Ce match-là, les Warriors vont le « jeter dans les toilettes » comme le dit Steve Kerr. Face aux Celtics, son équipe a été dépassée de bout en bout. Menée de 11 points après 12 minutes, elle a surtout sombré dans le troisième quart-temps (-19) pour finir sur une lourde défaite de 40 points (85-125).
Jamais les Californiens n’avaient été écrasés de la sorte à domicile depuis l’arrivée de Steve Kerr sur le banc de l’équipe, en 2014. Cet écart final représente le pire revers à domicile pour Golden State depuis une défaite de 45 points contre les Mavs en 1985. Le genre de lourd revers qualifié de « démoralisant » pour le coach. « Ce soir, ce n’était pas génial, déclaration de Captain Obvious », ironise Stephen Curry.
« Je n’en ai aucune idée, ça a été juste un match difficile à partir de la fin du premier quart-temps et jusqu’à la fin du match. On s’est présenté avec beaucoup d’énergie. Mais un aspect important de notre saison est que lorsqu’on ne peut pas marquer, on perd cet esprit de compétiteur, cette énergie. On peut s’en sortir contre certaines équipes. Contre le champion en titre, ce n’est pas une bonne formule pour réussir », poursuit plus sérieusement le leader local.
Ce dernier a terminé meilleur marqueur de sa formation avec 18 unités (6/16 aux tirs dont 4/12 de loin). Seul Moses Moody a dépassé la barre des 10 points derrière lui, là où six Celtics ont terminé avec 10 points ou plus. Des Celtics qui évoluaient au complet, tandis que les Warriors comptaient leurs blessés : Draymond Green, Jonathan Kuminga, Brandin Podziemski, Kyle Anderson…
Un niveau de confiance et d’assurance
Même si les Celtics sont loin de leur forme optimale, ils tutoient encore les sommets de l’Est, quand les Warriors semblent promis à devoir encore cravacher pour aller en « play-in ». Il y a deux ans et demi, ces deux formations s’étaient affrontées sur la plus grande des scènes, celles des Finales NBA. Les Warriors l’avaient emporté, mais depuis, beaucoup de choses ont changé.
« On a un effectif complètement différent, c’est évident. Surtout sans Draymond. Mais vous regardez ce qu’ils ont, à part (Kristaps) Porzingis, ils ont encore pratiquement toute la rotation, et ils sont champions en titre », rappelle Stephen Curry, en oubliant de citer notamment Jrue Holiday, arrivé en octobre 2023.
« Ils arrivent donc avec un niveau de confiance et d’assurance, et c’est exactement le contraire de ce qu’on a en ce moment. Alors oui, c’est sûr que c’est un très bon souvenir, mais c’est vrai que c’était il y a longtemps », poursuit le meneur dont l’équipe avait remporté de peu la première manche à Boston en novembre dernier.
« On dirait que c’était il y a une éternité », remarque aussi Kevon Looney, avant d’ajouter : « On a connu beaucoup de changements dans l’équipe depuis. Chaque saison apporte un nouveau défi. Cette année (2022) semble de plus en plus lointaine. Mais j’espère qu’on pourra retrouver ce sentiment d’être champion. Mais on a encore un long chemin à parcourir. »
Un long chemin qui passera par le retour en forme de certains cadres, et un état d’esprit irréprochable pour la suite. « On doit avoir des ondes positives dans notre vestiaire, peu importe ce qui se passe dans une victoire ou une défaite. Il faut être capable de venir avec la bonne attitude. C’est une question de conviction qu’on peut gagner n’importe quel match devant nous », assure Stephen Curry, dont le constat inverse est vrai aussi.