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Roman de l’été : « Michael Jordan, The Life » (8)

La saison NBA est terminée, il va falloir chasser l’ennui et trouver de quoi s’occuper sur la plage. Basket USA a pensé à vous ! Comme l’an passé, nous vous offrons une sorte de roman de l’été, de longs extraits d’un livre 100% basket américain.

Après « Un coach, onze titres NBA » de Phil Jackson, nous vous proposons le deuxième ouvrage dédié à la balle orange édité par Talent Sport : « Michael Jordan, The Life » de Roland Lazenby, un bouquin de plus de 700 pages qui retrace toute la carrière de « Sa Majesté ».

Nous avons passé les premiers chapitres – qui évoquent les aïeux, l’enfance et la carrière universitaire de Mike – pour attaquer sa première année sur les parquets pros, en 1984-85.

Le roman de l’été, c’est un épisode par semaine jusqu’en septembre. Bonne lecture !

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

Sixième partie

Septième partie

Les Bulls attaquèrent leur saison, à la fin de l’automne 1985, en signant trois victoires consécutives mais au cours du troisième match contre les Golden State Warriors, Michael Jordan se cassa l’os naviculaire du pied gauche. Cette blessure avait contrarié ou mis un terme à la car- rière de plusieurs joueurs NBA. Prévoyant un retour rapide, il resta assis pendant le match suivant, avec ce qui était décrit comme une « blessure à la cheville ». C’était le premier match qu’il manquait durant sa carrière, lycée compris. Même sa fracture du poignet quatre semaines avant le début de sa saison sophomore à North Carolina ne l’avait pas empêché de tenir sa place. « Je me sens comme un supporter, avait-il déclaré aux journalistes le lendemain de sa blessure à Golden State. Je ne peux rien faire. Je peux juste regarder mes coéquipiers et les encourager. »

Et puis vint le diagnostic. « Après ça, l’année a été un désastre total », commenta Jerry Reinsdorf. Jordan a loupé les 64 matches suivants. Partout dans la Ligue, les vétérans échangèrent des regards complices. Le style de jeu de Michael, qui ne se ménageait pas et donnait tout, l’avait finalement rattrapé. « Il faisait ça tout le temps, se souvint George Gervin, résumant la sagesse populaire. C’est probablement pour cela qu’il a été blessé. Parce qu’il jouait tout le temps à fond. »

 

Pour Nike, le ciel s’effondre

La nouvelle de cette fracture au pied frappa Nike comme une avalanche. La marque venait tout juste d’investir des millions de dollars sur son nom. « La partie entière allait être terminée, résuma Sonny Vaccaro. Nous avons réalisé cela. Tout aurait pu se terminer là. » Jordan partageait leurs craintes. « J’avais un peu peur, expliqua-t-il plus tard. Je ne voulais pas être dérangé par qui que ce soit. Je ne voulais pas entendre sonner le téléphone. Je ne voulais pas regarder la télé. Je ne voulais pas écouter de la musique. Je voulais juste l’obscurité car cette blessure était une chose à laquelle je devais faire face et c’était très douloureux. Pour la première fois, je devais envisager de faire autre chose que jouer au basket. C’était très différent. »

Une fois la réalité de cette blessure acceptée, il eut envie de rentrer chez lui. Une idée qui fut immédiatement désapprouvée. « Michael voulait rentrer en Caroline du Nord et suivre sa rééducation là-bas, précisa Mark Pfeil, préparateur physique des Bulls à l’époque. Nous pouvions organiser ça en concertation avec Jerry Reinsdorf et Jerry Krause et bâtir un programme pour Michael en Caroline du Nord. Il a suivi sa rééducation là-bas, a travaillé pour obtenir son diplôme et a eu une certaine tranquillité d’esprit. Grâce à cela, il était prêt à reprendre la compétition à son retour. » Certains observateurs, parmi lesquels plusieurs de ses coéquipiers, ont critiqué le fait que Jordan quitte l’équipe pendant sa blessure. Même s’il n’avait disputé que trois matches, il était n°1 à l’Est dans les votes des fans pour le All-Star Game cet hiver-là.

« J’étais très frustré et dans un premier temps, je n’ai pas su comment gérer la situation, se souvint Michael. Je suis parti loin de tout ça, je suis retourné en Caroline du Nord, j’ai travaillé pour décrocher mon diplôme et j’ai suivi l’équipe à la télé. C’est la meilleure façon de faire face à cette situation. »

 

George Gervin est cramé

Durant son séjour à Chapel Hill, Michael prit place sur le banc de North Carolina pendant les matches, ce qui lui donna l’opportunité, pour la première fois, d’observer le système qui l’avait façonné. Lorsque son pied commença à aller mieux, il s’aventura en territoire interdit et commença à jouer dans des matches improvisés, à l’insu de Jerry Reinsdorf et Jerry Krause. « J’ai appris ça beaucoup plus tard, confia Krause. Après deux semaines, il était de retour sur le terrain. Je ne sais pas si c’est exact mais je l’ai entendu. Il n’a jamais dit qu’il jouait. Nous avons eu une réunion trois semaines plus tard au téléphone.

“Comment vas-tu ?

– Beaucoup mieux.

– Les médecins veulent que tu continues à te reposer. Viens ici durant la prochaine quinzaine, nous allons t’observer à nouveau.”

Cela a duré pendant deux mois.

« Je savais qu’il jouait là-bas parce qu’il me l’avait dit, admit Sonny Vaccaro. Il avait dit : “Je vais aller voir si ce foutu truc va bien. Je vais voir si je peux le faire. J’ai besoin de m’éloigner des gens et je sais que je serai protégé. » Cette information a à la fois rassuré et terrifié le staff de Nike, qui avait beaucoup misé sur sa carrière.

Privé de Michael Jordan, Stan Albeck dut faire de Gervin l’une de ses principales options offensives. Albeck avait entraîné Gervin à San Antonio. Aussi, les Bulls adoptèrent un ensemble de systèmes pour « Ice Man ». « Stan a fait de son mieux étant donné les circonstances, commenta Cheryl Raye-Stout, journaliste de radio à Chicago. Michael absent, il y avait beaucoup de types qui n’en avaient plus rien à faire du basket. Pendant les temps morts, il y avait des joueurs comme Sid Green qui ne participaient même pas aux regroupements. »

« C’était dur pour Stan, déclara Sidney Green en 1995. Il avait de grandes attentes pour l’équipe et pour Michael. Lorsque Michael s’est retrouvé sur la touche, Stan a dû changer tout son plan de jeu. Il a essayé de bâtir l’équipe autour de George Gervin mais George avait fait son temps. Il possédait encore son finger roll. À l’exception de George, nous étions tous jeunes. Vous devez vous souvenir que c’est l’année où Quintin Dailey a eu ses problèmes. »

 

La descente aux enfers de Quintin Dailey

Dailey était tombé dans une spirale de matches manqués et d’apparitions tardives. Lorsqu’il loupa un match en février, Krause le suspendit. Pour la deuxième fois en huit semaines, Dailey intégra un établissement de soins pour toxicomanes. « Quintin a été en retard à une autre séance de tirs et à ce moment-là, je savais qu’il avait des problèmes avec la coke, expliqua Krause. Nous attendions qu’il se présente pour le match. Stan a dit : “S’il arrive, je le ferai jouer.” Je lui ai dit : “L’aventure est finie pour lui chez les Bulls.” J’ai pris la décision, à ce moment-là, de commencer à chercher un autre entraîneur. »

L’absence de leadership dans l’équipe durant l’absence de Jordan soulignait tout le poids qu’il portait sur ses épaules. Le record des Bulls s’établissait à 22 victoires-43 défaites courant mars quand il expliqua à la direction que sa blessure était, selon lui, guérie et qu’il voulait revenir. « Je ne voulais pas voir mon équipe tomber dans le trou, expliqua-t-il plus tard. Je pensais être suffisamment rétabli pour apporter mon écot. »

Ses plans prirent Reinsdorf de court et occasionnèrent une autre confrontation difficile avec Krause. Le propriétaire et le general manager se posaient de sérieuses questions sur les risques que courait l’équipe avec un retour aussi rapide. « Ce qui nous a fait partir sur le mauvais pied, Michael et moi, raconta Krause, c’est qu’il pensait que je lui avais dit : “Tu es notre propriété et tu feras ce que nous voulons que tu fasses.” Je ne me souviens pas de lui avoir jamais dit ça en ces termes. Il a mal interprété mes propos. J’essayais de l’empêcher de jouer parce qu’il était touché au pied et que les médecins disaient : “Non, non, non.” Reinsdorf lui parlait des risques. C’était un gamin qui voulait jouer. Je ne pouvais pas le lui reprocher. Mais c’est là que tout a commencé. Parce que nous avons dit : “On va te laisser en retrait.” Nous étions tous assis dans cette salle et Stan ne faisait rien pour aider. Il aurait pu nous aider en expliquant la situation à Michael mais il s’est montré égoïste. Il aurait pu se ranger de notre côté et du côté des médecins, qui disaient que Michael n’était pas prêt à jouer. »

 

Jordan se sent comme un esclave

Krause se souvint de Jordan assis là, « avec de la vapeur lui sortant par les oreilles. Il a lancé : “Vous êtes en train de me dire que je ne peux pas jouer ?” » Plus ils parlaient, plus sa fureur grandissait. « On traitait avec des hommes d’affaires puissants qui faisaient des millions et mes millions étaient comme des centimes pour eux, commenta-t-il plus tard. Tout ce que je voulais, c’était reprendre le sport que j’avais pratiqué pendant très, très longtemps. Mais ils ne l’ont pas vu de cette façon. Ils ont pensé à protéger leur investissement de façon à ce que leurs millions continuent d’arriver. C’est là que je me suis vraiment senti utilisé. C’est la seule fois où je me suis vraiment senti utilisé en tant qu’athlète professionnel. J’ai eu l’impression d’être un objet. » « J’avais une peur bleue, confessa Krause à propos de la situation. Je ne voulais pas rester dans l’histoire comme le gars qui avait fait revenir Michael Jordan trop tôt. »

Le n°23 estima que la direction voulait continuer à perdre des matches pour améliorer la position de la franchise dans la draft. « Perdre des matches intentionnellement reflète le genre de personne que vous êtes vraiment », déclara-t-il au « Chicago Tribune ». Un commentaire qui résonna des années plus tard, lorsqu’il devint propriétaire d’une équipe NBA (les Charlotte Bobcats, devenus Charlotte Hornets). « Personne ne devrait jamais essayer de perdre pour avoir quelque chose de mieux. Vous devriez toujours essayer de faire du mieux possible avec ce que vous avez. S’ils voulaient vraiment participer aux playoffs, j’aurais été là chaque fois que nous aurions eu une chance de remporter un match. »

« C’était comme un feuilleton télé, affirma Reinsdorf en 1995. Nous étions trop honnêtes avec Michael. Nous lui avons communiqué le rapport des trois médecins que nous avions consultés à propos de la date de son retour. Tous les trois avaient dit que la blessure n’était pas suffisamment guérie. Ils avaient précisé que s’il jouait, il y avait 10 à 15% de chances que cela mette un terme à sa carrière. Michael était un compétiteur né. Il voulait simplement jouer. J’ai pensé qu’il avait le droit d’entendre ce que les médecins avaient à dire. Je n’ai jamais pensé qu’il risquait toute sa carrière. Cela n’avait tout simplement pas de sens pour moi. Michael a considéré que s’il avait 10 à 15% de chances d’en rester là, cela lui laissait 85 à 90% de chances de ne pas se blesser à nouveau. Pour moi, il n’était pas question d’un quelconque ratio risque/récompense. La récompense était de revenir et de jouer dans une équipe qui avait déjà connu une mauvaise année. Pourquoi risquer votre carrière entière pour cette récompense ? Michael a insisté sur le fait qu’il connaissait son corps mieux que moi. Alors, nous sommes parvenus à un compromis. Il jouerait progressivement, sept minutes seulement par mi-temps pour commencer. »

 

La règle idiote des 7 minutes

Face à ce coup du sort, Jordan évacua sa colère en menant les Bulls presque à lui seul. « Mike était comme ça, expliqua Mark Pfeil. Quand il estimait que rien ne pouvait l’atteindre, il se concentrait et jouait. Entorses, élongations, spasmes musculaires, grippe… La première question de Michael était toujours : “Est-ce que je vais avoir mal en jouant ?” Si je lui répondais non, c’était fini. Il se concentrait sur la suite. »

« Ils ont limité son nombre de minutes, se rappela Cheryl Raye-Stout. Ils ont littéralement regardé une montre pour savoir combien de temps il pouvait jouer. Stan s’asseyait et devait calculer le temps. Avec le retour de Michael, il était tout le temps sous pression. Certains ont pensé que ce temps de jeu limité avait pour but de les aider à obtenir un lottery pick. Nous ne connaîtrons jamais la réponse à cette question. »

Pendant un match, Albeck fit jouer Jordan plus longtemps qu’il n’était supposé le faire, se souvint Reinsdorf. « J’ai dit à Krause de lui demander de ne pas le refaire. Stan nous a dit ce qu’il en pensait. Le match suivant avait lieu à Indiana. Il restait 25 ou 30 secondes, les Bulls étaient menés d’un point. À ce moment-là, Michael avait atteint les sept minutes. Stan l’a sorti du match. Il l’a fait sortir juste pour nous montrer combien cette règle des sept minutes lui semblait ridicule, combien c’était arbitraire ».

Les Bulls ont remporté le match sur un tir en suspension de John Paxson mais Reinsdorf était furieux. Albeck l’avait fait passer pour un idiot. « La chose que je n’ai jamais pu comprendre, déclara Pfeil, c’est comment Michael pouvait s’entraîner pendant deux heures et ne pas être capable de jouer plus de 14 minutes. »

« Le temps de jeu de Michael a augmenté lorsqu’il est devenu évident que nous pouvions faire les playoffs, souligna Reinsdorf. Finalement, Krause est descendu à la mi-temps d’un match, tard dans la saison. Il a demandé au préparateur physique de dire à Stan de faire jouer Michael le plus de minutes possible. Je n’aurais pas dû le laisser jouer du tout cette année-là. Ce fut une erreur. »

Le déguisement de Dieu

Le retour de Jordan à un temps de jeu maximal aida les Bulls à remporter six de leurs treize derniers matches. Ils terminèrent la saison avec 30 victoires pour 52 défaites. Un bilan tout juste suffisant pour se hisser en playoffs, avec une victoire en fin de saison sur Washington.

Tête de série n°8, Chicago affronta les Boston Celtics, tête de série n°1, au 1er tour. Dirigés par Red Auerbach, président, et entraînés par K.C. Jones, les Celtics allaient boucler cette année avec un record à domicile de 50 victoires-1 défaite. Larry Bird était en passe de remporter son troisième titre de MVP consécutif. Les Celtics étaient dans une période faste : ils atteignirent quatre ans de suite les Finales NBA, de 1984 à 1987, et remportèrent deux fois le titre (1984, 1986). C’était une grande, une très grande équipe de basket avec un frontcourt qui associait Larry Bird, l’ailier fort Kevin McHale et les pivots Robert Parish et Bill Walton. Dans ces playoffs 1985, tous avançaient déterminés vers la seizième bannière de champion de la franchise.

« Notre équipe pouvait gagner n’importe quel genre de match, résuma Bill Walton. Elle avait un roster complet, un coach brillant, un leader exceptionnel dans le front office en la personne de Red, des fans spectaculaires et l’avantage du terrain parfait. Elle possédait en plus Larry Bird, le plus grand joueur avec lequel j’aie jamais joué. Bird était capable d’enflammer les supporters à domicile beaucoup plus que n’importe quel autre joueur. Et aussi grand que pouvait être Larry comme joueur, il était encore plus grand en tant qu’être humain, encore meilleur en tant que leader. Aussi grands que soient nos visions, nos souvenirs et nos rêves concernant Larry Bird en tant que joueur, il était mieux que cela. Il était mieux que cela parce que le jeu, les règles, l’horloge, les arbitres, tout créait énormément de contraintes pour un basketteur comme lui, qui était un artiste inventif. Il était Michel-Ange. Il était Bob Dylan. Il était le type qui voyait des choses que personne d’autre ne voyait. Il était capable de prendre ce rêve et cette étincelle et de les transformer en action. Il n’y avait aucun basketteur comme Larry Bird. »

 

Pas de plan anti-MJ

Comme joueur, le coach de Boston, K.C. Jones, avait peut-être été l’arrière qui mettait le plus de pression sur le porteur du ballon. Il remporta championnat après championnat aux côtés de Bill Russell. En ce mois d’avril, la confiance de Jones était aussi souveraine que ses joueurs. Il ne vit pas la nécessité de faire un effort particulier contre ces Chicago Bulls hétéroclites et leur jeune star qui sortait de la liste des blessés. « Nous n’avions vraiment rien préparé pour défendre sur lui, se remémora Kevin McHale. Nous n’avons rien fait. Nous avons juste décidé de le laisser marquer. Et vous vous souvenez du premier match. Il est devenu fou. »

Dégagé des prises à deux, Jordan marqua 49 points en 43 minutes dans le Match 1 mais Boston écrasa Chicago 123-104. « Cette défense en un-contre-un sur Jordan ne fonctionne pas vraiment pour les Celtics », affirma le commentateur Tommy Heinsohn à la mi-temps de cette première rencontre.

Dennis Johnson et Danny Ainge, deux excellents défenseurs, assurèrent la surveillance de Michael durant cette série, avec les remplaçants Rick Carlisle et Jerry Sichting. « Après ce premier match, nous avons jugé que nous devrions probablement faire prise à deux sur lui ou tenter un truc, ajouta McHale. K.C. Jones a indiqué : “Nous allons y réfléchir.” Ils avaient remporté 30 matches. Nous en avions gagné 67. Il n’y avait aucune chance qu’ils nous battent. »

Jordan avait autre chose en tête trois soirs plus tard, avant le Match 2 au Boston Garden. « Il y eut un silence total dans le vestiaire avant la rencontre, raconta Sidney Green. Michael était extrêmement concentré. Nous savions qu’il avait l’intention de faire quelque chose d’énorme. » La confrontation alla en double prolongation. En 53 minutes de jeu, Jordan prit 41 tirs et en réussit 22. Les Celtics commirent beaucoup de fautes sur lui. Il réussit 19 de ses 21 lancers francs. Il ajouta 6 passes, 5 rebonds, 3 interceptions et 4 pertes de balle sur la feuille de match. Ses 63 points établirent un record NBA, toutes époques confondues, pour un match de playoffs.

« C’était Dieu déguisé en Michael Jordan », déclara Bird après la rencontre. Le commentaire resta associé aux moments forts de Jordan pour l’éternité. Avec ce seul exploit, il avait fait vaciller l’assurance de la meilleure équipe de basket. « Dans le premier match, il avait marqué 49 points et nous avions gagné de 19 points, commenta Walton. Nous nous étions dit : “Oh, il ne le refera plus jamais.” Au match suivant, il a planté 63 points, a éliminé toute l’équipe avec les fautes et si Larry Bird n’était pas devenu dingue, nous n’aurions pas gagné 135-131 en double prolongation. »

 

La NBA entre en effervescence

Ce jour-là, Bird inscrivit 36 points en 56 minutes et il fallut l’apport offensif du roster entier de Boston pour contrer l’effort de Jordan. McHale marqua 27 points, Ainge 24, Johnson 15, Parish 13 et Walton 10. « Nous n’avions vraiment pas conçu de plan pour lui, pour être honnête, précisa McHale. C’était comme si nous étions simplement entrés sur le parquet en lui disant : “Bon, tu sais que nous allons pratiquer notre défense habituelle. Si tu marques contre nous, qui s’en souciera ?” Personne ne s’attendait à une performance à 60 points. » Walton ajouta : « Dans le vestiaire, après ce deuxième match, nous avons dit : « Ce type est assez bon. Pourquoi ne fait-on pas prise à deux sur lui ? On verra si Dave Corzine et les autres Bulls peuvent réussir quoi que ce soit. »

Dans le Match 3, Jordan fit face à des prises à deux et à la taille des Celtics. Il prit 18 tirs au Chicago Stadium et en réussit 8. Il termina avec 19 points, 10 rebonds et 9 passes. Son équipe fut balayée 122- 104. « Nous avons fait prise à deux sur lui et lui avons pris la balle des mains, commenta McHale. Nous avons vraiment mis un plan en place pour lui. Les gens ont oublié que nous avons conclu cette série par un sweep. On était à 3-0. Nous sommes rentrés chez nous. »

Le résultat de la série ne semblait guère avoir d’importance. Toute la NBA et les fans étaient en effervescence devant les prestations de Jordan. Quatre ans plus tôt, il avait retenu l’attention d’une large audience dans le pays avec un tir spectaculaire pour remporter le championnat NCAA. La performance de Michael contre Bird et ses Celtics mena sa légende vers de nouveaux sommets. Tout comme les supporters, les coaches NBA étaient éblouis par ce qu’il avait accompli contre la meilleure équipe de basket.

« C’était merveilleux ! s’extasia Sidney Green. Je connais Michael. C’est le genre de gars qui aime que les gens ne le croient pas capable de faire quelque chose. Cela n’a fait qu’ajouter plus de combustible à son feu intérieur. Il voulait se prouver à lui-même mais aussi prouver à tout le monde qu’il pouvait tenir sa place en étant blessé et qu’il était prêt à jouer. »

Plus que tout, c’était un message pour la direction des Chicago Bulls. « C’est lors de ce match, admit Reinsdorf quelques années plus tard, que nous avons commencé à réaliser combien Michael pouvait être bon. » Cela a également constitué un moment important pour Michael à titre personnel. « Jusque-là, il y avait pas mal de types dans les médias qui affirmaient que j’étais bon mais pas de la même classe que Magic Johnson ou Larry Bird, rappela-t-il quelques années plus tard. J’ai gagné le respect de Larry Bird. À mes yeux, c’était cela qui me montrait que j’étais sur la bonne voie. Pas les points que j’avais marqués parce qu’à la fin de la journée, nous avions perdu le match. C’est un temps fort sympa à regarder mais il n’est pas très amusant puisque j’ai perdu. La formule de Bird était le plus beau compliment qu’on m’ait fait à ce stade de ma carrière. »

 

A suivre…

 

Roland Lazenby, « Michael Jordan, The Life »

726 pages, 32 euros, 13,99 euros en format numérique (ePub).

En vente en librairie, dans les grandes surfaces et sur les sites de vente en ligne.

Talent Sport : http://talentsport.fr

https://www.facebook.com/Talentsport2014/

Autres livres de basket disponibles

> Phil Jackson, « Un coach, onze titres NBA » (sorti le 14 mai 2014)

> Jack McCallum, « Dream Team » (sorti le 8 juin 2016)

> Kent Babb, « Allen Iverson, not a game » (sorti le 9 novembre 2016)

> Jackie MacMullan, « Larry Bird-Magic Johnson, quand le jeu était à nous » (sorti le 31 mai 2017)

 

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