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« Noirs, blancs, juifs, musulmans, chrétiens, sikhs… Tout le monde aime les Raptors ici ! »

Considérée comme l’une des villes les plus multiculturelles et cosmopolites de la planète, Toronto voit sa population se rassembler sous une bannière commune : sa « jeune » franchise NBA.

Dresser le portrait robot du fan des Raptors ? C’est tout simplement une mission impossible. Que ce soit dans les travées de la Scotiabank Arena ou à l’extérieur de la salle des Raptors, dans « Jurassic Park », on trouve de tout dans ce royaume du multiculturalisme : de sikh enturbanné à la femme voilée, en passant par les nombreux représentants de l’Asie de l’Est.

« Ce n’est pas seulement l’histoire d’une ethnie », juge Herbie Kuhn, le speaker et aumônier de l’équipe, qui commence par énumérer : « Dans cette salle, vous trouvez des noirs, des blancs, des juifs, des musulmans, des chrétiens, des sikhs, ceux qui ne croient en rien… Tout le monde aime les Raptors dans cette ville, la meilleure du monde ! C’est un tel melting pot. »

140 langues et 200 ethnies !

« Melting pot » est aussi la première expression qui vient en tête chez Alvin Williams, pour décrire la ville où il a passé le plus de temps durant sa carrière (1998-2006). « C’était sympa de jouer devant autant de nationalités », nous confie l’ancien coéquipier de Vince Carter, désormais consultant NBA. « Beaucoup de ces communautés se retrouvent ensemble grâce au basket car pour suivre ce genre d’événements, il faut se mêler à des gens auxquels vous n’êtes pas habitués. »

Pour avoir une idée de ce que représente la diversité dans cette ville d’un peu moins de trois millions d’habitants, il suffit d’avoir deux données en tête : le nombre de langues maternelles parlées dans l’aire métropolitaine de Toronto estimé à 140 et le nombre d’ethnies, à 200. Parmi ces dernières, les trois groupes minoritaires les plus importants sont les communautés sud-asiatique (12.6% de la population), chinoise (11%) et noire (8.9), pour reprendre les termes du dernier recensement de 2016.

Ces chiffres ne disent pas à quel point cette diversité se répercute chez les fans des Raptors. À notre connaissance, aucune étude statistique ou sociologique n’a été menée pour confirmer les impressions visuelles. Ce pourrait justement être le prochain sujet de recherche de Peter Donnelly. Ce sociologue du sport, directeur du Centre d’études sur le sport rattaché à l’université de Toronto, travaille notamment sur des questions liées à l’accessibilité du sport.

« L’équipe devrait sans doute ressembler davantage à la ville »

Il y a une quinzaine d’années, le sociologue avait été interrogé sur des questions similaires, non pas au sujet des Raptors mais des Blue Jays, l’équipe de baseball. « On venait d’apprendre que notre équipe était la plus blanche de la ligue. Un reporter m’avait demandé si je trouvais que c’était un problème. J’avais répondu que : ‘Oui, dans la ville avec le plus de diversité, c’est un problème. L’équipe devrait sans doute ressembler davantage à la ville’. »

Même si son propos avait été diversement apprécié à l’époque, Peter Donnelly avait cité en exemple Ichiro Suzuki, légende du baseball japonais récemment partie à la retraite, à l’époque membres des Seattle Mariners. « À chaque fois que cette équipe jouait à Toronto, beaucoup d’Asiatiques de l’Est assistaient aux matchs. Or, les Blue Jays n’avaient, eux, aucun Asiatique… » Il ajoute : « Les gens veulent voir des gens qui leur ressemblent. »

Et le spécialiste de citer, en revenant aux Raptors, un certain Jeremy Lin. Arrivé en cours de saison à Toronto, le meneur remplaçant est particulièrement apprécié par le public de Toronto. Mais le joueur d’origine taïwanaise a-t-il pu faire grandir l’engouement pour les Raptors, auprès des sphères asiatiques ? L’intéressé se contente de nous assurer avoir « reçu le soutien de toutes les communautés de la ville, pas seulement des Chinois ».

L’effet Jeremy Lin ?

De son côté, Mike Ganter, journaliste du Toronto Sun, a pu mesurer l’impact de Jeremy Lin à Toronto. « Je savais que la communauté asiatique était importante ici. Mais son arrivée a changé mon fil Twitter par exemple. Je vois maintenant que je suis retweeté dans différentes langues, je dois utiliser Google traduction en permanence pour comprendre ce qu’il se dit ! »

Le journaliste avait déjà connu des expériences similaires par le passé, avec la venue de Hedo Turkoglu par exemple.

« Eh voilà que des centaines de Turcs se sont mis à suivre les matchs. Je m’étais demandé : ‘C’est quoi cette communauté turque ? D’où ils viennent ?’ Mais ces gens étaient déjà là, bien sûr. Ça a été la même chose avec la communauté lituanienne apparue soudainement avec Jonas Valanciunas. Et qui s’est mise à occuper des sections entières dans la salle, avec des drapeaux. C’est le cas à chaque fois qu’un nouveau joueur étranger arrive, en particulier les Européens. »

Marc Gasol, Serge Ibaka ou OG Anunoby sont de ceux-là cette saison. Mais entre les Jose Calderon, Jorge Garbajosa (Espagne), Rasho Nesterovic (Slovénie) Jérôme Moïso, Alexis Ajinca, Mickaël Piétrus ou encore Nando de Colo (France), la liste des joueurs du Vieux continent passés par Toronto est longue.

Le « Superfan » aux premières loges de la diversité

Les joueurs ne sont pas les seuls à stimuler cette diversité autour de la franchise. Un fan, à lui seul, tient un rôle de premier plan en la matière. Il en est même l’incarnation. Son nom, Nav Bhatia, ne vous dit peut-être rien. Son célèbre turban et son surnom de « Superfan » sans doute davantage. C’est lui qui est toujours présent au premier rang, à l’arrière de l’un des paniers.

Il peut se vanter de n’avoir pas raté le moindre match des Raptors à domicile depuis la création de la franchise en 1995. « Je n’ai jamais été en retard et je n’ai pas manqué la moindre minute », insiste-il depuis le bureau de sa concession automobile, où il nous reçoit, et avec laquelle il a fait fortune. Ce Sikh, arrivé d’Inde dans les années 1980, se souvient encore très bien du jour où « tout a commencé » : quand un homme avait pris Nav Bhatia pour le chauffeur du taxi qu’il venait de commander.

À partir de cet épisode, il s’est mis en tête de changer la perception de sa communauté dans la ville, et plus globalement de participer au rassemblement du plus grand nombre. Et ce mordu absolu de basket a trouvé un moyen de le faire : les Raptors.

« Il n’y avait que 30 personnes de ma communauté dans la salle en 1995″, se souvient-il. « Maintenant, ils sont plus de 3 000 sud-asiatiques à regarder les matchs. »

Les Sikhs fêtent leur nouvel An sur le parquet

Nav Bhatia y est pour beaucoup dans cette évolution car il lui arrive d’acheter plusieurs milliers de tickets pour ramener des jeunes dans la salle. À l’occasion du nouvel An sikh par exemple, Vaisakhi, célébré depuis 1999 à la mi-temps d’un match d’avril des Raptors. « Au départ, la franchise pensait ne pas pouvoir vendre de tickets pour cette soirée spéciale. Je leur ai dit : « Ne vous en faites pas, je m’en occupe ! »»

Dans la continuité, le « Superfan » a lancé sa propre fondation avec l’optique de bâtir des terrains de basket partout dans le pays. Une autre fondation, lancée en 2010, œuvre sur le même créneau, celle de la MLSE (Maple Leaf Sports & Entertainment), un conglomérat qui rassemble les franchises majeures de la ville, dont les Raptors et les Leafs.

Elle vise à améliorer la vie des enfants par le sport en finançant de nouvelles infrastructures par exemple. « Notre travail est plus important que jamais », note Michael Bartlett, son responsable événement, qui précise que la fondation a levé 11 millions de dollars cette année. Le responsable ne se prononce pas en revanche sur le capital « diversité » des Raptors, pour savoir si ces derniers sont plus rassembleurs que les Leafs.

Ils sont nombreux les Torontois, majoritaires même chez ceux avec qui nous avons échangé, à considérer Toronto comme une ville de hockey et qui va le rester encore longtemps. Et cela même si la dernière Stanley Cups des Leafs remonte à… 1967. « Lors d’un match de hockey, vous ne verrez que des blancs », assure toutefois Nav Bhatia.

« Ils sont majoritaires », confirme Peter Donnelly, « même si leur fanbase est en certain d’évoluer. C’est lié au fait que la NHL n’est pas aussi diversifiée que la NBA au niveau de ses joueurs. Je ne crois avoir jamais vu une foule entièrement blanche pour les Raptors. Ce n’est pas comme dans certaines villes américaines. »

Ce dimanche soir, la foule du Scotiabank Arena sera pourtant bien blanche, grâce à la couleur du tee-shirt que les 20 000 fans devraient arborer. La couleur de peau, elle, n’aura que peu d’importance.

Propos recueillis à Toronto

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