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Les blogs de la rédaction

Pour Arnaud

Par  — 

Pour Arnaud« De retour à Washington. Opérationnel demain. ++ » Comme chaque soir, Arnaud envoyait un petit message aux lève-tôt outre-Atlantique de Basket USA qui prenaient son relais. Il était 23h00 aux Etats-Unis, 5h00 en France ce mardi. Ce seront ses derniers mots, et depuis, sa famille, ses amis et la rédaction sont inconsolables.

Au coeur de la communauté basket en France

J’ai toujours été convaincu qu’une partie significative de la culture NBA en France s’est forgée, avant Twitter, grâce aux efforts de nombreux bénévoles, oeuvrant sur des sites ou des des forums créés et maintenus avec les moyens du bord. Sur ces plateformes d’échange entre noctambules passionnés capables de pondre les compte-rendus de 82 matches de saison régulière des 76ers dans l’anonymat le plus total, l’impact d’Arnaud a été considérable. Il y a dix ans, il avait ainsi publié une encyclopédie du basket US en ligne (NBA History) qu’il avait longtemps tenu à jour, et participait depuis à la vie de plusieurs forums (Infrarouge, Basket4Life, BasketEvolution) qu’il noyait d’articles, de biographies et de compte-rendus, à un rythme effréné.

Au sein de ces communautés, Arnaud était un membre à part. D’abord parce qu’il y était hyperactif, intarissable, omniprésent, immanquable, mais aussi et surtout parce qu’il incarnait le rêve américain. Parti à Milwaukee en 2006, il s’était installé à Cleveland deux ans plus tard, puis à Toronto en 2010.

Capable de rendre attrayant l’Ohio

Vivre sur les campus, assister aux rencontres NBA, NCAA et WNBA, s’approcher des stars : il y était, voyait et partageait tout, ses photos, ses impressions, ses découvertes, ses surprises, ses déceptions, comme un carnet de bord public dont tout le monde profitait. D’une certaine manière, il était notre envoyé spécial personnel. On le jalousait pas mal, on se demandait parfois comment il pouvait découvrir tant d’endroits en si peu de temps, approcher tant de joueurs, ressembler à ce point à un insider américain alors qu’il n’était qu’un expatrié alsacien.

J’ai eu les réponses à ces questions en le côtoyant durant un an, à Toronto où il s’était installé en même temps que moi, à l’automne 2010. J’avais 19 ans, lui 25, et dès notre première rencontre j’ai compris que j’étais tombé sur un doux dingue à l’enthousiasme permanent, débordant et communicatif. Fasciné par les campus universitaires américains et les infrastructures sportives, il était un guide infatigable et passionnant, à Toronto comme à Cleveland où il m’avait invité le temps d’un long week-end. Quand il s’y trouvait, qu’il en parlait, même l’Ohio devenait attrayant.

A l’Air Canada Centre, il m’avait montré comment sympathiser avec tous les gars de la sécurité afin de traîner librement au bord du terrain jusqu’aux hymnes, ou comment suivre la rencontre dans les dix premiers rangs alors que nos places attribuées (à 12,50 dollars l’unité) étaient bien plus proches du plafond que du parquet. Comme à d’autres, il avait tenté de me transmettre sa passion pour les bobbleheads dont il possédait une collection hallucinante, pas autant toutefois que celle des tickets de matches qu’il conservait précieusement, et enrichissait en s’éternisant dans les tribunes des salles qui se vidaient pour récupérer quelques sésames oubliés près des sections VIP.

Un passionné des petites histoires de la NBA

Il ne possédait pas encore d’accréditation, mais son culot lui permettait déjà d’approcher n’importe quelle star NBA. Il était audacieux et parfois déroutant. Quand venait jouer San Antonio, il lui importait peu de rencontrer Tony Parker ou Tim Duncan : ce qu’il voulait, c’était serrer la main de Steve Novak, qui jouait à l’université de Marquette quand lui-même y étudiait 4 ans plus tôt.

Arnaud était aussi une mémoire du basket. Il adorait les petites histoires de la NBA derrière la grande et les statistiques improbables. Il avait une mémoire des noms exceptionnelle et pouvait vous réciter les compos entières d’effectifs d’un autre temps. Et ce n’était rien au vu de ses connaissances uniques en basket universitaire. A ma demande, il m’avait accordé quelques cours magistraux en NCAA – cours qui pour une fois portaient bien leur nom. Il fourmillait de projets et je n’ai pas été surpris par la facilité avec laquelle il a réussi sa transition vers le journalisme, milieu au sein duquel il a marqué tous ceux qu’il a côtoyés ces derniers mois et où il prodiguait des tonnes de conseils à ceux qui voulaient l’imiter.

Je ne peux m’empêcher, en voyant la NBA, mais aussi Nicolas Batum, Boris Diaw, Evan Fournier et Kevin Séraphin partager leur émotion, de penser que la communauté NBA en France est particulièrement respectueuse et respectable. Arnaud y tenait une place de choix, il mérite qu’on se souvienne de lui afin de la préserver.

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