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[Throwback Thursday] David Wesley, l’archétype du « underdog » NBA

AFP BKN-PLAYOFFS-NETS-HORNETS-WESLEY BASKETBALL USA NCChaque jeudi, Basket USA vous propose son « Throwback Thursday », votre moment détente et nostalgie de la semaine. Après Mike MillerBrian Grant ou encore Michael Finley, on poursuit aujourd’hui avec David Wesley, l’arrière des Hornets pendant quasiment une décennie, de 1997 à 2006. Non drafté et passé par la CBA, Wesley a néanmoins réussi une fort belle carrière, à 12 points et 4 passes de moyenne sur 949 matchs. 

Avec ses oreilles un peu écartées et sa petite taille, David Wesley (1m85) est le prototype du « underdog » NBA. Recalé à la draft en 1992, il ne va pas se décourager si facilement. Après une saison en CBA, et une pige au Vénézuela, l’arrière texan s’est immiscé dans la Grande Ligue à New Jersey, puis à Boston, avant de percer définitivement à Charlotte. Membre des Hornets pendant neuf saisons, il est actuellement le consultant de luxe des matchs des Pélicans.

Après s’être essayé au coaching en D-League, David Wesley a préféré retourner à ses premières amours, en bord de terrain. Il revient avec nous sur son parcours, et nombre de sujets « rétros » dont son compère chez les Hornets, Baron Davis, ou encore ses duels face à John Stockton, les conseils éclairés de Scott Brooks et son avis sur le mystérieux Jérôme Moïso. 

« [Réussir en NBA], c’est une question de coeur et de détermination »

David, vous n’avez pas été drafté en 1992. Au contraire, vous avez dû batailler en CBA avant de pouvoir obtenir une place dans un effectif NBA. Comment s’est passée votre arrivée dans la Grande Ligue au début des années 90 ?

« En fait, j’avais été mis à l’essai par Houston, et j’avais donc eu un avant-goût de ce qu’était la NBA. Quand j’ai dû aller jouer en CBA, je savais exactement ce que je voulais faire, et c’était revenir en NBA. Du coup, quand j’y suis enfin arrivé, c’était un rêve qui se réalisait pour moi. »

À l’époque, on vous considérait comme trop petit pour jouer à l’arrière et pas assez rapide pour jouer meneur, est-ce bien ça ?

« Oui, c’est ce qu’ils disaient. Ils disaient que je n’avais pas une maîtrise du dribble suffisamment bonne pour jouer meneur et que je n’étais pas assez grand pour jouer arrière. En fin de compte, pendant la première moitié de ma carrière [NBA], j’ai joué meneur, et l’autre moitié, j’ai joué arrière. Pour moi, il s’agit surtout de coeur et de détermination. Il faut saisir les opportunités quand elles passent, c’est tout. »

David WesleyVous avez été contacté par les Nets à l’été 1993. Comment s’est passée votre transition entre la CBA et la NBA ?

« Après ma saison en CBA, j’ai joué deux mois et demi au Vénézuela. Et là, on m’a proposé deux essais : aux Clippers et aux Nets. Je suis revenu aux Etats-Unis pendant la saison au Vénézuela. Et j’ai réussi à intégrer l’équipe des Nets. J’ai signé mon contrat à New Jersey et je ne pouvais plus rentrer au Vénézuela, ce qui était dommage d’une certaine manière car je gagnais vraiment bien ma vie là-bas. Mais bon, j’étais tellement heureux d’avoir enfin ma chance en NBA. Avec le recul, je me dis maintenant que j’avais besoin de ça. J’avais besoin de jouer en CBA, de savoir ce que c’est de travailler dur et de mériter ce qu’on obtient. C’est comme ça que j’ai approché chaque jour de ma carrière après ça. Je profitais de chaque instant et je ne voulais surtout pas que quelqu’un vienne me prendre mon boulot. Ça m’a permis de rester affamé. »

Quel était le niveau de la CBA à cette époque-là ? Est-ce comparable à la D-League actuelle par exemple ?

« Non, c’était complètement différent. Il n’y avait pas d’affiliation avec la NBA. La CBA était une ligue indépendante. La D-League est plus intéressante pour les joueurs car il y a ces affiliations aux franchises NBA et puis il y a toujours des scouts NBA qui surveillent ce qui s’y passe. En CBA, ce n’étais pas le cas. Mais bon, ça a quand même fonctionné pour moi. »

À quel moment vous êtes-vous rendu compte que vous alliez réussir à faire carrière en NBA ?

« Probablement ma troisième année à Boston. J’ai passé un an à Jersey, ensuite trois ans à Boston. Et lors de cette troisième saison à Boston, j’ai compris que je pouvais jouer dans cette ligue pendant un bon moment. Et je me souviens que mon agent m’a appelé pendant la saison pour me dire que les Hornets voulaient me signer pour cinq ans et je ne sais plus combien d’argent. Je lui ai répondu, je me fiche de l’argent, peux-tu obtenir plus que cinq ans de contrat ? Je voulais être sous contrat le plus longtemps possible car je voulais jouer dans cette ligue autant que faire se peut. Ils ont accepté sept ans, et ont aussi accepté une clause de sortie après six ans, que j’avais demandé en plaisantant car je voulais ajouter quelques spécificités à mon contrat. Entre temps, quand est arrivée ma sixième année, les Hornets ont commencé à évoquer plusieurs choses, et moi j’avais complètement oublié cette clause. C’était une blague pour moi ! Au final, ils m’ont prolongé pour deux ans. Et ce contrat de cinq ans a finalement duré neuf ans ! »

À l’époque, ce n’était pas vraiment la norme non plus d’avoir des contrats de si longue durée…

« Non ! C’est clair, j’ai bien joué le coup. Les franchises NBA ne lâchent plus ce type de contrat aujourd’hui. »

« John Stockton me rendait fou ! »

C’est en 1995-96 que vous explosez avec 15 points de moyenne. Quels sont vos souvenirs de joueur à Boston, avec la tradition de la franchise et vous qui essayiez de vous faire un nom dans la ligue ?

« Ma première année, avec les Nets, je suis allé au Boston Garden dans le vestiaire visiteurs. La deuxième, j’étais dans le vestiaire de l’équipe ! Il y avait tant d’histoires, de grands joueurs. À vrai dire, c’était l’année où la NBA célébrait son cinquantième anniversaire et il y a eu un match entre les Knicks et les Celtics avec toutes les anciennes gloires de chaque équipe, c’était vraiment incroyable de voir tous ces gars. Je serrais la main de toutes ces stars, c’était énormissime pour moi ! La ville est également très agréable. Boston gardera toujours une place spéciale dans mon coeur. »

Qui était votre modèle quand vous appreniez le jeu ? Quel joueur en particulier vous a inspiré ?

« C’est une réponse un peu bizarre, mais je vais dire mon père [rires]. Il n’a jamais joué dans la ligue. Et quand j’ai été suffisamment vieux pour avoir des souvenirs, il était simplement un joueur du dimanche. Mais c’était lui mon modèle ! Je ne regardais pas beaucoup de basket quand j’étais gamin. Je n’avais pas de Isiah Thomas ou tout ça. Mon père jouait plutôt à l’intérieur et du coup, je n’avais pas vraiment de modèle sur les postes où je jouais. J’adorais le voir jouer. Il jouait dur. Et c’est après lui que j’ai modelé mon jeu, en jouant dur aussi. Et ça m’a amené assez loin. »

Qui était votre mentor à votre arrivée dans la ligue ?

« Quand j’ai fait mon essai avec les Rockets, il y avait Scott Brooks qui venait de signer dans l’équipe. Je ne savais pas du tout comment fonctionnait la free agency ou tous ces trucs-là. Scott et moi, on avait le même agent. On était à l’échauffement, à enchaîner des layups, il y avait Kenny Smith, Mad Max [Vernon Maxwell], tous ces gars qui gagnent trois ou quatre millions de dollars la saison et qui ratent leurs layups. Pendant ce temps, Scott Brooks allait à fond les ballons et rentrait tous ses layups parfaitement. J’étais sur le côté et il est venu me voir. Il m’a dit : que ce soit un layup ou quoi que ce soit, fais-le à 100% ! C’est le meilleur conseil que j’ai reçu. Parce que je pensais que ce genre de détail ne pesait pas. Mais il y a toujours quelqu’un qui observe. Et il avait raison, ça sert de toujours faire les choses à 100%. Je n’ai pas été retenu dans cette équipe mais j’ai bien retenu la leçon ! »

À l’opposé, aviez-vous un rival, un ennemi juré ?wesley

« Au début de ma carrière, pas tellement car je sortais du banc et je cherchais à avoir plus de temps de jeu. Mais je me souviens de la première fois où j’ai joué contre [John] Stockton. Je me disais : je suis aussi grand que lui, je suis plus costaud, je suis plus rapide. Je voulais être bon contre lui. Le match commence, il la donne à [Karl] Malone à l’intérieur. Malone file une passe à ras de mon oreille pour le panier de Stockton. Ils ont fait ça cinq ou six fois. Stockton en était à 19 points, uniquement sur des layups, ça me rendait fou ! Il allait à son rythme et il m’a botté les fesses ! Le match suivant face à lui, j’étais prêt. Mais c’était la copie carbone : 18 points et 12 passes, un truc comme ça, encore des layups à la pelle… Je ne comprenais pas comment il faisait ! C’était un de mes plus grands défis : jouer contre un gars pas forcément très rapide mais qui jouait avec sa tête. Il a été un de ces gars qui m’a inspiré car il n’avait pas besoin de qualités athlétiques pour briller. Il m’a botté les fesses les trois premières fois, et comme il était dans la conférence Ouest, je ne le croisais pas assez souvent. Je voulais le jouer plus souvent [rires] ! J’ai réussi à progresser au fur et à mesure et à la fin, je jouais bien contre Stockton. C’est comme ça que je voyais que je m’améliorais. »

Quel est votre meilleur souvenir en carrière ?

« Mon meilleur souvenir est notre série, au deuxième tour des playoffs, contre Milwaukee [En 2001]. On a été jusqu’au match 7. Leur trio, Ray Allen – Sam Cassell – Big Dog [Glenn Robinson], était impressionnant. On a eu le match 6 à domicile pour remporter la série mais on a perdu. On est allé chez eux [et on s’est incliné]. Ce furent vraiment de grandes batailles, de grands moments quand on est un athlète. Et puis, à la fin de ma carrière, quand j’étais à Cleveland, je ne jouais quasiment plus mais on est allé jusqu’en finale NBA. Et là, j’ai vraiment pu constater ce qu’était toute l’ambiance autour des finales. J’ai beaucoup apprécié ça. »

« Baron Davis n’a pas montré tout son talent en NBA »

De quel joueur avez-vous été le plus proche durant votre carrière ? Je pense immédiatement à Baron Davis quant à moi, car votre duo d’arrières avec les Hornets a été assez sympa à suivre. Avec Jamal Mashburn aussi…

« Oui, avec Baron, on a eu beaucoup de bons moments. Jamal. On avait une grosse équipe à cette époque. Mon ami le plus proche, c’était sans aucun doute Bobby Phills cela dit. On était très proche avec Brad Miller. Avec l’âge, chacun fait sa vie de famille et on n’est plus forcément aussi liés mais on garde le contact. »

david-wesley-4Quel joueur vous a donné le plus de plaisir sur le terrain ?

« C’est une question difficile. Vlade Divac était vraiment super. Dikembe Mutombo [à Houston] était un excellent coéquipier. Rick Fox à Boston. Pour vous répondre, je pense surtout à mes premières années dans la ligue, quand on sortait davantage et qu’on passait nos vacances ensemble. »

Avec l’explosion du salary cap, les joueurs NBA ont des salaires assez fous de nos jours, pensez-vous qu’ils ont le même train de vie que les joueurs de votre époque ?

« C’est différent. Je ne suis pas jaloux des joueurs actuels. La ligue a bien grandi et chaque joueur qui y est passé a en quelque sorte contribué à ce succès. Et les joueurs actuels récoltent le bénéfice de cette expansion, tant mieux pour eux ! J’espère qu’ils en profiteront bien et qu’ils sauront bien s’occuper de leur argent. Mais oui, je suis né vingt ans trop tôt [rires]… »

Vous avez joué avec Antoine Walker dans son année rookie…

« Je peux vous raconter une histoire. Un soir, je sors d’un match et je rate un triple double pour un ou deux rebonds. Juste après le match, on est assis dans les vestiaires, il me dit : « Je veux faire ça, je veux réaliser un triple double ». Et le match suivant, il l’a fait ! C’est un des trucs les plus impressionnants que j’ai vu dans ma carrière. Je jouais meneur et je devais prendre beaucoup d’écrans, comme je l’avais beaucoup fait à la fac. Lui aussi pouvait dribbler et faire les passes. Quand il me trouvait en sortie d’écran, il me disait : prends ton tir ! Je lui répondais que je n’étais pas ouvert mais lui s’en fichait : prends ton tir, il me manque encore deux passes ! »

Vous avez également côtoyé Mugsy Bogues à Charlotte, non ?

« Pas vraiment en fait. J’avais été signé pour remplacer Mugsy. Il n’aimait pas ça. Il avait demandé un échange. Il devait avoir cette attitude et cet ego pour être qui il était, je le comprends complètement. J’aurais bien aimé apprendre auprès de lui. Ça ne s’est pas passé comme ça. Je n’ai pas de rancoeur par rapport à ça. Ensuite, Baron a été drafté. Paul Silas [le coach à l’époque] m’a dit qu’il allait faire jouer le gamin mais qu’il voulait nous faire jouer ensemble. Je lui ai dit : pas de problème. Fais-moi jouer avec lui, je ferai en sorte que ça marche. Et ça a plutôt bien marché ! »

Justement, parlez-nous de votre duo avec Baron Davis. Comment c’était de jouer avec lui, surtout à ses débuts, quand il était si explosif ?

« Il était phénoménal ! Et franchement, selon moi, il n’a pas tout montré en NBA. Il nous laisse sur notre faim. Bien souvent, il arrivait hors de forme pour le début de la saison, et ça lui prenait du temps avant de revenir à son meilleur niveau. Je lui disais de faire plus attention. Car quand arrivaient les playoffs, il détruisait les équipes à lui seul pour ainsi dire. On lui donnait la balle et il nous faisait gagner des séries. On le voyait à la télé lancer la balle contre la planche et dunker. Il a fait ça lors de la première semaine d’entraînement avec nous. Et pas sur une contre-attaque mais sur du jeu placé. Il était vraiment impressionnant. On a partagé beaucoup de bons moments ensemble. »

« La NBA d’aujourd’hui, c’est du Big Business »

david-wesley-nbaToujours chez les Hornets, vous avez connu Ricky Davis. Le jeune Ricky Davis qui s’accrochait aux plafonds… On se souvient tous de sa claquette dunk où il a la tête au niveau du cercle !

« Oui, dès qu’il est arrivé, il avait 19 ans, ses qualités athlétiques étaient hors normes. Son truc, c’était d’apprendre à jouer le jeu NBA. Ça lui a pris un peu de temps mais il y est arrivé. Il a eu quelques bonnes saisons. Mais arriver en NBA à 19 ans, c’est un truc que je n’aurais pas pu faire. Les gars qui le font maintenant, je leur tire un coup de chapeau. C’est beaucoup de pression, de responsabilités. Il faut être prêt à tout ça, avoir un vrai prof. Quand je suis arrivé en NBA, mon vétéran, c’était Rick Mahorn ! Il avait gagné des titres. Il s’occupait de moi. Maintenant, c’est différent. Certains vétérans ont juste deux ans de plus que leur rookie. Je sais que je n’aurais pas pu le faire. »

Vous mentionnez Rick Mahorn, un des hérauts du basket à la dure des années 80-90. Comment évaluez-vous l’évolution du jeu depuis les années 2000, avec beaucoup plus de shoots extérieurs, de mouvements rapides, une accélération notable du tempo…

« C’était effectivement plus physique avant mais c’est l’évolution du jeu. Ils veulent un jeu fluide qui bouge rapidement. Ils ne veulent plus de bastons. C’était un peu le problème de la ligue à l’époque : ils ne voulaient pas faire de la NBA une ligue de hockey. Cette ère est révolue. Certains l’ont apprécié mais le jeu a évolué. Maintenant, on est dans le Big Business. Tout est plus professionnel autour des joueurs. Les joueurs ne jouent pas… pour se reposer ! Pour moi, c’est de la folie pure [rires] ! Mais c’est comme ça. La NBA reste un excellent produit cela dit. C’est super à regarder. »

Une dernière question plutôt spécifique : que pensez-vous de Jérome Moïso ? Vous avez joué avec lui, et en France, il reste un des plus grands mystères de l’histoire du basket. Il avait un talent immense, un corps parfait pour le basket mais il n’a jamais réussi à percer. Que s’est-il passé selon vous ? Il n’a pas supporté la pression ?

« La pression ? Peut-être. Son jeu n’a jamais vraiment évolué. Chaque année, on s’attendait à ce qu’il décolle mais il n’a jamais décollé. Comme dans chaque situation, il y a l’idée qu’il faut être meilleur que le gars qui est devant soi dans la hiérarchie de l’équipe. Or, quand on vient à l’entraînement sans avoir cette mentalité, eh bien, on ne se donne pas les moyens de trouver sa niche. Que ce soit pour quinze ou vingt minutes par match, il ne se battait par pour ça ! Quand j’étais à sa place, je me battais pour mes six minutes, pour mes dix minutes, etc. Il n’avait pas cet esprit de battant qui aurait forcé le coach à le faire jouer. C’est dommage car il avait le talent, il avait les qualités athlétiques. On se demandait cependant quel était son jeu. Et c’est une question qui n’a jamais vraiment eu de réponse. »

Propos recueillis à Portland

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