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[Throwback Thursday] Tim Hardaway, le vrai père du « dribble croisé »

tim-hardawayChaque jeudi, Basket USA vous propose son « Throwback Thursday », votre moment détente et nostalgie de la semaine. Après Michael FinleyDavid Wesley, ou encore Metta World Peace, on poursuit aujourd’hui avec Tim Hardaway, l’inventeur du « killer crossover », meneur cinq fois All Star dans les années 1990 avec les Warriors puis le Heat. 

Si les plus jeunes se réclament d’Allen Iverson après un dribble croisé qui laisse leur adversaire direct dans le vent, il faut en fait remonter un peu plus loin pour trouver le véritable inventeur du « killer crossover », aussi appelé « UTEP two-step ». Il s’agit effectivement de Tim Hardaway, le meneur quintuple All Star dans les années 90.

Désormais assistant coach dans le staff de Stan Van Gundy, Tim Hardaway est revenu avec nous sur son immense carrière, depuis ses débuts éclatants à Golden State sous la férule de Don Nelson et l’époque glorieuse du « Run TMC » avec Chris Mullin et Mitch Richmond jusqu’à sa longue période au sein du Heat de Pat Riley aux côtés d’Alonzo Mourning. Fort de 18 points et 8 passes de moyenne en 867 matchs NBA, il est incontestablement un des meilleurs meneurs de sa génération, ce qui fut confirmé par une médaille d’or avec les Etats-Unis… remportée face à la France aux JO de Sydney en 2000 !

« Une chance de jouer pour coach Haskins à UTEP »

Tim, vous avez grandi à Chicago et vous avez choisi d’aller jouer à la fac à UTEP, au Sud du Texas, pourquoi ce choix ?

« Personne ne voulait de moi. Tout le monde considérait que j’étais trop petit pour jouer. Les équipes de division I en NCAA, dont Illinois, ne voulaient pas de moi. DePaul ne voulait pas de moi et n’ont pas cherché à me recruter. Aucune des universités de l’Illinois ne m’a recruté, et comme UTEP me donnait une chance, j’ai sauté sur l’occasion. Et je n’ai jamais regretté mon choix. »

tim-hardaway-utepVous avez connu un grand coach à UTEP, Don Haskins, un Hall of Famer. J’ai entendu dire que vous le compariez à un grizzly, pourquoi cette comparaison ?

« Tout le monde l’appelle l’ours. Parce qu’il ressemblait à un ours et que c’est un gars très dur envers ses joueurs. Il veut toujours jouer de la bonne manière. Il voulait toujours qu’on perfectionne notre jeu, avant et après les entraînements. En tant que meneur, il attendait de moi que je sache mettre en place mon équipe et que je connaisse par coeur les systèmes de jeu. C’est le rôle du meneur de donner une chance à son équipe de gagner chaque soir. Pour moi, ce fut une véritable chance de jouer sous ses ordres à la fac. »

Vous avez passé quatre ans là-bas, quelque chose que l’on ne voit quasiment plus dans le basket actuel du « one and done ». Pensez-vous que c’était nécessaire pour votre carrière NBA de faire les quatre années du cursus universitaire ?

« Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on faisait quatre ans parce qu’on ne jouait pas du tout, ou très peu, lors de notre saison freshman. Il y avait les classes précédentes qui primaient car elles avaient déjà donné de leur temps. C’étaient elles qui jouaient et il fallait attendre son tour, en tant que junior et senior. C’est comme ça que ça marchait à l’époque. Maintenant, les gars passent une année à la fac et arrivent directement en NBA. C’est comme ça qu’ils veulent faire mais moi, je préférerais qu’il reste plus longtemps à la fac car ça les aiderait de manière générale. »

Et ce serait mieux pour la NBA aussi de récupérer des joueurs plus mûrs, mieux préparés, non ?

« Oui et non, ça peut aller dans les deux sens en fait. Certains ont déjà le talent, mais globalement, je voudrais qu’ils prennent plus le temps de murir leur jeu, d’apprendre comment on défend, d’apprendre comment on aide en défense, etc. Il y a beaucoup de choses à apprendre avant de pouvoir être capable de jouer au plus haut niveau. »

Vous avez été drafté en 14e choix par les Warriors en 1989, étiez-vous satisfait de votre destination ?

« Vous savez, on n’a pas le choix ! C’était comme ça. Je devais être satisfait quoiqu’il arrive. Quand on a la chance d’être drafté par une équipe NBA, on y va. On ne pouvait pas se permettre de dire qu’on ne voulait pas y aller à l’époque. Une fois que tu entres dans la ligue, tu travailles dur sur ton jeu et tu essaies de devenir le meilleur joueur possible. »

« Avec le Run TMC, on était des précurseurs »

Vous avez été élu dans le premier cinq des rookies en 1990 après avoir tourné à 15 points, 9 passes, 4 rebonds et 2 interceptions. La transition s’est faite en douceur.

« Oui, ça s’est plutôt bien passé pour moi parce que je jouais tous les étés avec des joueurs NBA quand j’étais à la fac. La transition était facile pour moi pour cette raison. Je jouais avec Ricky Green, Isiah Thomas, Mark Aguirre, Eddie Johnson, Rod Higgins, Doc Rivers, tout un tas de gars de Chicago. On jouait avec les règles NBA et ça m’a énormément aidé dans mon adaptation lors de ma saison rookie. »

Qui était votre mentor à votre arrivée à Golden State ?

« Chris Mullin, Mitch Richmond, Rod Higgins, Don Nelson, mon coach. J’ai eu tous ces gars pour m’aider à m’apprendre les ficelles du métier. Ils m’ont montré ce que c’était que de tenir dans une saison NBA et comment bien m’occuper de mon corps. »

IMG_2151Vous avez été All Star dès votre deuxième année dans la Ligue. Avez-vous été surpris par la rapidité de votre ascension ?

« Non ! Je n’étais pas du tout surpris. Quand on a confiance en soi, on se sent capable de jouer contre n’importe qui. Je n’étais pas surpris parce que je travaillais dur et je jouais dur. J’adorais jouer. »

C’était l’époque glorieuse du Rum TMC, avec un rythme de jeu très élevé, beaucoup d’innovations aussi dans les systèmes…

« Oui, pour moi, on était des précurseurs. On jouait comme Golden State joue actuellement en fait, comme Houston joue actuellement. On jouait comme ça, mais dans le contexte des années 90. Pour moi, c’est la preuve que Don Nelson était un véritable innovateur car c’est lui qui voulait nous faire jouer comme ça. »

Quels souvenirs gardez-vous de cette belle époque ?

« Ces deux années qu’on a passées tous ensemble ! On s’amusait beaucoup, on s’appréciait les uns les autres. On aimait jouer ensemble. C’était vraiment une superbe aventure collective. »

C’est assez fou d’y penser, mais ce Run TMC n’a duré que deux ans au final et il est encore très présent dans le coeur des fans. Comment l’expliquez-vous ?

« Oui, ça n’a pas duré bien longtemps mais on a pris énormément de plaisir. On ne sait jamais ce qui se serait passé [si on était resté ensemble plus longtemps, ndlr]. Mais ce que je peux dire, c’est que j’aurais aimé que les règles soient les mêmes qu’aujourd’hui ! Alors, là, on aurait vraiment pu cartonner [rires] ! »

Vous avez livré un sublime duel face à Magic Johnson lors des playoffs 1991, quelles images gardez-vous de cette confrontation de légende ? Etait-il une sorte de modèle pour vous quand même ?

« Etant de Chicago, mon gars, c’était Isiah Thomas. J’ai grandi en le regardant jouer et j’ai vraiment modelé mon jeu à partir du sien. Mais bon, jouer contre Magic, c’était tout de même particulier. On a livré une belle série face à eux, et on pensait vraiment pouvoir les battre. Malheureusement, je pense qu’on a commis une erreur pendant la série. Quand on est revenu à domicile, on avait Run DMC qui était à la salle pour faire l’introduction des joueurs. Et ça n’a pas plu à Magic et aux Lakers qui ont pensé qu’on leur manquait de respect. A posteriori, je pense que c’était une erreur de notre part. Mais ça fait partie du processus d’apprentissage. On n’imaginait pas que ça nous retomberait dessus mais on n’aurait pas dû faire ça… »

« Face aux Knicks, c’est comme si on jouait le titre à chaque match »

Vous avez joué avec Latrell Sprewell à son arrivée dans la ligue. Quel type de joueur était-il à sa sortie de la fac ?

« Il ne pouvait pas du tout shooter [rires] ! C’était un défenseur à ses débuts. Il a bossé d’arrache-pied sur son jeu et il a fini par devenir un All Star. Il a compris comment il pouvait améliorer son jeu et il a bossé dur pour y arriver. Il a pris exemple sur Chris Mullin et moi-même. Il a vu comment on abordait les matchs, comment on se préparait quotidiennement aux entraînements et en musculation. Il s’est approprié ça et il a fait ce qu’il fallait pour devenir un bon joueur. »

Tim-Hardaway-HeatEtait-ce compliqué pour vous de quitter Golden State ?

« Oui, c’est clair ! Mais je pense que le moment était venu pour moi de partir. Je voulais aller quelque part où on pourrait disputer les playoffs et où je pourrais continuer à prendre du plaisir à jouer. »

Vous êtes passé d’une équipe des plus offensives à une autre des plus défensives avec Pat Riley et Alonzo Mourning. Avez-vous éprouvé des difficultés d’adaptation à Miami ?

« Non, si tu sais jouer au basket, il n’y a pas de difficultés d’adaptation. Tu viens et tu joues au basket. »

Quel est votre sentiment quand vous vous souvenez de ces années avec le Heat ?

« C’était super. Franchement bien. Travailler dur porte ses fruits. On s’entraînait vraiment très dur, on jouait toujours très dur. Pat Riley est un immense coach. Il maîtrise parfaitement les stratégies. Il est excellent pour motiver ses troupes. Il connaît le jeu et sait évaluer le talent. Il sait comment monter une équipe. C’était très plaisant de jouer pour lui, de jouer avec Zo, de jouer avec Voshon Lenard, Jamal Mashburn, PJ Brown, Dan Majerle, Ike Austin, tous ces gars. C’était vraiment bien de jouer avec eux car on bossait dur à l’entraînement. »

Vous avez été jusqu’en finale de conférence Est en 1997 face aux Bulls, quels en sont vos souvenirs ?

« On a paumé [rires] ! On a perdu. C’était une belle série, enfin presque… Parce qu’ils nous ont battu 4-1. C’était lors de ma première vraie saison à Miami et ça nous a donné une idée de ce pour quoi on devait se battre. On ne voulait évidemment pas perdre cette série mais c’est comme ça que ça se passe quand on joue contre Michael Jordan. »

« La France a bien joué… mais on était au-dessus ! »

Vous avez été élu dans le meilleur cinq de la NBA en 1997, vous considérez que c’est votre meilleure saison en carrière ?

« Oui, sans conteste. C’était ma meilleure saison et honnêtement, je pense que c’était notre meilleure saison à tous [avec l’équipe du Heat, ndlr]. Tout ça, c’est le résultat du travail. »

Vous avez été au coeur de nombreuses séries des plus tendues face aux Knicks, pouvez-vous évoquer ces incroyables affrontements entre Miami et New York dans les années 90 ?

« Oh oui, oui ! C’était de grandes batailles. D’immenses batailles. C’était super pour la télé et pour la NBA et pour les fans. Et puis, c’était vraiment excellent de faire partie de ces ambiances-là parce que chaque match était quasiment comme un match pour le titre. »

tim-hardaway-usaIl y a eu tellement de moments fous qu’on ne peut pas les énumérer ici. Mais parlez-nous de l’incident avec Jeff Van Gundy accroché à la jambe d’Alonzo Mourning.

« Haha, oui ! Je pense que s’il devait le refaire aujourd’hui, Van Gundy ne ferait pas deux fois la même erreur. Il ne referait pas ça. Tout le monde était vraiment très tendu, focalisé sur le moment. C’est un moment suspendu. »

Après Miami, vous avez joué à nouveau pour Don Nelson à Dallas. Vous avez un lien particulier avec coach Nelson.

« Oui, j’ai été chez les Dallas Mavericks ensuite. C’était mon premier coach en NBA. On a toujours entretenu notre relation. Et c’est pour ça que je suis allé à Dallas. »

À lire aussi : [portrait] Tim Hardaway, le Bug de l’an 2000

[Malheureusement, Tim Hardaway est alors rappelé par sa mission d’assistant coach. Il va aller prendre les rebonds pour l’échauffement de Reggie Jackson. Mais c’était sans compter sur notre persévérance. On a attrapé Tim Bug après l’échauffement pour une ultime question, ndlr]

Tim, je voulais simplement vous poser une question sur les Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Vous avez remporté la finale contre la France, quels sont vos souvenirs du tournoi olympique ?

« C’était du bon basket. Ils ont très bien joué. Je me souviens que les deux derniers matchs pour aller chercher la médaille d’or ont été très durs. On a dû se remobiliser, resserrer les rangs et jouer dur. La France a bien joué sa chance face à nous. On avait simplement plus de talent, c’est tout. »

Vous étiez plus puissants, trop forts ?

« Oui, c’est ça [rires] ! »

Propos recueillis à Portland

Illustration : Harrison Freeman

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