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Des crêpes, des pizzas, de la poterie et des contres… L’histoire des quatre saisons de Killian Tillie à Gonzaga

Alors que l’annulation du tournoi final de la NCAA scelle sa carrière universitaire, Killian Tillie s’apprête donc à sauter le pas vers le monde professionnel après quatre années sur le campus de Gonzaga à Spokane. A moins d’un ultime revirement…

« Should I stay or should I go ? »… Avec la fin abrupte de la saison NCAA à cause de l’épidémie de coronavirus, Killian Tillie va avoir un nouveau choix à faire pour la suite de sa carrière.

Après quatre années à porter la tunique des Bulldogs, l’intérieur tricolore de 22 ans va avoir la possibilité de revenir l’an prochain sur le campus de Spokane puisque le tournoi final est annulé, ou de sauter le pas vers le monde professionnel. La NBA est en ligne de mire, mais pourquoi pas l’Euroleague si ça coince à la Draft ?

Un fin gourmet

Car pour le titre NCAA, c’est malheureusement râpé pour cette année ! Lui qui a récemment dit adieu à son public de Spokane pourra finalement revenir pour une cinquième et ultime saison, mais cela ne semblait pas être l’option envisagée durant notre dernière conversation.

« Je me prépare, c’est ma dernière année donc j’ai hâte de partir aussi, de voir un nouveau monde car ça fait quatre ans que je suis là, ça fait beaucoup quand même », nous confiait Killian en janvier dernier. « Au début, ce n’était pas forcément prévu mais les blessures m’ont un peu freiné. Maintenant, je suis content car je vais partir avec mon diplôme et partir ensuite jouer au plus haut niveau. Il ne me reste plus que le titre à gagner. J’ai connu le Final Four, l’Elite Eight, le Sweet Sixteen. Il faut aller au bout cette saison. »

En attendant de savoir quelle décision prendra Tillie, un très long article publié dans The Athletic revient sur ses quatre années chez les Zags, anecdotes croustillantes à l’appui. On y apprend notamment comment Killian Tillie s’est peu à peu adapté à la vie américaine à son arrivée en provenance de l’INSEP à l’été 2016.

Le jeune « Frenchy » a rapidement trouvé une famille d’adoption dans l’Etat de Washington. Avec Josh Perkins, Rem Barkamus et Jack Beach, Tillie a trouvé des coéquipiers qui ont tout fait pour l’intégrer au mieux. Y compris pour le familiariser avec les produits locaux !

« C’était notre boulot de l’emmener faire des courses et de l’aider à s’habituer à sa nouvelle situation », relate ainsi Barkamus, désormais assistant coach à la fac de Baylor. « Le trajet au supermarché aurait pu se faire en moins de 20 minutes s’il n’avait pas été surpris par tous les céréales et les snacks que l’on a à offrir en Amérique. Tous les deux ou trois pas, il prenait un truc différent du rayon et nous demandait quel goût ça avait. »

En tout état de cause, en bon Français, Killian a rapidement montré à ses coéquipiers américains que la gastronomie était une chose sérieuse. Friand de snacks apéritifs et spécialiste du classique, tomates – mozzarella, Tillie est également resté droit dans ses bottes quant aux pizzas.

« Il n’aime pas les pizzas américaines, avec le pepperoni et tous les trucs qu’on met dessus ici », confirme Beach. « Pour lui, les pizzas, c’est avec du jambon, comme ce qui se fait traditionnellement en Europe. Il sera toujours attaché à ses racines. »

Pour son plus grand bonheur culinaire, Spokane accueille deux ou trois adresses d’inspiration française, dont une crêperie qui est devenu son repère.

« Il y a un restaurant de crêpes au sud de la ville [qui s’appelle Fleur de Sel] et les propriétaires sont français », ajoute Corey Kispert, son coéquipier depuis trois saisons. « Chaque fois qu’on pouvait, on y allait et il leur parlait en Français. On y passe plus d’une heure à chaque fois. Je suis assis-là en silence et ils parlent français. J’ai un peu l’impression d’être la cinquième roue du carrosse, dans un rendez-vous. Mais c’est un de ses restos habituels. »

La preuve, il y a également invité un des assistants coachs, Donny Daniels. « Quand on est allé dans ce restaurant français, j’étais avec lui et Joël et c’est lui qui a passé la commande. Il était comme chez lui et il me disait : « hey, essaie ça coach ! »

De bonnes mains… sauf pour la poterie !

Débarqué avec une belle réputation à Gonzaga, avec notamment 14 points et 10 rebonds de moyenne durant le championnat d’Europe U16 de l’été 2014 au terme duquel il a été élu MVP, Tillie a immédiatement fait forte impression à Spokane.

Si sa production statistique a été limitée à 4 points et 3 rebonds en 12 minutes de moyenne, l’intérieur azuréen a marqué les esprits dès son année freshman, notamment lors du Final Four 2017. A peine utilisé durant le match, Tillie ne tremble pas pour inscrire deux lancers clutch face à South Carolina pour qualifier les Zags en finale – qu’ils perdront de peu face à North Carolina (71-65).

« Durant son année freshman, il aurait sans doute été titulaire dans la plupart des équipes du pays », assure Barkamus. « On avait un groupe de vétérans à l’intérieur de sorte que Zach [Collins] et lui étaient dans un rôle différent où ils ne demandaient pas beaucoup le ballon, et ils l’ont parfaitement accepté. On aurait pu aller loin je pense si on avait joué avec eux en 4 et en 5 leur année freshman. Je me souviens surtout du match face à Northwestern [au 2e tour du Tournoi NCAA, avec 8 points, 5 rebonds, 1 contre, 1 interception en 14 minutes pour Tillie]. Il avait plus joué que d’habitude et il avait réussi des lancers importants. C’est là que je me suis rendu compte qu’il était très, très talentueux et allait devenir un grand Zag. »

Mais si ses bonnes mains et son toucher sont reconnus de tous sur un terrain de basket (voire un terrain de volley et même sur un parcours de Top Golf ou une partie de Mario Kart), Killian n’a par contre pas le même talent pour la poterie. En classe de céramique, Tillie a visiblement ramassé une vilaine note…

« Rui, Silas [Melson], Killian et moi on avait une classe de céramique ensemble », poursuit Barkamus. « Rui a modelé une chaussure Jordan, Silas a fait un truc lié aux Raiders et j’ai fait une pile de pancakes tandis que Killian a fait ce truc… on ne savait pas trop ce que c’était. C’était comme un vase avec des poignées et un couvercle bizarre avec un coeur dessus [rires]. Il était de loin le plus mauvais de la classe et on lui a bien fait savoir. »

« Il m’a fait connaître le rap français »

Pas le dernier pour la rigolade, Tillie a pendant ses quatre ans été un des ingrédients majeurs de la bonne alchimie des Zags. Avec son humour mais aussi son sérieux (Zach Collins louant notamment l’éthique de travail de son ancien coéquipier), Tillie a sauté à pieds joints dans la culture de Gonzaga.

Pour ce faire, il a été bien accompagné puisque son compatriote, Joël Ayayi, l’a rejoint dès la rentrée 2017 pour sa 2e année, mais Killian Tillie a aussi pu côtoyer un certain Rui Hachimura, l’actuel rookie des Wizards étant alors un autre prospect étranger débarqué comme lui à l’été 2016.

« C’est un de mes meilleurs amis, un frère », explique Hachimura. « On a vécu ensemble pendant deux ans, et ma 3e année, il vivait dans la chambre à côté, donc c’est comme si on avait vécu ensemble pendant trois ans. On est de deux pays différents à arriver à l’université. Son anglais n’était pas très bon non plus. On a beaucoup traîné ensemble et forcément on a fait quelques bêtises pour passer le temps. »

Parmi ces dernières, une tradition était de profiter des magnifiques montagnes alentour pour goûter aux plaisirs enivrants de la glisse. Tout en répandant la bonne parole, à travers le rap.

« Il m’a fait connaître le rap français. Chaque fois que j’allais à la salle de muscu, il mettait du rap français à fond et je m’y suis fait », sourit Stephen Gentry, le directeur des opérations basket de 2017 à 2019. « Pendant les vacances de noël, on allait toujours faire de la luge sur le Mont Spokane avec Tommy [Lloyd]. Il fallait retenir son souffle. Avec Rui qui venait aussi, on avait notre secteur intérieur titulaire qui descend le Mont Spokane en luge alors qu’on est a une belle saison à finir. »

Avec son papa béninois, Hachimura connaissait pour le coup un peu de Français et la présence de Killian lui a permis de cultiver cette partie francophone de son héritage. A l’inverse, pour ce qui est de l’anglais, les deux jeunes joueurs ont connu une progression constante… Ce qui en a fait un tandem comique au sein de l’équipe, parfois à leurs dépens !

« Il est à la fois très extraverti mais aussi étranger », reprend Josh Perkins. « Il comprend l’argot anglais ou le langage familier mais parfois, des trucs lui échappent. Lui et Rui, ils nous sortaient des trucs qu’ils pensaient comprendre mais en fait, ils ne savaient pas et c’était très amusant. Il m’a appris des mots de français. Quand je les utilisais, il me disait ce qu’ils veulent dire mais ma prononciation en changeait la signification [rires]. »

Un battant pas verni

Grand espoir du basket hexagonal depuis ses débuts en équipes de jeunes, Killian Tillie a bien malgré lui développé une autre tendance durant ses quatre années en NCAA : les blessures récurrentes.

Tout a vraiment commencé lors de sa saison sophomore qui était celle de l’explosion pour Tillie, passé alors à 13 points, 6 rebonds, 2 passes et 1 contre. En pleine montée en puissance, avec 24 points et 5 rebonds de moyenne lors du tournoi final de la WCC en 2018 dont 28/36 aux tirs et 13/14 à trois points, plus le trophée de MOP dans la valise, Tillie était sur la voie royale vers la NBA.

Mais une blessure à la hanche l’a privé du tournoi final. Et depuis, Killian lutte en permanence contre des pépins physiques au genou, au cheville. Comme lorsqu’il s’apprêtait à mettre son nom à la draft en 2019, avant de se rétracter, faute à une entorse à la cheville lors d’un workout à Atlanta.

Ce n’est pas compliqué : depuis un an et demi, Tillie a subi une blessure à la hanche, une autre au genou, deux autres à la cheville et une opération préventive pour nettoyer son genou…

« Je peux encore progresser car physiquement, je ne suis pas encore à 100% », nous confiait-il ainsi en janvier dernier. « Ça va prendre encore du temps, alors je prends les choses au jour le jour. C’est un peu galère car j’ai commencé avec une opération au genou. C’est un souci que j’ai depuis l’Insep et j’avais besoin de nettoyer le genou. Du coup, j’ai eu du mal à m’y remettre même si j’ai repris assez tôt. C’est dur car je dois toujours me préoccuper de mon genou (droit) et j’ai aussi ma cheville (gauche)… »

A l’instar d’un Arvydas Sabonis ou de Brandon Roy plus près de nous, sans dire que c’est aussi grave, Killian Tillie a appris à jouer avec la douleur. Sans se plaindre ou le crier sur tous les toits…

« Il faut vraiment faire attention à ses genoux, au temps de travail sur ses genoux. De ce que je sais, il est toujours diminué », justifie Donny Daniels. « Si vous lui demandez, il vous le dira : « oui, mon genou est douloureux mais c’est comme ça. » Il n’a jamais laissé ça l’empêcher de s’entraîner. C’est le plus remarquable. Beaucoup de gars se défileraient et prendraient du repos. Il l’a fait parce qu’on l’y a obligé mais il ne l’a jamais fait pour la douleur qu’il ressent au quotidien. Ce gamin n’a jamais été en pleine santé durant une saison entière. C’est sa saison senior, et aussi bon qu’il est déjà, imaginez s’il était en bonne santé. »

En tout état de cause, Tillie finit sa saison senior avec un 3e titre de sa conférence en 4 ans, et ce, à 14 points, 5 rebonds, 2 passes, 1 contre et 1 passe de moyenne en 25 minutes de temps de jeu. C’est sa meilleure production offensive en carrière, malgré une dernière campagne encore entrecoupée par des blessures et réduite à 24 matchs.

« J’admire vraiment Killian parce que son chemin a été parsemé d’embûches », souffle Josh Perkins. « Mais du point de vue émotionnel, en tant que coéquipier et être humain, je ne l’ai jamais vu vaciller. Il était toujours là pour nous 24h24 et 7 jours sur 7. Il était toujours là à plaisanter et discuter. Il n’a jamais voulu qu’on s’apitoie sur son sort. Il a continué à avancer en disant que ça allait bien se passer. Un gars qui s’est retrouvé au sol 3 ou 4 fois durant sa carrière universitaire, et il s’est relevé à chaque fois. Il est tenace. C’est un battant, il se relèvera toujours. J’adore ce gars, un des meilleurs Zags pour sûr. J’espère simplement qu’il aura la chance de montrer au monde entier qui il est. »

En filigrane, Perkins veut bien évidemment dire qu’il espère que son copain français pourra être drafté et montrer son talent sur la grande scène de la NBA. Toute la France du basket l’espère également tant Killian Tillie a du talent plein les mains.

Reste à savoir quelles seront les décisions prises par le jeune homme de 22 ans quand le basket sera de nouveau autorisé dans nos vies…

Nos interviews de Killian Tillie

 

Ses stats

Ses highlights

Un reportage récent avec ses parents

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