À première vue, la décision est presque impossible à défendre. En difficulté depuis de nombreuses saisons, les Hornets venaient enfin de trouver une formule. Avec LaMelo Ball, Brandon Miller, Kon Knueppel, Miles Bridges et Moussa Diabaté, Charlotte avait affiché un Net Rating (différence entre points inscrits et encaissés sur 100 possessions) de +26.4 en 509 minutes. Parmi toutes les combinaisons de cinq joueurs ayant disputé au moins 300 minutes ensemble sur une même saison régulière depuis 2007/08, aucun autre groupe n’a fait mieux !
Lorsqu’il a pu être aligné, ce « lineup » a d’ailleurs remporté 31 matchs sur 40, avec un mélange de vitesse et de mouvement qui a fait exploser de nombreux adversaires en deuxième partie de saison.
LaMelo Ball, générateur de bons tirs
Statistiquement, ce cinq devançait notamment celui des Celtics de 2021/22 avec Al Horford, Marcus Smart, Jaylen Brown, Jayson Tatum et Robert Williams III (+24.6), celui des Warriors de 2016/17 avec Kevin Durant, Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green (+23.2), ou encore le cinq champion de Golden State en 2014/15 autour de Stephen Curry, Klay Thompson, Harrison Barnes, Draymond Green et Andrew Bogut (+20.6). Rien que ça…
![]()
Cette saison, LaMelo Ball n’était pas seulement spectaculaire. Selon l’analyse de Todd Whitehead, il était le deuxième joueur, parmi les meilleurs passeurs de la ligue, qui améliorait le plus la qualité des tirs de ses coéquipiers, avec +7.4 points attendus de plus pour 100 tirs de ses partenaires lorsqu’il était sur le parquet. Seul Nikola Jokic faisait mieux (+9.8), devant Luka Doncic (+6.1) ou encore Alperen Sengun (+5.0).
On peut ainsi critiquer sa sélection de tirs, mais la crainte qu’il inspirait aux défenses, mêlée à ses talents de passeur, fabriquait de meilleurs tirs pour toute l’équipe de Charlotte. Il poussait ainsi le ballon avant que la défense ne soit en place, trouvait les shooteurs dans le bon tempo, utilisait les coupes et transformait des possessions ordinaires en tirs ouverts. Une valeur rare. Mais alors, pourquoi tout casser ?
Parce qu’un cinq historique sur 509 minutes ne suffit pas forcément à définir un projet sur plusieurs années. Cette formule marchait très fort sur le plan statistique mais était-elle durable, exportable en playoffs et compatible avec les décisions financières et contractuelles à venir ? Du côté des Hornets, on a visiblement pensé que non…
Vendre haut plutôt que prolonger le pari
Le cas LaMelo Ball concentre ce dilemme. Après une saison enfin complète, sa valeur était sans doute plus haute qu’elle ne l’avait été depuis longtemps. Mais son historique de blessures, sa défense irrégulière et son goût pour les tirs difficiles restaient inquiétants. Les Hornets ont donc estimé que le meilleur moment pour le transférer n’était pas après une rechute ou une nouvelle saison incomplète, mais précisément après avoir rappelé sa valeur offensive.
Même logique, à un degré différent, avec Miles Bridges. L’ailier fort arrivait dans une zone contractuelle sensible, puisqu’il ne lui reste qu’un an de contrat, avec une valeur sportive évidente mais un avenir plus difficile à entrevoir dans une équipe qui veut désormais placer Brandon Miller et Kon Knueppel au centre de tout.
En récupérant Naz Reid puis Grayson Allen et Royce O’Neale, Charlotte remplace du talent pur par des profils plus lisibles : du tir, de l’expérience, davantage de taille à l’intérieur et moins de dépendance à un seul créateur.
Le pari reste toutefois immense. Car les Hornets ne peuvent pas prétendre que l’ancienne formule ne fonctionnait pas. Ils ont plutôt appliqué une logique de marché : vendre haut, avant un possible retour à la moyenne.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur