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L’arbitre Joey Crawford raconte comment la mauvaise gestion de sa colère a mis sa carrière en péril

Dans la hiérarchie des acteurs du sport, les arbitres occupent une place obscure. Contrairement aux joueurs, coaches ou dirigeants, ils ne sont jamais ou presque récompensés pour leurs bons services.

Pis, quand ils se trompent, ils sont pointés du doigt, raillés, critiqués voire carrément insultés. Cette position, pas toujours facile à assumer, les met en difficulté et il n’est pas étonnant d’entendre leur voix dans la discussion actuelle sur les troubles mentaux dans la NBA.

Joey Crawford, un des arbitres les plus capés (2 561 matches dirigés, 374 en playoffs, 50 en Finals), a raconté à ESPN comment la colère qu’il renfermait et qu’il exprimait très mal a failli lui coûter sa carrière.

L’ancien temps

Pour mieux saisir la psychologie de Joey Crawford, il faut remonter au contexte de ses débuts en NBA. Non pas que sa colère n’était pas déjà présente, mais le comportement des arbitres était clairement différent.

« Quand j’ai commencé en NBA, en 1977, on criait sur les coaches », se souvient-il. « Et les coaches répondaient. Les joueurs aussi. On fonctionnait ainsi. Les anciens nous avaient dit qu’il fallait faire ainsi. Si on ne le faisait pas, on était l’exception et les autres vous sautaient dessus. On était ostracisé et la méthode plus calme, raisonnable, ne fonctionnait pas. »

Pour s’imposer, Joey Crawford a donc été obligé de rentrer dans le moule et de montrer les muscles. Seulement, les temps changent, la pression augmente sur les hommes en gris et les pires attitudes surgissent.

« On doit gérer beaucoup de choses quand on est arbitre. C’est une cocotte-minute, chaque match, chaque soir. Tout le monde a une embrouille avec vous : coaches, joueurs, fans. Un jour, on m’a craché dessus. Ce fut le pire moment pour moi. C’était à Golden State, au milieu des années 1990, dans ce qu’on appelait alors la Oakland Alameda Arena. Je travaillais avec Billy Spooner et il a sifflé quelque chose d’important dans la dernière minute – je ne me souviens pas des détails. Mais quand je suis parti, un gars m’a craché au visage. Si j’avais pu l’atteindre, je l’aurais tué. Les policiers nous ont escortés, donc je n’ai pas eu cette chance. »

Dès lors, impossible pour lui de dissocier ses émotions et les réactions autour lui. L’homme et l’arbitre se confondent.

« Mon problème, c’était ma colère. J’essayais de la gérer quand j’étais trop en colère sur le terrain. Wally Rooney (un ancien arbitre) m’a dit : ‘Joey, ils ne crient pas sur toi, ils crient sur ton maillot.’ Je ne pouvais pas m’enlever ça de la tête. Ça me dérangeait qu’un gars puisse me crier dessus alors qu’il ne savait rien de ce qu’on faisait. »

Le précédent Don Nelson

Incapable de se contenir, il ira jusqu’à rejoindre Flip Saunders dans les vestiaires à la mi-temps d’un match, pour lui crier dessus ! Forcément, l’incident revient aux oreilles de David Stern, alors patron de la NBA, qui parvient à étouffer l’affaire sur le plan médiatique mais lui conseille fermement de se calmer.

Mais rien n’y fait. Nouvel incident avec Don Nelson.

« En 2003, j’ai eu un problème avec Nellie dans une rencontre de playoffs. Je l’ai expulsé. Il n’avait rien dit, il était simplement debout, les bras croisés. Je pensais qu’il essayait de nous intimider. Je lui ai demandé s’il allait retourner sur le banc. Il m’a répondu ‘Non’, donc je lui ai mis une faute technique. J’ai réitéré ma demande. Il a encore répondu ‘Non’, donc je l’ai mis dehors. J’ai également expulsé son assistant Del Harris. »

Là encore, David Stern intervient et insulte copieusement l’arbitre, qui comprend bien qu’il a (encore) mal agi. Le boss de la ligue lui suggère d’attendre que le coach l’ait insulté avant de l’exclure, ce qui faciliterait sa défense ensuite. Là, c’est plus compliqué puisqu’il n’avait rien fait…

L’électrochoc avec Tim Duncan

Dans cette logique, l’incident fameux avec Tim Duncan en 2007 demeure le pire exemple possible.

Rappel des faits : l’intérieur des Spurs est assis sur le banc, où il rigole. Joey Crawford pense qu’il est le sujet des railleries et décide de le renvoyer aux vestiaires. Il n’a aucun motif valable pour le faire et il s’attaque alors à un des plus grands joueurs de la ligue, pas réputé pour son agressivité. La sanction tombe : fin de saison pour Joey Crawford.

« Ça m’a choqué. J’ai alors réalisé qu’il fallait que je fasse quelque chose. Je devais en parler à un professionnel pour gérer toute cette colère. Je pensais alors qu’il y avait de fortes chances que ma carrière soit terminée. Ma famille a été également affectée par cela. J’avais ramené mes soucis à la maison et on en parlait dans la presse. C’était incroyablement embarrassant. »

Après une première visite chez un professionnel non concluante, Joel Crawford se dirige vers le cabinet de Joel Fish à Philadelphie. Directeur du centre de psychologie du sport de la ville, ce médecin a souvent travaillé avec les arbitres NBA.

« Il a sauvé ma carrière. J’ai commencé à le voir plusieurs fois par semaine. Ce fut la meilleure décision de ma vie. J’aurais aimé l’avoir prise 25 ans avant. Il m’a conseillé de faire quelque chose avec mes mains quand je sentais la colère monter en moi. Les mettre sur le côté ou dans mon dos. Il m’a aussi expliqué qu’il fallait que je me rappelle continuellement : ‘Calme-toi’. Si quelqu’un venait contester un mauvais coup de sifflet, alors je devais ralentir mon souffle, me souvenir que j’étais un bon arbitre. Ces éléments m’ont aidé à faire les dix dernières années de ma carrière. »

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