En saison régulière, Victor Wembanyama ne jouait que 29 minutes de moyenne. Une gestion prudente, logique pour un phénomène encore en construction, et surtout pour un corps unique que les Spurs accompagnent avec précaution. Mais les Finals ne laissent plus vraiment le choix. Lors du Game 4 face aux Knicks, le Français est resté 44 minutes sur le parquet. Et c’est précisément dans cette zone-là que New York semble vouloir l’emmener…
Comme l’ont expliqué Jeremy Sochan et Mohamed Diawara, la stratégie des Knicks est claire : le faire courir, le déplacer, lui rentrer dedans, l’obliger à défendre loin du cercle, à enchaîner les aides, les courses et les possessions longues. Bref, transformer chaque minute de Wemby en véritable dépense énergétique.
Les chiffres donnent du poids à cette impression. Sur ses dix derniers matchs, le pivot des Spurs reste très efficace pendant ses 30 premières minutes cumulées : 213 points à 61.4% de TS% (qui prend en compte l’efficacité du 3-points et les lancers). Mais une fois cette barre franchie, le rendement chute : 48 points à 14/41 au tir, 2/10 à 3-points, et seulement 46.9% de TS%. Le décrochage le plus net intervient entre sa 30e et sa 35e minute sur le terrain.
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Une usure plus visible dans l’accumulation que dans les quart-temps
À l’échelle de l’ensemble des playoffs, le contraste est pourtant moins visible. Victor Wembanyama reste même stable entre les trois premiers quart-temps et le quatrième. Mais c’est l’accumulation qui semble peser sur le Français qui, depuis le Game 1 de la finale de conférence face à Oklahoma City, joue beaucoup plus que d’habitude.
Sur les dix derniers matchs, il shoote ainsi à 47.4% (65/137) sur les trois premiers quart-temps des rencontres, dont 39.2% (20/51) de loin et 86.2% (50/58) aux lancers-francs. En quatrième quart-temps, ses chiffres tombent à 38.5% (20/52) d’adresse générale, 21.4% (3/14) à 3-points et 78.3% (18/23) aux lancers-francs.
Le Game 4 a donné une image très concrète de cette limite invisible. Après un nouveau départ canon, Victor Wembanyama a ainsi été beaucoup moins tranchant dans le final, jusqu’à ces deux lancers-francs manqués dans les dernières secondes. Interrogé sur la fatigue, il n’a pas complètement fermé la porte. « C’est clairement un facteur, mais ce sont les playoffs », a-t-il répondu. « Tout le monde est aussi fatigué. Ça ne devrait même pas être un facteur dans le match. Maintenant, on a deux jours entre les matches. Ce ne sera pas un facteur. »
Le discours est celui d’un leader qui refuse l’excuse. Mais son entraîneur a reconnu que la gestion de son énergie était un vrai sujet. « Je dois m’assurer de l’aider à avoir l’énergie nécessaire pour finir le match aussi fort qu’il doit le finir », a admis Mitch Johnson. « Avec le recul, je pense que j’aurais pu faire mieux à ce niveau-là. »
« On peut vraiment vider le réservoir »
Toute la problématique des Spurs est là. Menés 3-1, ils n’ont plus le luxe d’économiser leur « franchise player ». Victor Wembanyama l’a d’ailleurs formulé ainsi : « On est à ce stade où on peut vraiment vider le réservoir. » Mais vider le réservoir suppose encore d’avoir assez d’essence dans les dernières minutes…
Pour le Français, pas question de penser à une série entière, ni à l’ampleur de la montagne. « Ce serait une erreur de gaspiller notre énergie sur plusieurs matches », a-t-il expliqué. « C’est un match après l’autre. »
Même l’effondrement du Game 4, avec cette avance de 29 points envolée, doit être rangé au plus vite. « On est très confiants. Je ne dirais pas que ça a été si dur à digérer. Plus dur que tous les autres matches avant, de loin, c’est sûr. Mais maintenant, c’est derrière nous. Ce sont les playoffs. Il n’y a pas le temps de regretter trop longtemps. »
« On a eu une avance dans chaque match, et on est menés 3-1 », a rappelé De’Aaron Fox. « On doit trouver comment conserver ces avances. On doit trouver comment finir les matches. »
Pour les Spurs, cela passe par une meilleure exécution, par plus de sang-froid, mais aussi par une question simple : comment garder Victor Wembanyama assez frais pour qu’il soit encore Victor Wembanyama après 30 minutes ?
| Victor Wembanyama | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2023-24 | SA | 71 | 29:40 | 46.5 | 32.5 | 79.6 | 2.3 | 8.4 | 10.6 | 3.9 | 2.2 | 1.2 | 3.7 | 3.6 | 21.4 |
| 2024-25 | SA | 46 | 33:12 | 47.6 | 35.2 | 83.6 | 1.8 | 9.2 | 11.0 | 3.7 | 2.3 | 1.1 | 3.2 | 3.8 | 24.3 |
| 2025-26 | SA | 64 | 29:09 | 51.2 | 34.9 | 82.7 | 2.0 | 9.5 | 11.5 | 3.1 | 2.4 | 1.0 | 2.4 | 3.1 | 25.0 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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