30 jours/30 équipes : Charlotte Hornets

NBA – Après leur meilleure saison depuis des années, terminée aux portes des playoffs, les Hornets ont pourtant décidé de tourner la page des années LaMelo Ball. Pour quel visage désormais ?

Charlotte HornetsAvec 44 victoires, les Hornets ont réalisé leur meilleure saison régulière depuis une décennie en 2025/26. Ils ont terminé aux portes des playoffs, en remportant le premier « play-in » avant de s’incliner lors du second, et n’étaient donc pas loin de se qualifier pour le premier tour, ce que la franchise attend depuis 2016.

En clair, l’avenir semblait enfin s’éclaircir à Charlotte. Le projet de Charles Lee prenait forme, les jeunes progressaient et le cinq majeur avait trouvé une vraie cohérence. Et puis… les dirigeants ont frappé fort en décidant de transférer LaMelo Ball, puis Miles Bridges, les deux principaux visages de l’équipe ces dernières années.

Un choix forcément étonnant puisque Charles Lee avait fini par trouver un équilibre avec son cinq majeur. Mais l’échantillon était encore trop court pour donner de véritables certitudes, et les Hornets ont estimé que c’était justement le meilleur moment pour tourner la page. LaMelo Ball conservait une forte valeur sur le marché tandis que Miles Bridges allait entrer dans sa dernière année de contrat.

Les arrivées de Naz Reid, Grayson Allen, Dennis Schroder ou encore Royce O’Neale vont profondément faire évoluer le visage de cette équipe. Charlotte a récupéré des joueurs confirmés, capables d’apporter du tir, de l’expérience, de la défense et davantage de taille à l’intérieur. Mais, individuellement, le groupe possède désormais moins de talent brut et moins de créativité que lorsque LaMelo Ball et Miles Bridges portaient l’attaque.

Le changement ne concerne donc pas seulement les noms, mais aussi la manière générale de jouer. Sans LaMelo Ball pour donner du rythme et créer des décalages permanents balle en main, davantage de responsabilités devraient notamment revenir à Brandon Miller et Kon Knueppel, deux joueurs dont la progression sera essentielle pour déterminer le plafond de cette nouvelle version des Hornets.

En cassant un jouet qui commençait enfin à fonctionner, Charlotte a joué avec le feu et tenté un véritable pari pour son avenir. Les dirigeants pensent manifestement avoir échangé une partie de leur talent individuel contre davantage de cohérence et de fiabilité collective. Avec le risque évident que, si la nouvelle formule ne prend pas, les fans se retournent rapidement contre ceux qui ont décidé de démanteler une équipe qui venait justement de montrer ses premiers signes encourageants.

Les Hornets prennent ainsi un sacré virage pour l’exercice 2026/27. Trajectoire parfaitement maîtrisée ou sortie de route ? C’est toute la question, et elle rend la saison de Charlotte particulièrement intrigante sur le papier.

LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ

Arrivées : Naz Reid, Dennis Schroder, Grayson Allen, Royce O’Neale, Hannes Steinbach, Christian Anderson

Prolongations : Coby White

Départs : LaMelo Ball, Miles Bridges, Josh Green, Tre Mann, Xavier Tillman

LE JOUEUR À SUIVRE : NAZ REID

Au fil des années, à Minnesota, Naz Reid s’est imposé comme l’un des meilleurs remplaçants de NBA, au point d’être élu meilleur sixième homme en 2024. En arrivant à Charlotte, il va enfin être un titulaire indiscutable et devient, en quelque sorte, le symbole des choix estivaux des dirigeants.

L’intérieur n’a sans doute pas le talent naturel de LaMelo Ball, ni la capacité de Miles Bridges à créer son propre tir, mais c’est un joueur solide, complet et désormais expérimenté. Un profil sur lequel les Hornets comptent pour gagner en régularité, et qui peut s’imposer comme l’un des nouveaux leaders de cette équipe.

Shooteur fiable, bon défenseur, joueur long et physique, l’ancien des Wolves (27 ans) a démontré qu’il était très précieux à Minneapolis. À Charlotte, il va gagner en épaisseur en augmentant son rôle, ses minutes et surtout ses responsabilités offensives. Là où il pouvait auparavant profiter des espaces créés par Anthony Edwards et évoluer derrière Rudy Gobert dans la hiérarchie intérieure, il devra désormais contribuer à donner lui-même le ton.

Pourra-t-il assumer ce nouveau statut sur 82 matches ? C’est là toute la question. Reid a déjà prouvé qu’il pouvait être très performant lorsqu’il était davantage responsabilisé, mais devenir l’une des principales options d’une équipe représente un autre défi.

En Caroline du Nord, la pression sera donc différente. Les Hornets ont besoin d’un Naz Reid qui fasse ce qu’il sait déjà faire, mais plus souvent et avec davantage de responsabilités. Et lui peut profiter de ce nouvel environnement pour déployer ses ailes et changer de dimension, au point pourquoi pas de se rapprocher du niveau All-Star.

Moyenne d’âge : 26.3 ans

Masse salariale : 165.5 millions de dollars (26e)

LE SCÉNARIO IDÉAL

Le pari tenté par les dirigeants est gagnant : l’équipe est moins flamboyante offensivement mais bien plus solide, plus forte en défense et surtout plus soudée. Moins fantasques que LaMelo Ball, Coby White et Dennis Schroder stabilisent la création et permettent à Charlotte de mieux contrôler le tempo.

Kon Knueppel et Brandon Miller poursuivent leur progression, Grayson Allen et Royce O’Neale sont précieux avec leur adresse extérieure et, comme prévu, Naz Reid prend une nouvelle ampleur. Le nouvel intérieur des Hornets profite de responsabilités accrues pour devenir un joueur capable de faire régulièrement la différence.

C’est parfois moins spectaculaire que la version précédente, et l’attaque peut connaître quelques passages poussifs, mais cette formation est beaucoup plus difficile à manœuvrer. Charles Lee dispose surtout de profils complémentaires et d’une rotation assez profonde pour ne plus dépendre des fulgurances d’un ou deux joueurs.

Cette cohérence dans le jeu et une défense plus performante permettent aux Hornets d’accumuler les victoires et de rester, du début à la fin de la saison régulière, dans le bon wagon pour les playoffs. C’est encore un peu juste pour entrer directement dans le Top 6 et ils doivent passer par le « play-in », mais ils sont finalement au rendez-vous du premier tour pour la première fois depuis 2016. La page LaMelo Ball – Miles Bridges est ainsi tournée sans regret.

LE PIRE SCÉNARIO

Les blessures déjà annoncées de Kon Knueppel et Grant Williams s’éternisent et donnent malheureusement le ton pour la suite de la saison. Brandon Miller ne rassure pas physiquement et, même s’il reste solide lorsqu’il est sur le terrain, Naz Reid accumule lui aussi quelques petits bobos et ne parvient pas à s’imposer comme le leader attendu.

L’équipe est rapidement plombée par les absences et accuse un gros retard à l’allumage. Surtout, le manque de talent offensif se fait sentir. Lorsque les systèmes ne produisent rien, Charlotte manque d’un joueur capable de faire exploser une défense par sa seule créativité. Finalement, LaMelo Ball et Miles Bridges, malgré leurs défauts, manquent terriblement pour donner du relief à une attaque devenue terne et prévisible.

Dennis Schroder ne peut pas compenser à lui seul cette perte de création, tandis que Brandon Miller et Kon Knueppel ne sont pas encore prêts à porter une attaque NBA soir après soir. Ce qui ressemblait à davantage d’équilibre au mois de septembre commence alors à ressembler à un déficit de talent.

Et comme la conférence Est est forte et que les concurrents avancent à un rythme soutenu, ce mauvais départ tue très vite les chances d’accrocher une place dans le Top 10. Le pari est perdant et les fans du Spectrum Center se font entendre, en ciblant notamment les dirigeants responsables de ce grand bouleversement estival.

CONFÉRENCE OUEST
15 – Kings 14 – Grizzlies 13 – Pelicans 12 – Jazz 11 – Clippers
10 – Mavericks 9 – … 8 – … 7 – … 6 – …
5 – … 4 – … 3 – … 2 – … 1 – …
CONFÉRENCE EST
15 – Nets 14 – Bucks 13 – Bulls 12 – Hornets 11 – …
10 – … 9 – … 8 – … 7 – … 6 – …
5 – … 4 – … 3 – … 2 – … 1 – …


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Rédacteur Jonathan Demay

Passionné d'histoire de la NBA, Jonathan a très tôt rejoint l'équipe de Basket USA, en décembre 2008.

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