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Vin Baker, une bouteille à la mer

Vin BakerL’alcool est un fléau dont on parle assez peu en NBA. Pourtant, les exemples de carrière coulée par la boisson ne manquent pas.

Au milieu des années 90, certains voyaient à Vin Baker un destin de Hall of Famer. Le lock-out de 1998 stoppa net l’ascension de « l’homme araignée », pris dans la toile d’une addiction fatale.

Un gâchis à la Derrick Coleman. « Whisky is the limit… »

Au sujet de la bibine, l’ancien Premier ministre anglais Winston Churchill avait coutume de dire :

« J’ai retiré plus de choses de l’alcool que l’alcool ne m’en a retiré ».

Difficile d’en dire autant des joueurs NBA qui ont été confrontés à ce fléau. L’histoire du basket pro US est jalonnée de destins brisés, de carrières liquéfiées, de promesses noyées dans l’ivresse d’une addiction coupable. Pour un John Lucas, un Chris Mullin ou un Chris Childs qui vainquirent leurs démons, combien de Shawn Kemp, de Derrick Coleman ou de Vin Baker qui burent le calice jusqu’à la lie ? Nous ne parlons pas ici de basketteurs levant le coude hors des parquets pour arroser leur célébrité et leur fortune naissantes, comme un Ron Artest qui confiait boire du cognac à la mi-temps des rencontres quand il avait 19 ans… Ajoutant :

« Je gardais la bouteille dans mon casier au vestiaire. J’allais acheter ça au magasin de spiritueux du coin. J’étais un jeune papa de 19 ans, j’étais un peu dingue. Je fumais beaucoup de marijuana et je buvais beaucoup d’alcool, même avant cet âge… Je continue de faire la fête et de m’amuser mais pas comme je le faisais à l’époque. Je buvais tous les soirs et je m’éclatais tous les soirs. »

Non, nous parlons ici de basketteurs écartés des terrains par une vraie dépendance à l’alcool. La boisson (mais pas seulement) eut un effet dévastateur sur la carrière d’un Shawn Kemp ou sur celle d’un Derrick Coleman. Fin 2007, au cours d’un interrogatoire, Keon Clark reconnut être alcoolique. Cet intérieur élastique passé par Denver, Toronto et Sacramento affirma n’avoir jamais disputé un match NBA en étant sobre. Il buvait régulièrement à la mi-temps.

« J’ai commencé à boire quand j’étais au lycée. Quand le Magic m’a drafté en 1998, j’ai continué. Je buvais aussi à la mi-temps des matches. Ça n’a jamais arrêté, en fait. Je n’ai malheureusement jamais joué un match NBA en étant totalement sobre. »

La carrière NBA de Clark s’est achevée en 2003-04 à Utah. Transféré à Phoenix, il ne disputa aucun match sous le maillot des Suns. Depuis, l’ami Keon s’est surtout illustré sur le terrain judiciaire : pensions alimentaires non versées, possession de cannabis, possession d’arme à feu sans permis légal, conduite sans permis… Et quand on repense à cet intérieur hyper athlétique, véritable liane, dunkeur féroce et contreur émérite (2.4 blocks de moyenne à Toronto en 2001), le mot qui vient inévitablement à l’esprit est « gâchis ».

Quatre ans avant Clark, Vin Baker admit sa propre dépendance à l’alcool. A l’époque, le champion olympique de Sydney est au fond du trou. Chez les Celtics, il s’est présenté plusieurs fois à l’entraînement avec un coup dans le nez. Le coach, Jim O’Brien, le grille en reniflant son haleine. Baker est mis face à ses responsabilités : ou il tente de reprendre sa vie en main ou c’est la porte.

Suspendu en février, Vin accepte de suivre une cure de quatre mois. En novembre 2003, c’est un homme changé qui reçoit la presse chez lui. L’œil est plus clair, le double menton a disparu, l’homme apparaît plus sûr et plus fort dans sa tête. L’ailier fort des Celtics raconte son calvaire. Oui, il est alcoolique. C’était un fêtard et un gros buveur mais il refusait de l’admettre. Ses problèmes avec l’alcool ont commencé durant le lock-out de 1998-99. Heureusement, il a arrêté de boire dès le premier jour de sa suspension et quatre mois de traitement ont changé sa vie.

Avec le début du training camp des Celt’s, Baker veut croire qu’il peut sauver sa carrière. Redevenir un joueur d’impact en NBA. Regagner la confiance du staff et celle de ses coéquipiers. Obtenir le pardon du public. Parce que d’autres sont passés par là, les supporters de Boston sont prêts à lui accorder une seconde chance. Et Vin fera effectivement illusion.

Sur 27 minutes en 2003-04 (37 matches), il rapporte 11.3 points à 50.5%, 5.7 rebonds et 1.5 passe. Le 18 février, pourtant, il est coupé. Le n°42 des Celtics n’a pas respecté les termes de son programme de traitement contre l’alcool. Le montant de son contrat – 87 millions de dollars sur 7 ans – empêche tout laxisme. Baker est suspendu avant d’être remercié. On ne retrouvera jamais l’ailier quatre fois All-Star, l’homme araignée qui tissait sa toile chez les Bucks et les Sonics. « Gâchis ? » Dans ce cas précis, le mot est peut-être trop faible.

Une pépite de chocolat sur une glace à la vanille

Vincent Lamont Baker est un self made man. Personne n’avait jamais entendu parler de lui avant qu’il ne s’incruste dans la cour des grands. Vin est fils unique. Sa mère Jean (et non Joséphine…) travaillera pendant 30 ans pour le fabricant de produits de beauté et de cosmétique Chesebrough-Ponds. Son père James est mécanicien auto, prêcheur à ses heures à l’église baptiste Full Tabernacle et… directeur musical. Le basket, Vin est quasiment né dedans. Après l’accouchement, le docteur s’était exclamé en voyant ses pieds :

« Wow, il va mesurer 2,10 m ce bébé ! »

Baker est un enfant timide qui grandit entre le Connecticut et la Floride. Alors que sa famille est installée à Old Saybrook, un petit bled calme de la côte du Connecticut, il naît chez sa grand-mère, à Lake Wales (Floride). Son frère aîné, James Jr, décéda des suites d’une maladie cérébrale à l’âge de 3 ans. Les médecins préconisèrent un changement de climat pour la mère de Vin.

« Même si je n’ai jamais connu mon frère, je pense souvent à lui. C’est une motivation supplémentaire », confia Baker.

Cap sur le Connecticut. Vin vit dans une banlieue blanche et chante dans les chœurs de l’église de son père. Il assure n’avoir jamais souffert d’une forme quelconque de racisme.

« J’étais comme une pépite de chocolat dans une grande glace à la vanille ! », se marre-t-il.

En Floride, pendant les vacances, il passe ses jours et ses nuits sur les playgrounds. Peut-être pour rattraper le temps perdu. A Old Saybrook, le basket n’a pas franchement la cote.

« Pour jouer, on allait au YMCA (ndlr : association chrétienne de jeunes) », raconta-t-il à « Sports Illustrated ». « Sur le parquet, il y avait principalement des joueurs plus âgés. On travaillait un move avant de l’essayer. Seulement, les gars plus âgés ne réagissaient pas. Du coup, on se demandait si on les avait passés parce que le move était bon ou alors parce qu’ils n’avaient pas bougé. Pour progresser, ce n’était pas l’idéal. »

A 11 ans, Vin mesure 1,83 m et joue arrière. Il explique à qui veut l’entendre qu’il atteindra 7 pieds (2,13 m) et qu’il évoluera en NBA… Contre toute attente, son équipe de lycée se passe de ses services. Il ne parvient pas à se faire une place dans le roster durant son année sophomore et regarde ensuite les matches depuis le banc. Ce n’est que dans son année senior qu’il deviendra un joueur important du cinq d’Old Saybrook. Baker joue alors pivot.

« Les matches au lycée, ça ressemblait un peu à ce que vous voyez dans le doc « Hoosiers ». Chez nos adversaires, de nombreux kids portaient encore des sneakers Chuck Taylor (ndlr : modèle historique de Converse). Nous avons joué contre toutes les petites écoles du coin. Durant mon année senior, les pivots que j’ai affrontés faisaient quasiment tous 1,83 m-1,88 m, quelque chose comme ça. Si les rencontres s’étaient déroulées à la fac, ils auraient joué arrières… »

Elu « Co-Player of the year » parmi les lycéens du Connecticut, Vin reçoit très peu d’offres de bourse universitaire. Peut-être parce qu’à cette époque, il ne mesure que 2 m pour 84 kg (contre 2,11 m et 105 kg minimum en NBA), ce qui lui donne une silhouette un peu frêle. Ou peut-être parce qu’il a déjà la réputation d’arroser un peu trop les fins de soirée, ce qui lui vaut d’être surnommé « Vin and Tonic »… Baker entre donc à Hartford, une petite université dans la ville du même nom. Cela suffit à son bonheur puisqu’il n’est pas très loin de chez lui.

« Ce qui comptait, c’était la formation et le diplôme. Cette fac a été un très bon choix. C’était près de la maison. Je suppose que dans une grande école, avec un gros programme basket, la compétition aurait été meilleure mais moi, ça m’allait. »

Back-up durant son année freshman (4.7 pts et 2.9 rbds de moyenne), Vin gagne ses galons de titulaire la saison suivante et justifie immédiatement son temps de jeu (19.6 pts, 10.4 rbds). En 1991-92, avec trois starters sur le flanc pour une longue durée, son coach lui demande de se démultiplier sur le terrain. Le pivot junior se voit contraint de monter la balle et de shooter à 3 points. C’est à cette époque que se dessine la polyvalence qui caractérisera son jeu chez les pros.

Le secret le mieux gardé d’Amérique

Il se classe deuxième meilleur scoreur de Division 1 NCAA (27.6 pts de moyenne), capte 9.9 rebonds et bloque 3.7 tirs par rencontre, ce qui en fait le cinquième meilleur contreur du pays. La fac n’a pas le prestige de UConn, l’équipe est à la ramasse dans la North Atlantic Conference (6-21) mais aucun scout ne peut ignorer son nom. Même si « Sports Illustrated » le surnomme « America’s Best Kept Secret » (le secret le mieux gardé d’Amérique)… Dans une victoire des Hawks en prolongation contre Lamar University, il signe un triple-double monstrueux : 44 points, 15 rebonds et 10 contres !

Vin, l’homme araignée, a tissé sa toile. Il n’a aucune raison de douter de lui. Durant un summer camp, il peaufina son jeu avec l’aide de Kevin McHale, l’ailier fort du grand Boston des années 80. McHale lui voyait une carrière digne des plus grands. Les scouts promirent un pick de draft élevé dès 1992 à celui que l’on appelait « The Hartford Hangover » (La gueule de bois d’Hartford).

« C’est un joueur sur lequel une équipe NBA peut indiscutablement bâtir », commente Marty Blake, un scout très écouté capable de lancer la carrière d’un prospect comme de la torpiller avant même qu’elle ne commence (Danny Granger en sait quelque chose). « Cela fait 4 ans qu’on le suit. Je l’ai vu jouer quand il avait les épaules d’un gamin de 9 ans. Il est en train de mûrir et d’exploser. Il peut courir, shooter, passer. Il devrait déjà être en NBA. »

Vin choisit finalement d’aller au bout de son cursus universitaire. Plusieurs raisons à cela : il mesure maintenant 2,10 m, l’équipe récupère ses trois grands absents et un nouveau coach, Paul Brazeau, s’assoit sur le banc.

« A cet instant précis, je ne crois pas avoir eu une meilleure inspiration dans ma carrière », déclare-t-il. « Je pourrais avoir n’importe qui comme partenaire, j’aurais la même foi. Je vais travailler pour connaître la réussite. C’est ce que je veux parce que je sens que nous sommes vraiment près (de la consécration). »

Evidemment, Baker voit l’équipe plus belle qu’elle n’est. Lui n’a rien à se reprocher. Crédité de 28.3 points (4e au niveau national) et 10.7 rebonds (18e), Vin grandit dans son jeu comme dans son corps. On trouve peu de scouts pour douter de sa réussite chez les pros. Avant d’obtenir son diplôme, le Floridien a terminé meilleur scoreur, contreur et tireur de lancers francs de l’histoire du college, en subissant régulièrement des prises à deux ou à trois. Dommage que l’équipe n’ait jamais pris part au Tournoi NCAA. Son meilleur résultat sous l’ère Baker ? Un 14-14. Son maillot sera retiré par la fac en janvier 1998.

« Pour être honnête, j’étais très confiant à ma sortie d’Hartford », raconta-t-il plus tard. « J’avais l’adresse, la dextérité et la taille. On ne pouvait pas dire que je ne savais pas shooter. Et puis j’avais le désir de devenir un bon joueur NBA. Avec ça et si telle était la volonté de Dieu, je ne pouvais que réussir ! »

Son rêve devient réalité un soir de juin 1993. Les Bucks le retiennent en 8e position de la draft derrière Chris Webber, Shawn Bradley, Penny Hardaway, Jamal Mashburn, Isaiah Rider, Calbert Cheaney et Bobby Hurley. C’est le deuxième joueur d’Hartford jamais drafté après Mark Mitchell, retenu par le Jazz en 1986. Beaucoup estiment que Mike Dunleavy, coach et GM de Milwaukee, commet là une erreur. Lui pense différemment. Scottie Pippen (Central Arkansas), Dennis Rodman (Southeastern Oklahoma State), Dan Majerle (Central Michigan), John Stockton (Gonzaga) et Charles Oakley (Virginia Union) venaient de petites universités eux aussi.

« Vin est un super joueur d’équipe », explique Mike Dunleavy. « C’est l’un de ces coéquipiers que tout un groupe aime et respecte. C’est vraiment une perle rare. »

« C’est une future star », surenchérit Wayne Embry, le GM de Cleveland, l’un des plus respectés du pays. « Vin est un joueur fantastique ! Il travaille à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Quand vous possédez un gars de cette taille capable de shooter dans le périmètre, vous le laissez sur le terrain quoi qu’il arrive. Vous utilisez sa présence intérieure. »

« Dieu m’a doté de certains dons », commente l’intéressé. « Je pense être compétitif. Je n’ai pas envie de pleurer sur mon sort parce que je ne suis pas devenu le joueur que j’aurais aimé être. Je veux être ce joueur-là, c’est tout. »

 

Contraint de basculer sur le poste 4, Vin affiche aussi une certaine prudence.

« Je veux progresser et devenir un bon joueur à mon rythme », déclare-t-il dans « USA Today ». « J’ai l’impression d’être un peu en retard à cause de l’opposition que j’ai affrontée en college. Je pense que je serai All-Star dans ma quatrième saison. »

Milwaukee change de look

En cette année 1993, Milwaukee sort d’une saison à 28 victoires synonyme de dernière place dans la division Central. Les deux meilleurs marqueurs, Blue Edwards et Frank Brickowski, n’ont même pas atteint la barre des 17 points de moyenne (16.9 chacun). Pour fêter ses 25 ans d’existence, la franchise change de maillot (le pourpre remplace le rouge) et de logo (le cerf de cartoon cède sa place à une tête digne d’un panneau d’autoroute). Mike Dunleavy n’a pas d’autre choix que de lancer son rookie vedette, âgé de 22 ans, dans le cinq. Vin Baker signe une première saison solide avec 13.5 points (50.1%), 7.6 rebonds, 2 passes et 1.4 contre sur 31.2 minutes. Il est retenu dans le premier cinq des rookies. C’est le quatrième Buck ainsi distingué après Kareem Abdul-Jabbar, Bob Dandridge et Marques Johnson.

« Je pensais que j’aurais un peu plus de mal à m’adapter au jeu NBA. Mais je me suis toujours bien adapté aux situations nouvelles. »

Ce qui ne change pas, c’est la médiocrité d’une équipe définitivement trop pauvre en talent. Milwaukee obtient le premier choix de draft 1994 au sortir d’une année à 20 victoires. Glenn Robinson, meilleur scoreur universitaire dans les rangs de Purdue (30.3 pts de moyenne), apparaît comme la solution miracle aux maux offensifs de l’équipe du Wisconsin. Robinson-Baker, c’est une combinaison qui a tout pour réussir. Les deux ailiers sont jeunes et leurs jeux se complètent à merveille.

« Il y a M. Inside et M. Outside », ironise Popeye Jones, le M. Spock du basket. « Si Baker ne vous tue pas poste bas, Robinson le fera avec son petit jumper. C’est la combinaison la plus dure qui soit. »

La progression des Bucks se matérialisera par un 34-48. Nommé co-capitaine, Vin Baker tourne à un double-double de moyenne (17.7 pts, 10.3 rbds), ce qui lui vaut d’être convoqué pour le All-Star Game de Phoenix, en 1995, comme remplaçant. Dans la défaite 139-112 de l’Eastern Conference, il joue 11 minutes pour 2 points et 2 rebonds. Preuve de sa popularité croissante, son image est utilisée pour la couverture du guide média de Milwaukee. C’est le premier hologramme utilisé pour illustrer un guide de sport pro. L’ailier des Bucks est un véritable forçat. C’est l’homme qui dispute le plus de minutes cette année-là : 3 361 exactement pour une moyenne de 41 par rencontre et une pointe à 50 en décembre contre Miami, en prolongation.

« J’aime rester en jeu. Je progresse en jouant beaucoup. Quand je suis sur le terrain, je ne veux jamais en sortir ! »

Sur le parquet, Vin déploie ses 2,11 m et ses bras tentaculaires. Il est infatigable et fait un vrai chantier sous le cercle. Son jeu de jambes n’est pas sans rappeler Hakeem Olajuwon. A mi-distance, son jump shot se révèle très fiable. Tout cela n’est pas forcément très flashy mais l’efficacité est au rendez-vous. Dommage que son impact en défense soit moindre. En mars 1995, il signe son seul triple-double en carrière contre les Hornets (12 pts, 12 rbds, 12 pds). Evidemment, la faiblesse du roster le fait un peu enrager. Baker réclame du renfort.

« Les gens ignorent le nombre de fois où j’ai pleuré, assis dans les vestiaires, après les matches… », déclarait-il au « Dallas Morning News ». « Je me demandais ce qui se passait, pourquoi on ne gagnait pas plus. »

Le Floridien a beau dépasser la barre des 20 points et prendre les commandes du scoring (21.1 pts de moyenne, 14e NBA), la franchise du Wisconsin replonge en 1995-96. Une fiche de 25 victoires-57 défaites est fatale à Mike Dunleavy, remplacé par Chris Ford. All-Star pour la deuxième année de suite (6 pts en 14 mn à San Antonio), Vin Baker compte désormais, à 25 ans, parmi les meilleurs power forwards de la Ligue.

Il le confirme l’année suivante en ajoutant un petit hook à sa palette offensive. Milwaukee est englué dans la médiocrité (33 victoires) mais l’arrivée d’un rookie du nom de Ray Allen annonce des jours meilleurs. A titre personnel, le n°42 s’est affiché à 21 points (14e NBA), 10.3 rebonds (7e NBA), 1.44 contre et 50.5% aux tirs (6e NBA) sur l’exercice 1996-97. C’est le premier Buck à tourner à 20 points et 10 rebonds sur une année depuis Kareem Abdul-Jabbar en 1974-75. Pour la troisième année consécutive, il a été convoqué au Match des Etoiles (19 pts et 12 rbds en 24 mn à Cleveland). Il est aussi retenu dans le troisième cinq All-NBA.

« Je suis encore jeune, les moves offensifs viendront au fil du temps. Je suis encore à des années-lumière du niveau que je veux atteindre en attaque », claironne-t-il dans « USA Today ».

Pour atteindre les sommets, Vin a accepté de jouer à différents postes. En 1994-95, il évoluait le plus souvent en pivot.

« S’ils veulent que je joue 5, je peux le faire mais je préfère la position de power forward. Je suis plus productif en 4. Quand je me retrouve au centre, je fais de mon mieux. »

 

Successeur de Shawn Kemp à Seattle

 

Et l’ancien Hawk d’Hartford n’est pas avare d’efforts. Auteur d’un très faible 58% de réussite aux lancers francs durant ses deux premières saisons dans la Ligue, il avait passé l’été 1995 en compagnie d’Andy Enfield, assistant coach des Bucks en charge du shoot. Dès l’exercice suivant, il s’affichait à 67%.

« Vin possède une force mentale inouïe. Il est très résistant », note Ed Pinckney, son ancien partenaire. « Sur le terrain, il en fait des tonnes. En le regardant, tu penses tout de suite à Derrick Coleman. Mais Vin manie mieux le ballon. »

« Avec sa taille et sa polyvalence, tu le compares forcément à Magic Johnson », ajoutait Robert Parish, le pivot des Hornets.

A Orlando, Horace Grant souligne les difficultés rencontrées pour contrarier son jeu :

 

« Vin est l’un des joueurs les plus sous-estimés de la Ligue. Il faut défendre à deux sur lui pour l’empêcher de scorer. Avec l’activité qu’il déploie dans un match, il forme la colonne vertébrale d’une équipe à lui tout seul. »

Parce qu’il ne possède plus qu’une seule année de contrat et que Milwaukee ne décolle toujours pas, son nom est cité dans plusieurs rumeurs de transfert durant l’été 1997. Lui ne veut pas partir.

« Je ne veux pas faire partie de ces gars qui s’en vont sur un échec », explique Vin.

Mais Milwaukee ne lui laisse pas le choix. Le 25 septembre 1997, un trade à trois équipes expédie Baker (25 ans) à Seattle, Terrell Brandon et Tyrone Hill chez les Bucks et Shawn Kemp à Cleveland. Après quatre saisons dans le Wisconsin, l’homme araignée se classait 12e meilleur scoreur, 7e meilleur rebondeur et 6e meilleur contreur de l’histoire de la franchise. Dans le Nord-Ouest des Etats-Unis, changement de décor total. Seattle reste sur deux finales de Conférence Ouest consécutives. Le départ de Shawn Kemp marque la fin d’une époque mais l’équipe demeure hyper compétitive (Payton, Schrempf, Ellis, Hawkins, Perkins). Pour Baker, ce transfert est du pain béni.

« Je suis très excité à l’idée de jouer avec une winning team. C’est une grosse opportunité pour moi à ce stade de ma carrière. Je n’ai pas encore atteint mon potentiel maximum. Je suis prêt à travailler dur et à montrer aux fans comme à la direction que ce trade valait le coup. »

« La chose la plus importante, c’est que Vin est un homme qui prend ses responsabilités », commente George Karl, le coach des Sonics, qui ne travaillera qu’une saison avec lui avant de prendre la direction… de Milwaukee. « C’est un personnage tranquille. »

De fait, Vin est connu pour avoir l’une des voix les plus reposantes du circuit. Son jeu parle pour lui. Remplacer Shawn Kemp n’est pas une mince affaire mais le staff se félicite d’avoir échangé un élément grognon et boudeur, parfois absent des entraînements sans motif valable, pour un autre parfaitement calme et serein. Vin ne tarde pas à nouer des liens d’amitié avec Gary Payton. Au vestiaire, il fait l’unanimité par son investissement, son professionnalisme et ce côté force tranquille. Une fois encore, il est nommé co-capitaine.

Courant février à New York, l’ancien Buck est désigné All-Star pour la quatrième fois, cette fois au sein de la sélection Ouest (8 pts et 8 rbds en 21 mn). Il se classe meilleur marqueur de Seattle pour 3 points (1 574 contre 1 571 pour « The Glove »), poste 27 double-doubles, gagne trois matches avec un shoot à la dernière seconde – contre les Bulls, les Spurs et les Hawks – et savoure sa première participation aux playoffs au terme d’une saison à 61 victoires.

« Ça a pris un peu de temps mais nous avons fini par grandir ensemble », commente le successeur de Shawn Kemp sur l’aile. « Je me sens bien dans cette équipe, mes coéquipiers ont confiance en moi. Nous gagnons et beaucoup de monde contribue à cette réussite. Ça me va, je n’ai aucun problème avec ça. J’étais content de représenter une winning team au All-Star Game. Je suppose que pas mal de joueurs se demandaient : « Combien de fois va-t-il être convoqué en jouant dans une franchise à moins de 50% de victoires ? » Vous tournez le truc dans ce sens : c’est cool d’y aller alors que le jeu de votre équipe pue un maximum… »

Du troisième cinq All-NBA, Vin Baker (19.2 pts et 8 rbds) passe au deuxième, complété par Tim Hardaway, Rod Strickland, Grant Hill et David Robinson. Le p’tit gars de Floride fait partie du Top 10 de la Ligue. Il a dépassé les 60 victoires en saison régulière. Il va jouer ses premiers playoffs. Il est régulièrement All-Star. A 26 ans, il est tout près d’une forme de consécration. La postseason est censée en apporter une éclatante confirmation.

Une inactivité désastreuse

« J’ignore comment je réagirai une fois dans le feu de l’action mais je sais le type de joueur que je suis. Je connais mon degré de compétitivité. Et je sais que je mourais d’envie de jouer les playoffs. Je sais que ce sera une phase d’apprentissage pour moi mais c’est quelque chose que j’aborde avec gourmandise. »

« Depuis son arrivée, Vin Baker ne nous a apporté que des bonnes nouvelles », explique de son côté Sam Perkins. « Il a faim de victoires. Avec lui, cette équipe est complètement différente. »

Au moment du All-Star break, le finaliste NBA 1996 affichait le meilleur bilan de la Ligue (37-10). Et ce tableau idyllique était sans doute un peu flatteur, comme le confirme un premier tour de playoffs compliqué contre Minnesota qui mène 2-1 avant de s’incliner 3-2. Dans le premier quart-temps du Game 1, sous les yeux de sa maman Jean, Vin Baker apporte la preuve de sa détermination avec 14 points, 4 rebonds et 1 contre. Il termine la soirée avec 25 points et 12 rebonds dans une victoire 108-83.

Champions de la division Pacific mais défaits à trois reprises en saison régulière, les Lakers doivent de se déplacer à Seattle pour les deux premiers rendez-vous de la demi-finale de Conférence Ouest. Le Game 2 à la Key Arena tourne au supplice pour les locaux (défaite 92-68). Les Sonics paient cash, en cinq manches, un volume de jeu et un talent globalement inférieurs. Sous le cercle, Baker ne peut pas lutter avec les centimètres et les kilos de Shaquille O’Neal. Il aura tourné à 15.8 points (à 53%) sur les playoffs, soit 3.4 de moins qu’en saison régulière. Au rebond, il y eut du mieux (9.4, +1.4).

George Karl est assez lucide pour comprendre que cette équipe est arrivée au bout d’un cycle et qu’il n’y a plus forcément grand-chose à en attendre. Quand les Bucks lui mettent un gros contrat sous le nez, il n’hésite pas longtemps et choisit de boucler ses valises. La suite des événements lui donnera raison. Il est remplacé par Paul Westphal. Vin Baker est censé participer aux championnats du monde 1998 en Grèce mais le lock-out prive le Team USA de ses meilleurs éléments. Composée de basketteurs US évoluant en Europe plus deux universitaires, la sélection américaine, coachée par Rudy Tomjanovich, termine 3e avec une victoire 84-61 sur la Grèce dans la petite finale.

Le lock-out a un effet dévastateur pour la carrière de « Bake ». C’est à cette époque qu’il sombre lentement dans l’alcool. Il se laisse complètement aller et accumule les kilos superflus. La balance affichera jusqu’à 300 pounds (136 kg) avant de se stabiliser autour des 250 (113-114 kg)… Ses stats, elles, maigriront à vue d’œil. Vin ne sera plus jamais All-Star. Durant la saison écourtée par la grève des joueurs, il apparaît déjà moins saignant (13.8 pts, 6.2 rbds) et deux blessures – au pouce droit et au genou gauche – le privent de 16 matches en mars et avril. Seattle loupe les playoffs. Contre toute logique, le Floridien décide de faire jouer une clause lui permettant de se mettre sur le marché des free-agents. Finalement, il demeure dans la cité émeraude après avoir décroché le méga big deal : 87 M$ sur 7 ans…

« Vous êtes les Sonics. Vous avez vu votre soi-disant superstar atteindre 135 kg. Elle est totalement hors de forme et sort de sa plus mauvaise saison. Elle ne domine plus dans la raquette, elle prend simplement beaucoup de place. Apparemment, elle ne se soucie plus beaucoup du sort de son coach. Vous êtes le GM, Wally Walker. Le gars devient free-agent. Il faut peut-être lui dire au revoir. Au lieu de ça, vous lui offrez le maximum, 87 M$ sur 7 ans. Les supporters doivent se demander ce que vous fumez, non ? », ironise Hubie Brown.

En 1999-2000, l’équipe se renouvelle sous l’impulsion de Brent Barry, Ruben Patterson, Vernon Maxwell et Rashard Lewis. Baker termine meilleur scoreur des Sonics à 17 reprises et meilleur rebondeur 28 fois. Quatrième de la division Pacific (45-37), Seattle perd le Match 5 du premier tour des playoffs contre Utah de 3 points… Crédité de 16.6 points et 7.7 rebonds de moyenne, le diplômé de communication d’Hartford est invité à prendre part aux Jeux Olympiques de Sydney. Le rendez-vous manqué avec les USA deux ans plus tôt aura bien lieu cette fois. Vin avait disputé le tournoi de qualification en 1999 à Porto Rico. Un an plus tard, avec une moyenne de 8 points (à 63.9%) et 3 rebonds sur 8 matches, dont 3 comme starter, il ajoute l’or olympique au titre de champion du monde juniors obtenu à Edmonton, au Canada, en 1991.

A son retour au pays, Vin fera illusion pendant encore deux ans. Il atteint la barre des 10 000 points en carrière en mars 2001 contre les Spurs, celle des 5 000 rebonds en novembre contre le Jazz mais Seattle ne dispute qu’un seul tour de playoffs, perdu 3-2 face à San Antonio en 2002 (13.2 pts, 5 rbds et 50% aux tirs pour l’ailier fort).

Il boit à l’hôtel durant les déplacements

« Bake » a accumulé les pépins physiques : orteil disloqué, genou gauche et pouce droit touchés, épaule gauche et cou douloureux… Il a loupé 27 matches et approche des 31 ans. Son jeu se liquéfie et ses problèmes en dehors du parquet le maintiennent dans la spirale de l’échec. Le front office des Sonics regrette de l’avoir conservé au prix fort. Il est finalement cédé à Boston le 22 juillet 2002 contre Kenny Anderson, Joseph Forte et Vitaly Potapenko. Seattle trouve une bonne poire pour absorber son énorme contrat : Chris Wallace, le GM des Celtics.

« Vin a perdu confiance sur le parquet. Il n’a jamais su la retrouver », commente le coach des Sonics, Nate McMillan, peu avant son transfert.

Dans une équipe pilotée – pour le meilleur et pour le pire – par le duo Paul Pierce-Antoine Walker, Vin signe une saison pathétique (5.2 pts en 18.1 mn). Il a perdu son tonus et son toucher. Ses mouvements ont l’air de ne plus être coordonnées, il semble désorienté et rame ne serait-ce que pour finir une action près du cercle. Le mal est bien connu. « Bake » picole. Il boit à l’hôtel durant les déplacements. Il boit chez lui après les matches, quand la soirée n’a pas été bonne. Il boit avant les entraînements. Un jour, le coach, Jim O’Brien, renifle du Smirnoff. Vin est mis au pied du mur à deux reprises, en décembre et en janvier.

Il loupe le match contre les Sonics le 5 février pour raisons médicales. Puis trois autres rencontres. Le 27, il quitte le groupe, suspendu pour une durée illimitée. Début mars, il démarre une cure de 28 jours au Silver Hill Hospital de New Canaan (Connecticut), où il recevra la visite de Jim O’Brien. Vin parle de la meilleure expérience de sa vie. Le soir, avec d’autres patients, il regarde des films centrés sur l’alcoolisme ou la drogue, comme « 28 jours en sursis » (« 28 days ») avec Sandra Bullock et « Neige sur Beverly Hills » (« Less than zero ») avec Robert Downey Jr, d’après Bret Easton Ellis. Une fois sorti de l’établissement, il subira un suivi très rigoureux. En toute logique, il ne participe pas aux playoffs (demi-finale de Conférence perdue contre les Nets).

C’est un homme de 31 ans plein de bonne volonté, comme expliqué au début de cet article, qui réapparaît à la salle d’entraînement. Baker fait son coming-out version alcoolique anonyme : dans un long entretien au « Boston Globe », il évoque ouvertement sa dépendance à l’alcool. Assure n’avoir jamais été dépressif. L’été a été consacré à la reprise en main de sa vie avec un coach privé, James Lloyd, et deux workouts par jour. Son programme l’a mené à Miami et Las Vegas avant un retour dans le Connecticut. Le matin, il s’entraînait chez lui. L’après-midi, il disputait des pick-up games avec des étudiants de UConn, dont Emeka Okafor. Deux à trois fois par semaine, il allait aux « A.A. ».

« Je n’ai pas touché un verre depuis six mois », assure-t-il. « L’équipe a insisté pour que je suive un traitement. Je suis descendu à 110 kg, le poids de mes deux premières saisons. C’est presque 7 de moins que l’an dernier. Les Celtics se sont préoccupés de ma santé. Cette suspension m’a donné une chance de changer de vie. J’ai l’impression que ces six derniers mois, je suis redevenu la personne que j’étais avant que tout ceci ne démarre. »

 

« Je veux avoir une chance de parler à mes coéquipiers et de leur présenter mes excuses pour ce qui s’est passé l’an dernier. Je veux leur parler de tout ce que j’ai traversé depuis. Je pense sincèrement leur devoir des excuses mais la meilleure façon d’obtenir leur pardon est de revenir et de me défoncer chaque jour à l’entraînement. Les fans ? La seule chose que je puisse espérer, c’est qu’ils comprennent que je suis passé par une situation très difficile. C’est un truc plus grand que le basket, plus grand que le fait de marquer 20 points par match. L’idée d’arrêter le basket ne m’a jamais traversé l’esprit, en tout cas. »

Vin accepte d’aller à des rencontres d’alcooliques anonymes et de subir plusieurs tests en cours de saison. Il croit sincèrement avoir vaincu ses démons et pouvoir reprendre une vie de basketteur normale. Il n’en sera rien. En février 2004, alors qu’il est revenu à 11.3 points et 5.7 rebonds de moyenne, la direction des Celtics le suspend puis le coupe avec un joli chèque de 16,5 M$ (son contrat devait encore lui en rapporter 35). Son cas est jugé quasiment désespéré. Il joue son dernier match pour Boston le 18 janvier contre les Spurs, est remercié le 13 février et obtient le droit de signer où il veut après un arbitrage de la Ligue. Vingt-quatre heures plus tard, il est récupéré par New York (merci, Isiah !).

Vin participera à ce qui reste la dernière campagne de playoffs des Knicks (sweep des Nets). Sa quatrième et dernière à titre personnel. Pour une raison qui défie là aussi toute logique, « Big Apple » décide de le conserver. Il ne tourne plus qu’à 6.6 points de moyenne. Entre 2004 et 2006, Baker partagera son temps entre New York, Houston et Los Angeles. Il ne dépassera plus 3.4 points. Sa carrière NBA s’achève chez les Clippers, à 34 ans et avec le n°34.

Son restaurant et sa maison saisis

Début octobre, Minnesota lui offre la perspective de travailler sous les ordres de Dwane Casey, aujourd’hui coach des Raptors. On lui demande de servir de mentor, autant que faire se peut, à l’ailier Eddie Griffin, lui-même en proie à des problèmes d’alcool. Vin est à son poids de forme. Il a bossé tout l’été à Houston avec John Lucas, un ancien alcoolique qui vient en aide aux joueurs NBA en rupture avec la loi, et veut croire que sa carrière n’est pas complètement foutue. Mais il est remercié le 13 novembre sans avoir disputé un seul match de saison régulière. Eddie Griffin sera victime d’un destin encore plus funeste. Le 17 août 2007 à Houston, il projette – intentionnellement ? – sa voiture contre un train et trouve la mort.

Vin Baker est aujourd’hui coach à l’école St. Bernard School à Uncasville, dans le Connecticut, mais son nom est revenu dans l’actu à deux reprises. En juin 2007, il fut arrêté à Norwich (Connecticut), à la sortie d’un casino, pour conduite en état d’ébriété. A l’époque, les finances de « Bake » ne sont pas au mieux. Il avait ouvert un restaurant de poissons et fruits de mer à Old Saybrook, la Vinnie’s Saybrook Fish House, mais ne fut pas en mesure de tenir tous ses engagements auprès de la banque qui lui avait accordé un prêt. L’établissement fut saisi. En juin 2008, on apprenait que sa maison de 930 m2 à Old Saybrook – comprenant 6 chambres, 6 salles de bains et un terrain de basket – était elle aussi saisie et mise en vente au prix de 2,3 millions de dollars. C’est une banque qui s’en porta acquéreuse pour 200 000 $ de plus. Vin tente de rejouer au basket. Au Venezuela. En Chine. Sans succès. Sa condition physique est incompatible avec la pratique du basket à un bon niveau.

Sans être aussi spectaculaire que celui d’un Shawn Kemp ou celui d’un Derrick Coleman, le crash de Vin Baker interpelle sur la force mentale nécessaire pour survivre aux exigences du sport professionnel. Ce ratage est d’autant plus inattendu que celui que l’on surnommait ironiquement « Gin Baker » ou « Binge Baker » (binge = bringue) était décrit comme un garçon costaud dans sa tête du temps de la fac, très croyant et pas spécialement instable.

Son début de carrière chez les pros était idéal. En NBA, les éloges devinrent dithyrambiques. « Sporting News » en fit l’un des « Good guys in sports » de l’année 1999. Sur le circuit, c’était tout simplement l’un des joueurs les plus appréciés et respectés. On parlait d’un basketteur très amical et ouvert, un peu superstitieux puisqu’il prit l’habitude de regarder un film en entier avant chaque rencontre pour se détendre mais en dehors de ça…

« Je sais que c’est une bonne personne », expliquait Dwane Casey en l’accueillant à Minnesota.

« Vin ? C’est un gars humble, honnête, qui se préoccupe des autres, travaille dur et a une grande foi en Dieu », déclara Andrew Lang, son ancien coéquipier à Milwaukee, dans les colonnes de « Sports Illustrated ». « Comment peut-on ne pas l’aimer ? Ce n’est pas seulement un mec bien, c’est l’une des meilleures personnes dans cette Ligue. »

« Bake » aura essuyé trois suspensions en tout. Il va sans dire que les 87 M$ mis sur sa tête en 1999 furent l’un des investissements les plus stupides de l’histoire du basket US. Après deux ou trois ans dans la Ligue, on lui promettait une carrière de Hall of Famer. Il ne répondit plus aux attentes et ne supporta pas une double pression : celle d’un contrat mirifique et celle de l’échec, selon l’adage bien connu « More money, more problems ». Les mauvaises perfs appelant l’alcool et l’alcool appelant les mauvaises perfs.

Stats

13 ans

791 matches (604 fois starter)

15 pts, 7.4 rbds, 1.9 pd, 0.7 int, 1 ct

48.5% aux tirs, 21.5% à 3 pts, 63.8% aux lancers francs

Palmarès

All-Star : 1995, 96, 97, 98

All-NBA Second team : 1998

All-NBA Third team : 1997

All-Rookie First team : 1994

Champion olympique : 2000

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