBA. Défensivement, son envergure et sa mobilité suffisent à transformer le jeu adverse. Offensivement, sa capacité à jouer au-dessus du cercle ou à sanctionner de loin offre une variété de solutions presque sans équivalent.
Mais c’est dans la régularité et la gestion des moments décisifs qu’il peut encore progresser. Quand le rythme ralentit en playoffs, quand les défenses se resserrent et que les contacts se multiplient, Victor Wembanyama doit pouvoir imposer sa volonté sans s’épuiser.
Sa progression passera aussi par une meilleure exploitation du talent qui l’entoure. Avec Fox, Castle et Harper pour créer des décalages, il ne doit pas forcément porter toute l’attaque sur ses épaules. Au contraire, le défi sera de trouver le bon équilibre entre son rôle de première option et celui de finisseur au sein d’un collectif plus riche.
Déjà considéré comme un prétendant majeur au trophée de MVP et de DPOY, le Français possède surtout une opportunité rare : devenir champion NBA à 23 ans. En dominant la NBA des deux côtés du terrain ?
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Moyenne d’âge : 25,9 ans
Masse salariale : 198 millions de dollars (14e)
LE SCÉNARIO IDÉAL
Les Spurs reprennent là où ils s’étaient arrêtés, en transformant l’expérience de leur première campagne jusqu’aux Finals en véritable force collective. San Antonio confirme rapidement son statut de favori, avec un Victor Wembanyama encore plus dominateur des deux côtés du terrain et un groupe qui a gagné en maturité.
Mitch Johnson trouve la bonne formule pour faire cohabiter Fox, Castle et Harper. Le premier apporte sa vitesse et son expérience, le deuxième poursuit son développement comme créateur et défenseur de premier plan, tandis que le troisième confirme tout le talent entrevu pendant les dernières Finals, où il avait déjà montré qu’il pouvait prendre les choses en main dans les moments les plus importants.
Leur complémentarité permet aux Spurs d’avoir plusieurs options pour attaquer les défenses, tout en préservant Victor Wembanyama d’une trop grosse charge offensive. Devin Vassell retrouve son efficacité extérieure, Tobias Harris apporte la régularité qui manquait parfois à l’équipe et Keldon Johnson son impact en sortie de banc.
Dans la raquette, Tarris Reed Jr. se révèle être une excellente pioche. Son énergie, sa dureté et ses qualités au rebond offrent un complément utile à Victor Wembanyama, tandis que Luke Kornet continue d’assurer des minutes solides. San Antonio peut ainsi mieux gérer son pivot vedette tout au long de la saison.
Avec l’une des meilleures défenses de NBA et une attaque toujours plus variée, les Texans dépassent de nouveau les 60 victoires et terminent en tête de la conférence Ouest.
Mais c’est surtout en playoffs que leur progression saute aux yeux. Plus expérimentés, les Spurs savent désormais gérer les temps faibles, fermer les matches serrés et adapter leurs rotations aux différentes oppositions. Victor Wembanyama reste frais et ne connaît plus les mêmes difficultés physiques qu’au printemps précédent.
Après avoir dominé leurs rivaux de l’Ouest, les Spurs retrouvent les Finals. Cette fois, ils ne laissent pas passer leur chance et décrochent le sixième titre de l’histoire de la franchise, le premier depuis 2014. Victor Wembanyama devient champion NBA et MVP des Finals, confirmant définitivement son statut de nouveau visage de la ligue.
LE PIRE SCÉNARIO
Et si les Spurs avaient tout simplement progressé trop vite ? Leur formidable campagne précédente a suscité des attentes immenses, mais la jeunesse de leur noyau reste susceptible de provoquer des turbulences.
La première difficulté vient de l’association entre Fox, Castle et Harper. Sur le papier, disposer de trois créateurs talentueux ressemble à un luxe. Mais dans les faits, chacun peine à trouver sa place lorsqu’il doit évoluer sans le ballon. Le « spacing » devient problématique, notamment lorsque les adversaires choisissent de laisser certains extérieurs tenter leur chance de loin.
Le cinq relativement petit imaginé par Mitch Johnson présente également des limites défensives. Victor Wembanyama doit multiplier les interventions pour compenser le manque de taille autour de lui, tandis que les formations les plus physiques parviennent à faire mal aux Spurs au rebond.
La situation n’est d’ailleurs pas facilitée par les pépins physiques. Tobias Harris, déjà touché au mollet pendant la préparation, tarde à trouver son rythme, et les jeunes recrues intérieures ne sont pas encore suffisamment prêtes pour les exigences d’une équipe qui joue le titre.
Surtout, les Texans découvrent la difficulté de confirmer après une saison exceptionnelle. Là où ils jouaient sans pression l’an dernier, chaque défaite est désormais analysée comme le signe d’une éventuelle régression. Fox, Castle et Harper doivent apprendre à partager les responsabilités, alors que leur marge de progression individuelle ne se traduit pas automatiquement par une amélioration du collectif.
Même Victor Wembanyama n’échappe pas à ces difficultés. Toujours aussi impressionnant défensivement, le Français doit assumer une énorme charge de travail, avec des adversaires qui continuent de chercher à le fatiguer.
San Antonio reste une excellente équipe, mais la concurrence à l’Ouest ne lui laisse aucune marge. Le Thunder retrouve ses forces vives, les Wolves passent un cap et les Nuggets restent dangereux autour de Nikola Jokic.
Les Spurs laissent beaucoup de force pour terminer dans le Top 4 de leur conférence, sans réussir à retrouver la fluidité de la saison précédente. Et malgré le talent de Victor Wembanyama, ils sont éliminés avant les Finals par un adversaire plus expérimenté et mieux équilibré.
Un échec relatif pour une équipe aussi jeune, mais une immense déception au regard des attentes suscitées.
| CONFÉRENCE OUEST | ||||
| 15 – Kings | 14 – Grizzlies | 13 – Pelicans | 12 – Jazz | 11 – Clippers |
| 10 – Mavericks | 9 – Warriors | 8 – Trail Blazers | 7 – Suns | 6 – Lakers |
| 5 – Rockets | 4 – Nuggets | 3 – Wolves | 2 – Thunder | 1 – Spurs |
| CONFÉRENCE EST | ||||
| 15 – Nets | 14 – Bucks | 13 – Bulls | 12 – Hornets | 11 – Wizards |
| 10 – Magic | 9 – Hawks | 8 – Pacers | 7 – Heat | 6 – Pistons |
| 5 – Raptors | 4 – Celtics | 3 – Cavaliers | 2 – Knicks | 1 – Sixers |
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