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[Throwback Thursday] Brian Grant, le guerrier au grand coeur

Brian-GrantChaque jeudi, Basket USA vous propose son « Throwback Thursday », votre moment détente et nostalgie de la semaine. Après Corey Maggette ou Mike Miller, on poursuit aujourd’hui avec Brian Grant, l’ailier fort aux dreadlocks passé par Sacramento, Portland et Miami. 

Si le poste d’ailier fort évolue dans une NBA actuelle qui veut des « stretch 4 » voire des pivots capables de tirer de loin, Brian Grant (2m06, 110kg) était le prototype du poste 4 des années 90. Dur au mal, gros défenseur et attaquant opportuniste, il a longtemps fait les beaux jours des Blazers qui ont tutoyé les sommets à l’approche de l’an 2000.

Vétéran respecté de tous grâce sa combativité et ses qualités humaines indéniables, Brian Grant a ensuite roulé sa bosse entre Los Angeles et Phoenix pour clore une carrière solide à 10 points et 7 rebonds de moyenne sur 756 matchs. Touché par la maladie de Parkinson, il a ensuite connu une période compliquée mais il rebondit actuellement en s’essayant à des chroniques radio pour les Blazers. Un grand bonhomme et surtout un grand coeur !

« J’aimais le contact et la baston »

Brian, vous avez pris votre retraite en 2006 après une ultime saison chez les Suns, quel regard portez-vous sur votre carrière en général ?

« Ma carrière a duré douze ans. Et douze ans, c’est déjà longtemps ! La moyenne en NBA, c’est deux voire trois saisons. J’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de gens intéressants, qui viennent de partout dans le monde, y compris Boris Diaw à Phoenix. Je suis très content de ma carrière. »

Vous avez été drafté en 1994 par les Kings à votre sortie de la fac de Xavier, comment s’est passée la transition entre la NCAA et la NBA ?

« Oui, c’était vraiment une transition à tous les niveaux pour moi. C’était aussi un peu effrayant car je viens d’une petite ville à côté de Cincinnati. Ensuite, je suis allé à Xavier, mais je ne connaissais encore que très peu de choses dans la vie, et dans le monde. Du coup, quand j’ai été drafté par Sacramento, j’étais content car je me suis dit que j’allais enfin découvrir autre chose. »

Qui était votre mentor ? Qui vous a pris sous son aile à votre arrivée dans la Ligue ?

« J’étais le rookie de Walt Williams et Mitch Richmond. Après cette première année, c’était à mon tour de prendre des rookies sous mon aile. Udonis Haslem et Dwyane Wade ont par exemple été mes rookies quand j’étais à Miami. En gros, on essaie toujours de tester les rookies. On voit jusqu’où on peut les pousser. On dit des choses et on voit s’ils acceptent de le faire ou pas. On leur dit : Magic l’a fait. Jordan l’a fait. Et toi, tu ne veux pas le faire ?! Ça reste gentil cela dit car après, on leur achète des trucs pour leur montrer notre affection. »

Vous avez joué dans les années 90, est-ce que la dimension physique du jeu vous a choqué à l’époque ?

« Non, pour moi, ce n’était pas tellement un problème. J’ai toujours été bagarreur, donc c’était plutôt bien pour moi. J’aimais le contact et la baston. Pas littéralement évidemment. En fait pour moi, le plus difficile était encore d’apprendre à jouer autrement. Les petits tirs en crochet, le bras roulé, ce genre de tirs. J’obtenais la majorité de mes points sur des claquettes ou des rebonds offensifs. »

Vous avez tout de même été élu dans le meilleur cinq des rookies en 1995. La transition s’est tout de même plutôt bien déroulée, non ?

brian-grant-2« Oui, ce n’était pas si mal. En fait, tout ce que j’avais à faire, c’était de défendre contre le meilleur intérieur adverse, Barkley et ce genre de gars, et prendre le plus de rebonds possible. Et puis, je scorais sur des paniers faciles. »

Vous mentionnez Charles Barkley. Il y avait aussi pas mal d’ailiers forts de talent : Karl Malone, Shawn Kemp, Cliff Robinson, Derrick Coleman, Anthony Mason, voire Chris Webber ou Kevin Garnett. Aviez-vous un rival parmi ces joueurs-là ?

« Non. Je n’avais pas vraiment de rivalité avec ces gars-là. Ce qui s’est passé avec Karl Malone, c’est que c’était mon idole. Quand je suis arrivé en NBA et que j’ai pu jouer contre lui, j’étais juste un jeune joueur qui voulait prouver sa valeur face à son idole. Je voulais profiter au mieux de mon opportunité de jouer contre lui. C’était un peu comme si le veau s’attaquait au taureau ! J’ai perdu pas mal de batailles contre lui, que ce soit individuellement ou collectivement, mais il y a toujours eu un énorme respect mutuel entre nous car j’ai toujours tout donné face à lui. »

J’ai revu les images de votre duel face à Karl Malone lors des playoffs 99 (voir plus bas). Vous avez eu un moment très chaud, presque tête contre tête…

« Oui, ce n’est pas forcément quelque chose que je voulais mais au fur et à mesure du match, il y a eu une accumulation de petits incidents. À un moment donné, il essaie de me piquer un rebond, et il me tape par derrière le bras et me touche un nerf. Je fais ensuite semblant de lui jeter la balle en pleine figure. Et pour ça, je me prends une technique. Sur le côté, Mike Dunleavy est en train de péter les plombs. Et c’est à ce moment-là que la voix de la raison m’a un peu quitté et je me suis mis en face de lui. Mais je ne l’ai pas touché [rires] ! Je voulais qu’il comprenne à quel point ce match était important pour moi. Et le lendemain, quand j’ai lu ses réactions, j’étais très heureux de voir ce qu’il disait à mon propos. C’est mon idole. »

Peut-on dire que c’était aussi votre modèle d’une certaine manière ?

« Quand je suis arrivé à la fac et que j’ai commencé à prendre le basket plus au sérieux, je regardais ses matchs. Je voyais ce gars si costaud mais qui était aussi très rapide. Je ne savais pas si je pouvais devenir aussi costaud que lui mais je savais que je pouvais être aussi rapide, voire plus. Je l’ai pris comme exemple, sachant bien que je ne pourrais pas être aussi fort que lui mais que j’essaierais de m’en approcher le plus possible. »

Et vous avez plutôt bien réussi, car c’était un plateau plutôt relevé dans la conférence Ouest à l’époque…

« Quand j’étais à Portland, ou même avant à Sacramento, il y avait encore des gars comme Hakeem Olajuwon, Otis Thorpe, Jayson Williams. Il a été le meilleur rebondeur de la ligue une année. C’était des batailles épiques dans la raquette, c’était très physique. Il y avait aussi des gars comme Charles Barkley qui pouvaient aussi tirer de loin ou de près, plus attraper 20 rebonds. Je me suis rendu compte assez rapidement que si je voulais réussir à faire quelque chose dans cette ligue, il fallait que j’arrive à être plus actif que les autres. La plupart du temps ça marchait, d’autres fois non. »

« Si on avait gagné ce match 7, on serait devenu une dynastie à Portland »

Vous avez ensuite rejoint Portland… et vous êtes encore ici ! Peut-on dire que c’est la meilleure période de votre carrière ?

« C’est l’une des meilleures. Ce qui est sûr, c’est que c’était la période de ma carrière où on était les plus compétitifs. Au début des années 2000. Mais j’ai aussi beaucoup apprécié ma période à Miami même si on a perdu Zo [Mourning] et ça a complètement changé la configuration de l’équipe. Et à Phoenix également, même si c’était assez court. »

Quel était votre coéquipier le plus proche chez les Blazers ?

« Il y en a au moins deux. Damon Stoudamire. On ne parlait pas seulement de basket mais de la vie. Un autre joueur avec qui je passais pas mal de temps, c’est Greg Anthony, qui est désormais commentateur. Cette équipe avait tellement de talents, tellement de personnalités, tellement d’égos. Il fallait trouver sa place au sein d’un tel effectif. »

Cette équipe des Blazers de l’an 2000, n’est-ce pas l’équipe la plus talentueuse au sein de laquelle vous avez jouée ?

« Oui, et de loin. On avait tellement de grands joueurs. À la mi-temps [du match 7 face à Los Angeles], on croyait qu’on allait gagner et qu’on allait jouer Indiana [en finale NBA]. Mais quand ils ont repris l’avantage au score… C’est une de ces histoires… Si on avait gagné ce match, on aurait pu devenir une dynastie. Les gars auraient eu leur maillot retiré. Mais au lieu de ça, l’équipe a été fracturée. Les gars étaient tellement déçus de cette défaite que la plupart ont cherché un nouveau départ ailleurs. »

bgEst-ce justement votre plus grand regret, cette épopée en 2000, où vous étiez si proches du titre ?

« C’est l’un de mes plus gros regrets. L’autre regret dans ma carrière, c’est avec le Heat. [Après la saison 2004-05] Les Lakers m’avaient amnistié, et je savais qu’ils allaient le faire. J’ai eu mon argent mais j’ai essayé d’appeler Pat Riley pendant tout l’été. Il était à l’étranger. Sans nouvelle, j’ai donc accepté l’offre des Suns et j’ai signé à Phoenix. Et Riley me rappelle enfin, et me dit : ‘qu’est-ce que tu fais ? Je croyais que tu savais que si on avait l’occasion de te resigner, on le ferait !’ Je lui dis que j’ai essayé de l’appeler tout l’été. Je le respecte parce que c’est un homme de paroles. Mais ce mauvais timing est d’autant plus dommage pour moi car c’est l’année où ils vont jusqu’au titre… »

Vous avez joué aux côtés d’Arvydas Sabonis, un des plus grands joueurs de l’histoire…

« J’ai adoré joué avec lui. Parce que s’il en avait l’occasion, il allait vous filer la gonfle sur une passe. Mais il fallait être prêt à l’attraper ! Il fallait toujours être sur le qui-vive avec lui. Mais oui, quel talent ! Et quand on l’a eu, il luttait déjà contre ses blessures au pied mais il arrivait toujours à faire des gros matchs pour l’équipe. En le voyant jouer, je me suis toujours demandé ce qui serait arrivé s’il était arrivé [en NBA] dix ans plus tôt. »

Parlez-nous aussi de Rasheed Wallace. Vous l’avez côtoyé à Portland quand il était encore très jeune.

« C’est juste un gars très intense, un gars très intense et sensible. Surtout quand il a le sentiment de se faire voler. Et ça arrive souvent avec lui [rires] ! Mais c’est vraiment un bon gars. Il a soutenu ma fondation depuis le début, c’est un mec bien ! »

Que vous a-t-il manqué avec les Blazers ? Car autant en 1999 qu’en 2000, vous arrivez en finale de conférence Ouest…

« En 1999, c’était la saison écourtée à cause du lockout. San Antonio a trouvé le parfait équilibre en fin de saison et pour qu’on les batte, il aurait fallu qu’on délivre un basket parfait de bout en bout. Et ça n’est pas arrivé… En 2000, on était dans la panade à 3-1 [en finale de conférence Ouest face aux Lakers]. Ensuite, on arrive à gagner un match et soudainement on se retrouve même à égalité à 3-3. Mais certains peuvent dire qu’on n’a pas réussi à conclure. Un truc qu’on a fait pour sûr, c’est qu’on a lâché Brian Shaw [la même saison]. Il signe avec les Lakers ensuite. Et c’est lui qui inscrit le trois points qui lance leur comeback ! »

Vous partez ensuite à Miami, était-ce compliqué de quitter Portland ?

« C’était très difficile. Quand je suis arrivé à Sacramento, j’étais encore un gamin. J’étais jeune. Ensuite, à Portland, avec ma femme, on était une famille. On vivait dans une autre ambiance avec d’autres familles à nos côtés, on avait des amis qui n’étaient pas du tout dans le basket. Ce fut difficile pour nous car beaucoup de gens nous disaient de ne pas partir. Mais il y avait l’aspect business. Et on a dû quitter la ville… »

Vous avez joué avec Dwyane Wade, le rookie…

« Oui, j’avais Dwyane Wade et Udonis Haslem, deux des meilleurs rookies qu’on peut rêver d’avoir… »

Et ils sont tous les deux encore dans la ligue aujourd’hui !

« Oui. À ce moment-là, tout ce que je voulais pour finir ma carrière, c’était une bague. Je crois me souvenir que je leur avais acheté un costard à tous les deux, pour leur montrer mon affection. Mais ce que les gens ne veulent pas comprendre, c’est que si on fait ce traitement spécial pour les rookies, c’est tout simplement pour savoir si on peut leur faire confiance. Si le gars n’arrive pas à faire deux-trois trucs, alors comment vais-je lui faire confiance sur le terrain ? »

« J’ai été échangé contre Shaq »

Pouviez-vous imaginer ce qu’il allait devenir par la suite ?

« Oui, j’ai vite compris ça car il ne faisait jamais de passe [rires] ! Lors d’un match d’entraînement, je le voyais prendre tir sur tir. Et je lui ai dit : mec, lâche la balle ! Il m’a répondu : le coach veut que je prenne mes tirs. Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir pour ça. »

Comment vous êtes-vous adapté à ce rôle de vétéran avec le Heat ?

« Un vétéran, c’est de l’expérience et du respect. J’inspirais le respect dans à peu près toutes les équipes, celles qu’on jouait et celle où je jouais. Encore une fois, c’est dommage [avec le Heat] car dans ma dernière année à Miami, on avait réussi une saison décente. Et je sentais que ça prenait le bon chemin… Mais ils ont eu l’opportunité de faire venir un joueur comme Shaq. Je le dis souvent aux gens : j’ai été échangé contre Shaq. »

Vous avez effectivement joué à Los Angeles, une saison seulement, que retenez-vous de cette expérience aux Lakers, avec Kobe Bryant notamment ?

« C’était intéressant. J’ai appris beaucoup de choses. Je n’avais jamais vraiment été dans une équipe avec une telle superstar. À Portland, on avait une équipe hyper-talentueuse mais il n’y avait pas de superstar comme Kobe. Je me souviens d’un soir. On était en taxi et je m’arrête au Seven Eleven. Quand je reviens, je vois le taxi entouré de monde qui crie « Kobe, Kobe »… Je me suis rendu compte que ce gars-là ne peut pas vivre comme tout le monde. Il ne peut pas faire ses courses, il ne peut aller nulle part sans être reconnu. Je ne voudrais pas vivre comme ça. Il faut vraiment avoir un caractère particulier pour supporter tout ça et lui arrive très bien à gérer ça. »

On parle tout le temps de l’exigence de Kobe par rapport à ses coéquipiers, vous pouvez attester ?

« Il demande beaucoup, oui. Surtout à ce moment-là car il y avait beaucoup de changements dans l’équipe et ça ne marchait pas vraiment très fort pour l’équipe. Il peut devenir très exigeant, surtout pour les jeunes joueurs. Je sais qu’il ne le fait pas pour rabaisser les gars mais tout simplement parce qu’il veut gagner. »

brian-grant-heatVous me disiez plus tôt que vous êtes plutôt un gars de la campagne, comment c’était pour vous de vivre dans une ville tentaculaire comme Los Angeles ?

« Je vais te dire, ça aurait été bien mieux si j’avais pu trouver une maison près de la plage et si j’avais pu aller surfer. Mais je n’ai pu trouver que dans la vallée et du coup, je devais faire de la voiture pour aller à l’entraînement. Tous les jours, je me tapais plus de deux heures de bouchon pour aller à la salle. »

Votre dernière étape, c’est dans l’Arizona, à Phoenix. Avec Steve Nash le MVP et les Suns qui déclenchent en 7 secondes ou moins. Comment c’était chez les Suns ?

« C’était vraiment un plaisir et un honneur de jouer aux côtés de Steve [Nash] et Raja [Bell], Kurt Thomas. J’ai rencontré mon meilleur ami là-bas aussi, c’est Pat Burke. Quand on est sur le déclin comme je l’étais, tout ce que je voulais, c’est d’être traité avec respect pour ce que j’avais réussi à accomplir dans ma carrière. Je ne faisais plus beaucoup pour l’équipe mais ils m’ont rendu la vie très confortable et je leur en suis encore reconnaissant. J’étais à l’aise. Parce que j’ai vu d’ans d’autres équipes que les vétérans se faisaient ouvertement critiquer. Le vieux ne peut pas faire ça, ni ça… Oui, et le vieux peut aussi te mettre une baffe [rires] ! »

Etait-ce une bonne expérience de jouer ce style de jeu très enlevé ?

« Honnêtement, je ne jouais plus beaucoup. Et c’était compréhensible vu que mon genou était déjà bien cassé. Mais c’était vraiment super à regarder. En général, quand tu ne joues pas, les minutes sont longues mais pour moi, c’était excitant. C’est probablement le style de jeu qui se rapproche le plus de ce que font les Warriors en ce moment. Mais [avec les Suns], il fallait encore jouer un minimum à l’intérieur. »

« Boris m’a fait découvrir le steak tartare »

Amar’e Stoudemire était un peu le phénomène aussi, un énorme dunkeur et un superbe athlète… avant les blessures !

« J’ai joué face à lui plusieurs fois à l’entraînement. Avant ses blessures. Je n’avais jamais vu un joueur décoller aussi rapidement du sol. Il était si costaud aussi. Si tu essayais de le contrer, il fallait faire gaffe car tu pouvais vraiment te péter la main. En tant qu’intérieur, on aime voir ce genre de jeune gars poser des questions et demander des infos. Et on leur donne quelques conseils. Mais lui, il savait déjà ce qu’il voulait ! Malheureusement, quand il s’est blessé au genou, tout son jeu a changé. Il ne pouvait plus tellement utiliser ses qualités athlétiques et il a dû développer un jeu plus en finesse. »

Il était comparé par certains à Shawn Kemp à l’époque. Vous avez joué contre les deux, vous validez la comparaison ?

« Shawn Kemp, mmhh. Non, ce sont deux joueurs différents [« two different beasts »]. Il y avait évidemment des similitudes. Ils étaient tous deux très athlétiques. Quand tu vois Amar’e arriver vers toi, si jeune et à pleine puissance, ça fait peur. Shawn, c’était plus le gars qui prenait du plaisir. Je me souviens une fois, je dunke sur un de ses coéquipiers. Et lui il se ramène vers moi et me tape sur les fesses et me dit : c’était un bon dunk que tu viens de placer là ! J’aime ça ! Il avait cette attitude, cette fraîcheur. Les gars dans la ligue l’appréciaient car il était naturel. Il était sur le terrain comme il était hors-terrain. »

brian-grant-sunsÀ Phoenix, vous avez joué avec Boris Diaw, dont vous évoquiez le nom plus tôt. 

« C’était vraiment sympa. Boris est un gars très cool. Il m’a fait découvrir le steak tartare. J’ai aussi rencontré sa maman qui était venu lui rendre visite [à Phoenix]. Elle a fait les Jeux Olympiques, n’est-ce pas ? »

Non, mais c’est la joueuse la plus capée dans l’histoire du basket féminin…

« C’était vraiment cool de le rencontrer. J’adore rencontrer des personnes qui proviennent d’autres cultures et d’autres pays. Leandro Barbosa, le Brésilien aussi. C’est un pays où je n’ai jamais mis les pieds. Je suis déjà venu en France. Je suis passé par Cannes et St Tropez mais très rapidement. Il faudrait que je revienne mais pour plus longtemps. »

Vous êtes connus comme étant un guerrier sur le terrain, d’où vous venait cette énergie communicative ?

« Ça venait de ma volonté de ne jamais être dans l’embarras sur le terrain. Certains joueurs pouvaient réussir de bons matchs face à moi, mais je m’assurais toujours qu’ils devaient travailler dur pour y arriver. Et ça vient aussi de mon parcours. Dans ma ville, j’étais le premier à obtenir une bourse scolaire pour quatre ans. Et puis, ensuite aller en NBA en étant drafté en 8e position, tout ça ne peut pas arriver si tu ne travailles pas dur. »

Et puis, en même temps, il y a une forme de douceur. Je voulais vous demander quelle était la raison derrière votre tatouage de Bob Marley ?

« En 1995, après ma saison rookie, on est allé en Jamaïque avec ma fiancée à l’époque. On est allé dans un petit bar à Ocho Rios. Et il y avait cette chanson : War, de Bob Marley et les Wailers. Je demande au gars qui chante ça. Il me répond : mais tu ne connais pas Bob Marley ? Je lui demande si la chanson est sur son album « Legend ». Il me dit non ! Je lui dis que j’adore Bob. Il réplique : Back Side, je vais te faire écouter toutes les chansons ! On a donc écouté toutes les pistes. J’appréciais ce que [Marley] symbolisait. À un moment donné, j’ai même réfléchi à devenir rastafarian. J’y ai beaucoup pensé mais je ne croyais pas à toutes les choses auxquelles ils croient. Mais j’ai énormément de respect pour leur culture. »

Qu’est-ce qui vous attirait dans la culture rasta ?

« Ce qui m’intéressait, c’était la manière dont Bob se comportait. Toujours à faire du sport et être en forme. Robuste. Et qui répandait la bonne parole en musique. Venant de là d’où je viens, c’est le Sud en gros, ça m’a vraiment beaucoup touché. J’ai commencé à vouloir des dreadlocks mais je ne savais pas comment faire. J’ai fait ça à Portland et c’est un peu devenu ma marque de fabrique. »

On va devoir conclure : quel est le plus beau souvenir de votre carrière NBA ?

« Mon plus grand souvenir est d’avoir réussi à tenir Karl Malone à 8 points et 6 rebonds en 46 minutes de jeu. C’est mon plus bel exploit. À chaque fois qu’il sortait du match, je sortais. À chaque fois qu’il rentrait en jeu, je rentrais en jeu. Je crois me souvenir que je n’ai marqué que 4 ou 5 points mais lui a fini à 8 seulement. Pour que son équipe gagne, il devait marquer 20 points ou plus. C’est la performance que je retiens de ma carrière. »

Vous avez une relation très forte avec Karl Malone. On vous a vu pêcher ensemble en Alaska au bénéfice de votre fondation. C’est assez incroyable comme histoire.

« Le truc qu’il m’a dit quand on est parti pour ce voyage, c’est qu’il a toujours eu énormément de respect pour moi. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a répondu que c’était parce que je laissais toujours tout sur le terrain. On a eu quelques accrochages et certains gars auraient pu en prendre ombrage mais il s’en fichait. Et c’est pour ça qu’il a répondu présent pour [ma fondation]. Dès qu’il a su [pour ma maladie], il a demandé ce qu’il pouvait faire. Et il l’a fait. »

Propos recueillis à Portland

Illustration : Harrison Freeman

Nos précédents épisodes :

Matt Harpring, sniper derrière l’arc… et derrière le mic’ !

Corey Maggette, la folie des années 2000

Dans les couloirs du temps avec Mike Miller 

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