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Vitaly Potapenko, le train ukrainien

Né le 21 mars 1975, Vitaly Potapenko a deux particularités. C’est l’un des premiers Ukrainiens à avoir joué en NBA, et il a été choisi dans la Draft 1996 avant… Kobe Bryant !

vitaly-potapenkoVitaly Potapenko. Pour les plus jeunes, c’est un nom qui ne dit pas grand chose, mais cet intérieur avait réussi à se faire une place en NBA dans les années 1990 tout en naissant dans la République Socialiste d’Ukraine… Mieux, il faisait partie de la légendaire draft 1996, choisi carrément juste avant Kobe Bryant !

Désormais assistant coach chez les Grizzlies, Potapenko a débuté sa carrière NBA sous la tunique des Cavaliers avant de connaître un petit tour des Etats-Unis avec une étape à Boston, une autre à Seattle et enfin une dernière à Sacramento avant une ultime pige à Madrid, à l’Estudiantes.

Pivot dur au mal, mais plutôt doté de bonnes mains pour sa taille, Vitaly Potapenko avait accepté en 2017 de revenir pour Basket USA sa trajectoire hors du commun, lui qui est passé de Kiev à l’Ohio pour deux ans à la fac de Wright State avant de devenir un lottery pick dans la draft mythique de 1996.

« Je ne m’attendais pas à être drafté si haut »

Vitaly, vous êtes passé par le système des facs américaines, à Wright State. Comment s’est passé votre recrutement, vous qui évoluiez en Ukraine, à Kiev ?

« C’est le processus habituel de recrutement pour les jeunes joueurs européens. J’ai été recruté en Ukraine pour aller jouer dans une université américaine. Mon coach à Wright State connaissait bien tout ça car on avait à l’époque un joueur de Grande Bretagne et un joueur de Hollande. »

potapenkoLa transition entre l’Ukraine et la NCAA n’a-t-elle pas été trop difficile à gérer ?

« Pour des joueurs comme moi qui viennent de pays non-anglophones, la première barrière, c’était le langage. Pas seulement pour le basket mais pour les études et la vie de tous les jours. Une fois que tu arrives à peu près à maîtriser l’anglais, l’adaptation à la culture américaine est très facile. »

Comment était le jeu en Ukraine à l’époque, car on sait pour sûr que la NCAA, c’est toujours beaucoup de jeu rapide et de qualités athlétiques ?

« Oui, c’est ça. La vitesse, les qualités athlétiques, la dureté physique, ce sont les plus grosses différences. »

Vous avez été drafté par les Cavaliers, en 12e choix et donc en tant que lottery pick dans la grosse draft de 1996, quelle a été votre réaction ? Etiez-vous satisfait de pouvoir rester dans l’Ohio après vos deux années à la fac de Wright State ?

« Je n’ai pas vu ça comme ça. Je voyais ça simplement comme mon rêve qui se réalisait. J’étais drafté par une équipe professionnelle. C’était assez incroyable car je ne m’attendais pas tellement à être drafté si haut. Je m’estime vraiment chanceux d’avoir été choisi par les Cavs. »

Qui vous a aidé à votre arrivée en NBA ? Qui était votre mentor ?

« J’ai eu de la chance aussi car Mike Fratello a été mon tout premier head coach. C’était très bien pour moi car il m’a appris la discipline et il a une connaissance encyclopédique du basket. Pendant ces trois années avec lui, il m’a beaucoup aidé à renforcer les fondamentaux de mon jeu. Et puis, il avait un très bon staff autour de lui avec Ron Rothstein, Jim Boylan, Marc Iavaroni, Sidney Lowe. Ils m’ont tous beaucoup aidé à construire mon jeu, surtout pendant ces deux premières années. Mike Fratello m’a énormément aidé. »

« Shawn Kemp était un de mes joueurs préférés »

Quel a été l’aspect le plus compliqué à gérer à votre arrivée en NBA ?

« C’est surtout la longueur de la saison, tous ces voyages et puis chaque soir, il faut jouer contre les meilleurs athlètes du monde. Chaque soir, que ce soit une équipe qui gagne ou qui perd, il faut toujours venir jouer avec beaucoup d’énergie et être prêt à se battre pour gagner. »

Vous avez joué avec Shawn Kemp à Cleveland, comment c’était de jouer à ses côtés ?

« Il est arrivé lors de ma deuxième ou troisième saison [deuxième, en 1997-98, ndlr]. C’est marrant parce qu’il était un de mes joueurs préférés quand j’étais plus jeune. Tous mes amis voulaient jouer comme Shawn Kemp, et maintenant, moi je joue avec lui ! C’était vraiment super de jouer à ses côtés. C’était un très bon coéquipier. Il était un de nos vétérans à l’époque car on avait une équipe plutôt jeune. C’était bien pour nous les jeunes gars de le voir faire son boulot tous les soirs. Cette année-là, [quand il est arrivé à Cleveland, ndlr], il a été titulaire au All Star Game, c’était énorme ! »

celticsAvec Kemp, vous avez réussi à vous qualifier en playoffs. Un premier tour face aux Pacers et une découverte des playoffs pour vous, comment c’était ?

« C’est une ambiance complètement différente pour les joueurs. Tout est beaucoup plus intense, plus physique. On était encore trop jeune alors qu’Indiana avait une équipe de vétérans. D’arriver à se qualifier au premier tour, c’était déjà une grosse épreuve pour nous. »

Vous avez ensuite été échangé à Boston, où vous avez notamment joué aux côtés du duo Paul Pierce – Antoine Walker. Quels sont vos souvenirs de cette époque ?

« C’était aussi une équipe jeune mais là, le noyau dur de l’équipe est resté ensemble pendant quatre ans. Et la quatrième année, on a vraiment bien joué, tant et si bien qu’on est allé jusqu’en finale de la conférence Est. On a perdu contre les Nets de New Jersey avec Jason Kidd. Mais c’était vraiment une bonne sensation de voir combien on avait progressé saison après saison pour en arriver là. On avait été drafté la même année avec Antoine et Walter McCarty. C’était bien d’avoir pu progresser ensemble comme ça sur plusieurs saisons. »

Et comme vous l’avez dit, vous avez eu énormément de succès…

« Oui, on a battu beaucoup de bonnes équipes mais les Nets étaient trop forts pour nous. Avec Jason Kidd. Et il y avait aussi Richard Jefferson [rookie, ndlr] dans cette équipe [le même Jefferson qui évolue sous les ordres de coach Potapenko aux Cavs, 15 ans plus tard, ndlr !]. »

Diriez-vous que cette aventure en playoffs jusqu’en finale de conférence Est en 2002 est votre meilleur souvenir en carrière ?

« Oui, ce sont d’excellents souvenirs car on a eu la chance d’évoluer les uns avec les autres. Les liens entre les joueurs deviennent très forts quand on va si loin [en playoffs]. Et pour les joueurs, c’est ce qui compte vraiment, c’est l’alchimie collective qui rend chaque joueur meilleur et plus résistant. »

« Jouer en NBA, ça relevait du fantasme »

Vous avez ensuite été envoyé à Seattle contre Vin Baker et Shammond Williams à l’intersaison 2002, on imagine que ça a été difficile de quitter Boston…

« Oui, c’est sûr. J’ai passé de très bonnes années à Boston. Et c’est une ville très particulière. Les gens m’avaient très bien accueilli là-bas. Seattle, c’était un peu différent, mais j’y ai retrouvé Ray Allen. On s’était déjà croisé pendant la draft. Lui aussi s’est fait échanger à Seattle. Là-bas aussi, on avait une équipe plutôt jeune et on a construit pour faire un run en playoffs, jusqu’en demi-finale face à San Antonio [en 2005]. Ce n’était pas facile [de quitter Boston] mais j’y ai passé quatre très bonnes années. »

sonicsQui était l’adversaire le plus coriace pour vous durant toutes ces années ?

« Shaq ! Il était monstrueux. C’était vraiment très compliqué de l’arrêter à l’époque. Mais il y avait d’autres grands pivots : Hakeem Olajuwon, Patrick Ewing. A l’époque, il y avait encore beaucoup d’intérieurs qui avaient des qualités techniques [en plus du physique, ndlr]. Ces gars-là étaient très difficiles à contenir. Il fallait vraiment être prêt face à eux ! »

Vous êtes arrivé en NBA quand la ligue arrivait à la fin de l’ère des pivots dominants, non ?

« Oui, c’est ça ! Il y avait encore beaucoup de pivots et d’intérieurs en général qui marquaient 20 points par match à l’époque. »

Pouviez-vous imaginez, quand vous étiez gamin en Ukraine, réaliser une telle carrière, jouer face à de telles légendes du jeu ?

« Non, non ! Jouer dans une fac américaine semblait déjà un rêve distant. La NBA, ça semblait relever du fantasme. Je suis vraiment heureux d’avoir pu vivre tous ces grands moments. »

Vous évoquiez plus tôt Shawn Kemp, mais quels autres joueurs regardiez-vous en grandissant pour vous servir de modèle ?

« Oui, il y avait Shawn Kemp mais aussi Larry Johnson. Ce genre d’ailier fort qui peut courir, qui peut sauter, qui peut shooter, qui peut jouer dos au cercle. C’était le type de jeu qu’on voulait reproduire. »

Propos recueillis à Portland

Sa draft

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