Pour la troisième saison de Jordi Fernandez, et après deux années de tests, de temps de jeu donné aux jeunes et de défaites (46 victoires pour 118 revers…), les Nets ont apporté un peu d’épaisseur et de talent à leur effectif, le plus jeune de la ligue. Ce n’était pas du luxe pour une formation qui possédait la pire attaque de l’exercice 2025/26, avec seulement 108.7 points inscrits sur 100 possessions, ainsi que la plus mauvaise adresse de NBA.
L’arrivée de Julius Randle, qui pesait 21.1 points de moyenne la saison dernière, doit ainsi permettre de soulager Michael Porter Jr.. L’ancien All-Star apporte un joueur capable de créer son propre tir et de casser une défense, même si ses limites sont bien connues : des choix parfois douteux, une adresse extérieure irrégulière et une tendance à ralentir le jeu en figeant les attaques.
Autres recrues estivales, Moe Wagner et Keon Ellis représentent deux ajouts intéressants pour entourer les principaux créateurs. Le premier apporte de l’énergie, du tir et de la dureté à l’intérieur, tandis que le second peut offrir un peu de défense extérieure à une équipe qui en manque cruellement.
Sans oublier Mikel Brown Jr., sixième choix de la dernière Draft. Depuis deux ans, Jordi Fernandez cherche son meneur de jeu. L’effectif en a compté plusieurs, mais aucun n’a réussi à s’imposer durablement. Et si cette place revenait finalement à l’ancien de Louisville ? Son talent offensif est évident mais, rookie oblige, il devra apprendre son métier. À l’université, son jeu pouvait déjà être déroutant, entre créativité, prises de risque et décisions parfois hasardeuses. La frontière entre génie et précipitation peut donc être mince chez lui.
Et c’est précisément l’une des grosses questions sur ce groupe de Brooklyn. Entre Michael Porter Jr., Julius Randle et Mikel Brown Jr., les Nets possèdent trois joueurs capables de créer leur tir, mais aucun n’est naturellement un organisateur capable de contrôler le tempo et de faire vivre l’attaque possession après possession. Si chacun monopolise le ballon à tour de rôle, le jeu peut rapidement devenir très brouillon…
Des attaquants talentueux mais parfois imprécis, un collectif encore très jeune et de sérieuses lacunes défensives : difficile d’imaginer les Nets faire des miracles cette saison. Jordi Fernandez possède néanmoins davantage d’armes et peut espérer gagner plus de rencontres que lors des deux exercices précédents, conclus avec 26 puis 20 victoires.
Mais sans cadre strict, sans hiérarchie claire et surtout sans véritable équilibre entre création individuelle et jeu collectif, la saison pourrait rapidement devenir compliquée.
Et comme, en l’état, Michael Porter Jr. et Julius Randle pourraient tous les deux être libres en 2027 – le premier n’ayant toujours pas prolongé et le second disposant d’une dernière année en option –, les dirigeants observeront cet exercice avec attention. Il faudra déterminer si cet effectif possède réellement un potentiel à développer ou s’il faudra encore le faire exploser pour repartir de zéro. Une reconstruction pourtant entamée depuis 2024…
LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ
Arrivées : Moe Wagner, Julius Randle, Keon Ellis, Mikel Brown Jr., Isaiah Evans, Tyler Bilodeau
Prolongations : Josh Minott, Day’Ron Sharpe
Départs : Nicolas Claxton, Ziaire Williams
LE JOUEUR À SUIVRE : MICHAEL PORTER JR.
En passant de Denver à Brooklyn, Michael Porter Jr. a troqué les victoires et les playoffs contre davantage de responsabilités offensives. Ce qu’il a perdu collectivement, il l’a gagné individuellement, en réalisant la meilleure saison de sa carrière avec 24.2 points, 7.1 rebonds et 3 passes par rencontre.
Il s’est ainsi rapproché d’un statut de All-Star, même si les mauvais résultats des Nets l’ont empêché de participer au match des étoiles.
Néanmoins, s’il a pris une nouvelle dimension à l’Est, les défauts aperçus à l’Ouest, dans les Rocheuses, n’ont pas disparu pour autant. Lui-même le confirme : il a tendance à forcer ses tirs et a récemment reconnu qu’une fois sa non-sélection au All-Star Game confirmée, il avait perdu en motivation.
Brooklyn n’avait plus d’ambitions collectives, lui n’en avait plus vraiment individuellement : sa fin de saison s’est donc déroulée en roue libre. Une attitude qu’il devra éviter cette saison puisque son avenir est également en jeu. En fin de contrat, il n’a toujours pas prolongé, malgré son envie de rester à Brooklyn, la franchise estimant que la situation n’est pas urgente.
Avant de mettre des dizaines de millions de dollars sur la table, les Nets veulent sans doute vérifier que l’ancien ailier des Nuggets peut réellement devenir le leader d’une équipe. Car scorer beaucoup dans une formation de bas de tableau est une chose. Porter une attaque cohérente, maintenir son niveau d’implication lorsque les résultats sont mauvais et rendre ses partenaires meilleurs en est une autre.
Son association avec Julius Randle sera particulièrement observée. Sur le papier, les deux joueurs présentent plusieurs qualités communes, mais aussi plusieurs défauts similaires : ils aiment avoir le ballon, peuvent prendre des tirs dans un mauvais rythme et ne lisent pas toujours correctement les aides défensives.
À eux de prouver qu’ils peuvent davantage jouer loin du ballon, notamment par les coupes et les déplacements derrière les défenses, plutôt que simplement alterner les isolations et les possessions en un-contre-un.
Michael Porter Jr. assure justement qu’il peut devenir l’un des meilleurs joueurs de NBA dans ce domaine. Ce n’est qu’un défi parmi d’autres pour lui car toute la question de cette saison 2026/27 sera de déterminer s’il peut réellement devenir celui qu’il prétend pouvoir être : non seulement le meilleur joueur de son équipe, mais surtout le visage des Nets pour plusieurs saisons, avec le contrat qui va avec.
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Moyenne d’âge : 24.1 ans
Masse salariale : 160 millions de dollars (28e)
LE SCÉNARIO IDÉAL
Michael Porter Jr. a déclaré ces derniers jours que les Nets pouvaient viser les 50 victoires d’ici avril 2027… C’est très ambitieux. Trop, sans doute. Mais cette équipe n’est pas totalement dénuée de qualités et peut, si plusieurs éléments tournent dans le bon sens, devenir beaucoup plus compétitive qu’attendu.
Moe Wagner et Keon Ellis apportent de la stabilité et davantage de défense, tandis que Mikel Brown Jr. s’impose progressivement comme le meneur que Brooklyn cherche depuis deux ans. Le rookie alterne encore les hauts et les bas, mais son talent offensif donne une nouvelle dimension au cinq majeur.
Surtout, le duo Randle – Porter Jr. trouve un équilibre. Aucun des deux ne monopolise excessivement le ballon, les possessions sont davantage partagées et tous deux font l’effort de jouer sans ballon. Jordi Fernandez parvient ainsi à bâtir une attaque cohérente, où les qualités individuelles servent davantage le collectif. En sortie de banc, Nolan Traoré apporte également son énergie et sa vitesse, qui font mal aux défenses adverses.
Les trous en défense restent trop importants pour se battre jusqu’au bout pour le « play-in », mais Brooklyn devient une équipe pénible à affronter et capable de punir les formations faibles voire moyennes.
Les Nets ont surtout quelque chose à raconter cette saison et peuvent commencer à se projeter sur 2027/28. Michael Porter Jr. prolonge, Julius Randle active son année en option et, avec quelques ajustements supplémentaires durant l’intersaison, Brooklyn peut enfin envisager une véritable remontée dans la conférence Est.
LE PIRE SCÉNARIO
Ce qui était prévisible sur le papier se confirme sur le parquet : l’association entre Julius Randle et Michael Porter Jr. ne fonctionne pas.
Aucun des deux ne corrige ses mauvaises habitudes offensives. Chacun joue après l’autre, le ballon circule mal et le jeu sans ballon devient quasiment inexistant. Défensivement, les efforts sont également trop irréguliers.
En un mot comme en cent : c’est un fiasco. Emporté par ce flot de mauvaises décisions et frustré de ne pas davantage toucher le ballon, Mikel Brown Jr. prend progressivement le même chemin. Il multiplie les pertes de balle et les tirs compliqués, force davantage et Jordi Fernandez se retrouve alors avec trois créateurs qui se marchent sur les pieds.
Les performances collectives sont mauvaises, le déchet offensif considérable et les défaites s’enchaînent. Après quelques semaines seulement, Brooklyn sait déjà que sa saison se terminera à la « lottery ».
La situation contractuelle de ses deux vétérans commence alors à peser. Michael Porter Jr. comprend que sa prolongation s’éloigne et son investissement diminue à nouveau. Julius Randle pense davantage à son avenir et commence lui aussi à regarder ailleurs.
Brooklyn cherche alors à les échanger afin d’éviter de les perdre sans contrepartie. Qu’ils soient transférés pendant la saison ou partis durant l’été 2027, aucun des deux n’est finalement présent pour la suite. Les Nets se retrouvent devant une nouvelle page blanche. Et après trois années de reconstruction, ils doivent presque tout recommencer.
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