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Portrait | Chris Mullin, de l’enfer au paradis

NBA – Dépendant à l’alcool, Chris Mullin (né le 30 juillet 1963) aurait pu passer à côté d’une grande carrière. Grâce à l’intervention de Don Nelson, cette légende du basket new-yorkais sut reprendre sa vie en main. Hall Of Famer, il brilla sous le maillot des Warriors et remporta l’or olympique en 1984 à Los Angeles et à Barcelone en 1992.

« Si Dieu avait créé un joueur de basket, il l’aurait fait à l’image de Chris Mullin. » Mullin, élu de Dieu ? C’est Magic Johnson en personne qui le dit dans cette vidéo. Dès son plus jeune âge, Chris fut une légende du basket new-yorkais. Au lycée, la Catholic Xaverian High School de Bay Ridge, Brooklyn (école 100% garçons), on le surnommait « le rat des gymnases ». Plus tard, à l’université St. John’s, dans le Queens, on lui fila carrément les clés de la salle. Le soir, on pouvait le trouver en train de faire des séries de shoots. Et ce, bien après minuit. Toujours seul. Chris Mullin forge son destin.

Champion olympique en 1984 à Los Angeles avec Michael Jordan, il est élu trois fois All American et surtout désigné Joueur universitaire de l’année 1985, date à laquelle sa fac participe au Final Four. C’est sûr, son avenir s’écrira en lettres d’or. Chris siègera bientôt parmi les plus grands. Seulement, Satan s’en mêle également… Si le Diable avait ensorcelé un joueur de basket, lui aussi aurait choisi Christopher Paul Mullin. Comme tous les véritables alcooliques, le natif de New York refuse d’admettre qu’il en est un. Un jour de 1987, Don Nelson, futur coach et vice-président des Warriors, le prend à part. « Dis-moi, Chris, on dit que tu es marié à la bouteille. C’est vrai ? »

Mullin a trop honte pour admettre la vérité.« :  Laisse tomber, ce sont des histoires. »

Nelson n’est pas convaincu… « Soit. Alors faisons un pari : tu ne toucheras pas un verre pendant six mois. Si tu n’es pas alcoolique, c’est faisable, non ? »

Mullin accepte. Une poignée de mains scelle le défi. Chris ne tiendra même pas un mois. Deux ans après son arrivée aux Golden State Warriors en 1985 (7e choix de draft), il est prisonnier de son addiction. La vie en Californie lui pèse. Mullin n’a connu que New York et Brooklyn. Sur la Côte Ouest, il est perdu, déboussolé. Désespérément seul. Chris n’a pas d’amis. Il sort peu et sombre dans une profonde dépression. Quand le championnat reprend en octobre, il se laisse happer par la spirale infernale. Il loupe des entraînements, oublie des rendez-vous, ment en permanence. Sa vie lui échappe. Sa carrière de joueur semble menacée avant même d’avoir réellement commencé. Chris Mullin ? M. le maudit.*

« J’étais dans le dur… Quand on me demandait : « Mais qu’est-ce que tu fous, Chris ? », j’inventais un gros bobard. J’avais l’impression que les autres me harcelaient sans cesse. « Alors Chris, encore en retard ? » Je m’en sortais par des pirouettes. J’avais tout un catalogue d’excuses. Ma montre s’était arrêtée, ma voiture était tombée en panne… En fait, je vivais très mal cette situation. Tout cela ne me ressemblait pas. Je m’écœurais moi-même. Il était temps d’appeler au secours. »

31 jours en cure de désintoxication

Il fallut une suspension en pleine saison et les encouragements de Don Nelson pour que Mullin accepte enfin l’évidence. Il appelle sa mère à New York et lui demande de le rejoindre immédiatement à San Francisco. Quelques jours plus tard, le 13 décembre 1987, Mullin entre au Centinela Hospital, à Inglewood (Californie), pour une cure de désintoxication de 31 jours. Il passe six heures en thérapie quotidiennement. Là, il rencontre des alcooliques qui s’en sont sortis.  « Don Nelson m’a peut-être sauvé la vie. Sans lui, je n’aurais jamais franchi le pas et tout ce qui a suivi ne serait jamais arrivé. Sans m’en rendre compte, j’étais en train de me suicider lentement. Là, j’ai repris le contrôle de ma vie. J’y ai remis de l’ordre.Je me sens beaucoup mieux. »

Mullin a commencé à boire à l’âge de 14 ans. Principalement de la bière. Puis il a varié les plaisirs. A la fac, c’est devenu un gros buveur. En dehors du basket, sa vie sonne creux. Chris n’est pas un étudiant spécialement appliqué. A 24 ans, il a enfin réussi à vaincre ses démons. A sa sortie de l’hôpital, il réussit 95 lancers francs consécutifs. C’est le début d’une nouvelle ère. Il terminera la saison avec une moyenne de 20.2 points, 3.4 rebonds et 4.8 passes en ayant loupé 22 rencontres. George Karl, lui, a été viré après 64 matches. Don Nelson prend la suite avec une double casquette coach-GM. Il a sorti Mullin de l’alcool. Il lui fait bosser sa condition physique. Et il le fait glisser sur le poste 3 en retenant l’arrière shooteur de Kansas State Mitch Richmond en 5e position de la draft 1988. Cette paire très jeune et terriblement précoce va rapporter 48.6 points chaque soir.

« La première fois que je suis venu à Golden State, tout le monde ne cessait de me répéter combien Chris était bon, raconte Don Nelson. En vérité, il n’était pas si bon que ça… Il était alcoolique, en surpoids et sa défense ne me plaisait pas. Tout, dans sa vie, a changé. En bien. Avant, c’était juste un scoreur. Il pouvait dégainer de loin, rentrer un shoot ouvert, mener sa petite vie tranquille qu’il soit en forme ou pas. Maintenant qu’il a travaillé sa condition, il drive plus, passe davantage et voit plus souvent la balle. »

Pour sa quatrième saison, en 1988-89, Mullin s’offre son premier triple-double contre les Clippers, une ligne de stats royale (26.5 pts, 5.9 rbds, 5.1 pds), une citation dans le deuxième meilleur cinq NBA et un deuxième voyage en playoffs. En 1987, les Warriors avaient calé en demi-finales de Conférence Ouest (4-1 contre les Lakers après avoir sorti Utah 3-2). Même score deux saisons plus tard, au même stade : sweep infligé à Utah puis défaite contre le Phoenix du trio Tom Chambers-Eddie Johnson-Kevin Johnson. Pas de panique, c’est le métier qui rentre. Statistiquement, Mullin marche sur les traces de deux légendes de la franchise, Wilt Chamberlain et Rick Barry (2 000 pts, 400 rbds et 400 pds compilés sur une saison). Avec les deux golden boys Chris et Mitch, le soleil revient dans la baie. « Il you’re going to San Francisco, be sure to wear some flowers in your hair / If you’re going to San Francisco, you’re gonna meet some gentle people there… »

La naissance du « Run TMC »

Quatre ans plus tard, en 1991-92, Mullin est devenu une star majeure en NBA. Retenu dans le meilleur cinq de la Ligue. Membre indiscutable de l’équipe américaine pour les J.O. de Barcelone. Dieu ne l’a pas abandonné. Chris est sorti de l’enfer mais avant d’atteindre le paradis, il a dû passer par le purgatoire. Sous la direction de son préparateur physique, Mark Grabow, il a perdu 14 kg. Quarante-cinq minutes de vélo par jour, 350 shoots en une demi-heure, une heure et demie de musculation et deux heures d’entraînement purement basket. Quelquefois, en supplément, des séries de 200 m. Avec ce régime, Mullin est devenu un véritable cannibale des parquets.

Durant la saison 1990-91, il joue 3 315 minutes et bat ainsi un record datant de 1982, tout en rapportant 25.7 points par match. Don Nelson a fait de son joueur favori un « meneur de jeu à l’aile ». Son association avec le point guard Tim Hardaway, retenu en 14e position de la draft 1989, et Mitch Richmond donne naissance au trio « Run TMC » (pour Tim-Mitch-Chris), référence explicite au groupe de rap précurseur Run DMC. Hardaway, Richmond et Mullin pèsent à eux trois 72.5 points par rencontre. C’est le « Big Three » le plus prolifique de la Ligue. Dans la deuxième moitié de la saison 1990-91, les Warriors deviennent pratiquement inarrêtables. Ils éliminent les Spurs, champions de la division Central (3-1), au premier tour des playoffs et offrent une bonne réplique aux Lakers en demi-finales de Conférence (4-1). Chris Mullin, qui porte le n°17 en hommage à John Havlicek, son idole de jeunesse, est un autre homme. Il s’est véritablement imposé comme le leader de l’équipe. « Durant la période la plus négative de ma vie, le basket se résumait à un simple métier. Maintenant, j’ai l’impression d’être redevenu un joueur universitaire. Les jours de repos, je vais à la salle pour tenter des shoots ou alors je sollicite des partenaires pour disputer des matches sauvages. J’ai retrouvé l’essence même de ma passion pour le jeu. »

Comparé à Larry Bird

Mullin signe un contrat de 27 millions de dollars sur 9 ans avec les Warriors (3 M$ par an, une somme bien ridicule au regard des standards actuels…). Il aurait pu gagner plus ailleurs. Mais c’est sa façon à lui de s’acquitter de sa dette envers lui-même, envers Don Nelson, envers son club. Chris agit en homme d’honneur. C’est un joueur réconcilié avec lui-même qui s’affiche à 25.6 points de moyenne en 1991-92 (3e meilleur marqueur NBA). Sixième dans l’élection du MVP, il est retenu, on l’a dit, dans la All-NBA First Team. Mullin (2,01 m, 98 kg) n’est pas seulement un shooteur hors pair, un tireur pur crédité de 18.2 points de moyenne durant une carrière longue de 16 ans, c’est aussi un basketteur complet (« versatile », disent les Américains), pas manchot à la passe. Physiquement, Chris n’a pas d’aptitudes extraordinaires. Grand et maigre, il a dû bosser sa technique pour exister. Il est gaucher mais peut partir sur sa gauche ou sa droite et shooter des deux mains. Les comparaisons avec Larry Bird reviennent souvent. Tous deux sont d’excellents shooteurs extérieurs. Tous deux manquent de vitesse mais savent mettre leur défenseur dans le vent. « C’est un Larry Bird miniature, commente Jim O’Brien, l’actuel coach des Pacers, alors assistant à New York. Ils ne sont pas rapides mais tous les deux savent très bien utiliser leur corps en sortant des écrans pour tamponner leur défenseur et le mettre hors de position, juste ce qu’il faut pour shooter. Il est compliqué de faire prise à deux sur eux parce que ce sont aussi d’excellents passeurs. »

Avec sa coupe en brosse, le gaucher californien a des faux airs de sergent de l’armée US. Le G.I. Joe des parquets est un soldat très résistant. Un Warrior, un vrai. Pour la deuxième année de suite, c’est lui qui totalise le plus gros temps de jeu de la Ligue. Au scoring aussi, il tient la cadence. Seul Wilt Chamberlain avait signé quatre saisons à 25 points ou plus à Golden State. La série se prolongera jusqu’en 1993. En 1992, l’équipe californienne n’ira pas plus loin que le premier tour des playoffs (3-1 contre Seattle). Les Warriors ont signé – sans le savoir – leur arrêt de mort en expédiant Mitch Richmond à Sacramento l’automne précédent pour obtenir Billy Owens, intérieur star de la fac de Syracuse drafté en 3e position (lire « Billy Owens, victime de la hype »).

Chris Mullin, désormais quadruple All-Star, connaît une toute autre ivresse à Barcelone avec la sélection olympique américaine. Répit de courte durée. La saison qui suit mène les Warriors droit en enfer (34 victoires). Owens est limité à 37 rencontres à cause d’une blessure au genou, Mullin doit lui-même se contenter de 46 matches. En 1993-94, c’est Tim Hardaway qui passe l’année à l’infirmerie (rupture des ligaments du genou) mais un duo prometteur, Latrell Sprewell-Chris Webber, hisse Golden State en playoffs. Sweep infligé par les Suns. « C-Webb » plaque les Warriors pour cause de divorce avec le coach. Mullin, fidèle à la même franchise pendant 12 ans mais diminué par les blessures au fil des saisons, ne jouera plus un seul match de playoffs dans la baie.

En 1997, il est expédié chez les Pacers contre Erick Dampier et Duane Ferrell. Au printemps 1998, Indiana est à deux doigts de sortir Chicago en finale de Conférence Est (3-4). Mullin a débuté les 82 matches de saison régulière et rapporté 11.3 points. Mais peu à peu, Larry Bird l’écarte au profit de Jalen Rose. L’année suivante, c’est New York qui décroche son billet pour les Finales (4-2). La troisième tentative est la bonne. Elimination des Knicks (4-2). Chris apparaît trois fois durant les Finales NBA 2000 (victoire des Lakers 4-2) puis retourne à Golden State pour un farewell tour (20 matches à 5.8 pts).

Assistant auprès de l’équipe pendant deux ans, le New-Yorkais hérite du poste de vice-président exécutif des opérations basket en avril 2004. En mai 2009, son contrat n’est pas renouvelé. Comme GM, Mullin a laissé un bilan très contrasté. Il y eut bien sûr le retour des Warriors en playoffs sous la houlette de Don Nelson, les venues de Baron Davis, Stephen Jackson ou Al Harrington, des choix de draft inspirés (Ellis, Biedrins…), de magnifiques pioches (Azubuike et Morrow, non draftés). Il y eut aussi le démantèlement minutieux d’une équipe pourtant en pleine ascension, l’incapacité de doter Golden State d’une raquette fiable, des choix de draft plus douteux (O’Bryant, Brandan Wright, Diogu…), la trop grande liberté accordée à un coach ne maîtrisant pas toujours son sujet et une gestion hasardeuse dans certains dossiers-clés (Ellis).

Mullin s’étant rapproché de sa ville natale et de Donnie Walsh, son nom a longtemps circulé à « Big Apple » pour un poste en vue au sein du front office des Knicks. Finalement, ce papa de trois garçons et une fille, engagé par Billy Crystal en 1995 pour le film « Forget Paris », a accepté de devenir le coach de St John’s, histoire de boucler la boucle.  Il vient d’ailleurs de partir après quatre saisons sans saveur, mais quelques coups de chaud contre les arbitres dont il a le secret. Il a aussi effectué son entrée au Hall of Fame en 2011. En même temps qu’Arvydas Sabonis et Dennis Rodman…

Ah, on allait presque oublier de signaler que Mullin fut en conflit avec les Warriors pour la signature de son premier contrat pro. Il loupa les camps d’entraînement et les six premiers matches de la saison régulière faute d’un accord. Le soir de la signature, il joua 24 minutes et réussit le panier de la victoire à 15 secondes de la fin…

CV

16 ans de carrière NBA

986 matches (822 fois starter)

18.2 pts, 4.1 rbds, 3.5 pds, 1.55 int, 0.56 ct

50.9% aux tirs, 38.4% à 3 points, 86.5% aux lancers francs

Palmarès

All-NBA First Team : 1992

All-NBA Second Team : 1989, 91

All-NBA Third Team : 1990

All-Star : 1989, 90, 91, 92, 93

Champion olympique : 1984, 92

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