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[Coaching] La toile d’araignée de New Orleans pour piéger Damian Lillard

« D’habitude, quand je dépasse mon défenseur, l’intérieur s’en va. Là, c’est probablement la première fois que l’intérieur reste, que mon défenseur vient et qu’ils me forcent à rendre le ballon. C’est une défense différente de ce que j’ai pu voir tout au long de ma carrière. Ce sont deux à trois couches de défense. »

Damian Lillard ne cache pas son impuissance face à la stratégie défensive des Pelicans, qui lui fait vivre un enfer depuis le début de la série. Alors qu’il était pourtant l’un des joueurs NBA les plus efficaces sur le pick-and-roll cette saison, avec 1.046 point marqué par possession (867 possessions au total), 44% de réussite au tir et seulement 11.3% de ces actions qui se terminaient par une perte de balle, le Blazer affiche un terrible 0.325 point marqué par possession (40 au total) sur ce premier tour, à 14% de réussite au shoot et 27.5% de pertes de balle ! Son 4/28 sur le pick-and-roll fait ainsi très mal aux siens…

« Deux ou trois couches de défense »

Pourtant, Damian Lillard n’est pas d’un coup devenu un mauvais shooteur. Comme il l’explique, il fait surtout face à une défense incroyablement agressive de la part des Pelicans, qui ont tout simplement décidé de faire l’impasse sur tout le monde (hormis CJ McCollum) pour l’empêcher de dégainer en première intention ou d’attaquer le cercle après un écran.

Comme on peut le voir sur l’action suivante, le plan de La Nouvelle-Orléans est de ne laisser aucun espace au meneur des Blazers. S’il y a des écrans entre extérieurs, les Pelicans changent. Et sur les écrans des intérieurs, Nikola Mirotic et Anthony Davis sortent très haut pour forcer Damian Lillard à lâcher le ballon et/ou lui couper toute ligne pour pénétrer. Pour cela, les hommes d’Alvin Gentry font énormément d’impasses, sur Ed Davis, Al-Farouq Aminu ou même Evan Turner…

Même chose sur cette action, où Nikola Mirotic (et même Jrue Joliday) vient en aide à Rajon Rondo pour bloquer Damian Lillard, qui repart pour reprendre un écran de l’autre côté. L’ancien Bull est encore là, alors qu’Anthony Davis reste dans les parages sous le cercle. Et encore une fois, le meneur des Blazers se retrouve piégé le long de la ligne de fond.

Pas de relais créatif sur le pick-and-roll

Si les Pelicans vont très loin dans les impasses pour bloquer Damian Lillard, cette stratégie n’est pas forcément nouvelle. Alvin Gentry, le coach de La Nouvelle-Orléans, l’a ainsi affrontée lorsqu’il était assistant à Golden State. Car lorsque Stephen Curry a commencé à bombarder la NBA à coups de 3-points en sortie de dribble, beaucoup d’équipes ont voulu « trapper » le meneur. Sauf que Draymond Green est un relais parfait pour le double MVP afin de profiter des décalages.

Face aux Pelicans, Damian Lillard a bien tenté d’utiliser les prises à deux agressives de ses adversaires pour servir Al-Farouq Aminu mais ce dernier n’a ni la vision du jeu, ni le sens de la passe de Draymond Green pour pleinement en profiter.

De plus, New Orleans fait confiance à Anthony Davis pour venir en aide si le poseur d’écran va vers le cercle…

Perturbé, Damian Lillard entre dans un cercle vicieux

Conscients qu’une énorme partie du jeu des Blazers passe par Damian Lillard, les Pelicans ont donc fait un choix radical en décidant de lui couper tout espace. Pour cela, ils ont choisi de faire des impasses sur les « role players » de l’équipe. Al-Farouq Aminu, Evan Turner ou Moe Harkless sont en effet capables de mettre des tirs à 3-points, mais ils ne sont pas des shooteurs « naturels » et les joueurs d’Alvin Gentry ne collent donc que CJ McCollum, certains que leurs adversaires n’arriveront pas à utiliser les décalages, une fois que la balle quittera les mains du meneur, et que les rotations sont alors rattrapables.

Jusqu’à présent, Portland n’a pas trouvé de réponse à cette stratégie et Damian Lillard a bien du mal à s’adapter. Avant tout scoreur, le meneur des Blazers n’est en effet pas un passeur d’élite. Après le Game 1, il a pourtant bien tenté d’utiliser les prises à deux mais ses passes ne sont pas forcément dans le bon rythme et il a même commis des turnovers assez inquiétants.

Perturbé, il cherche sans doute à trouver des failles plus vite, ce qui l’oblige à attaquer des espaces différents par rapport à ses habitudes. Un cercle vicieux, et ça donne 15 pertes de balle, en cumulé, sur les deux dernières rencontres.

LEXIQUE

Trappe : type de défense au cours de laquelle deux joueurs viennent agressivement sur le porteur du ballon, dans le but de l’obliger à faire une passe vers un coéquipier

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