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Ray Allen, le shoot dans la peau

Par  — 

Ray AllenRéussir sa sortie est un art, et Ray Allen s’est loupé. Pour un garçon aussi adroit et élégant, ça fait un peu tâche, mais personne ne lui en voudra.
Depuis deux ans, il était éloigné des terrains, et il mettait du temps à démentir les rumeurs sur son compte. Et lorsqu’il dément récemment des contacts avec les Warriors, c’est pour finalement avouer qu’il avait discuté cet automne avec les Bucks et les Celtics.
Cela n’a finalement rien donné, et c’est en conclusion d’une lettre publiée sur Player’s Tribune qu’il officialise sa retraite. J’aurais aimé qu’il le fasse avant. Qu’il quitte la scène comme Tim Duncan ou Kevin Garnett.

« Comment te dire adieu » cher basket ?

Cette sortie ne lui ressemble pas, mais qu’il est difficile de raccrocher. Trouver le bon timing pour tourner le dos aux terrains. Kobe Bryant avait choisi de le faire très tôt dans la saison pour se débarrasser de ce fardeau, et finalement s’offrir une tournée d’adieux comme les plus grandes rock star. Le tout ponctué d’un feu d’artifice pour son dernier concert, ou plutôt match. Ça lui ressemblait…

Ne pas faire l’année de trop. C’est ce qu’il y a de plus compliqué pour un sportif. Eviter de se retrouver pousser au bout du banc alors qu’on était une légende du jeu. A titre personnel, j’avais mal vécu les dernières saisons d’Hakeem Olajuwon, de Steve Nash ou du Shaq et Pat Ewing, ou même Pete Sampras dans d’autres sports. La tête dit oui, mais le corps dit non…
Pour Ray Allen, c’est différent, son corps disait « oui » mais sa tête ne suivait plus forcément. On se met en retrait pour profiter de ses enfants et de sa famille, et finalement, c’est compliqué de s’y remettre. Lorsqu’on a deux titres au compteur, dix sélections All-Star, il faut un challenge à la hauteur pour s’imposer la dureté d’une saison NBA.

Lui qui hésitait à mettre un terme à sa carrière, Paul Pierce l’a très bien expliqué cet été. Poursuivre sa carrière, à presque 40 ans, c’est se lever chaque matin en acceptant d’aller souffrir face à des gars plus jeunes, plus athlétiques, tout en intégrant le fait qu’on soit sur le déclin. A-t-on encore envie de se faire mal alors qu’on a déjà réussi sa carrière ?

Pour Allen, c’était d’autant plus compliqué qu’il n’avait plus joué depuis deux ans. C’est une éternité en sport. Son dernier match, il l’aura effectué avec le Heat, giflé par les Spurs en finale NBA. LeBron était encore là. Wade aussi. Bosh n’était pas encore malade. Il s’en est passé des choses en deux ans…

C’est dur de quitter la scène sur un échec, et sans doute qu’il aurait aimé, comme d’autres, revenir dans une équipe de cœur, comme Milwaukee ou Boston. Histoire de dispenser quelques cours aux shooteurs locaux, ou de planter quelques 3-points dans le corner. Mais à 41 ans, personne n’est sorti de sa retraite, et Allen s’en va définitivement.

ray allen

A presque 38 ans, il crucifie les Spurs en finale NBA

Issu de la célèbre draft 1996 (Iverson, Kobe, Nash…), Ray Allen laisse derrière lui des milliers de 3-points, l’image du gendre idéal et une éthique de boulot exemplaire. Comme Vince Carter (toujours là !) ou Jerry Stackhouse, lui aussi était un enfant de Michael Jordan. Il avait tout pour lui, et son rôle dans « He Got Game » a contribué à sa renommée. Sur le terrain, c’était un Jordan du pauvre, hyper aérien et doté d’un bras unique avec une mécanique aussi pure que rapide. Les plus jeunes devraient regarder certains de ses matches avec Milwaukee et Seattle. Ils y découvriront un joueur élégant, efficace et mais aussi très spectaculaire. Un « Gentleman des parquets » aussi comme l’était Grant Hill, et il est aujourd’hui le shooteur à 3-points le plus prolifique de l’histoire. C’est justement à Boston qu’il se transformera en homme de missions longue distance, et il le confirmera à Miami lors de ces deux dernières saisons.

Déjà à l’époque, il en avait déçu plus d’un ! Comment un Celtic pouvait-il se permettre de rejoindre l’ennemi juré, le Heat ? Là-bas, aux côtés de ses anciens ennemis, LeBron James et Dwyane Wade, il décrochera un nouveau titre dans une finale inoubliable, face aux Spurs. Son tir à 3-points du Game 6, dans le corner, est une action de légende, digne du contre de LeBron James sur Andre Iguodala. Une action qui change le cours d’une finale. C’est l’image que je garderai de Ray Allen, et il avait… 37 ans et 11 mois.

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