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Ryan Broekhoff nous raconte la difficile vie des « role players » en NBA

Sur les tablettes des plus grands clubs européens depuis que les Mavericks l’ont libéré, Ryan Broekhoff s’est confié à Basket USA sur son expérience NBA en tant que joueur de bout de banc.

En NBA, c’est la loi de la jungle. Sans surprise, les places sont chères dans les hautes sphères de la planète orange où seuls les plus forts survivent. Limogé en février dernier, Ryan Broekhoff en a fait l’amère expérience, alors même qu’il pensait avoir surmonté le plus compliqué en se remettant rapidement d’une fracture de la jambe.

Signé par les Mavs en août 2018, le shooteur australien n’aura finalement pas été jusqu’au bout de son contrat de deux ans (pour 2,4 millions de dollars). Il nous plonge dans les coulisses de son expérience qui peut se diviser en trois grandes étapes : intégrer la NBA, s’y adapter et (essayer de) s’y faire une place. En l’occurrence, le troisième temps de cette valse a été écourté…

Se hisser en NBA

Soyons honnête d’emblée : à part si vous êtes un habitué des compétitions européennes, voire des tournois FIBA (zone Océanie), le nom de Ryan Broekhoff ne vous sera pas familier. Alors, imaginez pour le fan américain lambda qui voit arriver un shooteur blanc au physique de comptable (son sobriquet dans la communauté des Mavs) !

Débarqué en NBA à l’été 2018, Ryan Broekhoff sortait d’une saison plutôt solide avec le Lokomotiv Krasnodar, avec plus de 12 points par match dont un énorme 51% de réussite à 3-points en EuroCup. Déjà passé par une fac américaine (Valparaiso dans l’Indiana), le sniper australien a cependant dû passer à la moulinette des workouts estivaux avant de pouvoir enfin accomplir son objectif de jouer en NBA. Un passage obligé pour les joueurs de « seconde zone »…

« J’ai fait des workouts pour 8 ou 9 équipes pendant l’été, » nous confiait-il ainsi dans le vestiaire visiteurs du Moda Center. « Ils ont montré un intérêt mais Dallas était la première équipe à offrir un contrat vraiment substantiel. Dès qu’ils nous ont appelé, on a sauté sur l’occasion. Il y avait de l’intérêt mais rien de vraiment concret. Je m’estime heureux qu’une équipe au moins ait pris le risque. »

Déjà sur les radars des scouts NBA depuis sa carrière NCAA, Ryan Broekhoff représente néanmoins un cas typique du joueur ‘niveau Euroleague’ qui essaie de passer de l’autre côté de l’Atlantique. Comment se passent les relations entre les deux ligues les plus puissantes de la planète orange ? Il explique qu’il n’y a pas de format classique, de normes bien définies, tout en assurant qu’il ne faut pas manquer l’occasion quand celle-ci se présente.

« Je n’avais pas beaucoup de contacts. Mon agent était bien évidemment en contacts avec eux, mais c’était « on & off » sur ces deux dernières années. Mais il s’agissait surtout de discussion générale, ils gardaient un œil sur moi. Ça a vraiment commencé à l’été, avant le début de la période des transferts. Tout est allé assez vite, et c’était un moment assez incroyable pour moi de recevoir ce coup de fil et d’être signé dans une équipe NBA. »

Ayant débuté sa carrière professionnelle en Turquie, au Besiktas, Ryan Broekhoff a ensuite évolué en Russie, à Krasnodar avant de taper dans l’œil des Mavs. L’international australien, qui a notamment participé aux JO de Rio, s’est rendu désirable d’une franchise NBA par sa qualité de tir extérieur, saison après saison.

Le coup de fil annonçant l’officialisation de son contrat à Dallas est intervenu comme une récompense. Mais le compétiteur n’est jamais très loin… 

« J’étais sous le choc d’abord. Ça a été une longue route pour moi. J’ai passé beaucoup de temps en Europe et j’ai fait beaucoup de sacrifices qui m’ont permis d’arriver là où j’en suis. J’étais sous le choc mais évidemment très heureux. J’avais un peu d’appréhension aussi. J’étais prêt à jouer direct. C’était un moment très particulier forcément. »

S’adapter à la NBA

Déjà sur le pont en 2015 avec les Nuggets pour les ligues d’été, Ryan Broekhoff savait qu’il devait se mettre à niveau par rapport au style de jeu, et à la dimension physique et athlétique de la Grande Ligue. Pour ce faire, rien de mieux que de participer aux matchs estivaux que se livrent les joueurs NBA en préparation.

« Il m’a fallu un peu de temps pour m’adapter », nous avouait-il. « Les ‘pickup games’ de l’été m’ont permis de me mettre un peu dans le rythme et de m’habituer à la rapidité du jeu. La présaison est également très bien pour ça. J’ai pu jouer un peu en présaison et ça m’a aidé à me sentir en confiance pour jouer à ce niveau. La saison est tellement longue. Les matchs aussi. Il y a des hauts et des bas. J’ai toujours eu confiance en ma capacité à jouer à ce niveau. »

Spécialiste du shoot extérieur, Ryan Broekhoff n’a clairement pas le physique surdéveloppé de la plupart des athlètes NBA, mais ses qualités offensives et son gabarit lui offraient néanmoins une bonne chance de se mêler à la bataille. Surtout, avec Rick Carlisle en tant qu’entraîneur, il avait le potentiel pour remplir un rôle important qui est celui d’étirer la défense adverse par la menace constante qu’il représente derrière l’arc.

« Les plus grosses différences avec l’Europe sont probablement la vitesse et la taille des athlètes ici. Il y a déjà beaucoup de joueurs athlétiques en Europe, mais ici, c’est un niveau au-dessus. Il y a des joueurs super rapides, d’autres qui peuvent sauter au plafond, et ce dans chaque équipe. Ce ne sont pas des cas rares. Personnellement, le plus dur a probablement été de m’habituer à la dimension athlétique de la Ligue. »

« Dimension athlétique » mais aussi dimensions du terrain. Pour l’ancien Mav, les parquets NBA, plus grands que dans les compétitions FIBA, sont une des raisons majeures pour lesquelles cette phase d’adaptation est délicate… et parfois fatale !

« Il y a la vitesse mais aussi la taille du terrain. La ligne à 3-points est plus éloignée. Ça laisse plus d’espaces et le jeu repose beaucoup plus sur le un-contre-un en NBA. C’est plus difficile de défendre avec autant d’espaces et le jeu est donc moins réduit sur demi terrain, comme c’est le cas en Europe. Il y a plus d’opportunités de courir et de scorer. Du coup, ça va plus vite d’un panier à l’autre. »

Autre caractéristique massive du contexte NBA, c’est le calendrier ! Dantesque… 82 matchs dans une saison, sans compter la préparation en amont (dont le camp d’entraînement et la présaison) et les playoffs en fin de parcours, c’est évidemment un parcours du combattant auquel il faut se préparer physiquement, mais mentalement aussi.

Du point de vue du coaching, Ryan Broekhoff relève pour le coup une différence assez drastique de rigueur dans les plans de match. L’enchaînement et le rythme infernal de la NBA repoussent cette attention aux moindres détails au second plan, voire carrément aux oubliettes. Tactiquement, la NBA est pour lui plusieurs crans en-dessous de l’Euroleague, ayant privilégié le quantitatif au qualitatif…

« La saison est longue et donc, certains des détails sont oubliés en chemin. C’est difficile de se concentrer sur autant de choses aussi longtemps. En jouant seulement deux matchs par semaine en Europe, tu as davantage le temps d’étudier en détail ton adversaire et te préparer pour lui. Ici, on joue des matchs quasiment tous les soirs sur certaines périodes ! Tout est plus rapide. Il faut faire du mieux possible et se focaliser sur les plus gros problèmes. Les plus petits, on les met de côté. »

Percer (ou pas) en NBA

Plus essentiellement basé sur la recherche des duels avantageux, ou tout simplement l’optimisation de certains systèmes fondamentaux (comme le pick & roll), le jeu NBA ne fait pas dans la dentelle. Ça court, ça saute, ça tape, mais ça ne réfléchit pas forcément beaucoup. Du moins sur la longueur de ces saisons marathons…

Dans son cas personnel, Ryan Broekhoff (4 points, 1 rebond) a connu une saison rookie discrète, comme on pouvait s’y attendre en provenance d’Europe. Shooteur patenté, le natif de Melbourne n’a pas eu droit à beaucoup de temps de jeu (moins de 11 en moyenne, sur 42 apparitions seulement). Et il avouait bien un peu de déception à notre micro.

« C’était une saison difficile. L’équipe a connu beaucoup de hauts et de bas, et individuellement, j’ai connu beaucoup de hauts et de bas, en termes d’opportunités mais aussi pour tout ce qui vient avec la vie d’un rookie en NBA. J’ai adoré ce défi et j’en ai profité pleinement avec un super groupe de gars ici. Avec Dirk notamment qui accumulent les records, ce sont des bons moments. Je vais chérir ces souvenirs pendant un long moment. »

Malheureusement, l’aventure ne s’est pas poursuivie cette saison pour Ryan Broekhoff qui a rudement souffert de la concurrence. Avec les arrivées de Tim Hardaway Jr. et Seth Curry lors de la dernière intersaison, il a progressivement perdu le peu de temps de jeu qui était le sien sa première année.

Professionnel jusqu’au bout, il n’aura finalement lâché qu’un seul mois sous les 40% de réussite à 3-points cette saison, mais ça ne suffira pas (sans aucun match en double figure)… Lors de notre rencontre, il expliquait quelle était son approche mentale des matchs, sachant que son nom était de plus en plus rarement appelé par Rick Carlisle. « Je reste prêt. J’essaie toujours de n’aller ni trop haut ni trop bas, de rester équilibré. Je continue à travailler en coulisses, que je joue ou pas, je fais mon travail. Il faut rester très régulier dans le travail. Et j’espère que ça se transformera en de plus importantes opportunités. »

Bien qu’inévitablement associé au cliché du « shooteur blanc qui ne peut pas défendre pour un sou », Ryan Broekhoff n’était pas si mauvais que ça de ce côté du terrain. Avec son 1m98 et ses 98kg, il avait notamment réussi à contrer James Harden en janvier dernier ou tenir le choc face aux nombreux scoreurs de la côte Ouest.

Mais dans une franchise des Mavs qui cherche encore la meilleure carburation autour de son nouveau duo dynamique Doncic – Porzingis, c’est Ryan Broekhoff qui a payé les pots cassés.

Sacrifié pour Michael Kidd-Gilchrist…

En quête d’un ailier plus physique et au profil plutôt défensif, le shooteur « from down under » était devenu de trop. Dans une ligue qui donne plus que jamais la primauté au tir lointain, un artiste du genre comme Ryan Broekhoff a été sacrifié… pour Michael Kidd-Gilchrist, un joueur sans shoot. Tout un symbole.

« Honnêtement, à partir du moment où ils m’ont dit qu’ils me libéraient, je n’ai pas vraiment prêté attention aux phrases qui ont suivi », a réagi Ryan Broekhoff pour The Athletic. « Mon esprit est parti ailleurs. Je me demandais ce que j’aurais pu faire de plus, ce que j’allais faire pour la suite. Mais oui, ils m’ont bien dit que c’était une question d’argent. Et puis, ils voulaient un joueur défensif pour préparer les playoffs. »

Ayant réussi à intégrer et s’adapter à la NBA, la troisième marche a été trop haute pour Ryan Broekhoff.

Finalement mal tombé chez des Mavs en reconstruction, il n’a pas eu de véritable opportunité à saisir. Son meilleur moment en NBA se résume à la fin mars 2019, quand il a pu enchaîner 13, puis 17 puis 11 points sur trois matchs d’affilée. Il ne le savait pas alors, mais le train des Mavs lui passait alors déjà sous le nez…

Des bons moments, il en garde tout de même quelques autres. Et notamment d’avoir pu vivre au quotidien aux côtés de la légende Dirk Nowitzki pour agrémenter sa saison de débutant : « Le grand gars qui est là-bas, le voir prendre ses tirs à mi-distance est déjà un bon début [sourire]. Mais je dirais toutes les grandes stars. J’ai toujours aimé regarder LeBron et on a joué LA en début de saison. J’ai joué face à lui et je me suis retrouvé à défendre sur lui après un changement. C’est le genre de moments sympas, mais auxquels tu repenses après coup. Pendant le match, je me disais simplement de rester concentré mais c’est sûr qu’après, tu y repenses et c’est assez plaisant. »

Il est fort possible que les pensées de Ryan Broekhoff soient différemment formulées maintenant qu’il est à l’extérieur de la bulle NBA, et qu’il doit à nouveau retrouver une place dans un roster. Mais si l’on s’en tient à sa perspective sur l’écart qui existe entre le Nouveau et l’Ancien Monde du basket, il n’est pas encore trop tard (et trop loin) pour revenir.

« Je ne pense pas que l’écart soit si grand que ça. On voit maintenant beaucoup de joueurs passer de l’un à l’autre. La NBA prête de plus en plus attention au basket européen, et notamment l’Euroleague. L’écart est de plus en plus petit chaque année à mon avis. »

Propos recueillis à Portland

Son record à 17 points

Tous les tirs à trois points de sa saison rookie

Ryan Broekhoff Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2018-19 DAL 42 11 45.2 40.9 78.9 0.2 1.3 1.5 0.5 0.8 0.1 0.4 0.1 4.0
2019-20 DAL 17 11 37.3 39.2 87.5 0.3 2.2 2.5 0.7 0.9 0.3 0.4 0.2 4.2
Total   59 11 42.7 40.3 81.5 0.2 1.6 1.8 0.6 0.9 0.2 0.4 0.1 4.0

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