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#BackToBasics : comment le tatouage a-t-il débarqué en NBA ?

Avec « Back To Basics », Basket USA veut répondre aux questions pas si bêtes que les aficionados de NBA peuvent se poser. Jeu pur, fonctionnement de la ligue, à-côtés… « BtB » tente de trouver réponse à tout. Aujourd’hui, on se demande comment le tatouage a fait son apparition dans la ligue ?

Dragons, serpents, ailes d’oiseaux, personnages de bandes dessinées, visages ou paroles de rappeurs, références spirituelles, formes et couleurs plus fantaisistes que les autres… On trouve de tout sur les bras, jambes, cous, torses et parfois même sur l’intégralité du corps des joueurs. Le tatoo est partout et passe presque inaperçu tant l’amateur de NBA s’y est fait. Mais si le phénomène s’est largement répandu dans la ligue depuis de nombreuses années, il pose encore parfois question. Le mollet droit de J.R. Smith, même s’il s’agit ici d’un enjeu d’abord publicitaire, est la dernière illustration d’un rapport pas toujours rose entre tatoués et dirigeants tatillons de la ligue.

Une ère avant Dennis Rodman ?

Mais qui a eu cette « folle » idée d’introduire cette « poésie de la canaille malheureuse », comme Albert Londres décrivait joliment le tatouage, dans une ligue qui surveille tant son image ? Avant même de fouiller dans le lointain passé de la NBA, notre instinct nous fait naturellement nous tourner vers un certain Dennis Rodman, dont la réputation n’est plus à faire. Et pourquoi pas avant lui ? En observant les photos de joueurs des années 1950, 1960 ou 1970, nulle trace d’encre sur les peaux. Pas plus que chez les vedettes des années 1980 comme Magic Johnson ou Larry Bird par exemple, ce qui n’a pas manqué d’inspirer certains adeptes de Photoshop

Ce constat doit toutefois être nuancé car si aujourd’hui certains affichent fièrement leurs muscles décorés, il est possible qu’à l’époque, certains joueurs avaient leurs propres tatouages tout simplement non apparents, cachés par les maillots. On peut même supposer que dès la fin des années 1940, lors de la naissance de la ligue, ceux qui sortaient de leur service militaire, dans la Navy notamment, étaient tatoués. Chez les marins, la pratique était de rigueur et fait encore aujourd’hui l’objet de règles précises. Jim Pollard, champion NBA avec les Lakers au début des années 1950, avait par exemple servi dans un corps de marins. Mais sur les photos d’archives du Hall of Famer, pas de tatouage.

Dans les années 1990, la notion de tatou fait encore sourire certains joueurs comme Danny Ainge, alors arrière des Suns, qui pensait le phénomène réservé aux « gars qui montent des Harley-Davidson avec des vestes en cuir et des bottes avec éperons ». « Les seuls tatouages que j’ai vus étaient ceux d’anciens membres de la Marine », complète Brad Lohaus, intérieur passé par les Bucks, visiblement sans faire référence aux joueurs NBA. C’est pourtant bien à cette époque-ci que les bras commencent à se couvrir d’encre.

Un diable de Tasmanie… sur les fesses

En 1993, le New York Times brosse le portrait d’un nouvel arrivant dans la ligue, Toni Kukoc, et le décrit comme un joueur « qui n’a pas froid aux yeux » en faisant notamment référence… à son tatouage de requin sur le biceps gauche. Un gros dur en perspective ! (En fait, le gaucher était simplement fan de la mer…)

« On dirait que tout le monde en a, poursuit Ainge à l’époque, persifleur en puissance. Ils ont les noms de leurs copines, leurs femmes, leurs voitures, les écoles où ils sont allés, leurs groupes de musique favoris. Certains sont plutôt sympas, d’autres très limites. Et il y en a qu’on ne voit pas. »

Et l’actuel dirigeant des Celtics de prendre l’exemple pour le moins cocasse de son ancien coéquipier Tim Kempton, que les Limougeauds ont bien connu, dont l’arrière-train est couvert… par un diable de Tasmanie. « Voilà un grand vieux blanc aux cheveux roux et le diable de Tasmanie tatoué sur les fesses », termine de décrire Ainge avec brio.

Avec les tatouages, qu’ils soient de bon goût ou non, on n’hésite plus à parler de mode. « Les joueurs NBA aiment être à la mode, avoir le style », justifie à ce propos Glen Rice dont l’équipe du Heat compte déjà 7 joueurs tatoués sur 12. « Même le Jazz d’Utah – un bastion du conservatisme de la NBA – tombe dans cet engouement », formule quelques années plus tard le Deseret News, assurant que la moitié des coéquipiers de Karl Malone sont tatoués.

Ne pas se fâcher avec maman !

De nombreuses sources évoquent un sondage d’AP de la même année, en 1997, selon lequel 35% des joueurs sont concernés. Tous ne succombent pas à cette tentation donc. Certains, comme Bimbo Coles, disent… ne pas vouloir se fâcher avec leurs mamans (Shaquille O’Neal assure avoir demandé sa permission). D’autres, comme le musculeux Kevin Willis, ne veulent pas « tâcher » leurs biceps. « Les tatouages ? C’est comme les boucles d’oreilles. Mon père avait l’habitude de dire que c’est pour les fiottes », balance carrément Billy Owens en mode Serge Aurier.

Un homme va pourtant donner une autre dimension à la pratique : Dennis Rodman, évidemment. Candidat au titre de joueur le plus fantasque de l’histoire, il aurait connu ses premières expériences en la matière lors de son année rookie chez les Pistons, en 1986, au contact du vétéran, Adrian Dantley, tatoué au niveau de la hanche. Dans son bouquin au titre évocateur (« I Should Be Dead by Now »), Rodman assure pourtant avoir démarré quelques années plus tard, lors de son arrivée chez les Spurs aux côtés de « M. Clean », David Robinson. « Et la NBA n’a pas approuvé non plus », précise l’intérieur.

Oui car pour la NBA de l’époque, c’est un certain David Stern qui pilote. Et ce dernier n’est pas particulièrement friand de cette mode. Le souci pour lui est qu’une nouvelle « bombe » est sur le point de lui exploser à la figure : l’arrivée d’Allen Iverson dans la ligue. En plus du bandeau frontal, le tatouage fait partie intégrante du « look » de la puce électrique des Sixers lorsqu’il est sur le parquet. Comme le futur MVP de la ligue gagne en popularité, la ligue est particulièrement méfiante quant à l’image qu’il renvoie. Au point qu’en janvier 2000, quand « AI » apparaît sur la couverture du magazine Hoop, sur la publication officielle de la Ligue, ses tatouages ont été gommés de la photographie !

Les tatouages de LeBron ? Grâce à Iverson

L’impact d’Iverson est pourtant durable. Il influence notamment celui qui va devenir le nouveau visage de la ligue pour les décennies à venir : LeBron James.

« La raison pour laquelle je voulais porter une coudière ou être tatoué lorsque j’étais gamin ? Allen Iverson, rétorque le néo-Laker, qui a fait équipe avec un sacré oiseau du tatouage, en la personne de Chris « Birdman » Andersen. Il était incroyable sur le terrain, avec ce bandeau, cette coudière et ses tatouages. Je me disais  » Ça déchire ! « . Et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai adoré quand j’ai fait mon premier tatouage. »

Au début des années 2000, il est pourtant encore loin de faire l’unanimité. De vieux grognards comme Charles Oakley ne mâchent pas leurs mots à l’égard des jeunes NBAers : « La ligue est en bordel. Je ne pense pas que les fans en ont pour leur argent. Beaucoup de gars veulent dunker et se faire tatouer. Porter des jeans troués, c’est la ligue d’aujourd’hui. »

Malgré le « dress-code » imposé par David Stern en 2005, le tatouage reste toléré et le commissionnaire le voit même comme « un enjeu d’expression personnelle ».

« Chacun réagit à sa façon, poursuit l’ancien dirigeant en 2013. Je le regarde avec le spectre des gens qui nous demandaient comment on se sentait par rapport aux coupes afros car beaucoup de fans ont décroché à cause des afros. Et puis on est passés des afros aux « cornrows ». Nos joueurs sont encouragés à s’exprimer de toutes les manières et le tatouages en est une. Nous l’accepterons. »

La moitié de la ligue tatouée ?

À condition bien sûr de ne pas sortir de ce cadre-ci et de tomber dans la publicité par exemple. Au début du siècle, bien avant le cas J.R. Smith donc, des voix évoquent déjà cet enjeu. Faire de son biceps le représentant d’une marque ? « Ça dépend de combien ils payent », assure un Stephon Marbury qui ne perd pas le nord.

Combien de joueurs tatoués aujourd’hui ? Si en 2003, l’auteur d’un ouvrage spécialisé évoque un taux de 70%, plus récemment un blogueur a tenu pendant plusieurs saisons une base de données plutôt méticuleuse affichant plutôt un taux de tatoués dans la ligue stable, autour des 55%. Une fourchette confirmée récemment par Hoopshype. C’est dans tous les cas au-dessus du commun des mortels puisque selon un sondage de cette année, 31% des Américains majeurs interrogés disent être tatoué ou l’avoir été (contre 18% en France).

En revanche, ce taux grimpe à 47% parmi les « Millennials » américains. Ainsi, comme la ligue se rajeunit de draft en draft, « il est possible que la fréquence du tatouage en NBA ne soit qu’un reflet de la population jeune américaine équivalente », en déduit Nicolas Kluger, dermatologue spécialisé dans les problèmes médicaux liés aux tatouages.

« Il semble bien qu’aux États-Unis, les joueurs NBA (comme ceux de la NFL) soient pour beaucoup tatoués, poursuit le spécialiste, sachant que la fréquence dans cette tranche d’âge a son importance, tout comme l’origine sociale des joueurs. Même si le tatouage touche toutes les CSP, il est plus fréquent dans les catégories populaires. Parmi les autres explications, on peut citer l’effet « corporatiste » dans une équipe et probablement par influence des joueurs tatoués au contact de ces derniers, les nouveaux non tatoués finissent par le faire. »

Shane Battier est de son côté persuadé que les tatoués de la ligue influencent aussi le restant de la population. « Historiquement, ce qui est cool dans la NBA devient cool dans la culture pop. La culture populaire a emboîté le pas et les tatouages ​​sont désormais très répandus. » Bien ancrés dirons-nous, ou encrés…

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