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Draft 2021 | Jalen Suggs, le quarterback

Prospect – Athlète complet, à qui on promettait une belle carrière aussi bien au football américain qu’au basket, Jalen Suggs a choisi la balle orange.

Plus petit et moins explosif, mais plus méthodique et meilleur défenseur, Jalen Suggs (1m93, 93kg) pourrait bien suivre les pas d’Anthony Edwards en NBA. Deuxième des votes pour le titre de Rookie Of The Year, l’arrière des Wolves a brillé par son physique, et le freshman de Gonzaga est conçu sur le même moule.

S’il n’est pas nécessairement attendu comme n°1 de la prochaine Draft avec des phénomènes comme Cade Cunningham et Evan Mobley devant lui, Jalen Suggs n’en reste pas moins un prospect extrêmement talentueux, doué pour le basket mais aussi pour le football américain, qui a finalement choisi de faire carrière avec la balle orange.

M. Basketball et M. Football en 2020 !

À 20 ans seulement, Jalen Suggs a déjà une carrière incroyablement riche pour son âge, et un palmarès plutôt replet avec des succès sur la scène américaine, mais aussi au-delà, avec deux médailles d’or avec les équipes américaines de moins de 17 ans et moins de 19 ans aux Coupes du Monde 2018 et 2019 (et même une troisième en moins de 16 pour le Tournoi des Amériques).

Nommé Athlète de l’année par MaxPreps, il en plus été élu M. Basketball et M. Football dans son état natal du Minnesota en 2020. Solide physiquement, mais encore plus mentalement, il est un athlète comme on en voit peu. À vrai dire, il est même le seul athlète à avoir réalisé cet exploit dans la même année.

« Oui, franchement il est impressionnant », nous a confié son coéquipier Joël Ayayi. « Il a d’énormes capacités, il peut courir, il est très physique pour son poste. Il peut quasiment défendre sur n’importe qui, il n’a pas peur des coups, il peut être une peste en défense. Il a des mains rapides, il est assez explosif donc il gêne aussi beaucoup sur les lignes de passes adverses. C’est l’un de ses grandes forces, il a de grandes qualités athlétiques. »

Cette saison, il n’a pas tardé à mettre ses qualités en lumière puisque, dès les premières secondes de son premier match face à Kansas, Jalen Suggs s’est pris une technique après un dunk rageur pour conclure le alley-oop lancé par Joël Ayayi justement. Jalen Suggs finira le match à 24 points, 8 passes et 4 rebonds. Pourtant, ses débuts avaient été repoussés à deux reprises. Non sans stress alors que ses parents avaient tous les deux attrapé le Covid…

« Tout le monde est arrivé un mois avant moi [à Spokane] parce que, d’abord, j’ai dû attendre une semaine et demie supplémentaire pour m’occuper de plusieurs rendez-vous médicaux. Et puis ensuite, je m’apprêtais à partir quand ma mère et mon père ont contracté le Covid-19, donc j’ai dû me confiner avant de pouvoir venir ici », rappelait-il dans Slam. « C’était encore un mois de plus avant que je puisse arriver. Mes valises, mes sacs, tout était prêt mais j’étais bloqué à la maison. C’était difficile mais quand je suis arrivé, je suis descendu de l’avion et je suis allé direct à la salle. Tout le monde bossait, j’ai mis mon short et je suis rentré en jeu. »

Un début de saison en fanfare

Privé de ballon, et logiquement en manque de basket, Jalen Suggs a été servi à son arrivée sur le campus de Spokane. D’emblée, il a ainsi pu se mesurer à un des rookies de l’année en NBA, l’ancien meneur d’Oregon, Payton Pritchard, qui passait par là pour préparer la Draft. Avec un Hall of Famer, rien que ça.

« Quand je suis arrivé, Payton Pritchard était là pour s’entraîner avec [John] Stockton, avec David et John, en préparation de la Draft pour garder la forme. Il y avait lui et d’autres joueurs. On a joué dans des matchs informels, avec l’équipe et quelques anciens de l’école. C’était vraiment sympa pour moi parce que je les regardais à la télé la saison précédente. Il avait gagné le trophée Bob Cousy du meilleur meneur. De pouvoir jouer face à lui dès mes premiers jours, c’était une super expérience. »

Trois semaines plus tard, Jalen Suggs enchaîne avec son record en saison face à Iowa, un gros match face à une grosse écurie, avec 27 points, 7 rebonds, 4 passes, le tout à 8/17 aux tirs dont un très bon 7/10 à 3-points. Il faut dire qu’il était particulièrement motivé pour cette rencontre.

« Tout ce match et les jours juste avant, j’avais un peu de famille avec moi. Ils étaient dans le public. Je devais bien jouer pour eux car c’était la première fois qu’ils me voyaient jouer à l’université. L’énergie dans la salle était vraiment bien. Leur présence aidait. C’était vraiment un bon jour. J’avais ma mère, ma grand-mère de Floride toute la semaine, et il y avait encore plus de famille avec nous pour le weekend. »

À 14 points, 5 rebonds, 4 passes et 2 interceptions de moyenne sur sa première saison universitaire, Jalen Suggs a passé le cap sans la moindre appréhension, et sans trop de difficultés… Il a fait montre de sa polyvalence mais aussi de son jeu sans trop de fioritures avec moins de 3 balles perdues par match et 51% de réussite aux tirs dont 35% à 3-points.

Un compétiteur hors-normes

Après avoir été élu à dix reprises « freshman de la semaine » durant la saison, Jalen Suggs a logiquement été nommé meilleur rookie de la WCC, dans le meilleur cinq des freshmen aussi évidemment, mais aussi dans le meilleur cinq de la WCC, en plus d’avoir terminé meilleur joueur (MOP) du tournoi final.

Dans la finale justement, face à Brigham Young University, il a prouvé, s’il le fallait encore, qu’il était le patron des Zags malgré son statut de freshman. C’est lui qui, avec 23 points au total (plus 5 rebonds et 5 passes), a pris le contrôle des opérations pour amener les Bulldogs à bon port, avec deux 3-points décisifs dans le money time.

« Quand les lumières brillent de milles feux et que tout le monde regarde, je veux toujours jouer et créer quelque chose. Le plus important, c’est que je veux en ressortir avec la victoire. J’ai dit au Coach avec 6 ou 7 minutes à jouer qu’on n’allait pas partir sans ce titre. Je vais plier l’affaire. Dans la fin de match, les gars m’ont fait confiance. Je n’arrêtais pas de crier : c’est mars, c’est mars ! Toute ma vie, j’ai attendu de jouer ces moments-là, en mars. »

Elu aussi dans le deuxième meilleur cinq de NCAA cette saison, Jalen Suggs est très exigeant et très dur avec lui-même. Il est son critique le plus acerbe et sa régularité tout au long de la saison, seulement 6 matchs sous les 10 points marqués (sur 24 rencontres) en est la preuve.

« C’est un compétiteur. Il a une soif de gagner énormissime« , reprend pour nous Joël Ayayi, bien placé pour le savoir. « Les gens diront toujours que personne n’aime perdre, mais quand je parle de compétiteur, c’est bien plus que de ne pas aimer perdre. C’est une envie de progresser constante, une soif énorme de gagner, toujours, de gagner chaque match, mais aussi de tout donner, de tout faire pour gagner. Et tout ça, ça met en avant toutes ses qualités de basketteur : il est athlétique, il est super opportuniste, il a une vision de jeu rare pour un gars de son âge, et c’est un bon shooteur. Il est capable de mettre des séries comme contre Iowa en début de saison où il plante 7/10 de loin. Il doit bien sûr continuer de bosser sur ça, mais il est capable de mettre des tirs, et c’est important »

Cousin du spectaculaire Eddie Jones

Cousins de Terrell Suggs (double champion NFL) et d’Eddie Jones (triple All-Star NBA), Jalen Suggs provient clairement d’une famille à l’héritage sportif très riche, avec d’autres cousins qui ont également trempé en Division I de basket universitaire. Néanmoins, à la fin de son cursus de lycéen, le jeune Jalen a dû faire un choix. Forcément cornélien…

« C’était horrible. Honnêtement, c’était affreux. Toute ma saison senior de foot, je me disais que je ne voulais pas arrêter. C’est mon dernier entraînement de la troisième semaine, mon dernier entraînement avant les playoffs… Quand on est arrivé au championnat de l’état, c’était mon dernier match ! Je ne voulais pas m’arrêter et abandonner. Pas déjà. Mais j’ai eu une longue discussion avec mon père, dans notre cuisine, c’était dur, émotionnel, car je savais que je devais abandonner un truc qui m’était très cher. »

S’il a dû, la mort dans l’âme, laisser son casque aux vestiaires alors qu’une fac comme Ohio State était prête à lui offrir une bourse, ses qualités de footballeur américain n’ont pas disparu du jour au lendemain non plus. Jalen Suggs en tire encore bénéfice sur les parquets, étant avant tout un joueur efficace, qui ne panique jamais et qui ne force rien. Peu importe la pression défensive.

Au contraire, il sent les prises à deux venir et il peut faire la lecture adéquate pour trouver un coéquipier démarqué. Il ne prend pas (ou très peu) de mauvais tirs (59% cette saison à 2-points sur 7 tentatives par match). Jalen Suggs remercie ainsi son coéquipier Corey Kispert, le shooteur de l’équipe, dans son année senior et en lice pour la prochaine Draft, qui l’a beaucoup aidé dans son adaptation rapide au jeu universitaire.

« Comme je suis le jeune gars qui arrive dans l’équipe, et que lui est là depuis quatre ans maintenant, j’ai pu apprendre énormément à son contact. J’ai appris les ficelles du métier en attaque, les petites choses que les coachs veulent voir et qui peuvent aider l’équipe à gagner. »

Un talent des deux côtés du terrain

Perfectible au niveau du tir, et sans aucun doute aussi sur son dribble et sur quelques aspects techniques avancés, Jalen Suggs est surtout un prospect cinq étoiles pour la NBA du fait de sa capacité à faire la différence des deux côtés du terrain. Comme l’expliquait récemment The Ringer, son passé de joueur de foot US plaide en sa faveur pour les défis défensifs qui l’attendront inévitablement en NBA.

À Gonzaga, Mark Few l’a ainsi aidé à progresser défensivement, mais il a lui a surtout ouvert les yeux sur les multiples façons d’influencer le jeu, sans avoir le ballon entre les mains 100% du temps. Bien entouré chez les Zags, Jalen Suggs a pris conscience qu’il peut peser offensivement en coupant, en posant des écrans, en créant… Et puis quand vient le « money time », il peut effectivement prendre le contrôle d’un match en jouant à son propre rythme plutôt que de simplement réagir à ce que la défense lui propose. La preuve avec ce panier miracle face à UCLA lors de la March Madness.

A 90-90, on pensait partir pour une deuxième prolongation, avec un temps mort de Mark Few, mais Jalen Suggs avait décidé de jouer tout seul. Il avait remonté tout le terrain pour prendre un tir à 10 mètres ! Au buzzer, avec la planche, pour une victoire 93-90.

« Tous les jours, à l’échauffement, avant le match, on prend des tirs du milieu de terrain » avait raconté la star de Gonzaga. « Je ne les mets pas, mais j’ai confiance pour les prendre. C’est dingue. Les mots manquent. »

La confiance en soi, c’est plus que nécessaire pour faire son trou en NBA, et il n’en manque pas !

PREVISION DRAFT 2021

4e place : Derrière le trio Cunningham-Mobley-Green, Suggs est le favori pour être choisi en 4e position par les Raptors. Son profil est idéal pour Toronto, par son volume de jeu, sa personnalité et son poste. Si Kyle Lowry devait partir, il pourrait même débuter au poste 2 aux côtés de Fred VanVleet.

Propos de Joël Ayayi recueillis par téléphone par Michaël Da Costa

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