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Devenu fermier, Darko Milicic livre ses vérités sur son passage en NBA

Darko MilicicDeuxième choix de la draft 2003, sélectionné entre LeBron James et Carmelo Anthony, Darko Milicic a connu une carrière plus que compliquée en NBA, une suite interminable de déceptions et de coups bas.

Dans le meilleur des cas, le Serbe est l’une des grandes énigmes de la NBA. Dans le pire, il est l’un des plus gros gâchis de l’histoire du basket. 

Un bide ? Oui, mais pourquoi ?

« C’est bien simple, ma carrière a été ce qu’elle a été et tout ça ne me manque pas. Je suis arrivé en NBA quand j’étais encore un gamin, à peine 18 ans, et je n’avais pas l’attitude qu’il aurait fallu avoir. »

Reconverti dans le kickboxing, le géant serbe fait donc acte de contrition au moment de se souvenir de sa carrière de basketteur. Il reconnait aisément qu’il n’a pas eu la bonne attitude pour s’adapter au jeu américain (et à la mentalité qui va avec).

Mais bon, débarqué à 18 printemps dans un club où on ne lui a donné que 6 minutes de temps de jeu en moyenne… sur trois ans ! Ça a de quoi bouleverser n’importe quel professionnel chevronné. Alors, un minot mineur…

« Je n’étais qu’un gamin qui pensait que le talent était un don de Dieu. Mais ça ne l’est pas. Dieu te donne un talent et il faut l’utiliser, travailler dur pour s’en rendre digne. Mais j’étais têtu. Peut-être que j’étais trop jeune pour bien comprendre tout ça. » regrette Darko dans le journal serbe Blic. « Il y avait une opportunité pour moi d’aller en NBA, ou de rester en Serbie. Mais Hemofarm [son club serbe, ndlr] savait que si j’allais en NBA, ils allaient obtenir plus d’argent que si j’allais dans un autre club européen. Ici, il y a de la pauvreté et cet argent était à portée de la main. »

Fortement influencé à traverser l’Atlantique, Milicic va être accueilli en NBA avec le cadeau empoisonné qui va pourrir sa carrière pendant dix ans : un deuxième choix de draft… doublé d’une première expérience sous l’autorité inflexible de Larry Brown.

Un décalage initial qui devient fossé culturel

C’est la double peine pour le jeune Darko qui, premièrement, ne jouera que des bribes de match (en plus de se faire quotidiennement martyrisé par ses coéquipiers vétérans et coach Brown), et deuxièmement, ne parviendra jamais à trouver sa place dans une NBA qu’il ne comprend pas.

« Je ne peux pas jouer avec des Américains. Ils ne parlent que de ceux sur qui ils ont réussi à dunker ou ceux qu’ils ont crossés. J’étais bizarre pour eux car je ne pensais pas comme eux. »

De fait, à l’image d’un Kwame Brown, espoir brisé par la machine à (faire des gros) sous de la NBA, Milicic n’était ni prêt mentalement à subir de telles injustices, ni prêt psychologiquement à devenir la risée de la ligue.

Un épisode résume bien ce malaise qui existe autour de Milicic. On est en 2007 et le jeune Darko (qui a laissé sa teinture blonde derrière lui) joue encore pour les Pistons. Il entre en jeu, presque miraculeusement, dans un duel face à Houston. Il bâche Dikembe Mutombo et Tracy McGrady lors de sa courte apparition. Et le pivot vétéran de lui glisser quelques menaces…

« C’était risible pour moi. J’ai enfin une chance de jouer et Mutombo commence à me provoquer et m’incite à la baston. Pourquoi je ferai un truc pareil ? Je ne comprenais pas la moitié des choses qu’il me disait. Il est là depuis vingt ans et il ne maîtrise pas encore la langue. Personne ne m’a particulièrement énervé, mais Kobe Bryant est le joueur le plus sale de la ligue avec tout ce qu’il fait sur le terrain. Mais sans aucun doute, c’est un monstre. Il était incroyable. »

La NBA trop concurrentielle pour Milicic ?

Avec ses qualités athlétiques et ses mains de dentelière, Milicic avait tout du prototype du pivot moderne. Encore aurait-il fallu qu’il eût une vraie chance de développer son jeu… En d’autres termes, de commettre une fois pour toutes ses erreurs de jeunesse et progresser à partir de là.

« Leur système est cruel, je ne l’aime pas. Si un jeune joueur n’y arrive pas, ils ne l’aident pas. C’est assez lamentable. Il y a des joueurs qui sont premier ou deuxième choix de la draft qui ont une chance de jouer. Je n’ai pas eu ma chance. LeBron James est un tueur maintenant mais il a eu la chance de jouer dès sa première année. Il pouvait tirer des tribunes s’il voulait. Je n’ai pas eu cette chance.

Il raconte alors la difficulté pour lui de jouer son jeu. Arrivé en NBA avec la réputation d’être le prochain Nowitzki, on lui reproche alors de trop s’écarter…

« A Orlando, si je tirais de loin, mon coach [Bob] Hill me criait dessus, « passe là à [Dwight] Howard ». A Detroit, tout est allé de travers. Larry Brown me disait toujours de jouer près du cercle. Ils m’ont offert 40 millions de dollars sur quatre ans à Orlando, et puis leur manager a tout fait foirer, sans raison. Mon manager m’a dit qu’il allait gérer ça. Je lui ai dit OK, mais je ne veux pas atterrir à Memphis. Tout mais pas ça. Et bien sûr, je suis allé à Memphis. Et puis je me suis blessé, je ne jouais plus beaucoup. »

De déception en déception, même avec son entourage il semble bien, Milicic traîne sa grande carcasse de franchise en franchise, comme une âme en peine. De Detroit à Orlando, puis de Memphis à Minnesota (par un petit détour par New York) et enfin à Boston, pour un seul et unique match, Darko n’a jamais pu éclore dans un contexte peut-être trop concurrentiel pour lui.

« Je voulais rentrer en Europe mais Minnesota est arrivé avec une offre. J’ai essayé de les en décourager en leur disant que je ne m’entraînerai pas, que j’allais être un problème dans le vestiaire, mais ils ont persisté. Ils m’ont dit de venir essayer pour deux semaines. J’ai accepté et c’était pas mal. Je jouais même si on ne gagnait pas. Rambis s’est fait virer et après Adelman est arrivé et j’ai rapidement compris que ça ne marcherait pas. Pekovic commençait à bien jouer, et j’ai proposé de sortir du banc. Mais ça n’a pas marché. J’ai alors laissé tomber. »

A posteriori, et surtout quand on recherche des images d’archive de Milicic, on se rend rapidement compte que sa carrière a été gâchée par un temps de jeu tronqué, des fautes beaucoup trop rapides quand, enfin, il avait une opportunité de se montrer. Perpétuellement limité, par ses propres erreurs également (comme ce coup de sang mémorable face aux médias, en 2007, qui lui vaudra de ne plus jamais être rappelé en sélection serbe), Darko Milicic ne nous aura jamais montré vraiment l’étendue de son immense potentiel.

Darko force de la nature, ou l’art délicat du contrepied

Souvenons-nous néanmoins de certaines performances, comme ce match à 18 points, 15 rebonds et 3 contres face à Pau Gasol, lors du mondial 2006 au Japon. Ou une prestation à 24 points, 12 rebonds et 2 contres face à l’Argentine pendant le même tournoi. Dans un bon soir, Milicic faisait partie des tous meilleurs pivots du monde, notamment entre 2005 et 2008 (son « pic »), du simple fait de sa puissance physique et son toucher près du cercle.

Malheureusement, son parcours chaotique outre-Atlantique a eu raison de lui. Son choix de persévérer en NBA est à ce compte-là une décision étrange, tant il semble probable que Milicic aurait pu se relancer en Europe, dans un club construit autour de lui. Et dans un style de jeu plus à même de le laisser s’exprimer pleinement.

Comme il le dit lui-même aujourd’hui, Milicic est devenu insensible au basket. Il s’en fiche. De fait, il s’en est complètement désolidarisé en s’investissant dans un nouveau projet bien différent : sa ferme dans la campagne de Novi Sad.

« Je suis dans les fruits. » conclut Darko. « J’ai acheté un grand terrain et je cultive des cerises, des pommes et des prunes. Le basket ne me manque pas. Je vis très bien. J’ai d’autres centres d’intérêt. »

Fermier et kickboxeur, cette force de la nature a toutefois réussi sa reconversion. Immense talent gâché, à défaut d’avoir réussi la carrière qu’on lui prédisait, Darko Milicic a en tout cas conservé l’art du contrepied. Et c’est déjà pas mal !

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