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Le jour où l’arbitre Joey Crawford a expulsé Tim Duncan pour s’être marré sur le banc

NBA – C’est l’une des scènes mémorables de la NBA des années 2000, entre deux personnages que tout oppose. Un arbitre maladivement colérique et une superstar discrète. Un soir, Joey Crawford a dégoupillé contre l’intérieur des Spurs.

Avec seulement 83 fautes techniques reçues dans sa carrière, longue de 1 392 matches, Tim Duncan n’était pas le joueur le plus difficile à arbitrer. L’intérieur des Spurs savait se faire entendre et se plaindre, mais il n’était pas une grande gueule. Il n’a même été exclu d’un match qu’à deux reprises : en 2001-2002, puis le 15 avril 2007.

Si la date de cette seconde occurrence a été retenue, c’est pour ses circonstances assez pittoresques. Dans une rencontre à Dallas, Tim Duncan va se faire siffler deux fautes techniques, dont la seconde, synonyme d’expulsion, pour avoir simplement… rigolé sur le banc !

Le coupable, c’est Joey Crawford, arbitre reconnu et un des visages de la profession en NBA pendant plusieurs décennies (2 561 matches dirigés, 374 en playoffs, 50 en Finals). L’homme en gris est aussi connu pour son énergie, qui vire parfois à l’autoritarisme, voire à la colère.

Le regard abasourdi de Tim Duncan

Fin de troisième quart-temps. Tim Duncan est sur le banc, à observer Jason Terry shooter ses lancers-francs. Quelques instants auparavant, il n’a guère compris la faute offensive qu’on lui a sifflée. Une fois le second lancer-franc manqué et le rebond pris par San Antonio, Joey Crawford siffle pour interrompre le jeu. Il sanctionne alors Tim Duncan d’une faute technique, devant le regard étonné de ce dernier. Abasourdi, l’intérieur préfère en sourire.

Une minute après, une faute est sifflée contre les Spurs, ce qui provoque un rire appuyé du MVP 2002 et 2003, toujours sur le banc. Joey Crawford dégaine une seconde faute technique et expulse Tim Duncan ! En quelques secondes, la star est éjectée alors qu’il était sur le banc… Après le match, Tim Duncan parlera d’une « vendetta ».

« Je n’ai pas dit un mot ! Joey vient me voir et me dit : « Tu veux te battre ? C’est ça que tu veux ? » C’est bizarre de la part d’un arbitre de dire ça. Moi, s’il veut se battre, je n’ai pas de problème, si c’est ce qu’il veut. Mais c’est bizarre qu’un arbitre vous dise ça en plein milieu d’une rencontre. Joey savait exactement ce qu’il faisait. Il est arrivé au match avec une idée dans la tête. C’est évident que c’est une vendetta contre moi. Pendant toute la partie, je n’ai absolument rien fait et dit. Et là, coup sur coup, il siffle deux fautes techniques pour me sortir du match. »

Évidemment, les images font parler tout le microcosme NBA, qui s’interroge sur les raisons qui ont poussé Joey Crawford à agir ainsi face à une star de la ligue, qui plus est une des plus discrètes. L’arbitre expliquera s’être fait insulter « d’espèce de merde » par l’intérieur des Spurs. La ligue décide de se pencher sur la question.

David Stern ne tremble pas et suspend carrément Joey Crawford pour « comportement impropre et commentaire inapproprié » envers Tim Duncan, échouant ainsi devant les « standards de professionnalisme » attendus de la part des arbitres de la NBA. De son côté, le joueur est sanctionné de 25 000 dollars d’amende pour son insulte.

Un électrochoc pour l’arbitre

Joey Crawford reviendra sur les parquets à partir de la saison suivante. Mais cet incident, qui a profondément terni sa réputation et sa carrière, lui a également servi de révélateur. Colérique et formé à l’ancienne école, il a pris conscience qu’il ne pouvait plus être dominé par ses émotions.

« Ça m’a choqué », avouait-il en 2018. « J’ai alors réalisé qu’il fallait que je fasse quelque chose. Je devais en parler à un professionnel pour gérer toute cette colère. Je pensais alors qu’il y avait de fortes chances que ma carrière soit terminée. Ma famille a été également affectée par cela. J’avais ramené mes soucis à la maison et on en parlait dans la presse. C’était incroyablement embarrassant. »

Et c’est Joel Fish, directeur du centre de psychologie du sport de Philadelphie, qui va alors « sauver » sa carrière.

« J’ai commencé à le voir plusieurs fois par semaine. Ce fut la meilleure décision de ma vie. J’aurais aimé l’avoir prise 25 ans avant. Il m’a conseillé de faire quelque chose avec mes mains quand je sentais la colère monter en moi. Les mettre sur le côté ou dans mon dos. Il m’a aussi expliqué qu’il fallait que je me rappelle continuellement : ‘Calme-toi’. Si quelqu’un venait contester un mauvais coup de sifflet, alors je devais ralentir mon souffle, me souvenir que j’étais un bon arbitre. Ces éléments m’ont aidé à faire les dix dernières années de ma carrière. »

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