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La course au MVP : le roi vacille

Chaque mardi, Basket USA vous propose son Top 5 des candidats au titre de Most Valuable Player 2018, et cette semaine, on a choisi de s’intéresser à LeBron James dont la courbe des performances suit celle inquiétante des Cavaliers. Sorti de notre course au MVP la semaine dernière, l’ailier vedette de Cleveland ne fait plus partie des favoris pour le trophée, et s’il ne relève pas la tête, ce n’est même pas certain que les votants lui réservent une place sur leur bulletin en fin de saison. Depuis 2006, il a pourtant toujours été dans le Top 5 des votes. Une impressionnante régularité qui pourrait donc s’arrêter cette saison.

Il l’a dit plusieurs fois cette saison, LeBron James est confronté au défi le plus compliqué de sa carrière. En quête d’une 8e finale d’affilée et d’un 4e titre, le quadruple MVP est à la croisée des chemins. Cet été, il a la possibilité de faire une croix sur une saison à 35 millions de dollars pour tester à nouveau le marché, et il alimente toutes les rumeurs.

Cette situation contractuelle peut aussi expliquer le très mauvais début d’année des Cavaliers. Depuis Noël, Cleveland n’a remporté que 6 matches sur 18, affichant un bilan de 33%, digne d’une équipe de bas de tableau. Même Atlanta a gagné plus de matches sur la même période… La défense des Cavaliers est évidemment pointée du doigt, l’intégration ratée d’Isaiah Thomas aussi, et les malheurs de Kevin Love compliquent encore les choses.

Un mois de janvier catastrophe à 3-points, aux lancers et… dans les fautes

Mais cette mauvaise période coïncide aussi avec une chute considérable de l’influence et du rendement de LeBron James. Alors qu’il avait réalisé un automne exceptionnel (29.6 pts, 8.7 rbds, 8.5 pds à 58% aux tirs et 43% à 3-points en novembre), l’ailier All-Star est en chute libre, et il faut remonter à sa saison rookie pour trouver trace d’un mois aussi mauvais sur le plan des statistiques. En janvier, LeBron a ainsi tourné à 23.5 pts, 7.4 pds, 7.3 rbds, mais aussi 1.1 ct et 1.9 int.

Bien sûr, n’importe quel joueur serait ravi d’avoir de telles stats. Sauf qu’il y a aussi de gros points noirs comme ces 4.7 balles perdues, ce 22% à 3-points, ce 67% aux lancers-francs et même ce 1.3 faute par match. Cette dernière statistique est d’autant plus inquiétante qu’elle illustre un évident manque d’agressivité en défense, voire une passivité. En janvier, LeBron est tout simplement le joueur qui fait le moins de fautes parmi ceux qui passent le plus de temps sur un terrain. La maladresse à 3-points comme aux lancers-francs, ou les (presque) cinq balles perdues par match sont aussi des signes qui ne trompent pas.

LeBron n’est pas bien dans son basket, les « chiffres ne mentent pas » comme disent les Américains, et ce n’est finalement pas un hasard si les Cavaliers jouent leur plus mauvais basket sur la même période.

Un coup de mou passager ou le début du déclin ?

La question est de savoir désormais si c’est passager et lié à une vraie crise en interne, ou si c’est le début du déclin. Kobe Bryant est passé par là il y a quelques années. D’autres aussi.

Sur ce qu’on a vu en début de saison, et sur quelques éclairs en janvier, LeBron fait toujours partie des meilleurs joueurs de la NBA. En attaque du moins. Il n’était d’ailleurs pas loin d’être le meilleur en novembre. À 33 ans, c’est déjà remarquable. Michael Jordan et Karl Malone étaient aussi toujours les meilleurs joueurs du monde à cet âge-là. Kareem Abdul-Jabbar aussi. Il fut même MVP des Finals à 38 ans ! On reconnaît les plus grands à leur longévité, mais aussi à cette capacité à se surpasser et à se relancer. Quand il se lassait, Michael Jordan faisait un break. Pour LeBron James, il s’agit de conserver le même degré d’excellence individuellement et collectivement. Après sept finales de suite, assiste-t-on à la fin d’un cycle ?

Un échange peut-il sauver sa saison ?

Clairement, LeBron James est face à un défi inédit pour lui. Il doit gérer une crise grave, penser à son avenir, tout en tentant de décrocher un nouveau titre. Sa chute statistique peut sembler anecdotique à côté de tels challenges, mais c’est à un moment charnière de la saison, et finalement de sa carrière. Soit il stagne, voire glisse encore, et il reste d’ailleurs sur un vilain match à 11 pts face aux Rockets. Soit il se reprend et parvient une fois de plus à tirer Cleveland vers le haut.

Pour l’aider dans sa tâche, il y a cette fin du marché des transferts. Y trouvera-t-il le Lieutenant de qualité qu’était Kyrie Irving, mais que n’est pas encore Isaiah Thomas, et que n’est plus Dwyane Wade ? Si ses dirigeants ne parviennent pas à trouver la perle rare d’ici jeudi, il devra se débrouiller tout seul, tout en remobilisant un groupe éclaté.

Dans les conditions actuelles, et étant donné ce qu’on voit sur le terrain, c’est un défi très compliqué pour le King.

NOTRE TOP 5 AU 6 FÉVRIER

1 – James Harden
Bilan : Rockets – 38v-13d – 2e à l’Ouest
Stats : 36 min, 31.2 pts, 9.1 pds, 5.0 rbds, 1.8 int, 0.7 ct, 4.3 bps, 44.8% tirs, 38.8% 3-pts, 86.3% LF

2 – Kevin Durant
Bilan : Warriors – 41v-12d – 1er à l’Ouest
Stats : 35 min, 25.9 pts, 6.8 rbds, 5.6 pds, 0.8 int, 2.0 ct, 3.1 bps, 51.5% tirs, 41.6% 3-pts, 88.2% LF

3 – Stephen Curry
Bilan :Warriors – 41v-12d – 1er à l’Ouest
Stats : 33 min, 27.5 pts, 5.1 rbds, 6.4 pds, 1.6 int, 0.1 ct, 3.0 bps, 49.3% tirs, 42.1% 3-pts, 91.1% LF

4 – Giannis Antetokounmpo
Bilan : Bucks – 29v-23d – 5e à l’Est
Stats : 37 min, 28.0 pts, 4.7 pds, 10.4 rbds, 1.5 int, 1.3 ct, 2.8 bps, 54.4% tirs, 30.5% 3-pts, 76.3% LF

5 – Russell Westbrook
Bilan : Thunder – 30v-24d – 5e à l’Ouest
Stats : 36 min, 25.3 pts, 10.3 rbds, 9.4 pds, 0.2 ct, 2.0 int, 4.6 bps, 44.4% tirs, 30.3% 3-pts, 71.2% LF

Mentions : LeBron James, Anthony Davis, DeMar DeRozan, LaMarcus Aldridge, Kyrie Irving…

Basket USA

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