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Portrait | Kenny Anderson, New York Story

NBA – C’est une histoire typiquement new-yorkaise : celle d’un surdoué de la balle orange qui mettait tout le monde d’accord à « Big Apple » mais qui vit la gloire lui tourner le dos en NBA. Il y a un peu de Rod Strickland et de Stephon Marbury chez Kenny Anderson (53 ans).

La première fois que Kenneth Anderson rentra chez lui avec un trophée de basket, il était en 4e et le trophée en question était presque aussi grand que lui. Joan, sa mère, lui demanda aussitôt où il l’avait eu.

« Elle pensait que je l’avais volé », se souvient-il. « Elle ne réalisait pas que j’étais en train de devenir quelqu’un. »

Kenny, qui a deux sœurs, Sandra et Danielle, était en fait considéré comme le nabot du quartier. Ses potes le surnommaient « le maigrichon » ou « Chippy » et on ne faisait appel à lui que lorsqu’il manquait un joueur.

« Les gars me disaient toujours : ‘Ne shoote pas, contente-toi de passer le ballon’. Je leur obéissais. »

« Chippy » apprit à passer le ballon. Et plutôt bien. À une époque, il apparut comme le basketteur le plus talentueux de New York depuis un certain Lew Alcindor, devenu Kareem Abdul-Jabbar. Durant l’été 1991, à 22 ans, il réalise son rêve de gosse quand les Nets en font le n°2 de la Draft. Aucun joueur aussi petit – il mesure 1,85 m pour 76 kg – n’avait été choisi aussi haut depuis Isiah Thomas (n°2 en 1981). En NBA, les petits sont alors à la mode.

« La vitesse de Kevin Johnson et la vision de John Stockton »

« C’est le meilleur meneur de jeu universitaire depuis trente ans », affirme Marty Blake, superscout recruteur. « C’est un super joueur », déclare de son côté Larry Brown, l’actuel coach des Bobcats qui officiait alors à San Antonio. « Il allie la vitesse de Kevin Johnson et la vision de John Stockton. »

L’histoire de Kenny commence dans le Queens, à l’Est de Manhattan et au Nord de Brooklyn. C’est là, à LeFrak City, qu’il est né en octobre 1970. Les joueurs de New York sont marqués par leurs origines. Ceux qui viennent de la partie haute de Manhattan et du Bronx recherchent continuellement la pénétration. Pour eux, le jeu est un test de virilité. Ceux de Brooklyn favorisent le jeu extérieur. C’est là que Chris Mullin et Bernard King (coéquipier d’Anderson chez les Nets pour sa dernière année en NBA) ont fait leurs gammes. Les grands meneurs de jeu de New York viennent surtout du Queens, à l’image du plus grand d’entre eux, Bob Cousy, l’ancienne superstar des Boston Celtics. D’une certaine façon, tous les joueurs du Queens se ressemblent. Ils jouent « responsables ». En arrivant au lycée Archbishop Molloy de Briarwood en 1985, Kenny Anderson était déjà une étoile naissante. Dès le premier entraînement, son talent éclaboussa l’assistance.

« Il jouait depuis cinq minutes quand il balança une passe fantastique. Je n’avais jamais vu un meilleur freshman », se rappelle Jack Curran, son coach de l’époque.

La notoriété du « point guard » gaucher grandit à chaque match. Le magazine « Sports Illustrated » le désigne meilleur sophomore des Etats-Unis en 1986. Il est le premier lycéen new-yorkais à être sélectionné quatre années de suite dans l’équipe de la ville. Même Lew Alcindor n’avait pas réussi une telle performance. Le maillot de Kenny est envoyé au Basketball Hall of Fame. Il établit le record de points en « high school » de tout l’Etat de New York : 2 621. Un record qui tiendra 18 ans. En 2004, Sebastian Telfair, autre espoir new-yorkais passé à la moulinette du monde pro, effaça la marque avec la Lincoln High School.

Pour l’anecdote, durant toute son année freshman, Jack Curran laissa Kenny Anderson sur le banc pour le premier quart-temps des rencontres. On apprécie encore mieux la perf… Les coaches universitaires arrivent de tout le pays pour tenter de séduire un joueur invité au McDonald’s All American et qui croule sous les distinctions (Gatorade High School player of the year, joueur de l’Etat de New York, « M. Basketball », Parade, Naismith et « USA Today » player of the year…).

« La première fois que j’ai vu Kenny Anderson, il avait 16 ans. Il jouait déjà comme s’il en avait 32 », se souvient Lou Carnesecca, coach légendaire de St. John’s University.

Bobby Cremins, l’entraîneur de Georgia Tech, se fait le plus pressant. Il rend visite à Kenny Anderson plus de 40 fois. Ce dernier signera à Georgia Tech pour des raisons très particulières. Aux Etats-Unis, un joueur ne peut négocier qu’avec cinq universités. Kenny fait donc sa sélection. Il choisit Syracuse, North Carolina, Duke, Georgetown et Georgia Tech en faisant passer un message : il donnera sa préférence à l’équipe lui permettant d’improviser et de créer. Il élimine Syracuse car il a peur de perdre le sens des réalités en jouant devant les 33 000 spectateurs du Carrier Dome. Kenny demande ensuite à Dean Smith, le coach des Tar Heels, s’il pourra diriger le jeu à sa guise. La réponse de Smith est nette. « Je préfère que les joueurs me fassent leurs remarques le lendemain du match »

Kenny Anderson aurait pu aller à Georgetown mais il n’aimait pas les méthodes de John Thompson et ses changements de joueurs permanents. Enfin, l’université de Duke s’élimina d’elle-même en faisant signer le meneur Bobby Hurley. Georgia Tech venait de décrocher le jackpot. À l’automne 1989, il endosse pour la première fois son nouveau maillot.

« Kenny est un garçon très humble », confie Dennis Scott, son ex-coéquipier à la fac qui évolue alors à Orlando. « Il est très différent de tous les meneurs new-yorkais. Il ne cherche pas à épater la galerie. Il ne s’embarrasse pas de dribbles derrière le dos ou entre les jambes. »

Pilier de Georgia Tech

Lors de sa première année, Kenny emmène Georgia Tech au Final Four universitaire en battant le record de points et de passes pour un freshman dans la Conférence atlantique. Le trio Kenny Anderson-Dennis Scott-Brian Oliver est rebaptisé « Lethal Weapon 3 » (L’Arme fatale 3). Les Yellow Jackets tomberont contre le futur champion, UNLV. Avec l’équipe des USA, il remporte la médaille d’argent des Goodwill Games et la médaille de bronze du Mondial argentin, en 1990. Tout bascule lors de la saison 1990-91. Kenny Anderson tourne à 25.9 points à 43%. Scott et Oliver partis en NBA, le meneur des Yellow Jackets doit faire face à une pression accrue. Il veut trop en faire. Georgia Tech est éliminé par Ohio State au 2e tour. Au cours du match, Anderson rate 20 tirs sur 28. La contre-performance faillit lui coûter cher. Les équipes NBA se demandent s’il est capable de supporter une saison de 82 matches. Après deux années en NCAA, Kenny veut tenter malgré tout sa chance. Il se présente à la draft. Les Charlotte Hornets, qui ont le premier choix, retiennent sans surprise Larry Johnson. Les Nets s’apprêtent à choisir Billy Owens (Syracuse) mais Joe Taub, le propriétaire, intervient.

« Je préfère envisager l’avenir que voir à court terme », explique Taub. « On ne trouve un joueur comme Anderson qu’une fois tous les dix ans. Notre équipe est jeune et composée d’éléments prometteurs comme Derrick Coleman et Drazen Petrovic. Nous avons besoin d’un leader. Kenny doit être celui-là. »

Il y a au moins 7 000 personnes d’accord avec le choix de Taub. Les spectateurs présents au Madison Square Garden le jour de la draft. Ils ovationnent Anderson lorsque les Nets annoncent leur choix. Kenny et sa mère pleurent tous les deux. Le maigrichon vient de prendre du poids. Seulement, « Chippy » n’est pas new-yorkais pour rien… Une sorte de malédiction semble frapper les plus beaux joyaux de « Big Apple », de Rod Strickland à Stephon Marbury.

Après une saison rookie délicate (7 pts sur 17 mn, 39% aux tirs) qui fait de lui le joueur le plus jeune de la Ligue, Anderson explose complètement. En 1992-93, il s’affiche à près de 17 points (à 43,5%) assortis de 4.1 rebonds, 8.2 passes et 1.8 interception. Tout ceci est très prometteur, surtout avec un duo Drazen Petrovic-Derrick Coleman qui rapporte 43 points par match. Les Nets s’invitent en playoffs et chutent au premier tour contre Cleveland, comme l’année précédente (3-1 puis 3-2).

L’après Petrovic…

La mort de l’arrière croate en juin 1993 est un terrible coup de massue mais New Jersey compile encore 45 victoires l’année suivante avec un Kenny Anderson qui s’affiche à 18.8 points et 9.6 passes. L’improbable Kevin Edwards, arrière transfuge du Heat, goûte une gloire très éphémère en sortant une saison à 14 points de moyenne. Coleman et Anderson décrochent un carton d’invitation pour le All-Star Game de Minneapolis (6 pts, 4 rbds, 3 pds pour le second en 16 minutes). Ce sera la seule sélection du meneur des Nets.

Suit une troisième élimination consécutive au premier tour des playoffs (3-1 contre les Knicks). Il paraît évident qu’il n’y a plus grand-chose à attendre de cette formation, surtout lorsque les Nets atteignent péniblement la barre des 30 victoires en 1995. Anderson, qui tutoie toujours les 10 passes par match (9.4 plus 17.6 pts) quand il ne squatte pas l’infirmerie, est transféré la saison suivante chez les Hornets contre Kendall Gill et Khalid Reeves.

Free-agent durant l’été 1996, il décide de rejoindre Portland où il apporte 17.5 points et 7.1 passes. C’est le meilleur scoreur des Trail Blazers. Avec Anderson, le Sheed, Isaiah Rider, Clifford Robinson et le pivot lituanien Arvydas Sabonis, le roster a de la gueule (et du caractère). Mais Kenny ne convainc pas totalement. Les doutes s’accentuent au sortir d’un premier tour de playoffs plié par les Lakers en quatre matches. Et surtout, Portland se voit proposer Damon Stoudamire, meilleur scoreur des Raptors avec 19.4 points de moyenne, l’hiver suivant. Anderson (tombé pour sa part à 12.6 pts) est inclus dans l’échange conclu le 13 février 1998. Il refuse d’évoluer au Canada, ce qui lui vaut un petit match de suspension.

Le 18 février, les Raptors l’expédient à Boston contre Chauncey Billups et trois autres joueurs. La carrière du New-Yorkais vient de s’enliser. « Chippy » tourne à 12 et 14 points pendant deux saisons chez les Celtics avant de jouer les utilités et d’entamer un tour des Etats-Unis. A partir de 2002, il ne dépassera plus 6.1 points par match… On le retrouve à Seattle, New Orleans, Indiana, Atlanta, les Clippers et même à Kaunas, en Lituanie, en 2005. C’est là que s’achève en 2006 une carrière pourrie peu à peu par les blessures. Anderson n’aura fait que trois saisons à 82 matches : en 1993-94 à New Jersey, 1996-97 à Portland et 1999-2000 à Boston.

Sept enfants avec cinq femmes différentes

Il fut aussi un bon client pour la presse people. De 1994 à 2001, Kenny est marié à une candidate d’émission de télé-réalité, Tami Roman. Fin 1998, elle demande le divorce en pointant du doigt les infidélités supposées de Kenny. Suit une âpre bataille juridique qui dépouille l’ex-meneur des Nets d’une partie de sa petite fortune. On parle de la moitié de ses biens, à laquelle s’ajoutent le reliquat d’un accord prénuptial (5,8 millions de dollars) et une pension mensuelle de 8 500 dollars. Au total, Anderson aura sept enfants avec… cinq femmes différentes : Danielle avec une ex-girlfriend ; Christenese avec DJ Spinderella, rappeuse du groupe Salt-N-Pepa ; Lyric Chanel et Kenni Lauren avec Tami Roman ; Ken Jr avec sa deuxième femme, Tamiyka Lockhart ; un autre Ken Jr et Devin avec Sunny Castro (vous avez suivi ?).

Il ne décroche pas complètement du basket. On le retrouve à la tête de l’Atlanta Krunk, une équipe de CBA. En septembre 2008, il est intronisé au Basketball Hall of Fame de la ville de New York avec quelques autres gloires locales (Lou Bender, Sam Perkins, Rod Strickland…). Kenny Anderson monte des camps de développement pour aider les jeunes prospects. Ces camps aident aussi les meilleurs éléments universitaires à se préparer pour la draft.

En 2011, il accepte le poste d’entraîneur d’une équipe de basket dans une école juive, et c’est encore sur un banc de touche qu’on l’avait retrouvé en 2019. Il était coach universitaire en NAIA, chez les Bulldogs de Fisk. Malheureusement, l’ancien meneur des Nets et des Celtics avait été victime d’un AVC il y a trois ans et demi, mais il s’en est bien remis et a fait partie des sujets principaux d’un documentaire de Kevin Durant.

Stats

14 ans

858 matches (693 fois starter)

12.6 pts, 3.1 rbds, 6.1 pds, 1.47 int, 0.1 ct

42.1% aux tirs, 34.6% à 3 points, 79% aux lancers francs

Palmarès

All-Star : 1994

Mix

Crédit photo : Pacers.com

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