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[Blog] Kobe Bryant, au cœur des liens

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Il y a parfois des textes qui restent bloqués dans une distance invisible. Des mots qui refusent de s’afficher sur l’écran. On contemple alors la lueur pâle de ces pixels vides, en leur cherchant un élan impossible.

Après la mort de Kobe Bryant, j’ai tenté de mettre des mots sur ce que je ressentais, sur ce que tout le monde du basket ressentait. Pourquoi sa mort bouleversait-elle autant, au-delà des circonstances du drame ? Pourquoi cet étrange sentiment que j’avais en y pensant ? J’ai commencé à écrire de nombreuses choses, sans jamais trouver l’âme que je recherchais. Je me suis dit que c’était peut-être simplement incompréhensible. Trop abstrait. Trop général. Peut-être que je réfléchissais simplement trop, qu’il n’y avait rien de mystique ou de philosophique là-dedans.

Et puis un soir que je travaillais à mon bureau, ma fille s’est approchée. Du haut de ses 14 mois, elle a tendu les bras vers moi, ce geste qui me fait savoir qu’elle veut s’asseoir sur mes genoux. Elle a tranquillement étudié le désordre qui régnait autour de l’ordinateur, s’est penchée et a saisi le petit ballon de basket en mousse que je jette mécaniquement contre le mur lorsque je réfléchis. Et pendant de longues minutes, elle m’a donné puis repris l’objet. Encore et encore. Avant qu’elle ne décide finalement que le moment d’échange était terminé.

Je l’ai suivie quitter la pièce en gazouillant, de sa démarche encore chancelante, et en me retournant sur l’image de Kobe Bryant qui s’affichait encore sur l’écran, j’ai compris quelque chose.

Je n’étais pas vraiment un fan du « Black Mamba ». Certes, j’admirais sa technique, et notamment ses appuis, parmi les meilleurs de l’histoire de la NBA à mes yeux, mais il faisait partie des « iso scorers », avec Allen Iverson, Jerry Stackhouse ou Tracy McGrady, qui m’ont fait m’éloigner de la NBA pendant quelques saisons, au début des années 2000.

Je le trouvais égoïste sur le terrain, à l’inverse du jeu collectif d’un Manu Ginobili que j’adorais. Je trouvais sa dureté surjouée, le fait qu’il regardait en boucle « Gladiator » ou Braveheart » pour se motiver assez ridicule, tout comme les légendes répétées jusqu’à plus soif au sujet de ses entraînements à 3h du matin. Même sa « Mamba Mentality » me faisait hausser les yeux au ciel, tant j’y voyais un « storytelling » travaillé et faux.

Mais si le décès tragique de Kobe Bryant a eu un tel impact, c’est parce que je pense qu’il était au cœur de tous les liens et de toutes les transmissions liées à la NBA.

On suit et on pratique le sport parce qu’on aime ça, mais surtout parce c’est l’un des plus formidables créateurs de liens sociaux. Ça nous rapproche de notre père, de notre mère, de notre frère, de notre sœur, de notre fils, de notre fille, de nos amis, de nos proches. Ça nous crée des amis, ça nous crée aussi des « ennemis », mais c’est parce qu’on a des « ennemis » qu’on devient réellement amis.

Fils d’un ancien basketteur, père d’une basketteuse en devenir, lien entre l’ère Michael Jordan et l’ère LeBron James, étoile la plus brillante de la plus brillante des franchises, Kobe Bryant était à la fois fils, père, élève, mentor, modèle, icône… Il était au coeur de tous les mécanismes de création de liens sociaux par le basket. On a pu aimer l’aimer, on a pu aimer le détester, on a pu se reconnaître en lui dans le petit garçon qui suivait son père sur les terrains de basket, ou dans le coach qui guidait sa fille au bord d’autres terrains de basket.

On a surtout tous créé des liens grâce à lui, en parlant de Kobe Bryant avec nos amis et nos coéquipiers, dans nos clubs respectifs, en regardant ses matchs ensemble. En sautant de joie ou en criant de dépit après ses shoots décisifs. Il était ce petit ballon en mousse qui nous a si souvent reliés aux autres amoureux du basket. Et qu’on a vu brusquement s’arrêter de rebondir.

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