Pariez en ligne avec Unibet
  • DET1.89ATL1.92Pariez
  • HOU1.8MIL2.02Pariez
  • 100€ offertsLa suite →

Rencontre avec Herbie Kuhn, speaker et… aumônier des Raptors

La voix des Raptors est une véritable institution à Toronto puisqu’il a démarré au micro l’année de création de la franchise, en 1995 !

Un crayon à papier, un cahier à spirales et les informations les plus fraîches sur les effectifs de la soirée : c’est à peu près tout ce dont Herbie Kuhn a besoin pour le match à venir. À plus de trois heures de la deuxième manche entre Raptors et Sixers, l’annonceur annote soigneusement les noms de tous les protagonistes depuis la table de marque. Il s’exécute dans le calme d’une Scotiabank Arena sur le point de devenir fourmilière. Pour l’heure, elle fait office de cocon blanc et silencieux.

L’antre de Toronto, située à deux pas de la station Union, en plein cœur de ville, doit sa couleur claire aux t-shirts « We The North » qui recouvrent les 20 000 sièges. Le calme ambiant, seulement perturbé par la répétition d’une troupe de jeunes danseurs des temps-morts, va bientôt céder sa place à l’ambiance électrique que le speaker est chargé d’alimenter. Ce soir, ce sera encore « Torontoooooo Raptors ! », lâche avec entrain l’homme au micro.

Lorsque la voix des Raptors parle, on a envie de l’écouter.

« J’ai une voix unique apparemment », dit-il modestement à propos de son outil de travail. « Je pense qu’elle passe bien dans une salle comme celle-ci. Je n’ai jamais eu de problème pour la projeter donc les partisans, les fans, peuvent m’entendre de partout. Ma femme dit que même lorsque j’essaie de chuchoter, on m’entend ! »

La Coupe du monde 1994 lui met le pied à l’étrier

Être écouté par des dizaines de milliers de personnes est son quotidien depuis le milieu des années 1990. Quand, après avoir fait le bonheur… des clients d’un supermarché pour lequel il réalisait des annonces au haut-parleur, il postule pour une compétition majeure : la Coupe du Monde de basket, que Toronto co-organise en 1994. Ce premier poste propulse sa carrière.

Car parmi les organisateurs notables de la compétition internationale, on trouve un certain John Bitove qui n’est autre que le (co)fondateur et premier (co)propriétaire des Raptors. La franchise canadienne, comme son homologue de Vancouver, vient en effet d’obtenir sa dérogation pour intégrer la NBA.

Une même personne est chargée de recruter les annonceurs du Mondial ainsi que la première voix des Raptors. Herbie Kuhn est en lice mais échoue à la deuxième marche de priorités de recrutement. « Mais le premier a refusé le poste parce qu’il jugeait le salaire trop bas », précise l’heureux élu, en poste depuis maintenant 24 ans. Une carrière ne tient pas à grand-chose.

Le quinquagénaire, fasciné par les prouesses vocale de Ray Clay, l’annonceur mythique des Bulls des années 1990, n’a rien oublié ou presque de cette lointaine époque. « 3 novembre 1995 » : il connait la date par cœur, le tout premier match dans l’histoire des Raptors. C’était face aux Nets, dans le SkyDome voisin, aujourd’hui Rogers Center. Le premier effectif canadien ? « John Salley, Alvin Robertson, Zan Tabak, Damon Stoudamire… », commence-t-il à énumérer.

Des joueurs, il en a vu passer un wagon. Logique pour un homme qui n’a manqué qu’une poignée de matchs des Raptors depuis leur création. Et les souvenirs ? Ils sont trop nombreux…

Le Game 6 de la folle et dernière série entre Sixers et Raptors, avec le duel à distance entre Allen Iverson et Vince Carter, le contre de Paul Pierce au buzzer du Game 7 au premier tour des playoffs 2014… En ce soir de Game 2, Herbie Kuhn partage le travail avec Mark Strong, alias « Strizzzy », chargé, lui, d’annoncer les titulaires des Raptors seuls. Et accessoirement de mettre un peu plus le feu à une salle bouillante.

« Être authentique dans la prononciation »

Vient le tour de Kawhi Leonard pour que l’arène finisse d’exploser. Les annonceurs n’ont pas la main sur l’ordre d’introduction des joueurs. C’est le travail du « game operations manager » qui gère toutes les animations du match (concours, danseurs…).

« Je n’ai jamais eu de « problème » avec les joueurs par rapport aux intros car je prononce toujours correctement », note Herbie Kuhn qui a étudié les langues et la littérature dans sa jeunesse. « En amont, je mène beaucoup de recherches sur le nom du joueur. Je vérifie s’il est Italien, Allemand, Espagnol, Croate ou Camerounais. Je veux être authentique dans la prononciation. »

Naturellement doué pour les langues, notre homme n’hésite pas à glisser quelques mots de français ici ou là. « Grâce à Dieu », lâche-t-il par exemple à plusieurs reprises dans la langue de Molière pour évoquer son parcours. Et ses aspirations religieuses. Avec ses dernières, il a aussi construit un lien spirituel avec la franchise canadienne et ses joueurs. Dès la deuxième saison des Raptors, une aumônerie, classique dans le sport américain, voit ainsi le jour.

« Un des assistants de l’époque, un chrétien, m’a invité en ce sens », raconte-t-il. « Pourquoi ? Parce qu’il y avait un besoin, un besoin spirituel. C’est quelque chose de commun dans les autres grandes ligues de sport. C’était une question de temps pour cela se mette en place avec les Raptors. »

Un lien également spirituel avec les joueurs

En plus du speaking, il obtient la double casquette d’aumônier, un cas unique en NBA. « Je suis certain d’être le seul ! », en rigole-t-il. Ainsi, avant chaque match, il consacre un « temps de prière » d’une dizaine des minutes avec ceux qui le veulent, joueurs compris. Quatre ou cinq joueurs des Raptors et autant des Sixers l’ont ainsi rejoint sur les Game 1 et 2.

« On proclame un court message, en se focalisant sur un passage de la Bible par exemple. Peu importe l’’uniforme, on prie tous ensemble. Un « amen » et puis chacun rentre dans son vestiaire, et moi je file à mon poste deux minutes plus tard. »

L’aumônier joue ainsi un rôle important auprès de certains joueurs de l’équipe, comme Norman Powell. « Herbie a toujours été un modèle très positif pour moi », décrivait l’arrière il y a quelques mois. « Si quelque chose me tracasse, je vais lui parler. » « Je suis peut-être une sorte de grand frère pour lui », complète l’annonceur. « Entre lui, Jeremy Lin ou Jodie Meeks, ils ont « faim » de Dieu. On fait de notre mieux pour y répondre. »

Herbie Kuhn a aussi la foi en ses Raptors pour ces playoffs. Et quelle que soit l’issue de cette saison, il entend bien revenir l’an prochain pour une 25e année au micro. La Scotiabank Arena n’a pas fini de l’écouter.

À Toronto.

A lire aussi
Commentaires
Forum (et HS)  |   +  |   Règles et contenus illicites  |   0 commentaire Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Toronto Raptors en 1 clic

Toute l’info en continu

Afficher les actus suivantes

Les + partagés

Afficher la suite des + partagés