Après deux années dans le ventre mou de la NBA, les Raptors ont passé un cap la saison dernière. Les hommes de Darko Rajakovic ont terminé la saison régulière avec 46 victoires pour 36 défaites, soit 16 victoires de plus que lors de l’exercice précédent ! Cette progression s’explique par une défense solide, qui a terminé dans le Top 5 de la ligue, mais aussi par un collectif bien huilé, porté par Scottie Barnes. Ce dernier est resté dans ses standards avec 18.1 points et 7.5 rebonds de moyenne, ce qui lui a permis d’obtenir une deuxième sélection au All-Star Game.
Scottie Barnes n’était pas le seul joueur des Raptors à participer au match des étoiles puisqu’il était accompagné par Brandon Ingram. Pour sa première (et seule) saison au Canada, l’ailier a brillé avec ses 21 points de moyenne, mais surtout avec 77 matchs disputés, une première depuis son année rookie. Derrière ce duo d’All-Stars, RJ Barrett a continué d’apporter sur les ailes, même si son avenir reste incertain, tandis que Collin Murray-Boyles a réalisé une bonne saison rookie, en contribuant des deux côtés du terrain en sortie de banc.
Avec tous ces éléments, les Raptors ont terminé cinquièmes de l’Est et retrouvé les playoffs pour la première fois depuis 2022. Face aux Cavaliers au premier tour, Scottie Barnes s’est sublimé, contrairement à Brandon Ingram. D’abord maladroit, l’ancien des Pelicans s’est ensuite blessé au talon et n’a pas disputé les deux derniers matchs de la série perdue par les Canadiens.
Malgré cette élimination, le « front office » a tiré un bilan positif de cette saison 2025/26 et s’est tourné vers l’été avec l’objectif de faire de Toronto un sérieux candidat au titre.
Pour s’en donner les moyens, les Raptors ont monté un transfert pour récupérer Kawhi Leonard contre Brandon Ingram, Gradey Dick, deux premiers tours de Draft et deux seconds tours. Si cet échange a mis plusieurs mois avant d’être finalisé et validé, l’ailier revient finalement au Canada, là où il avait remporté le titre en 2019.
Avec Kawhi Leonard, les Raptors récupèrent un joueur qui sort de sa meilleure saison au scoring, avec 27.9 points de moyenne sous le maillot des Clippers. Mieux encore, il a été relativement épargné par les soucis de santé puisqu’il a pris part à 65 rencontres. Son apport ne se limite toutefois pas à ses performances sur le parquet puisque Toronto récupère un joueur rompu aux grandes échéances, une expérience qui manquait jusqu’ici au groupe de Darko Rajakovic. Pour encadrer un vestiaire encore jeune, les Raptors ont également signé Kyle Anderson.
LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ
Arrivées : Kawhi Leonard, Kyle Anderson, Allen Graves, Trey Jamison, Jaden Bradley
Prolongations : Ajilah Martin, Jamal Shead
Départs : Brandon Ingram, Gradey Dick, Sandro Mamukelashvili, Jonathan Mogbo, Garrett Temple, AJ Lawson
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LE JOUEUR À SUIVRE : KAWHI LEONARD
Après sept saisons à Los Angeles où il n’a pas réussi à remporter le titre, Kawhi Leonard revient sur la terre de son plus bel exploit, puisqu’il avait été sacré champion à Toronto en 2019. Dès que son transfert a été validé, l’ailier a signé une prolongation qui le lie à la franchise jusqu’en 2028, avec une « player option » pour la saison 2028/29.
En remplaçant Brandon Ingram par Kawhi Leonard, les Raptors espèrent franchir un cap des deux côtés du terrain. Le double champion NBA est un scoreur plus complet et un défenseur plus redoutable que le nouvel ailier des Clippers. Parmi les qualités apportées par The Klaw, il y a notamment son tir à 3-points. En carrière, il tourne à près de 39 % de réussite derrière l’arc, ce qui en fait immédiatement l’un des meilleurs shooteurs de l’équipe, surtout après le départ de Sandro Mamukelashvili aux Lakers.
Kawhi Leonard pourra donc davantage écarter le jeu et laisser Scottie Barnes travailler dans la raquette. L’intérieur des Raptors n’a jamais été une véritable menace à 3-points pour Darko Rajakovic, mais il s’est illustré par sa capacité à trouver ses coéquipiers démarqués, comme RJ Barrett. Avec Kawhi Leonard, Scottie Barnes dispose désormais d’un partenaire capable de sanctionner les défenses à longue distance, et pourrait voir sa moyenne de passes décisives augmenter, lui qui tournait déjà à 5.9 « assists » par rencontre la saison dernière.
En récupérant Kawhi Leonard, les Raptors disposent également d’un nouveau joueur capable de défendre sur plusieurs postes, comme Scottie Barnes. À 35 ans, l’ailier peut désormais souffrir face aux attaquants les plus explosifs, mais il reste capable de faire la différence en un-contre-un ou de couper les lignes de passe, comme en témoigne sa moyenne de presque deux interceptions par soir la saison dernière (1.9).
Outre ses qualités des deux côtés du terrain, Kawhi Leonard doit également apporter une certaine sérénité lors des matchs couperets. Avec les Clippers, il s’est illustré à plusieurs reprises dans les moments décisifs en playoffs, notamment lors des séries disputées face aux Mavericks. Mais une question demeure tout de même : à 35 ans, peut-il encore être le leader d’une équipe qui vise le titre ? C’est tout l’enjeu de son retour à Toronto…
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Moyenne d’âge : 25,9 ans
Masse salariale : 202,5 millions de dollars (15e)
LE SCÉNARIO IDÉAL
Kawhi Leonard réussit parfaitement à s’intégrer dans l’effectif canadien. Avec lui, les Raptors ne sont plus une équipe qui dépend autant de Scottie Barnes et disposent d’un duo capable de faire la différence aussi bien près du cercle qu’à l’extérieur. Dans ce cas de figure, Toronto conserve l’une des meilleures défenses de la ligue tout en progressant sensiblement en attaque. Après avoir terminé à la 15e place dans ce secteur la saison dernière, les Raptors pourraient ainsi intégrer le Top 10 du classement…
Si Kawhi Leonard peut sanctionner à 3-points, il reste également un excellent joueur à mi-distance. À l’instar de Scottie Barnes, il sait trouver ses coéquipiers ouverts derrière l’arc et ce sont Immanuel Quickley et RJ Barrett qui en profitent. Avec davantage d’espaces et de tirs ouverts, les deux arrières ont les moyens de gagner en efficacité.
Dans la raquette, un Jakob Poeltl en bonne santé continue d’apporter sa présence au rebond et sa capacité à poser des écrans, tandis que Scottie Barnes profite de l’attention accordée à Kawhi Leonard pour multiplier les décalages. Avec un cinq majeur aussi complémentaire, Darko Rajakovic dispose de plusieurs solutions pour faire évoluer son attaque sans sacrifier son identité défensive.
Ainsi, les Raptors deviennent l’une des meilleures équipes de la saison régulière. Avec l’arrivée de Kawhi Leonard, ils se hissent rapidement dans la lutte pour l’avantage du terrain en playoffs. Ils pourraient même, comme l’année dernière, dépasser les attentes et se mêler à la course pour la première place de l’Est. Mais pour cela, il faudra tout de même que Kawhi Leonard reste en grande forme et manque peu de rencontres.
Dans ce scénario idéal, les Raptors font partie des équipes les plus dangereuses au printemps et peuvent même s’inviter parmi les favoris au titre. Sept ans après leur premier sacre.
LE PIRE SCÉNARIO
L’effectif des Raptors est prometteur sur le papier, mais l’état de santé de Kawhi Leonard reste la principale menace pour les ambitions canadiennes. S’il a été épargné la saison dernière, son passage aux Clippers a été marqué par de nombreuses absences, dont une saison blanche en 2021/22. Sans lui, les Raptors conserveraient une bonne défense, mais pourraient à nouveau souffrir en attaque et rester parmi les équipes les moins efficaces dans ce secteur.
Même si Kawhi Leonard est en bonne santé, le « front office » ne voudra de toute façon prendre aucun risque avec sa star. Il ne serait donc pas surprenant de voir son temps de jeu limité ou de le voir manquer quelques rencontres pour préserver ses chances d’arriver en pleine forme en playoffs. C’est ici que le banc des Raptors entre en scène. Logiquement, il devrait notamment s’appuyer sur Collin Murray-Boyles, qui devra confirmer après une saison rookie convaincante. Un exercice périlleux, que Scottie Barnes avait lui-même eu du mal à négocier.
Pour l’épauler dans la « second unit », Collin Murray-Boyles pourra compter sur Jamal Shead et Ja’Kobe Walter. Mais si le banc ne répond pas présent et que Kawhi Leonard voit son temps de jeu être limité, Toronto pourrait rapidement retrouver ses limites offensives. Le départ de Brandon Ingram, qui représentait une garantie au scoring, se ferait alors davantage ressentir, notamment lorsque Scottie Barnes serait lui aussi sur le banc.
Dans une conférence Est plus dense, un bilan autour des 43 à 45 victoires pourrait ainsi contraindre les Raptors à passer par le play-in. Et si Kawhi Leonard devait manquer une longue partie de la saison, la situation pourrait devenir encore plus préoccupante, avec une qualification en playoffs sérieusement compromise.
Après avoir sacrifié plusieurs joueurs et choix de Draft pour récupérer Kawhi Leonard, Toronto se retrouverait alors avec les mêmes interrogations offensives que la saison dernière, mais aussi avec un avenir moins flexible. Un retour en playoffs manqué, ou une nouvelle élimination dès le premier tour, constituerait forcément une grosse déception au regard des ambitions affichées pendant l’été.
| CONFÉRENCE OUEST | ||||
| 15 – Kings | 14 – Grizzlies | 13 – Pelicans | 12 – Jazz | 11 – Clippers |
| 10 – Mavericks | 9 – Warriors | 8 – Trail Blazers | 7 – Suns | 6 – Lakers |
| 5 – … | 4 – … | 3 – … | 2 – … | 1 – … |
| CONFÉRENCE EST | ||||
| 15 – Nets | 14 – Bucks | 13 – Bulls | 12 – Hornets | 11 – Wizards |
| 10 – Magic | 9 – Hawks | 8 – Pacers | 7 – Heat | 6 – Pistons |
| 5 – Raptors | 4 – … | 3 – … | 2 – … | 1 – … |
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