L’époque des Warriors imbattables, qui ont remporté quatre titres entre 2015 et 2022, semble loin, très loin. Golden State vient ainsi de manquer les playoffs quatre fois sur les sept dernières années. Ce fut encore le cas il y a quelques mois, quand la franchise californienne s’inclina logiquement face aux Suns dans le deuxième match du « play-in », quelques jours après avoir terminé la saison régulière avec 37 victoires et surpris les Clippers.
Symbole d’une équipe capable du pire comme du meilleur. À l’image de sa légende Stephen Curry, qui avait démarré en trombe, tournant à 28.7 points de moyenne sur les trois premiers mois de compétition, avant de se blesser en février et de ne revenir qu’en toute fin de saison.
Une chance que son lieutenant Jimmy Butler n’a pas eue, lui qui s’est rompu les ligaments croisés en janvier. Deux pépins qui ont totalement anéanti les espoirs de l’équipe de faire quelque chose en 2025/26.
Mais la bande de Stephen Curry, prolongé pour un dernier gros contrat, a bien tenté de retrouver ses lettres de noblesse cet été. Et, par la même occasion, réaliser le rêve de milliers de fans, en tentant d’attirer LeBron James pour associer les deux principaux acteurs de la rivalité la plus marquante de l’histoire récente de la NBA. Seulement, ce dernier a pris son temps avant de privilégier une autre option.
Longtemps dans l’attente de la décision du « King », les Warriors n’ont donc pas beaucoup bougé. Hormis la Draft de Yaxel Lendeborg et les prolongations des vétérans Draymond Green, Gary Payton II, Kristaps Porzingis et Al Horford, âgés de 35 ans en moyenne, les fans n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent.
Des opérations qui font pourtant de la masse salariale de la franchise la plus importante de toute la ligue. Difficile toutefois de nourrir de très grandes ambitions lorsqu’un groupe qui est resté dans le ventre mou de la saison précédente est reconduit presque à l’identique.
Raison pour laquelle l’équipe veut, malgré le peu de mouvements dans son effectif, revoir son identité. Pour cela, l’arrivée la plus importante de l’intersaison n’est peut-être même pas celle d’un joueur, mais plutôt du nouvel assistant de Steve Kerr : Frank Vogel. Ancien entraîneur des Lakers, il a mené cinq fois les équipes qu’il a coachées dans le Top 3 des meilleures défenses de la ligue en onze saisons et espère réitérer l’exploit en 2026/27.
Pour cela, le staff de la Baie de San Francisco pourra s’appuyer sur plusieurs spécialistes. Draymond Green peut toujours jouer aussi dur. Gary Payton II a hérité de quelques restes de son père. De’Anthony Melton et le sophomore Will Richard, tous deux capables de défendre sur plusieurs positions, sont toujours là. Tout comme le très actif Brandin Podziemski, précieux par son énergie et son positionnement.
À voir si la mayonnaise prendra, en attendant les (éventuels) retours de blessure de Jimmy Butler et Moses Moody. En tout cas, Steve Kerr, qui ne pensait pas continuer à Golden State, a donné le mot d’ordre : la patience. Mais Stephen Curry et Draymond Green, proches de la retraite et habitués à gagner avec ce maillot, en ont-ils ?
LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ
Arrivées : Yaxel Lendeborg (Draft), Georges Niang et Brandon Williams
Prolongations / re-signatures : Stephen Curry, Draymond Green, Al Horford, Kristaps Porzingis, De’Anthony Melton, Gary Payton II et Charles Bassey
Départ : Quinten Post, Pat Spencer et Seth Curry
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LE JOUEUR À SUIVRE : YAXEL LENDEBORG
Il ne sera pas la première option de l’équipe, et ne démarrera peut-être même pas la saison comme titulaire. Mais Yaxel Lendeborg, plus haut choix de Draft de la franchise depuis 2021, semble déjà prêt pour la NBA. Et c’est justement ce que recherchaient les Warriors en choisissant un rookie de 24 ans, l’un des plus âgés de sa cuvée.
Il l’a montré à Michigan, où il a remporté la March Madness sous la houlette de Dusty May. Puis en Summer League, compétition qu’il a dominée de la tête et des épaules. Opposé à Cam Boozer et aux Grizzlies en finale, il a compilé 21 points, 10 rebonds et 2 passes décisives, tout en concluant par une fin de match de patron pour repartir, là aussi, avec le trophée et le titre de MVP du tournoi.
De quoi soigner son entrée dans la Grande Ligue, lui qui possède le profil type pour réussir sur les ailes. Très costaud du haut de ses 2.06 m pour 104 kilos, mais aussi ultra-mobile, il peut défendre sur les cinq positions. Ses dimensions ne sont d’ailleurs pas sans rappeler celles d’un certain LeBron James…
D’autant qu’il est aussi capable de porter la balle et donc de soulager un Stephen Curry qui ne pourra certainement pas repousser les limites de l’âge toute la saison. Également adroit à longue distance, il shootait à 37.2% de réussite dans l’exercice la saison passée en NCAA.
Bref, il est à la fois typiquement le genre de joueur dont les Warriors auront besoin en l’absence de Jimmy Butler et Moses Moody, et celui qui peut profiter de la gravité de Stephen Curry pour s’exprimer.
Sa complémentarité avec le « Chef » peut-elle faire de lui bien plus qu’un simple joueur à développer : à savoir un lieutenant capable d’accompagner le meilleur shooteur de l’histoire dans sa quête d’une dernière bague ?
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Moyenne d’âge : 29.4 ans
Masse salariale : 221 millions de dollars (1er)
LE SCÉNARIO IDÉAL
Dès le début de saison, le rookie Yaxel Lendeborg s’affirme comme une excellente solution pendant les absences de Jimmy Butler et Moses Moody. Il contribue immédiatement aux succès des Warriors et se fait rapidement sa place dans le cinq majeur. De quoi s’incruster dans la course au Rookie de l’année. Sa complicité avec Steph Curry saute aux yeux, et les deux hommes, que presque 15 ans séparent, se tirent mutuellement vers le haut.
De son côté, la légende locale n’a plus de pépins. Ses problèmes au genou sont derrière lui, ce qui lui permet de continuer à porter l’attaque de Golden State. Jimmy Butler est lui aussi plutôt chanceux et apte à revenir dès janvier. Sa réintégration se passe bien et il retrouve un rôle ainsi qu’une production proches de ses standards.
La continuité qui inquiétait les fans cet été s’avère finalement décisive dans les plans du tandem Kerr–Vogel. L’équipe se réinvente. Grâce à ses nombreux profils polyvalents capables de « switcher » à tout-va, à un Curry très impliqué, un Brandin Podziemski toujours aussi actif et un Kristaps Porzingis finalement en bonne santé qui patrouille près du cercle, les Warriors s’imposent comme l’une des meilleures défenses de la ligue.
Encouragé à shooter davantage par son coach, Draymond Green relève le défi avec brio, tout comme le sophomore Will Richard, qui gagne en régularité dans le domaine.
Le tout permet aux Warriors de se mêler jusqu’au bout à la lutte pour le Top 6 à l’Ouest. Et une fois les playoffs atteints, leur intensité défensive, leur expérience et leur adresse leur permettent de penser que tout est possible.
LE PIRE SCÉNARIO
En plus des deux absents de longue durée, l’infirmerie continue de se garnir. Kristaps Porzingis, déjà absent du camp d’entraînement, y passe le plus clair de son temps et est souvent rejoint par Stephen Curry, dont les problèmes au genou persistent et signent. L’occasion pour eux de côtoyer Jimmy Butler, dont le retour a lieu bien après le All-Star Break et se fait à tâtons pour l’ancien du Heat, qui n’a clairement plus la même explosivité ni la même solidité.
Entre ce contexte instable et la dureté d’une Conférence Ouest ultra-relevée, le rookie Yaxel Lendeborg se casse les dents. Malgré les absences et les opportunités qui lui sont offertes, il peine à se faire une place durable dans le cinq majeur de Steve Kerr, qui a toujours du mal à développer ses nouveaux joueurs.
Forcément, l’équipe pâtit de cette situation et possède peu de valeurs sûres, hormis Brandin Podziemski, seul joueur à dépasser les 70 matches disputés. Le noyau de joueurs âgés et fragiles physiquement rend très difficile pour l’équipe d’exister lors des 15 rencontres qu’elle doit disputer en « back-to-back ».
En décembre, les Warriors sont déjà largués. Le « play-in » s’éloigne progressivement, mais hors de question pour Stephen Curry d’enclencher le mode « tanking ».
En dehors des parquets, l’atmosphère devient d’ailleurs malsaine. Draymond Green a beaucoup de mal à cacher sa frustration à l’idée de sortir par la petite porte. Les rumeurs battent leur plein autour de Steve Kerr, qui aurait déjà pu quitter le navire cet été, mais aussi de Stephen Curry, qui sent qu’un nouveau titre ne viendra pas aux Warriors.
| CONFÉRENCE OUEST | ||||
| 15 – Kings | 14 – Grizzlies | 13 – Pelicans | 12 – Jazz | 11 – Clippers |
| 10 – Mavericks | 9 – Warriors | 8 – … | 7 – … | 6 – … |
| 5 – … | 4 – … | 3 – … | 2 – … | 1 – … |
| CONFÉRENCE EST | ||||
| 15 – Nets | 14 – Bucks | 13 – Bulls | 12 – Hornets | 11 – Wizards |
| 10 – … | 9 – … | 8 – … | 7 – … | 6 – … |
| 5 – … | 4 – … | 3 – … | 2 – … | 1 – … |
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