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[Portraits croisés] Dwyane Wade, Tony Parker et Dirk Nowitzki | Episode 2, les coaches

Retour sur les parcours hors du commun de trois joueurs de légende, qui ont tous les trois pris leur retraite des parquets à l’issue de cette saison.

Trois légendes de la NBA qui ont marqué ces deux dernières décennies ont tiré leur révérence à l’issue de la saison : Dwyane Wade, Tony Parker et Dirk Nowitzki. Dwyane Wade s’est offert une dernière danse aux airs de jubilé tout de long de l’exercice, tandis que TP et Dirk Nowitzki, parmi les meilleurs joueurs de l’histoire du basket européen, ont été plus sobres. L’ailier fort de Dallas a tout de même eu droit à un bel hommage le soir de sa dernière et se prépare à voir sortir de terre une statue à son effigie aux abords de l’American Airlines Center. TP a quant à lui pris sa décision en juin après avoir mûrement réfléchi face à la tentation de pousser une année supplémentaire.

Ces trois champions à la carrière immense ont été liés toutes ces années durant leurs parcours respectifs. Par leur arrivée « discrète » en NBA, leurs affrontements (en saison régulière, en playoffs mais aussi plusieurs fois en finale NBA), leurs titres, leur fidélité (quasi) infaillible, leurs relations uniques avec leurs coachs…

Autant de belles histoires dans lesquelles Basket USA a pris le temps de se replonger pour vous proposer une mini-série en cinq épisodes qui met en lumière ces trois destins extraordinaires. Celui d’aujourd’hui rend hommage aux trois coaches qui ont joué un rôle majeur dans leurs carrières : Erik Spoelstra, Rick Carlisle et Gregg Popovich.

DWYANE WADE ET ERIK SPOELSTRA, L’ASCENSION COMMUNE

Le 9 octobre 2008, le Heat était de passage à Paris pour un match amical de pré-saison face aux Nets de Vince Carter. Le légendaire Pat Riley vient de se retirer du poste de « head coach » de la franchise floridienne et c’est l’inconnu au bataillon Erik Spoelstra qui vient de le remplacer. À ce moment-là, personne ne croit une seconde que l’ex-assistant, entré au Heat en 1995 en tant que coordinateur vidéo, va faire long feu à la tête de l’équipe.

Deux ans plus tard, lorsque LeBron James et Chris Bosh débarquent, ils étaient encore peu nombreux à voir en coach Spoelstra l’homme providentiel. Aujourd’hui, après onze ans et deux titres de champion NBA, le stratège est toujours en place, possédant les records de longévité (904 matchs) et de victoires de l’histoire du Heat (594).

La raison de ce parcours d’exception tient sans doute dans sa relation avec Dwyane Wade. Promu directeur du scouting puis assistant coach, ce dernier a longtemps travaillé dans l’ombre avec le n°3 du Heat, corrigeant notamment avec succès sa mécanique de tir lors de l’été 2004. Lorsque les « Three Amigos » ont été formés, le tour est donc venu pour D-Wade de lui rendre la pareille lorsque les premières secousses et autres rumeurs de licenciement ont fait surface. Même lorsque le King en personne émettait des doutes.

Au fil des années, c’est une confiance aveugle qui s’est développée entre eux. Sa persévérance récompensée par le titre de 2012 lui valait bien une montre de la part de « Flash ». « Je l’ai déjà dit de nombreuses fois, je pourrais parier ma vie sur un match s’il a la balle dans les mains pour la dernière possession », raconte ainsi Erik Spoelstra.

Pourquoi une telle fusion ? les deux hommes ont une ligne de conduite similaire : humilité, éthique de travail, amour incommensurable pour la balle orange et une progression commune au fil des années pour cimenter le tout.

« Tout le monde sait ce que je ressens pour Dwyane », explique le « head coach ». « Il était un rookie lorsque j’étais un jeune assistant-coach et nous avons pu nous voir évoluer dans cette profession et dans nos vies personnelles pendant plus d’une décennie. Nous avons été en mesure d’accomplir tant de choses avec cette franchise ».

Les deux ont de quoi se sentir reconnaissants l’un envers l’autre. Dwyane Wade pour l’avoir aidé à progresser durant ses jeunes années, Erik Spoelstra pour le rôle primordial que D-Wade a joué dans la réussite des « Three Amigos ».

« Je vais encore raconter des histoires sur Dwyane dans 20 ans aux jeunes joueurs, sur ce que cela signifie vraiment de tout faire pour gagner. Quand vous mettez une équipe de Hall of Famers sur pied, il sera prêt à se sacrifier en n’étant pas le meilleur marqueur pour permettre à un autre joueur d’être MVP. Voire même plus, à sortir du banc comme il le fait cette année », a-t-il ainsi rappelé cette saison.

C’est sur la fin de la carrière de Dwyane Wade qu’Erik Spoelstra s’est le plus confié sur le sujet. Notamment lorsque le joueur emblématique du Heat est parti pour Chicago puis Cleveland entre 2016 et 2018, une rupture que le coach a vécu comme s’il avait perdu sa petite amie !

« C’est comme être dans la quatrième dimension. Chaque fois qu’il porte un nouveau maillot, vous dites « OK, mais pas dans cette équipe ». Cela ne me semblera jamais juste, je déteste ça, même si je suis content pour Dwyane et sa famille », avait-il alors confié après l’arrivée de l’arrière en Ohio.

Inversement, lorsque « Flash » a fait son retour, Erik Spoelstra l’a accueilli avec des étoiles dans les yeux. « On va récupérer un joueur de son calibre qui pourra rendre tout le monde meilleur, nous aider à tous être de meilleures versions de nous-mêmes. Et Dwyane est un gagnant, il trouvera un moyen de s’intégrer. Au cours de sa carrière, il a prouvé qu’il pouvait se réinventer à maintes reprises pour aider à gagner, et c’est l’une des choses qui le rend si unique en tant que Hall of Famer », avait-il ainsi lâché.

Lors de la fin de saison 2018, il s’en est fallu de peu pour qu’Erik Spoelstra s’effondre en larmes alors que les rumeurs de retraite de D-Wade se faisaient insistantes. « J’ai juste eu une étrange accolade avec lui dans les vestiaires. Après le match, j’étais pratiquement en pleurs. Pour être totalement franc avec vous, je ne suis même pas prêt émotionnellement à avoir une discussion avec lui. Je ne voulais même pas lire le moindre indice dans ses yeux à ce moment-là ».

Quelques semaines plus tard, « coach Spo » fera partie de ceux qui vont réussir à le convaincre de repartir pour une dernière danse. Lors de l’ultime représentation de Dwyane Wade à l’American Airlines Arena, il faisait ainsi partie des personnes les plus émues.

Tout n’a pas toujours été idyllique pour autant entre les deux, quoi de plus normal en plus de 15 ans de collaboration. « C’est comme une famille », a expliqué Dwyane Wade. « Dans une famille, on s’aime, et parfois on n’a pas envie de se parler. Cette équipe est une famille. On se respecte tous les uns les autres, et on a tous un but commun : gagner ». Sur ce point, le tandem peut être satisfait du chemin accompli.

DIRK NOWITZKI ET RICK CARLISLE, LA RIGUEUR À L’ALLEMANDE

Au cours de ses 21 saisons, Dirk Nowitzki a lui connu trois coaches : Don Nelson, Avery Johnson et Rick Carlisle. Si Don Nelson le considère comme son « fils allemand », c’est avec Rick Carlisle que l’Allemand a noué le plus d’affinités. Ce dernier était d’ailleurs le seul des trois présents lors de son dernier match en carrière, occupant le rôle de « maître de cérémonie » qui en dit long sur l’estime que les deux protagonistes se portent.

Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois quinze ans plus tôt, au All-Star Game de Los Angeles, alors que Rick Carlisle entraînait l’équipe de l’Est.

« Il y avait un briefing avec les deux équipes et staffs et j’ai fini assis à côté de lui. On avait parlé pendant cinq à dix minutes, sur plein de choses. Il savait que j’avais joué avec Larry Bird à l’époque. Je me souviens de la pureté qu’il dégageait en tant que personne, joueur et compétiteur », s’est remémoré Rick Carlisle. Avant d’arriver dans le Texas, Rick Carlisle avait déjà une haute estime de l’Allemand « un All-Star sur la durée, un super joueur et un gars qui pour moi, à ce moment, avait redéfini le poste d’ailier fort ».

Aucun des deux n’imagine alors la suite, à savoir qu’ils se retrouveraient à Dallas à l’aube de la saison 2008-2009. « Avant même le premier match de la saison, Dirk avait acté le fait qu’il serait toujours sur un pied d’égalité, inébranlable, avec le reste de l’équipe sur tout un tas de choses », ajoute-t-il au sujet de l’Allemand, « un gars qui n’a jamais cherché de l’attention, qui n’a jamais voulu être dans la lumière, rien de plus que d’être au service de ses coéquipiers, des fans et aussi de la direction, car il a également une relation particulière avec Mark Cuban ».

Sous les ordres de Rick Carlisle, les Mavs parviennent à constituer des rosters impressionnants. Et après deux campagnes marquées par deux revers en demi-finale de conférence (4-1 face aux Nuggets) puis au premier tour (4-2 contre les Spurs), vient la consécration avec le titre de 2011 au parfum de revanche face au Heat. « Ça reste un moment fort en émotions », poursuit le stratège des Mavs. « Pour lui, mais aussi très gratifiant pour moi, Mark (Cuban) et Donnie (Nelson) aussi, car c’était vraiment unique d’avoir pu mettre cette équipe avec des gars comme Dirk, Jason Kidd, Jason Terry, Tyson Chandler ou Shawn Marion, en position de remporter un titre ».

La rigueur de Rick Carlisle, connu pour être méticuleux sur tous les détails et prendre des temps morts dès le moindre accroc, parle beaucoup à Dirk Nowitzki, qui apprécie ce cadre. C’est sans doute aussi grâce à lui que le « Wunderkid » a pu jouer aussi longtemps malgré les pépins physiques. Encore une fois, l’intelligence de l’intérieur a joué dans son changement de rôle progressif, de superstar à simple joueur de rotation. Même si les dernières années sans playoffs ont été difficiles à digérer pour l’international allemand, à l’arrivée, le tableau de ses 21 saisons passées sous le même maillot est magnifique et force le respect de tous.

Rick Carlisle a sans doute plus de « self control » qu’Erik Spoelstra au niveau de ses émotions. Ce qui ne l’a pas empêché de déclarer lui aussi sa flamme à l’issue de leur aventure commune, assurant que « tout » allait lui manquer dans sa relation avec Dirk Nowitzki.

« Tout le monde aime ce gars dans ce pays. Cette année a été très positive, avec un débordement de respect et d’adulation. Ça a été super d’être témoin de ça. Mais ça a été difficile pour lui, de pouvoir aller au combat, se remettre de blessure, ça a été une bataille quotidienne », a-t-il ainsi lâché lors de la dernière semaine de saison régulière au sujet de son compagnon de route le plus fidèle.

TONY PARKER ET GREGG POPOVICH, LE CONTRAT DE CONFIANCE

« Juste », tel est le terme le plus souvent utilisé par Tony Parker au cours de sa carrière pour définir la  « patte » Gregg Popovich, considéré de l’extérieur comme un coach un peu dur et froid. Au fil des années, TP a réussi à faire comprendre que c’était plutôt tout le contraire : un bon vivant qui sait faire la part des choses entre la vie d’homme et de basketteur de ses protégés.

« C’est difficile d’expliquer ce qui fait de Pop un tel leader », ajoute-t-il ainsi dans sa lettre d’adieu à San Antonio pour The Player’s Tribune. « Bien sûr, il y a ce que vous savez tous : c’est un communicateur de génie, un penseur aiguisé, un brillant motivateur et un type formidable. Mais je pense que ce qui le rend unique en tant qu’entraîneur NBA, ce sont ses principes : la façon dont il les a établis dès le début – et la façon dont il les a toujours respectés depuis », que ceux-ci aillent dans son sens ou pas ».

« Confiance », tel serait l’autre terme qui pourrait le mieux qualifier la relation entre le meneur et son coach pendant 17 ans. C’est qu’il faut en avoir, de la confiance, pour lancer un jeune comme TP, drafté en fin de premier tour, dans le grand bain comme l’a fait Pop dès la première saison du « Frenchy » dans le Texas. Pour un professionnel, la confiance, c’est ce qui fait toute la différence entre un bon et un grand joueur. Durant toute sa carrière aux Spurs, Tony Parker a donc été grand, permettant notamment à San Antonio de ne pas manquer une campagne de playoffs, mais aussi en devenant le premier Européen à décrocher le titre de MVP des Finals, en 2007. Il aurait peut-être pu en avoir un second, six ans plus tard, mais Ray Allen en a décidé autrement.

La confiance que lui a offert Gregg Popovich toutes ses années n’y est pas étrangère, ce qui ne l’a pas empêché de lui passer des savons, de le mettre sur le banc quand ça n’allait pas ou selon ses choix tactiques. À ses débuts, c’était même parfois l’amour vache entre le Français et son coach. La suite des événements a donné raison à Pop sur son mode opératoire. « Il voulait que je grandisse plus vite, donc il était très dur avec moi. Lorsqu’on faisait de la vidéo, c’était parfois le « Tony Parker Show » parce qu’il me criait tellement dessus », glissera plus tard TP.

Des valeurs qui évoquent aussi une relation entre un père et son fils. Coach Pop avait d’ailleurs qualifié son meneur ainsi lorsque celui-ci a fini par rejoindre Charlotte la saison passée. « Je penserai toujours à lui. C’est un gamin unique et je me suis toujours senti comme un père pour lui au fil des années. Il a toujours été comme un fils pour moi. Ça fait un peu mal au cœur, mais il est dans une bonne situation. Il fait du bon boulot et réalise une bonne saison. Il est heureux, et tant qu’il l’est, je le suis. C’est un ami pour la vie et quelqu’un pour lequel j’aurai toujours de l’attention. Ce sera génial de le revoir » avait-il lancé lors du retour de TP à San Antonio en saison régulière.

Plus que les victoires, les titres, la reconnaissance, c’est finalement dans ce rôle de « père » que le coach des Spurs s’est le plus épanoui depuis 20 ans.

« J’ai le sentiment d’être comme un père pour tous ces gars. C’est ce qui me satisfait le plus dans ce que je fais. Car tu ne peux pas uniquement tirer de satisfaction lorsque le ballon tombe dans le cercle. Parce qu’ils sont ce qu’ils sont et qu’ils m’ont laissé m’impliquer dans leurs vies, c’est une vraie joie pour moi ».

Cette confiance, on la retrouve également lors de ces scènes mythiques, où TP prenait la parole pendant les temps-morts, le coach et le meneur étant sur la même longueur d’ondes. Ou encore lorsque le Français essayait de convaincre Pop qu’il était suffisamment frais pour retourner sur le parquet. Mais aussi lorsque, sur la fin de leur collaboration, Tony Parker s’est présenté face à son coach pour lui dire que le moment était venu pour Dejounte Murray de prendre sa place dans le cinq majeur. Pareil pour son départ à l’été 2018, opéré sans perte ni fracas.

Toutes ces années, TP et Pop n’ont été guidés que par une volonté commune : celle de voir les Spurs réussir. Mais pour le n°9 aussi, c’est autre chose qu’il retient avant tout de sa relation avec le coach de San Antonio. « Il m’a aidé à devenir un meilleur homme, sur et en dehors des parquets. J’adore être là, parce que tu prends soin de nous et ça n’inclut pas uniquement le basket. C’est vraiment rare dans notre business d’avoir quelqu’un comme ça. Quand je parle aux autres gars dans la ligue et en Europe, c’est juste que ça n’existe pas ».

Contrairement à Dwyane Wade, qui est revenu à la maison après son escapade de deux ans, et Dirk Nowitzki, qui ne l’a jamais quittée, Tony Parker et Gregg Popovich pourront regretter d’avoir terminé l’un sans l’autre.

Les deux se sont contentés d’une franche accolade à l’issue de leur ultime confrontation, un moment d’émotion sobre, qui a résumé leur profond respect mutuel. « Tony est un être humain merveilleux et un grand joueur. Il mérite tout cet amour », a résumé l’entraîneur à l’issue de l’hommage à TP pour son dernier match à l’AT&T Center.

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