Après avoir été l’une des formations les plus séduisantes et ambitieuses de la ligue au début de la décennie, portée par Ja Morant, appelé à devenir l’une des futures superstars de la NBA, Memphis s’est progressivement dégonflé. Les blessures et les suspensions de son meneur ont brisé l’élan des Grizzlies, retombés dans l’anonymat la saison passée. Son départ cet été signe ainsi la fin d’une époque pleine de promesses, mais finalement riche en déceptions.
Tuomas Iisalo repart donc avec un nouveau groupe et plusieurs éléments intéressants. Au premier chef, Cameron Boozer, troisième choix de la Draft, qui doit incarner le futur de Memphis. Mais aussi les recrues Isaiah Stewart, Jerami Grant ou Kris Murray, venues donner davantage d’épaisseur à ce jeune effectif. Et quid de D’Angelo Russell ? Pour l’instant, il est toujours là mais son avenir est clairement en pointillé, et il y a de fortes chances qu’il ne porte jamais le maillot de la franchise du Tennessee.
Pour le coach des Grizzlies, cette saison doit surtout servir à poser les bases d’un nouveau projet. En dehors de Russell, justement sur le départ, et de Jerami Grant, aucun joueur de l’effectif n’a plus de 30 ans. Le technicien va peut-être enfin pouvoir pleinement imposer ses idées : jouer à toute vitesse, avec du mouvement et de l’intensité. Tout en ajoutant un peu du « Grit and Grind » cher à Memphis et déjà évoqué par Isaiah Stewart…
Sans expérience commune, avec beaucoup de jeunesse et un manque de talent offensif évident, cette équipe devrait afficher des limites claires. Il ne faut donc pas s’attendre à des miracles au niveau des résultats. Mais avec Tuomas Iisalo, même s’il devra bricoler ici ou là pour trouver le bon équilibre, elle pourrait aussi avoir des idées et de l’envie. Après une saison décevante et sans relief à 25 victoires, ce serait déjà un premier pas.
LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ
Arrivées : Isaiah Stewart, Jerami Grant, Kris Murray, AJ Johnson, D’Angelo Russell, Quinten Post, Cameron Boozer, Bennett Stirtz, Richie Saunders
Prolongations : –
Départs : Ja Morant, Santi Aldama, Kentavious Caldwell-Pope, Rayan Rupert, Brandon Clarke (décédé)
LE JOUEUR À SUIVRE : CAMERON BOOZER
Meilleur joueur NCAA 2026, avec 22.5 points, 10.2 rebonds, 4.1 passes de moyenne et 39% de réussite à 3-points, le fils de Carlos Boozer est un candidat naturel au trophée de rookie de l’année en 2027. Surtout dans cette équipe de Memphis qui se cherche un nouveau patron après le départ de Ja Morant.
Avec ses qualités offensives, son impact au rebond, son adresse extérieure et son intelligence de jeu, l’ancien de Duke a toutes les armes pour rapidement s’imposer comme le leader des Grizzlies.
Il faudra notamment surveiller son association avec Zach Edey. Si le pivot canadien apporte sa taille (2m21), l’intérieur américain offre du « spacing », de la création et une vraie qualité de lecture. Aux côtés d’un Scotty Pippen Jr. à la mène, on peut imaginer Cameron Boozer régulièrement servi dans de bonnes positions et donc vite efficace.
Reste à gommer quelques défauts. D’abord son manque de qualités athlétiques et de mobilité. Charpenté avec ses 115 kilos, Boozer n’est pas le plus impressionnant lorsqu’il s’agit de sauter ou de se déplacer latéralement. Ce qui explique en partie son autre principal bémol : la défense. Ses 2m04 n’en font pas un dernier rempart infranchissable – ce sera plutôt le rôle de Zach Edey – et ses difficultés à bouger pourraient le rendre vulnérable loin du cercle.
La chance pour l’ancien Blue Devil, c’est que Tuomas Iisalo et les Grizzlies ont trop besoin de lui et de son talent offensif pour se focaliser immédiatement sur ses faiblesses de l’autre côté du terrain.
Vu le groupe et ses ambitions actuelles, le positif apporté par Cameron Boozer devrait largement compenser le négatif. Et s’il s’impose comme le meilleur débutant de la saison face à une forte concurrence (AJ Dybantsa, Darryn Peterson ou encore Darius Acuff Jr), le pari sera déjà réussi et l’avenir de Memphis nettement plus séduisant.
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Moyenne d’âge : 24,6 ans
Masse salariale : 139,8 millions de dollars (30e)
LE SCÉNARIO IDÉAL
Avec un groupe jeune prêt à suivre ses principes, Tuomas Iisalo façonne progressivement les Grizzlies à son image. Les jeunes ont faim et veulent prouver qu’ils valent mieux que les faibles prédictions auxquelles ils sont abonnés. Il y a de l’enthousiasme, des idées et de premières tendances se dessinent. Ce n’est pas suffisant pour rivaliser avec les grosses écuries de l’Ouest, mais face au ventre mou et surtout contre les mauvais élèves, cela paie régulièrement.
Cameron Boozer était bien prêt pour la NBA et ses performances le propulsent dans la course au titre de rookie de l’année. Zach Edey, lui, est resté loin de l’infirmerie, permettant à leur association de se construire et de devenir prometteuse. GG Jackson confirme sa progression tandis qu’Isaiah Stewart, Jerami Grant et Kris Murray apportent muscles, rebonds et points.
Tout ce petit monde, malgré son énergie, ne peut pas réellement se battre pour les playoffs, faute d’une alchimie collective suffisamment forte et de talents de premier plan. Néanmoins, et c’est le plus important pour la franchise, une identité commence à naître, avec un nouveau patron, Cameron Boozer, désormais bien installé. Même avec peu de victoires, cette première saison pose les fondations d’un nouveau cycle qui redonne le sourire aux fans.
LE PIRE SCÉNARIO
Malgré les efforts des deux camps pour lui trouver une porte de sortie, D’Angelo Russell n’est pas parti et Tuomas Iisalo ne sait pas quoi en faire. L’ancien des Lakers, en fin de contrat, pense davantage à son avenir personnel qu’à celui de l’équipe et, après quelques semaines, le coach décide de couper court à cette expérience ratée.
Malgré sa volonté, ce dernier peine à mettre en place un jeu collectif efficace car il manque de joueurs capables de faire des différences sur le plan individuel.
Cameron Boozer fait ses statistiques mais ses problèmes défensifs sont criants lorsqu’il croise les stars adverses. D’autant que Zach Edey ne peut pas le soulager en deuxième rideau, encore une fois bloqué à l’infirmerie. Isaiah Stewart peut bien mettre des coups et apporter son agressivité sous le cercle, dans l’espoir de faire revivre le « Grit and Grind », les Grizzlies sont trop tendres pour faire peur à quiconque.
Comme dans le pire scénario imaginé à Sacramento, Memphis se retrouve à pratiquer un basket brouillon, sans hiérarchie claire, et enchaîne logiquement les défaites, dont certaines très lourdes. Résultat : après 82 matches, tout reste flou et Tuomas Iisalo se pose davantage de questions qu’il n’a obtenu de réponses.
| CONFÉRENCE OUEST | ||||
| 15 – Kings | 14 – Grizzlies | 13 – … | 12 – … | 11 – … |
| 10 – … | 9 – … | 8 – … | 7 – … | 6 – … |
| 5 – … | 4 – … | 3 – … | 2 – … | 1 – … |
| CONFÉRENCE EST | ||||
| 15 – Nets | 14 – … | 13 – … | 12 – … | 11 – … |
| 10 – … | 9 – … | 8 – … | 7 – … | 6 – … |
| 5 – … | 4 – … | 3 – … | 2 – … | 1 – … |
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