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Russell Westbrook, la conférence Ouest, Thomas Heurtel… La grosse interview de Nicolas Batum

NBA – Bien installé chez les Clippers, Nicolas Batum est revenu pour Basket USA sur l’arrivée de Russell Westbrook, la densité à l’Ouest et le cas Thomas Heurtel en Equipe de France.

Nicolas BatumUne heure avant le choc entre les Warriors et les Clippers au Chase Center de San Francisco, le vestiaire des Clippers est bien calme avec Paul George assis d’un côté, et Nicolas Batum de l’autre. On en profite pour s’approcher du capitaine de l’équipe de France pour lui demander ses impressions sur ses Clippers « new look », qui n’ont toujours pas gagné depuis l’arrivée de Russell Westbrook.

Avant ce nouveau revers, « Batman » s’est également exprimé sur la densité de la conférence Ouest, l’avantage que possèdent les Nuggets, mais également les raisons de son soutien à Thomas Heurtel, qu’il souhaite voir de nouveau sélectionnable en équipe de France.

Nicolas, vous avez accueilli quatre nouveaux joueurs depuis la « trade deadline », et malgré les défaites, certaines de peu, qu’est-ce que vous retenez de ces matchs ?

Offensivement, on est pas mal ! C’était un peu intriguant parce que quand tu intègres quatre nouveaux joueurs, qui jouent un vrai rôle pour nous, ça va prendre trois, quatre, cinq matchs à se mettre en place. Et c’est un peu frustrant, parce que mis à part le match contre Minnesota où on a manqué de jus, Sacramento t’es à +11 à deux minutes de la fin du match, Denver t’es à un rebond de les battre là-bas. De surcroît contre une équipe de Denver au complet alors qu’on n’avait pas eu beaucoup d’entrainements pour mettre des choses en place. Donc ce n’est pas alarmant parce que ce ne sont que les premiers matchs, et on a encore du temps pour mettre en place notre collectif. Il faut aussi que Ty Lue trouve ses rotations, parce que c’est aussi à trouver. Quand tu as beaucoup de joueurs qui peuvent jouer, faut trouver les bonnes rotations. C’est une mise en place qui va prendre quelques matchs mais ça va aller.

Avant ces arrivées, depuis le début de saison, vous avez dû composer avec les blessures, et notamment la gestion de Kawhi Leonard. Comme il reste moins de vingt matches pour construire un collectif, n’êtes-vous pas inquiet sur les difficultés de créer des automatismes, et de trouver une certaine alchimie ?

Il n’y a pas d’inquiétude parce que t’as quand même beaucoup de vétérans. Les dix principaux joueurs sont quasiment que des vétérans, et la plupart ont atteint au minimum une finale de conférence. Ils ont donc connu des gros matchs, des longs playoffs. Donc, non, je ne suis pas forcément inquiet parce qu’on sait quoi faire, on a confiance dans le coach… Quand tout le monde trouvera son rôle, quand on aura nos rotations, on sait qu’on peut être pas mal… Mais c’est sûr que ça va prendre un petit peu de temps quand même… et qu’on n’a pas forcément trop de temps.

L’autre aspect de cette équation est évidemment la densité de la conférence Ouest. Est-ce que ça vous demande une approche différente de d’habitude que ce soit sur le plan personnel et collectif puisque de nombreux matchs, comme celui de ce soir contre les Warriors, comptent double au classement ?

Pas forcément, tu sais l’Ouest, ça a toujours été comme ça. Quand j’étais à Portland, c’était plus ou moins la même chose, donc j’ai l’habitude. Mais non, faut pas forcément se prendre la tête avec ça. Il faut simplement jouer à fond pour aller chercher les matchs. C’est sûr que c’est plus arrangeant quand tu gagnes, vu le classement.

« L’équipe la plus rodée, la plus en place, c’est Denver »

Est-ce que ce dernier mois de saison régulière s’apparente à des playoffs avant l’heure vu que beaucoup d’équipes se battent pour se qualifier ?

Après le All-Star Game, t’es vraiment dans la course, t’es concentré sur cette course parce que normalement tu as fini tous les « road trip » dans l’autre conférence. Tu es donc vraiment concentré sur ta conférence. Et puis cette année, c’est quasiment que des matchs contre des concurrents directs quand tu joues les 10-12 premiers de la conférence, et c’est bien parce que ça te prépare aussi pour la suite.

Est-ce que ça rend la fin de saison plus intéressante comme il y a très peu d’équipes qui n’ont plus rien à jouer ?

Bien sûr ! Cela ça veut dire que tu fais partie d’une équipe qui joue pour quelque chose. Donc c’est mieux d’être en mode compétition H24, t’as pas de matchs « off ». Comme tu le disais, c’est tellement serré… Mis à part Denver qui a un petit matelas d’avance, le reste est serré. De Memphis… jusqu’aux Lakers, Portland ou OKC. Il y a douze équipes sur quinze qui vont jouer pour quelque chose jusqu’au 82e match !

L’Ouest s’est renforcée avec l’arrivée de Kevin Durant à Phoenix, de Kyrie Irving à Dallas. Est-ce que vous voyez les Suns comme le grand favori de la conférence ou vous pensez que les médias et les fans manquent de respect à ce que les Nuggets sont en train de réaliser ?

Le problème c’est ça, en fait. Puisque tu as amené KD dans une équipe, ça te met en haut très, très vite. Après je pense que l’équipe la plus en place pour l’instant, la plus rodée, et ça se voit, c’est Denver. C’est une équipe qui a un collectif maintenant en place depuis plusieurs années, ils n’ont pas forcément changé grand-chose. Ils n’ont quasiment fait aucun échange, je crois. Ils ont ajouté Reggie Jackson, et Thomas Bryant mais le socle de l’équipe n’a pas changé. Alors pour Phoenix, oui il faut intégrer KD dans un groupe mais quand c’est un joueur comme ça, ça va se faire. Ils seront bien sûr dans la course. Aujourd’hui, l’équipe la plus en place c’est Denver, mais bien sûr que Phoenix a tous les arguments pour prendre cette casquette de favori.

« On sait très bien qui est Russell et on sait très bien ce qu’il va apporter »

Revenons aux Clippers, et sa recrue phare, Russell Westbrook. Depuis plusieurs années, on pointe souvent du doigt ses défauts, mais comment peut-il bonifier votre équipe ?

Déjà c’est un très bon rebondeur. Au rebond, il apporte quelque chose pour sa position et sa taille. C’est un mec qui joue à fond tout le temps, et tu ne peux pas le lui reprocher. Il apportera 150-200% à chaque fois. Alors oui, parfois il y aura des passes ou des tirs risqués, mais tu sens qu’il essaie de prendre les bonnes décisions depuis qu’il est avec nous. Il essaie vraiment de faire attention et moi, je ne lui en demande pas plus. On sait très bien qui il est, on sait très bien ce qu’il va apporter. Et de toutes façons, il n’y a aucun joueur parfait et j’ai l’impression qu’avec lui on se focalise un peu trop là-dessus. Tout le monde a des points faibles mais il va nous apporter beaucoup de choses. En trois matchs avec nous, il tourne quasiment à 10 passes de moyenne donc il apporte un certain « playmaking » à la mène. Défensivement il est costaud. Il peut retirer cette pression par rapport à PG et Kawhi. Tout ne repose pas sur lui, il va aussi falloir qu’on apprenne à jouer avec lui et vice versa, mais ça ne fait que trois matchs. À chaque fois, on n’est pas très loin et contre Denver il est très bon. Il est très, très bon, contre Sacramento aussi… Cela va venir.

Avant son arrivée, Ty Lue avait opté pour une rotation sans vrai meneur. Que pensez-vous de cette expérimentation et pensiez-vous avoir besoin d’un meneur de « formation » pour vous aider à atteindre votre objectif ?

La race des meneurs, purs meneurs, il y en a quelques-uns encore, Chris Paul, Trae Young… mais je pense que maintenant il te faut surtout un bon « ball handler », qui peut gérer mais aussi scorer. Tu n’as plus de John Stockton… Ce que nous apportes Russ ou même Bones Hyland, c’est quelque chose de différent. Il y a du punch, de l’énergie, de l’agressivité, et ça peut nous donner une dimension qu’on n’avait pas jusque là.

« Je l’ai toujours dit : Thomas Heurtel, il faut le prendre parce qu’il va te sortir le quart-temps qui va te sauver ta compétition »

En parlant de meneur de jeu, vous vous êtes prononcé en faveur d’un retour de Thomas Heurtel en Equipe de France. Pensez-vous que la fédération puisse revenir sur sa décision de l’été dernier ?

Je ne sais pas mais j’ai vu l’intervention d’Isabelle Yacoubou (dans l’émission Hype)… C’était très, très bien je trouve. Personnellement, je n’y étais pas l’année dernière avec cette histoire de charte. Mais la raison pour laquelle j’ai dit ça c’est qu’il a fait un choix personnel. On lui met des trucs sur le dos, on sait très bien qu’il est contre, il n’est pas pour l’agression russe en Ukraine, qu’on soit bien d’accord… Faut pas non plus être idiot. Si j’ai dit ça, c’est parce qu’encore une fois, on ne voit que les points négatifs alors que ce mec là, ça fait dix ans qu’il est là. Dès qu’on l’appelle, je n’ai jamais entendu un refus. En 2014, il nous sort le match qui nous sauve contre l’Espagne, et en 2015, il rate l’Euro en France… Tu l’as entendu, à ce moment-là ? Non ! Derrière, il revient, il dit rien. Et à chaque fois qu’il revient, il fait le boulot. Et à chaque fois, il nous sauve. Moi je l’ai toujours dit : Thomas Heurtel, il faut le prendre parce qu’il va te sortir le quart-temps qui va te sauver ta compétition et parfois c’est ce qui s’est passé. Donc c’est juste pour ça, même s’il a fait un choix personnel, il ne faut pas remettre en cause tout ce qu’il a fait pour la France parce que c’est un des rares mecs qui a toujours été présent. Et il n’a jamais rien dit, même quand il n’avait pas été pris pour une compét’. Et moi, je respecte ça énormément.

En tant que capitaine, avez-vous votre mot à dire ou c’est une décision réservée aux dirigeants de la fédération ?

Je n’étais pas là l’année dernière donc je ne sais pas…

Certes, mais vous n’êtes pas n’importe qui. Votre opinion pèse, j’imagine…

Je ne sais pas ce qui va se passer pour la suite, pour cet été. On a aussi vu plein de nouveaux joueurs qui ont fait des bonnes choses, surtout à la mène… C’est donc un drôle de débat et c’est dommage d’en être arrivé là.

Propos recueillis à San Francisco.

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